Directive précisant les situations d'utilisation d'une autre langue que le français
Coaticook, Quebec
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DIRECTIVE PARTICULIÈRE PRÉCISANT LA
NATURE DES SITUATIONS DANS LESQUELLES LA
VILLE DE COATICOOK ENTEND UTILISER UNE
AUTRE LANGUE QUE LE FRANÇAIS
Novembre 2025
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Préambule
La Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français a été sanctionné le
1er juin 2022. Cette loi constitue la plus grande réforme de la Charte de la langue
française (RLRQ, chapitre C-11) depuis 1977.
Afin que l'État puisse créer un puissant effet de levier en faveur du français à titre de
langue officielle et commune du Québec, le devoir d'exemplarité a été inséré dans la
Charte de la langue française (Charte). Le Règlement sur la langue de l'Administration
(RLRQ, chapitre C-11, r.9.1) et le Règlement concernant les dérogations au devoir
d'exemplarité de l'Administration (RLRQ, chapitre C-11, r.5.1) complètent le régime
juridique applicable à l'Administration en matière d'utilisation du français. Ils prévoient,
en plus de celles prévues dans la Charte, des situations où une autre langue que le
français peut être utilisée.
Les récentes modifications confèrent de nouvelles obligations à tous les organismes
municipaux d'adopter une directive particulière destinée notamment à son personnel
afin de lui indiquer les règles de conduite applicables en matière linguistique et les
exceptions qu'il peut utiliser dans le cadre de ses fonctions.
Cette directive doit s'appuyer sur la cadre juridique établie par la Charte, le Règlement
sur la langue de l'Administration ainsi que le Règlement concernant les dérogations au
devoir d'exemplarité de l'Administration et les documents rédigés ou utilisés en
recherche.
1.
OBJECTIF DE LA DIRECTIVE
L'objectif de la présente directive est d'encadrer et de préciser les lignes directrices
de l'utilisation d'une langue autre que le français au sein de la Ville de Coaticook. Elle
circonscrit le cadre d'utilisation de l'exception afin de toujours favoriser l'utilisation
du français.
2.
CHAMP D'APPLICATION
La directive s'applique à tous les employés et fonctionnaires de la Ville, peu importe leur
statut d'emploi.
3.
PRINCIPES GÉNÉRAUX
La Politique de l'État (PLE), qui donne les grandes orientations en matière
d'exemplarité, a été approuvée par le gouvernement le 22 février 2023. La Ville est donc
tenue de respecter le devoir d'exemplarité de l'État et, donc, de favoriser
l'utilisation du français, même lorsqu'elle a la faculté d'utiliser une autre langue,
dans ses communications écrites et orales.
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Néanmoins, certaines situations font en sorte que nous devions parfois utiliser d'autres
langues, notamment dans le cadre de services aux citoyens. La Charte prévoit déjà
certaines situations où une autre langue que le français peut être utilisée.
La Ville par l'adoption de la présente directive destinée à son personnel, indique les
règles de conduite applicables en matière linguistique au sein de son organisation et
les exceptions que le personnel peut utiliser dans le cadre de ses fonctions. Le recours
à une autre langue ne doit jamais être systématique. Même lorsque la Ville dispose
d'une faculté d'employer une autre langue, elle doit toujours utiliser le français dès
qu'elle l'estime possible.
4.
PRINCIPES DIRECTEURS
La présente directive est divisée en quatre (4) grands principes directeurs, soient :
1.
Langue du travail
Toute personne retenue pour un poste au sein de la Ville doit posséder une
maitrise adéquate du français pour remplir ses fonctions. La Ville peut exiger la
connaissance ou un niveau de connaissance particulier d'une langue autre que
la langue officielle si cette connaissance est nécessaire pour l'accomplissement
des tâches. Cette exigence doit être justifiée selon les critères déterminés par la
Loi.
Dans la mesure du possible, tous les équipements et outils de travail, y compris
le matériel informatique et les périphériques mis à la disposition du personnel,
ainsi que les inscriptions et la documentation afférente, doivent être en français
ou configurés en français.
Les membres du personnel s'expriment en français lors des réunions tenues
avec des représentants d'autres administrations publiques ou d'organisations
internationales qui ont le français comme langue officielle ou comme langue de
travail ainsi qu'avec des représentants d'organismes ou d'entreprises établis au
Québec. Ils peuvent cependant s'exprimer dans une autre langue lorsque des
interlocuteurs de l'extérieur du Québec participent à ces réunions, si la
majorité des personnes présentes ne comprend pas le français et qu'aucun
service d'interprétation n'est disponible.
Les communications internes doivent être diffusées strictement en français,
qu'elles soient transmises par un moyen technologique ou non. De même,
tout document qui renferme des renseignements destinés au personnel ou
qui se rapporte à une formation qu'elle soit spécialisée ou relève d'un
domaine d'expertise technique et technologique doit être rédigé en français.
Tout document nécessaire à la gestion des ressources humaines est offert
en français dès l'entrée en fonction du membre du personnel et en tout temps
par la suite. Il en va de même pour la documentation sur les assurances, les
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conditions de travail, la rémunération, la retraite et la santé des personnes
dans l'exercice de leurs fonctions (ergonomie, prévention des accidents,
gestion des conflits et du harcèlement, mesures d'urgence, programmes
d'aide aux employés, etc.). La même obligation s'applique aux documents
relatifs à l'accompagnement des gestionnaires, du personnel (peu importe le
statut) et des stagiaires.
2.
Service au public
Dans ses contacts avec le public, au téléphone ou en personne, le personnel
de la Ville utilise le français pour un premier contact. Il ne doit jamais présumer
qu'une personne désire qu'on s'adresse à elle dans une autre langue que le
français. Le personnel doit toujours avoir un comportement exemplaire dans
l'utilisation du français. Le personnel peut toutefois poursuivre la conversation
dans une autre langue si l'interlocuteur en fait la demande ou indique qu'il ne
peut pas s'exprimer en français.
Le personnel de la Ville peut utiliser une autre langue que le français dans les
cas exceptionnels prévus par la Charte de la langue française ou son cadre
réglementaire.
La Ville peut déroger au paragraphe 1 de l'article 13.2 de la Charte des droits et
libertés de la personne en utilisant, en plus du français, une autre langue dans
ses écrits, dans les cas suivants :
-
Lorsqu'une question ou une situation ou la santé ou la sécurité publique
l'exige ;
-
Lorsqu'une personne autochtone ne parle pas le français ou lorsque la Ville
fournit un service aux organismes visés à l'article 95 de la Charte de la langue
française ;
-
Lorsqu'une personne correspondait en anglais avec la Ville avant le 13
mai 2021 ;
-
Lorsque, à la suite d'une demande verbale faite par une personne pour que
la Ville communique avec elle dans une langue autre que le français, la Ville
veut obtenir de la personne les renseignements nécessaires pour établir si,
en vertu de la Charte de la langue française, elle a la faculté de communiquer
dans cette autre langue avec la personne en question ;
-
Lorsqu'une personne est déclarée admissible à recevoir l'enseignement en
anglais en vertu des dispositions de la section I du chapitre VIII, autres que
les articles 84.1 et 85 de la Charte de la langue française ;
-
Lorsque la Ville fournit des services pour l'accueil au sein de la société
québécoise des personnes immigrantes durant les six premiers mois de leur
arrivée au Québec ;
-
Lorsque la Ville fournit et reçoit des services et entretient des relations à
l'extérieur du Québec ;
-
Lorsque la Ville fournit des services culturels et touristiques.
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3.
Langue des documents, ententes et communications
Le français est la langue de rédaction et de diffusion des documents, des
ententes et des communications institutionnelles, quel qu'en soit le support.
Tout membre du personnel qui rédige un texte destiné à la diffusion publique a
la responsabilité de s'assurer de sa qualité linguistique.
L'information véhiculée par la Ville sur ses sites Web et dans les réseaux
sociaux est, par défaut, en français. La page d'accueil des sites Web et des
réseaux sociaux l'est également.
Les attestations, certificats et autres décisions écrites sont rédigés en
français seulement. Un membre du personnel peut donner verbalement des
explications dans une autre langue à une personne qui s'adresse à lui dans
cette langue.
4.
Langue des contrats et appels d'offres
En tant qu'organisme public, la Ville doit utiliser son pouvoir d'achat de manière
à choisir les fournisseurs qui respectent les exigences de la Charte de la langue
française.
Les contrats et appels d'offres faits au Québec sont en français seulement.
Toutefois, une version des documents de l'appel d'offres peut également être
produite dans une autre langue lorsque les principaux fournisseurs
susceptibles de déposer une soumission sont établis à l'extérieur du Québec.
Toute entreprise, personne morale ou association qui sollicite ou obtient un
contrat, une subvention ou un avantage, quelle qu'en soit la valeur, doit
s'engager à respecter, dans le cadre de l'exécution du contrat ou de
l'utilisation de la subvention ou de l'avantage, les dispositions de la Charte de
la langue française. Elle doit également s'assurer que ses sous-traitants
respectent ces dispositions.
5.
MODALITÉS DE FONCTIONNEMENT
5.1
Facultés d'utiliser une autre langue que le français
La Ville peut utiliser une autre langue que le français dans les cas exceptionnels prévus
par la Charte ou par son cadre réglementaire.
Conformément au paragraphe 2 de l'article 13.2 de la Charte, une exception permettant
à la Ville de recourir à une autre langue que le français à l'écrit dans une situation lui
confère aussi la faculté d'utiliser cette autre langue à l'oral dans la même situation.
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Cependant, avant d'utiliser une autre langue que le français, la Ville doit s'assurer
que :
-
tous les moyens raisonnables ont été pris pour utiliser exclusivement le
français;
-
l'utilisation exclusive du français aurait pour conséquence de compromettre sa
mission ou le service au citoyen.
5.2
Impossibilité d'utiliser une autre langue que le français
Lorsqu'un employé constate, après vérification, qu'il n'est pas dans une situation où la
Charte ou son cadre réglementaire lui accorde la faculté d'employer une autre langue,
il utilise le français.
5.3
Exceptions déjà prévues
Des exceptions sont déjà prévues dans la Charte. Bien que celles-ci n'ont pas à être
présentées dans la directive (car l'utilisation d'une autre langue que le français dans les
cas prévus par ces exceptions découle de la reconnaissance et non de la directive),
celles-ci sont présentées en annexe afin de concentrer l'information pour faciliter la
compréhension et l'application par le personnel de la Ville.
Conformément au paragraphe 2 de l'article 13.2 de la Charte, une exception permettant
à l'Administration de recourir à une autre langue que le français à l'écrit dans une
situation lui confère également la faculté d'utiliser cette autre langue à l'oral dans la
même situation.
6.
APPROBATION ET ENTRÉE EN VIGUEUR
La présente directive entre en vigueur à la date de son adoption. Elle doit également
être approuvée par le ministre de la Langue française. Toute modification à son
contenu doit également recevoir les approbations nécessaires.
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Simon Madore, maire
François Fréchette, directeur général
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