Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de la Haute-Côte-Nord

La Haute-Côte-Nord, Quebec · adopted 2022-10-17

This is the exact embedded text of the captured official document. Snapshot c523116bc911 · verified 2026-06-14 · original document · archived snapshot · unofficial consolidation, the official version is held by the municipal clerk.

PDZA PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE LA ZONE AGRICOLE DE LA HAUTE-CÔTE-N0RD 2 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 3 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Mot du préfet Si la Côte-Nord est une région reconnue pour la pêche, l'exploitation forestière, minière et hydraulique, notre imaginaire sous-estime le potentiel bioalimentaire de la Haute-Côte-Nord. De Sacré-Cœur à Colombier, le territoire possède les meilleurs sols propices à une agriculture conventionnelle et diversifiée sur la Côte-Nord, en plus d'offrir une variété de produits comestibles issus de la forêt. Les débuts de l'agriculture en Haute-Côte-Nord coïncident avec l'ouverture de la région et l'arrivée des premiers défricheurs à la fin du monopole de la Compagnie de Baie d'Hudson, en 1842. Aujourd'hui encore, la Haute-Côte-Nord est représentée par des entreprises agricoles créatives face aux défis qu'impose notre nordicité. Si la MRC de la Haute-Côte-Nord a amorcé l'élaboration de son premier plan de développement de la zone agricole (PDZA) à la demande du milieu, c'est avec fierté qu'elle dévoile aujourd'hui son plan, après plus d'un an de travail acharné. Il va sans dire que la réussite de cette démarche repose avant tout sur la participation des intervenants et des producteurs agricoles. Je tiens à remercier tous ceux et celles qui nous ont permis la réalisation de ce PDZA. La concertation des acteurs du milieu agricole a permis de donner au PDZA une vision rassembleuse afin de permettre le développement de la zone agricole face aux enjeux d'aujourd'hui et de demain. C'est avec certitude et grâce à l'implication du plus grand nombre, que nous serons en mesure de faire de l'agriculture un vecteur de développement économique et social pour l'ensemble de la Haute-Côte-Nord. Madame Micheline Anctil Préfet de la MRC La Haute-Côte-Nord Maire de Forestville 4 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Remerciements La MRC de La Haute-Côte-Nord tient à remercier le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) pour son soutien financier et technique ayant rendu possible la réalisation de ce plan de développement de la zone agricole. De plus, la MRC de La Haute-Côte-Nord remercie chaleureusement tous les intervenants (ministères, organismes, etc.) et les producteurs agricoles qui se sont impliqués tout au long de la démarche du PDZA. Par le fait même, la MRC remercie la population de la Haute-Côte-Nord pour avoir contribuer à la réflexion collective entourant la vision et le plan d'action à mettre en place. La MRC de La Haute-Côte-Nord tient à souligner la participation de chacun des membres du comité consultatif dans le cadre de l'élaboration du PDZA. Leurs connaissances spécifiques de la dynamique territoriale de la Haute-Côte-Nord a permis d'enrichir significativement ce document. 5 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Équipe de réalisation Marianne Mathis (Mathis et cie) Ariane Sansoucy-Brouillette (Mathis et cie) Marie-Eve Juneau (Mathis et cie) Samuel Comtois (Groupe PleineTerre) Étienne Lagacé (Groupe PleineTerre) Équipe de la MRC de la Haute-Côte-Nord Kevin Bédard, directeur du Service de l'aménagement du territoire et directeur adjoint Olivier Boudreault, aménagiste adjoint Comité directeur Paul Langlois, directeur général et secrétaire-trésorier Kevin Bédard, directeur du Service de l'aménagement du territoire et directeur adjoint Claude Brassard, directeur du Service de développement économique, social, culturel et touristique Rubis Lyodis, conseillère en développement régional secteur agricole et agroalimentaire (MAPAQ) Mathieu Bouchard-Tremblay, conseiller en aménagement du territoire et aux opérations régionales (MAMH) 6 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Comité consultatif Bruno Proulx, coordonnateur du PDE à l'OBV Haute-Côte-Nord Barbara Sirois, responsable des Serres de Colombier Jean-Marie Bélisle, représentant du Syndicat des producteurs forestiers de la forêt privé Marie-Pierre Fortin, apicultrice et propriétaire Herbamiel Martial Hovington, Agriculteur et ancien président de l'UPA Côte-Nord Rubis Iyodis, conseillère en développement régional secteur agricole et agroalimentaire (MAPAQ) Keven Émond, Directeur régional de l'UPA Côte-Nord Manon Vial, directrice adjointe à L'UPA Capitale-National--Côte-Nord Yannick Tremblay, apiculteur et co-propriétaire du Marché Richelieu Les Bergeronnes Jalons de la démarche Étapes du PDZA Portrait : juin à novembre 2021 Consultations publiques : Janvier 2022 - Sondages aux agriculteurs (quinzaine de réponses), aux citoyens (131 réponses), aux élus et DG des municipalités (une douzaine de réponses) et aux intervenants (une douzaine de réponses) Diagnostic : Deux rencontres avec des intervenants et des producteurs agricoles 8 novembre 2021 pour un total de 32 personnes Vision et plan d'action : Sommet agroalimentaire du 18 mai 2022 pour un total d'environ 70 personnes 7 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Table des matières SECTION 1 - PLANIFICATION RÉGIONALE en lien avec l'agriculture et la foresterie 15 1.1 Planification et vision de développement par la MRC 16 1.2 MAPAQ 21 SECTION 2 - PORTRAIT du territoire et des activités agricoles 23 2.1 Statistiques démographiques 24 2.2 Zone agricole de la MRC de la Haute-Côte-Nord 26 2.3 Historique de l'agriculture dans la région 28 2.4 L'occupation actuelle du territoire agricole 36 2.5 Les activités agricoles 37 2.6 La relève agricole et la main-d'œuvre 56 2.7 La commercialisation et la distribution 60 2.8 Industrie agroalimentaire 69 2.9 La foresterie 72 2.10 L'agroenvironnement 78 SECTION 3 - Services aux entrepreneurs 90 3.1 Financement 91 3.2 Formation 94 3.3 Les acquis du milieu 99 SECTION 4 - DIAGNOSTIC 102 SECTION 5 - ENJEUX ET VISION CONCERTÉE 117 SECTION 6 - PLAN D'ACTION 121 SECTION 8- ANNEXES : cartographie 132 8 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Liste des tableaux Tableau 1 : Indicateurs du marché du travail, région de la Côte-Nord ....................................................... 25 Tableau 2 : Travailleurs de 25 à 64 ans par MRC et indice de vitalité économique des MRC .................... 26 Tableau 3 : Description des classes de potentiel agricole des terres (ARDA) ............................................. 27 Tableau 4 : Productions recensées pour la région de la Côte-Nord pour différentes années de référence ........................................................................................................ 29 Tableau 5 : Répartition des terres agricoles en friche dans les municipalités où des exploitants agricoles ont déclaré des friches .................................................................................. 31 Tableau 6 : Valeur moyenne des terres agricoles transigées au Québec, 2018-2019 ................................ 32 Tableau 7 : Inclusions et exclusions de la zone agricole depuis l'entrée en vigueur du décret de la zone agricole révisée (entre 1987 et 1992), 2016, Côte-Nord (en hectares) ..................................... 34 Tableau 8 : Inclusions à la zone agricole depuis 2007, MRC de la Haute-Côte-Nord ................................. 35 Tableau 9 : Demandes à la CPTAQ en vertu de la LATNR depuis 2008, MRC de la Haute-Côte-Nord ........ 36 Tableau 10 : Évolution du nombre d'exploitations agricoles, par production ........................................... 37 Tableau 11 : Type de contrat d'exploitation, par municipalité (2021) ....................................................... 38 Tableau 12 : Unités animales par production animale ............................................................................... 40 Tableau 13 : Statistiques relatives à la production laitière, par région administrative, par municipalité régionale de comté (MRC) et pour l'ensemble du Québec, 2020, pour la région du Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord ......................................................................... 42 Tableau 14 : Bilan des superficies cultivées en bleuets nains dans la MRC ................................................ 43 Tableau 15 : Répartition des productions végétales .................................................................................. 44 Tableau 16 : Culture de bleuets - selon l'emplacement de l'UEV ............................................................... 45 Tableau 17 : Culture de bleuets - selon le site principal de l'exploitation agricole ................................... 46 Tableau 18 : Superficies cultivées en productions végétales dans la MRC de la Haute-Côte-Nord ........... 47 Tableau 28 : Petits fruits cultivés sur la Côte-Nord .................................................................................... 77 Tableau 29 : Superficies minimales des milieux humides de la zone de gestion intégrée des ressources en eau par bassins versants (ZGIE) de la Haute-Côte-Nord ............................................... 79 Tableau 30 : Priorités d'adaptation des entreprises agricoles des secteurs de production végétale et animale ............................................................................................................. 81 Tableau 31 : Priorités d'adaptation collective déterminées pour la Capitale-Nationale et la Côte-Nord et déclinées en fiches projets ........................................................................................... 82 Tableau 32 : Évolution du climat de la Côte-Nord à l'horizon 2050 - selon l'étude Agriclimat .................. 85 9 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 33 : Impact des changements climatiques selon la saison - Tiré de l'étude Agriclimat ............... 86 Tableau 34 : Nombre de prêts réalisés par la MRC pour des projets agricoles .......................................... 91 Tableau 35 : Bilan des aides accordées par Agriconseils pour la MRC de la Haute-Côte-Nord entre 2018 et 2021 ..................................................................................................................................... 92 Tableau 36 : Statistiques régionales détaillées des activités de formation offertes de 2019 à 2021 par le Collectif régional en formation agricole .................................................................. 95 Tableau 37 : Nouveaux programmes d'AEP en lien avec le secteur agroalimentaire ................................ 98 Tableau 38 : Tendances actuelles et à venir en restauration au Canada ................................................. 106 Tableau 39 : Faits saillants du secteur bioalimentaire de l'année 2020 ................................................... 107 Liste des figures Figure 1 : Taux de chômage et part des sans diplôme, région de la Côte-Nord ......................................... 25 Figure 2 : Taux d'occupation (%) de la zone agricole par municipalité ....................................................... 30 Figure 3 : Valeur régionale moyenne des terres agricoles transigées au Québec en 2019 ........................ 33 Figure 4 : Nombre d'animaux correspondant à une unité animale ............................................................ 41 10 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Liste des abréviations et acronymes AAC Agriculture et agroalimentaire Canada ACPFNL Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux AEC Attestation d'études collégiales ARDA Aménagement rural et développement de l'agriculture, Inventaires des terres du Canada CARTV Conseil des appellations réservées et des termes valorisants CCTT Centre collégial de transfert technologique CEDFOB Centre d'expérimentation et de développement en forêt boréale CPTAQ Commission de protection du territoire agricole CRAAQ Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec CRFA Collectif régional en formation agricole CUMA Coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA) ECN Environnement Côte-Nord FARR Fonds d'aide et de relance LATANR Loi sur l'acquisition de terres agricoles par des non-résidents MAPAQ Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec MELCC Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques MFFP Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs MPO Pêches et Océans Canada MRC Municipalité régionale de comté OBV Organisme de bassin versant OBVHCN Organisme des bassins versants de la Haute-Côte-Nord PADI Plan d'aménagement et de développement intégré des TPI PAF Plan d'aménagement forestier PDZA Plan de développement de la zone agricole PFNL Produits forestiers non ligneux PPRLPI Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables PRMT Partenaires régionaux du marché du travail SADC Société d'aide au développement des collectivités SADR Schéma d'aménagement et de développement révisé SPAQMI Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel TPI Terres publiques intramunicipales 11 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Notes aux lecteurs - Les principales données utilisées pour ce portrait sont celles des fiches d'enregistrement des producteurs agricoles du MAPAQ. Les données utilisées à des fins de comparaison sont celles de 2010 et de 2014. Elles ont été validées en 2021. - Puisque ce sont des déclarations volontaires des producteurs agricoles, des écarts entre la réalité et les données peuvent subsister. - Des statistiques complémentaires d'autres sources de données thématiques ont été utilisées mais des différences dans la méthodologie peuvent expliquer des différences entre les données du MAPAQ et les autres données. - Un portrait est une photo à un moment X. Il donne des faits statistiques sur les superficies cultivées et le nombre d'entreprises agricoles, mais ne nous permet pas d'expliquer les dynamiques en place sur le territoire. Le diagnostic permettra d'expliquer les statistiques et de représenter la réalité du territoire. - Un portrait est d'abord un outil de connaissance pour la MRC et il devra être actualisé pour permettre une lecture juste et fiable de la situation. Évidemment, la planification et le développement du territoire agricole ne peuvent être analysés sans égard aux autres exercices de planification, dans une optique de cohabitation des usages. - Suite au portrait se trouve le diagnostic, la vision concertée et le plan d'action des prochaines années. Ces derniers ont été établis de manière concertée et peuvent varier dans le temps. Il s'agit de la compréhension que les intervenants avaient de la situation en fonction des informations disponibles. - Le plan d'action se veut un outil flexible, appelé à varier dans le temps en fonction des essais-erreurs qui seront faits. Il s'agit d'une démarche itérative, en mouvement, qui vise à toujours s'ajuster aux enjeux du territoire. 12 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Définitions Vous retrouverez, dans le portrait, des mots suivis d'un astérisque (*). Ces mots seront définis dans cette section. Agriculture urbaine : L'ensemble des activités de production d'aliments souvent, mais pas exclusivement, réalisées à petite échelle ; localisées dans la ville ; et utilisant des ressources, des produits et des services qui se trouvent dans cette ville. Fournissant des produits agricoles et des services pour une consommation locale, l'agriculture urbaine peut prendre différentes formes : commerciale, communautaire et privative. Agrotourisme : Activité touristique complémentaire à l'agriculture ayant lieu sur une exploitation agricole. Il met en relation des producteurs agricoles avec des touristes ou des excursionnistes, permettant à ceux-ci de découvrir le milieu agricole, l'agriculture et sa production par l'accueil et l'information que leur réserve leur hôte. Agrotransformateur : Entreprise agricole qui exerce des activités de transformation alimentaire majoritairement à partir de produits de sa ferme et de produits du Québec. Bleuet sauvage : Aussi appelé bleuet nain. Il est récolté dans deux types de territoire, soit la forêt et les bleuetières aménagées. Bleuet en corymbe : Il s'agit du bleuet cultivé. Commercialisation en circuit court : Un intermédiaire, tout au plus, dans la distribution entre l'entreprise de production ou de transformation et le consommateur ou la consommatrice. Il existe deux types de circuits courts, soit la vente directe (marché public, kiosque à la ferme, agrotourisme, autocueillette, agriculture soutenue par la communauté) et la vente indirecte (en passant par un intermédiaire comme : hôtels, restaurants et institutions, boutiques spécialisées, marchés de solidarité ou détaillants alimentaires) (MAPAQ). Écocertification : Certification des récoltes d'espèces précises à la suite d'un processus rigoureux initié par les associations de pêcheurs et soutenu par le MAPAQ et par Pêches et Océans Canada. L'écocertification concerne l'ensemble des pêcheurs du secteur certifié et est valide pour 5 ans, par le biais d'un audit annuel. Évènements climatiques extrêmes : Ce que l'on appelle des « évènements climatiques extrêmes » regroupe plusieurs phénomènes différents. Il peut s'agir d'un évènement ponctuel ayant un impact dévastateur et souvent localisé, par exemple une tempête de verglas, des précipitations de grêle ou des rafales de grande intensité. Il peut également s'agir d'une situation où plusieurs indicateurs du climat se manifestent simultanément. À titre d'exemple, une canicule se produisant en l'absence de précipitations peut induire un stress hydrique important sur les plantes. Au cours des étés 2018, 2019 et 2020, plusieurs régions du Québec ont connu des périodes pendant lesquelles cette situation s'est produite, à diverses intensités, affectant fortement la productivité, et même, dans certains cas, la survie des plantes. 13 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Fourrage : Le fourrage est une plante servant à la nourriture du bétail (il peut être vert ou sec). Milieu agroforestier : Le milieu agroforestier est, selon la définition que la MRC utilise dans son projet de SARD, une représentation de la cohabitation entre deux grands ensembles d'usages, soit agricole et forestier. Au sein de la MRC de la Haute-Côte-Nord, on retrouve ce milieu entre la ligne côtière et la grande forêt publique, soit une banque de quelques kilomètres. Des activités agricoles, agroforestières, forestières, extractives (ressources naturelles), récréatives et semi-urbaines (résidences, commerces et industries) y prennent place. La tenure des terres est majoritairement privée. Les terres publiques qui s'y trouvent sont généralement des lots intramunicipaux dont la gestion relève de la MRC. Pâturage : C'est un lieu couvert d'une herbe qui doit être consommée sur place par le bétail (il n'est donc pas récolté). Plan conjoint de mise en marché : Le plan conjoint est essentiellement un outil à la disposition des producteurs agricoles et des pêcheurs ; il leur donne la possibilité de négocier collectivement toutes les conditions de mise en marché de leur produit ou de leur pêche, et d'en règlementer des modalités. Mécanisme d'action collective, un plan conjoint modifie les rapports de force entre les partenaires du secteur agroalimentaire. L'objectif d'un plan conjoint est d'améliorer les conditions de mise en marché : il permet de mieux répartir les revenus tirés de la vente des produits agricoles et de la pêche, de simplifier les mécanismes d'approvisionnement des transformateurs et de structurer l'offre de produit qu'il vise (MAPAQ). Producteur forestier reconnu : Pour être reconnu comme producteur forestier en vertu de l'article 130 de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier, il faut posséder une superficie à vocation forestière d'au moins 4 hectares (10 acres ou 12 arpents carrés), dotée d'un plan d'aménagement forestier (PAF) certifié conforme aux règlements de l'agence régionale de mise en valeur des forêts privées par un ingénieur forestier. De plus, le propriétaire d'une forêt privée d'au moins 800 hectares d'un seul tenant doit être membre en règle d'un organisme de protection contre le feu (MFFP). Produit forestier non ligneux : Les produits forestiers non ligneux (PFNL) désignent des produits autres que le bois d'œuvre, tirés des forêts. L'éventail de PFNL est très diversifié et comprend notamment des produits : - récoltés dans la nature, que ce soit dans des forêts ou des terres destinées ou non à la production de bois d'œuvre (par exemple, les champignons) ; - issus de forêts faisant l'objet de niveaux de gestion d'intensité variable (par exemple, le sirop d'érable) ; - cultivés dans le cadre de systèmes agroforestiers (par exemple, des espèces forestières comme le ginseng sauvage cultivé à grande échelle). Superficies exploitées en propriétés : Superficies qui sont exploitées en location ou détenues à 100 % par le propriétaire qui les possède. Terres agricoles : Regroupent, en plus des terres en culture, toutes les autres superficies agricoles, dont les pâturages, les vergers, les érablières et les boisés. Pour les transactions de terres comportant des bâtiments, seule la valeur attribuable aux superficies est retenue, celle des bâtiments étant retranchée de la valeur totale de la transaction. 14 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Terres en culture : Superficies cultivables, n'incluant pas les bâtiments. Elles ne comprennent pas les pâturages, les vergers, les érablières et les boisés. Terres en friche : Une friche est une superficie agricole abandonnée, sans intention d'être cultivée. Terres non cultivées : Les terres non cultivées comprennent les utilisations suivantes : bâtiments, chemins, cultures abritées, érablières, boisés et plantations forestières, pâturages naturels, plantes vertes, vivaces, fleurs annuelles, plants de légumes en caissettes, ainsi que terres en friche. Territoire non organisé : En vertu de la Loi sur l'organisation territoriale municipale (LOTM), toute partie du territoire du Québec qui n'est pas celui d'une municipalité locale est un territoire non organisé. Tourisme gourmand : Découverte, par une clientèle touristique, d'un territoire à travers des expériences culinaires distinctives et par des activités agrotouristiques et bioalimentaires mettant en valeur le savoir- faire de ses artisans et permettant d'apprécier les produits et les plats qui leur sont propres (Groupe de concertation sur l'agrotourisme au Québec, 2013). UEV : Une unité d'évaluation (UEV) est composée d'un ou de plusieurs lots au cadastre. Chaque UEV comporte un numéro de matricule distinct à partir duquel sont extraites les coordonnées spatiales utilisées pour localiser l'UEV dans le système géographique utilisé aux fins d'évaluation foncière. Planification régionale en lien avec l'agriculture et la foresterie 1 SECTION 16 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 1.1 Planification et vision de développement par la MRC Vision du développement régional En 2007, la MRC s'est dotée d'une vision du développement régional dans le cadre des plans de diversification économique financés par le ministère des Affaires municipales et des Régions : La Haute- Côte-Nord, une nature généreuse à partager ! La MRC souhaite que cette nature soit partagée entre les citoyens et les municipalités d'abord, mais aussi avec le reste du monde. Elle vise un développement basé sur une nature généreuse et abondante, une nature à respecter, à protéger, à découvrir, à observer et à déguster. La MRC a décliné cette vision pour les différentes ressources du territoire : - Gastronomie : une nature généreuse... à savourer ! - Forêt : une nature généreuse... à valoriser ! - Pêche : une nature généreuse... à découvrir ! - Environnement : une nature généreuse... à préserver ! Projet de schéma d'aménagement et de développement révisé (2011) En 2011, par le biais de son projet de Schéma d'aménagement et de développement révisé, la MRC s'est dotée de grandes orientations d'aménagement du territoire, scindées en objectifs par la suite. Pour le milieu agroforestier*, les orientations sont : 1) Mettre en valeur le travail des entreprises forestières et des potentiels forestiers inexploités. a) Assurer aux entreprises forestières des conditions leur permettant de développer leur plein potentiel. b) Développer les potentiels existants. 2) Assurer une meilleure surveillance de l'aménagement durable de la forêt et du développement des activités en forêt sur tout le territoire de la MRC. a) Favoriser l'aménagement et le développement durable de la forêt. b) Accroître la surveillance des interventions de toutes natures en milieu forestier. c) Assurer un développement des activités récréotouristiques plus respectueux de l'environnement et mieux réparti sur le territoire. d) Favoriser le développement harmonieux du potentiel de villégiature du territoire de la MRC. 17 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord LES ORIENTATIONS POUR LE MILIEU AGRICOLE SONT : 1) Protéger l'intégrité du territoire et des activités agricoles, et assurer leur harmonisation avec les activités non agricoles. a) Objectif : Préserver les sols ayant un bon potentiel pour l'agriculture. Sous-objectifs : i) Garantir une base territoriale pour le maintien et l'expansion des activités agricoles. ii) Prévenir la progression des friches agricoles et forestières. b) Objectif : Diminuer les pressions de nature urbaine sur la zone agricole permanente. Sous-objectifs : i) Consolider les usages non agricoles dans les ilots déstructurés afin de réduire la pression dans les secteurs agricoles viables et prioritaires. ii) Assurer une cohabitation harmonieuse des utilisations agricoles et non agricoles. 2) Assurer la pérennité des activités agricoles en zone agricole et leur développement, tout en permettant la diversification des types d'exploitation, de produits et de méthodes de culture : a) Objectif : Favoriser la pérennité des exploitations agricoles par la diversification de leurs activités liées à l'agriculture. Sous-objectifs : i) Conserver et mettre en valeur les ressources des milieux agricoles et agroforestiers. ii) Encourager une diversification des revenus des producteurs agricoles. b) Objectif : Mettre en valeur le territoire à des fins multiressource, notamment en ce qui concerne la production agroforestière. Sous-objectifs : i) En fonction des potentiels présents sur le territoire, favoriser le développement de l'industrie des petits fruits. ii) Mieux encadrer les méthodes d'aménagement des bleuetières. 3) Augmenter les connaissances sur les activités qui se déroulent dans l'affectation agroforestière et produire une règlementation adéquate afin de les encadrer. a) Objectif : Mieux encadrer l'exploitation des ressources forestières et minières en milieu agricole. 18 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Sous-objectifs : i) Éviter les coupes forestières abusives. ii) Améliorer le suivi des exploitations minières. Les orientations et les objectifs qui seront élaborés dans le cadre du PDZA viendront s'arrimer et préciser ces grandes orientations en matière d'aménagement du territoire. Le SADR comporte également des orientations touchant l'environnement et le paysage, et qui peuvent trouver écho dans le PDZA, notamment : - Assurer la conservation des milieux humides (marais, marécages, étangs et tourbières), des rives et du littoral - Mettre en place des mesures de protection pour les milieux fragiles ou d'intérêt écologique - Protéger et mettre en valeur les paysages Vers une MRC nourricière Dans le cadre de la démarche MRC nourricière en 2018-2019, différentes actions avaient été identifiées : - Identifier les acteurs de l'autoproduction de légumes et organiser la récupération des surplus - Évaluation de la faisabilité du projet pilote de récupération alimentaire dans les autres municipalités - Maximiser la capacité de production des acteurs déjà existants, les équiper, entre autres, pour qu'ils puissent produire à l'année, en serre - Développer des serres dans chaque municipalité en s'appuyant sur le modèle de Colombier Explorer la possibilité de produire à l'année grâce au chauffage à la biomasse Explorer divers types de serres (conteneur hydroponique, souterrain, agriculture verticale) - Organiser les acteurs autour de la filière PFNL - Former de la main-d'œuvre - Créer un cadre de concertation entre les différents producteurs maraîchers - Mettre en relation les producteurs et les distributeurs alimentaires commerciaux (épiceries, dépanneurs, restaurants, popotes roulantes) et non commerciaux (organismes communautaires, centre de dépannage alimentaire, les cuisines collectives) - Créer un marché mobile - Impliquer les producteurs dans le développement d'une stratégie de redistribution alimentaire pour faciliter un accès direct aux producteurs 19 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Dans les 5 dernières années, plusieurs interventions ont eu lieu en matière de développement agroalimentaire, dans la MRC : - Projet de préfaisabilité et implantation d'une entreprise d'économie sociale en sécurité alimentaire - Création de SEVA (pôle logistique en agroalimentaire) - Projet-pilote de récupération alimentaire (supermarchés) - Projet de concertation vers une MRC nourricière : optimiser le système alimentaire de la MRC pour se donner une capacité de production en circuits courts, une capacité de contrer le gaspillage et une prise en main de tout ce qui a trait à la capacité de cuisinier. La MRC a également appuyé le projet du gouvernement de doubler la production en serres d'ici 5 ans. - Rencontre avec les producteurs, transformateurs - Entente sectorielle pour le développement agroalimentaire - Coordonner le développement de projets agroalimentaires (FARR) - embauche d'une ressource au Service de développement économique de la MRC, pour coordonner la réalisation de projets agroalimentaires avec le milieu - « Consciente de la complexité des facteurs influençant le système alimentaire régional et conditionnant l'accès aux aliments sains et locaux pour la population, la Table Santé-Qualité de vie de la Côte-Nord a émis le désir de se doter d'un portrait de l'ensemble des composantes de son système. Par l'acquisition de connaissances et la mobilisation, la Table souhaite favoriser l'émergence de projets locaux porteurs, voire innovants, qui favoriseront l'accès aux aliments sains et locaux pour la population. » La région de la Côte-Nord a réalisé un portrait qui visait à : - Avoir une image à jour du système alimentaire de la région en tenant compte des particularités de chacun de ses territoires - Cibler les pistes d'amélioration les plus prometteuses en lien avec la réalité de chacun des territoires - Mobiliser les acteurs clés, autant sur le plan régional que local, afin de susciter leur engagement dans la mise en place d'actions porteuses Plusieurs éléments, principalement de portrait et de diagnostic, sont repris dans le PDZA, parce que le portrait qui a été produit en 2020 est très récent et d'actualité. 20 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Orientations d'aménagement et de développement spécifiques aux Terres publiques intramunicipales (TPI) NOTE IMPORTANTE : La MRC doit élaborer la planification de l'aménagement et du développement de ses terres publiques intramunicipales en 2022. Ainsi, les informations contenues dans cette section sont sujettes à changement. Il est conseillé de se référer à ladite planification à venir pour avoir l'information la plus à jour. La diversité et la complexité des potentiels et des contraintes observées sur les TPI, conjuguées aux valeurs sociales, économiques et environnementales, sans oublier les attentes du milieu à l'égard des possibilités de développement qu'ils représentent, ont incité la MRC à s'inspirer du concept du développement durable pour l'énoncé de l'orientation d'aménagement et de développement. Cet énoncé se lit comme suit : Favoriser la mise en valeur des ressources présentes sur les TPI dans le respect des potentiels, des contraintes et des composantes environnementales qui s'y trouvent, pour le bénéfice économique, environnemental et social de la collectivité haute nord-côtière. Dans ce contexte, la MRC s'inspire de critères d'évaluation du développement durable dans ses stratégies d'aménagement et de développement : 1. La conservation de la diversité biologique ; 2. Le maintien et l'accroissement de la productivité des écosystèmes forestiers ; 3. La conservation des sols et la qualité de l'eau ; 4. Le maintien de l'apport des écosystèmes aux grands cycles écologiques ; 5. Le maintien et l'accroissement des avantages socioéconomiques multiples du milieu forestier ; 6. La prise en compte des valeurs et besoins des communautés locales. 21 1.2 MAPAQ Politique bioalimentaire - Plan d'action 2018-2023 Les priorités et les enjeux identifiés à l'horizon 2021-2023 sont: - Développer des opportunités, notamment en transport, en soutien technique et soutien financier au regard du: - soutien financier à la relève et aux entreprises de petite taille - soutien aux producteurs en ce qui concerne l'acquisition de serres - Structurer le secteur par l'entremise des planifications comme les PDZA, que ce soit au niveau des services-conseils offerts aux entreprises agricoles, aquacoles et des pêches De nombreux objectifs et pistes d'action avaient été ciblées dans la Politique bioalimentaire. Nous nous concentrerons, à ce stade-ci, à identifier les actions relevant de la MRC et des municipalités du territoire. OBJECTIF ACTION Attirer et retenir la main-d'oeuvre et la relève Appuyer les transferts et démarrages d'entreprise en accompagnant les entrepreneurs par le biais d'initiatives comme l'ARTERRE Mettre en valeur et pérenniser les terres agricoles* pour les générations futures Appuyer la mise en valeur des terres agricoles par la remise en culture des terres patrimoniales (Ville de Tadoussac) - Ferme Hovington Miser sur les potentiels des territoires par une intervention adaptée à leurs spécificités Développer l'agroalimentaire comme moyen de diversification économique et d'occupation du territoire Soutenir les projets de culture horticole et de transformation alimentaire autochtones 22 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Plan d'agriculture durable 2020-2030 Les enjeux qui ont été identifiés pour la Côte-Nord, dans le cadre du Plan d'agriculture durable, sont au nombre de quatre : - Conservation et amélioration de la santé des sols dans un contexte de développement agricole - Amélioration de la biodiversité et réduction de la dégradation des haies brise-vent - Utilisation optimale des pesticides dans les bleuetières - Maintien de la qualité des cours d'eau en milieu agricole De manière générale, les objectifs du PAD sont les suivants: 1. Réduire l'usage des pesticides et leurs risques 2. Améliorer la santé et la conservation des sols 3. Améliorer la gestion des matières fertilisantes 4. Optimiser la gestion de l'eau 5. Améliorer la biodiversité Les actions identifiées pour la région feront également partie du plan d'action du PDZA : - Promouvoir les bonnes pratiques de santé et de conservation des sols (en lien avec l'objectif 2) - Réaliser des projets de haies brise-vent et de bandes riveraines (en lien avec l'objectif 5) - Développer les compétences régionales en biodiversité (en lien avec l'objectif 5) - Promouvoir l'utilisation raisonnée des pesticides dans les bleuetières (en lien avec l'objectif 1) - Réaliser des projets de gestion de l'eau (en lien avec l'objectif 4) Des cibles chiffrées ont été identifiées pour chaque région mais ne sont pas publiques. Portrait du territoire et des activités agricoles 2 SECTION 24 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.1 Statistiques démographiques - La communauté autochtone représente le vingtième de la population de la MRC. - Les habitudes de vie des jeunes de la région sont généralement moins bonnes : plus de surpoids, de consommation d'alcool et de drogues. Comparativement aux filles, les garçons mangent davantage de malbouffe et sont plus souvent sédentaires. - La vitalité économique de la MRC semble être au ralenti : plusieurs municipalités dévitalisées, décroissance démographique, revenu moyen plutôt faible et population peu scolarisée. - Consommation de malbouffe : proportion des élèves du secondaire qui ont consommé de la malbouffe au restaurant ou dans un casse-croûte au moins trois fois par semaine, au cours de la semaine précédente. La consommation de malbouffe chez les élèves du secondaire semble plus importante chez les garçons de la Côte-Nord, qui dépassent la moyenne québécoise, contrairement aux filles qui sont sous la moyenne québécoise. L'accès géographique et économique à des aliments sains peut avoir un impact sur le type de consommation des jeunes. - Surplus de poids : proportion des élèves du secondaire en situation de surplus de poids (embonpoint ou obésité). La proportion d'élèves du secondaire qui présente un surplus de poids est plus élevée dans la région que dans l'ensemble du Québec, avec des proportions par sexe qui sont 6 % plus élevées que la moyenne québécoise. - Municipalités dévitalisées : municipalités dont l'indice de vitalité économique (basé sur l'emploi, le revenu et la croissance démographique) est parmi le plus faible quintile. Près de la moitié des municipalités du territoire sont dévitalisées, ce qui représente un taux important. - Variation de la population : taux de variation de la population (croissance ou décroissance) entre 2011 et 2016. La variation de la population est plus importante dans la MRC que dans l'ensemble de la région. La région et la MRC ne suivent pas la tendance démographique positive du Québec. - Revenu des familles : revenu moyen avant impôts des familles économiques, c'est-à-dire les familles qui sont formées de deux personnes ou plus, habitant le même logement et qui sont apparentées par le sang, par alliance, par union libre ou par adoption. Le revenu des familles de la MRC est significativement moins élevé que celui des familles de la région de la Côte-Nord. Cela peut avoir un impact sur le pouvoir d'achat moindre pour le poste budgétaire des aliments. Source : Portrait du système alimentaire de la MRC de la Haute-Côte-Nord, 2020 Les tableaux 1 et 2 ainsi que la figure 1 complètent l'information. 25 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 1 : Indicateurs du marché du travail, région de la Côte-Nord Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, moyenne annuelle. Figure 1 : Taux de chômage et part des sans diplôme, région de la Côte-Nord Source : Statistique Canada, recensements de 2006 et 2016. INDICATEUR MOYENNE ANNUELLE VARIATION 2019-2020 2019 2020 VOLUME % Population des 15 ans et plus 67 400 66 400 -1 000 -1,5 % Population active 42 700 40 800 -1 900 -4,4 % Emploi 40 600 37 600 -3 000 -7,4 % Temps plein 34 500 31 800 -2 700 -7,8 % Temps partiel 6 200 5 900 -300 -4,8 % Chômeurs 2 100 3 200 1 100 52,4 % Population inactive 24 600 25 600 1 000 4,1 % Taux d'activité (%) 63,4 61,4 -2,0 p.p. Sans objet Taux de chômage (%) 4,9 7,8 2,9 p.p. Sans objet Taux d'emploi (%) 60,2 56,6 -3,6 p.p. Sans objet Durée moyenne du chômage (nombre de semaines) 16,2 11 -5,2 Sans objet 26 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 2 : Travailleurs de 25 à 64 ans par MRC et indice de vitalité économique des MRC MRC Le revenu d'emploi moyen (2019) Nombre de travailleurs (2019) Population totale (2020) Indice de vitalité économique (2018) Quintile (2018) La Haute-Côte-Nord 45 159 $ 3 832 10 482 -12,95195 Q5 Manicouagan 55 923 $ 11 556 30 187 -3,19909 Q4 Sept-Rivières 64 845 $ 13 826 34 910 1,41284 Q3 Caniapiscau 89 999 $ 1 883 3 893 7,09327 Q1 Minganie 51 220 $ 2 289 6 437 -4,15310 Q4 Le Golfe-du-Saint-Laurent 41 253 $ 1 580 4 620 -11,94771 Q5 Source : Institut de la statistique du Québec et ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. 2.2 Zone agricole de la MRC de la Haute-Côte-Nord Le territoire de la MRC présente deux zones agroclimatiques. La première zone se situe près de l'embouchure de la rivière Saguenay (Sacré-Cœur, Les Bergeronnes et Les Escoumins). La seconde englobe la municipalité des Escoumins jusqu'à la rivière Betsiamites. La première zone se caractérise par une saison de croissance de 173 à 180 jours par an. Par conséquent, cela permet un développement plus important du secteur agricole. Cette zone possède le meilleur potentiel pour les productions traditionnelles c'est-à-dire la culture de céréales ou de fourrages*. Certaines contraintes climatiques peuvent cependant limiter le développement de l'agriculture traditionnelle en Haute-Côte-Nord comme un été court ou un hiver long. La seconde zone se démarque de la première par son potentiel des sols permettant le développement des activités agricoles spécialisées. En fait, puisqu'elle possède une saison de croissance inférieure, la deuxième zone permet la culture de petits fruits. Selon l'Inventaire des terres du Canada (ARDA)1, la concentration des activités agricoles dans l'ouest de la MRC (Sacré-Cœur. Les Bergeronnes, Tadoussac et Les Escoumins) représente un potentiel agricole intéressant. Il est toutefois important de mentionner que les sols de bonne qualité agricole (catégorie 1 à 3 se font rares sur le territoire. En fait, les sols fertiles de catégorie 4 à 7 se situent principalement sur le territoire et présentent quelques restrictions aux cultures possibles (mauvais drainage, forte salinité du sol, etc.) Ceux-ci présentent un bon potentiel théorique pour l'agriculture (tableau 1). 1 L'Inventaire des terres du Canada est un relevé complet du potentiel des terres et de leur utilisation, mis en place en 1963 au Canada dans le cadre de la Loi sur l'aménagement rural et le développement agricole (ARDA). 27 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.2.1 Potentiel des sols selon l'ARDA Grâce à l'amélioration des pratiques culturales et au savoir-faire des exploitants agricoles accumulé au fil des ans, l'agriculture peut être prospère et rentable, même dans les secteurs où le potentiel de sol est à priori moindre. C'est la municipalité de Sacré-Coeur qui est la plus agricole du territoire agricole de la MRC. Il y a également des superficies cultivées importantes dans les terres publiques intramunicipales (bleuets). Tableau 3 : Description des classes de potentiel agricole des terres (ARDA) Classe 1 Sols ne comportant aucune limitation importante à la production agricole. Classe 2 Sols présentant des limitations modérées qui restreignent la diversité des cultures ou exigeant l'application de pratiques de conservation ordinaires. Classe 3 Sols présentant des limitations assez sérieuses qui restreignent la gamme des cultures ou nécessitant des pratiques de conservation spéciales. Classe 4 Sols présentant de graves limitations qui restreignent la gamme des cultures ou nécessitant des pratiques de conservation spéciales. Classe 5 Sols présentant des limitations très sérieuses qui les restreignent à la culture de plantes fourragères vivaces, mais pouvant être améliorés. Classe 6 Sols uniquement aptes à la culture de plantes fourragères vivaces, mais ne présentant aucune possibilité d'y réaliser des travaux d'amélioration. Classe 7 Sols n'offrant aucune possibilité pour la culture ni pour le pâturage* permanent. Classe 0 Sols organiques (non classés selon leur potentiel). Source : Index de l'Inventaire des terres du Canada (ITC) Les cartes sur le potentiel de sol de chaque municipalité permettent de localiser le potentiel agricole selon l'ARDA (voir les cartes en annexe). 28 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.2.2 La base territoriale Située sur les hautes-terres Laurentiennes du Bouclier canadien à l'embouchure de la rivière Saguenay, la région administrative de la Côte-Nord, de laquelle fait partie la MRC de la Haute-Côte-Nord, représente près d'un quart de la superficie du territoire québécois. La région est également composée des MRC de Manicouagan, de Sept-Rivières, de Caniapiscau, de la Minganie et du Golf du Saint-Laurent. La MRC de la Haute-Côte-Nord est, quant à elle, la porte d'entrée de cette région administrative. Son territoire s'étale sur la rive nord du Saint-Laurent, de la rivière Saguenay jusqu'à la rivière Betsiamites, et rejoint le 50e parallèle. La MRC partage ses frontières avec la MRC de Manicouagan à l'est et au nord, la MRC de Charlevoix-Est au sud, et à l'ouest celle du Fjord-du-Saguenay. Composée de huit municipalités de petite taille, d'un territoire non organisé* (TNO du Lac-au-Brochet) et d'une réserve autochtone (Communauté Innue d'Essipit), la MRC couvre 4 % (12 509 km2) de la superficie totale de la Côte-Nord. De plus, 80 % de la superficie de la MRC se situe sur le territoire non organisé du Lac-au-Brochet. Par conséquent, la MRC compte très peu de superficies adéquates pour l'exploitation agricole. Au total, 2 % du territoire de la MRC, soit 17 300 hectares, est situé en zone agricole. Au sein de cette région administrative, le territoire agricole de la MRC de la Haute-Côte-Nord en représente 62,5 %, soit plus de la moitié de la superficie. 2.3 Historique de l'agriculture dans la région « En raison des sols minéraux qui dominent son paysage, la Côte-Nord est peu propice à la pratique de l'agriculture. Heureusement, la région présente des exceptions situées, pour la plupart, dans le corridor qui s'étend de Sacré-Cœur à Portneuf. En général, la mise en place du cadre agricole nord-côtier s'effectue lentement, surtout à compter du milieu du XIXe siècle. Ainsi, vers 1861, la région possède 126 fermes d'une superficie égale ou supérieure à 4 hectares. Vingt ans plus tard, ce chiffre est passé à 300. Il s'agit de petites exploitations qui ne comptent, en moyenne, que 7 hectares en culture. » (Berthold, 2010) Par contre, à l'exception de Sacré-Cœur et de Grandes-Bergeronnes, aucune municipalité n'a une vocation agricole suffisamment forte pour permettre aux habitants de se replier sur l'agriculture lors des crises de l'industrie forestière, au XIXe siècle. L'économie de Les Escoumins est plus diversifiée, et la municipalité s'en tire bien : agriculture, exploitation des gisements de mica, commerce et construction de navires. En quarante ans, les deux cultures (le blé et la pomme de terre) vont disparaître au profit de l'avoine et du foin, dont la production est nécessaire pour l'essor de la production laitière (tableau 4). 29 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 4 : Productions recensées pour la région de la Côte-Nord pour différentes années de référence 1881 Blé 308 hectares Pomme de terre 250 hectares 1911 Avoine 1032 hectares Foin 3000 hectares 1861 Production animale moyenne 2,5 moutons (pour la laine) 1,6 porc 0,7 cheval 1921 Production animale moyenne 6 vaches 6 porcs 10 moutons 2 chevaux Une vingtaine de poules et de poulets Source : La Côte-Nord (Berthold, 2010) En 1893, la première fromagerie ouvre à Les Bergeronnes puis, en 1894, celle des Escoumins, à l'initiative des curés de ces paroisses. En 1894, un fromager établit également une fabrique à Sacré-Cœur dans le but de fabriquer et d'exporter du Cheddar vers la Grande-Bretagne. Par contre, le nombre de fromageries augmente rapidement et on en compte déjà trois à Les Bergeronnes en 1915. En 1895, il y a création des sociétés d'agriculture de comtés et des cercles agricoles, qui tentent de rejoindre un maximum d'agriculteurs. Ils visent l'amélioration de la condition matérielle et intellectuelle de la classe agricole. Tadoussac, Les Bergeronnes et Les Escoumins disposent d'un cercle dès 1895, mais seul le premier d'entre eux parvient à se maintenir. C'est autour de 1930-1940 que la région verra naître quelques coopératives agricoles éphémères, qui serviront de lieux d'approvisionnement pour les agriculteurs. Vers les années 1920, l'agriculture connaît une nouvelle expansion avec la colonisation de la zone de Portneuf-Manicouagan (Frenette). 30 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.3.1 Occupation de la zone agricole Le dynamisme et l'intensité de la pratique agricole d'une région peuvent être mesurés par différents indicateurs, notamment le taux d'occupation de la zone agricole et la proportion de terres cultivées, non cultivées et en friche. Le taux d'occupation, qui correspond à la part de la superficie exploitée sur la superficie totale de la zone agricole, atteint 62,95 % dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. Ce taux est de près de 10 % plus élevé que dans l'ensemble du Québec (53 %). Figure 2 : Taux d'occupation (%) de la zone agricole par municipalité Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. Selon la figure 2, le taux d'occupation des municipalités de Tadoussac (4,10 %), Les Escoumins (6,53 %), Portneuf-sur-Mer (1,25 %), Forestville (3,71 %) et Colombier (0,59 %) ne représente que 16,17 %. Les municipalités de Sacré-Cœur (37,24 %), Les Bergeronnes (28,96 %) et Longue-Rive (17,63 %) sont celles où la zone agricole est la plus fortement occupée. 31 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.3.2 Terres en friche* Au total, 147 hectares seraient en friche, selon les données déclarées par les producteurs agricoles en activité. Cela exclut les terres en friches possédées par des non-agriculteurs. La superficie totale des terres en friche des municipalités de Sacré-Cœur et de Longue-Rive connaît une diminution entre 2010 et 2014. En fait, la superficie totale des terres en friche de la municipalité de Sacré-Cœur a diminué de plus de la moitié (-22,51 ha). Comme le démontre le tableau 5, la superficie des terres en friches de la municipalité de Forestville a considérablement augmenté de 2010 (23 ha) à 2014 (45 ha). Tableau 5 : Répartition des terres agricoles en friche dans les municipalités où des exploitants agricoles ont déclaré des friches Municipalités 2010 2014 Terres en friche (ha) Pourcentage (%) Terres en friche (ha) Pourcentage (%) Sacré-Coeur 36,69 20,42 14,18 9,63 Les Bergeronnes 36 20,03 36 24,46 Longue-Rive 84 46,75 52 35,33 Forestville 23 12,80 45 30,57 Total terres en friche 179,69 100 147,18 100 Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. Une étude d'identification et de caractérisation des friches par photo interprétation a été initiée par l'UPA à l'hiver 2022 et est en cours de réalisation. Les terres en friches n'appartenant pas à des producteurs agricoles pourront ainsi être recensées. 2.3.3 La valeur des terres Selon les dernières données de Financement Agricole Canada, la valeur des terres agricoles au Québec n'a cessé d'augmenter depuis 1986. Après avoir connu des augmentations de 24,7 % en 2013 et de 15,7 % en 2014, elles ont augmenté globalement de 9,6 % en 2015 (tableau 6). En date de septembre 2021, les données sur la valeur des terres agricoles de la Côte-Nord, et conséquemment de la Haute-Côte-Nord ne sont pas disponibles parce qu'il n'y a pas suffisamment de transactions pour avoir des données représentatives. 32 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 6 : Valeur moyenne des terres agricoles transigées au Québec, 2018-2019 Régions administratives 2019 2018 Écart 2018-2019 (%) Moyenne $/ha Moyenne $/ha Bas-Saint-Laurent 5 273 6 051 -13 Saguenay-Lac-Saint-Jean 5 503 4 508 22 Capitale-Nationale 9 494 10 303 -8 Mauricie 13 789 15 088 -9 Estrie 8 386 6 805 23 Outaouais 5 038 4 238 19 Abitibi-Témiscamingue 1 439 891 61 Chaudière-Appalaches Nord 8 926 8 319 7 Chaudière-Appalaches Sud 10 056 8 010 32 Lanaudière 29 772 24 432 22 Laurentides 22 280 15 718 42 Montérégie Est 33 198 31 328 6 Montérégie Ouest 31 876 29 732 7 Centre-du-Québec 16 050 14 370 12 Le Québec 17 707 16 685 6 Source : Financière agricole du Québec, 2021. La figure 3 montre que plus on s'éloigne à l'est, moins le prix des terres agricoles transigées est élevé. 33 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Figure 3 : Valeur régionale moyenne des terres agricoles transigées au Québec en 2019 Source : La Financière agricole du Québec 2.3.4 Fiscalité municipale spécifique au territoire agricole et forestier Les municipalités ont la liberté d'adopter des taux de taxation différents pour les terres agricoles et les terres boisées. C'est un des moyens légaux dont disposent les municipalités pour réduire la pression due à l'augmentation de la valeur des terres pour les producteurs agricoles. Dans la MRC, Forestville, les Bergeronnes, Les Escoumins, Longue-Rive et Colombier n'ont pas de taux différent pour ces terres. À Tadoussac, le taux pour les terres agricoles et boisées est le même que la catégorie résidentielle et résiduelle, soit 1.07$ du 100$ d'évaluation. À Sacré-Cœur, il y a un taux distinct pour les immeubles agricoles enregistrés. Le taux particulier de la taxe foncière générale de la catégorie des immeubles agricoles enregistrés est fixé à 1,46$ du 100$ de la valeur portée au rôle d'évaluation (article 10). Pour la catégorie des immeubles forestiers, le taux particulier est fixé à 1,43$ par 100$ de la valeur portée au rôle d'évaluation (article 11). 2.3.5 Évolution de la superficie de la zone agricole Dans la région de la Côte-Nord, il y a donc : - 11 municipalités avec une zone agricole décrétée - La zone agricole fait un total de 27 729 hectares, dont la grande majorité est située dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. - 0,1% du territoire de la Côte-Nord est en zone agricole. La MRC de la Haute-Côte-Nord possède 2% de son territoire en zone agricole. 34 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord - La superficie de la zone agricole augmente dans trois MRC, mais principalement dans celle de la Haute-Côte-Nord, qui a inclut 2 724 hectares en zone agricole. De ceux-ci, 84 hectares ont été exclus depuis la révision. Contrairement à d'autres MRC du Québec où la pression pour le dézonage est forte, la MRC de la Haute- Côte-Nord vit une situation à l'opposé de la pression pour le dézonage : depuis la période 1987-1992, 2 640 hectares de terres agricoles ont été inclus à la zone agricole de la MRC. Après la MRC de Maria- Chapdelaine au Saguenay-Lac-St-Jean, il s'agit de la MRC qui a fait le plus grand nombre d'ajouts à sa zone agricole depuis l'entrée en vigueur du décret sur la zone agricole. De plus, la nature du territoire agricole de la MRC fait en sorte que le territoire est peu propice à la spéculation foncière comme on l'observe dans d'autres régions : peu de demandes d'acquisition par des étrangers et par des fonds d'investissement agricoles. Les inclusions et les exclusions de la zone agricole autorisées par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) depuis 1990 présentent un bilan positif de la superficie agricole pour la MRC de la Haute-Côte-Nord (tableau 7). Cette MRC, la MRC de Manicouagan et la MRC de Sept-Rivières sont les seules parmi les MRC de la Côte-Nord présentant un bilan respectivement positif. Ce sont également les seules MRC de la région qui possèdent un pourcentage de leur territoire en zone agricole. Tableau 7 : Inclusions et exclusions de la zone agricole depuis l'entrée en vigueur du décret de la zone agricole révisée (entre 1987 et 1992), 2016, Côte-Nord (en hectares) MRC Inclusions2 Exclusions Bilan % du territoire des MRC en zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2 724 84 +2640 2 MRC Manicouagan 355 16 +339 0,2 MRC Sept-Rivières 219 n/a +219 0,1 Total Côte-Nord 3 297 100 +3197 n/a Source : CPTAQ, 2016 2 Superficies incluses ou exclues par décision depuis l'entrée en vigueur du décret de zone agricole révisée pour chacune des MRC ou communautés. La révision des limites de la zone agricole s'est déroulée entre 1987 et 1992. 35 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Contrairement à d'autres MRC de la Vallée-du-Saint-Laurent où les superficies agricoles diminuent année après année, la MRC de la Haute-Côte-Nord est la 2e MRC (après celle de Marie-Chapdelaine) à avoir intégré autant d'hectares depuis le décret sur la zone agricole. Le tableau 8 présente les superficies (hectares) incluses dans les dernières années. Tableau 8 : Inclusions à la zone agricole depuis 2007, MRC de la Haute-Côte-Nord Année Les Bergeronnes Longue-Rive Forestville 2007 28,2 2010 9,6 2020 219 69,5 2022 182,7 Source : MRC, 2022 La demande d'inclusion de 182,7 ha à Forestville est toujours en cours d'analyse mais la CPTAQ autorise sous conditions la zone dans sa décision préliminaire. Les deux dernières demandes (Longue-Rive et Forestville) concernent des sites de bleuetières. L'augmentation des terres inclues dans la zone agricole a surtout été observée dans les municipalités de Les Bergeronnes et de Forestville. En vertu de la Loi sur l'acquisition des terres par des non-résidents (LATNR), toutes les acquisitions de terres par des non-résidents doivent faire l'objet d'une demande à la CPTAQ. Bien que ces terres demeurent en zone agricole, les MRC observent de plus en plus ce type de demandes puisque la quantité de terres visées par des intérêts étrangers est en augmentation au Québec depuis quelques années. Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, dans le cadre de cette loi, 78,5 ha ont été visés par l'article 16, et 64,77 ha par l'article 153 de la CPTAQ, comme en témoigne le tableau 9. Selon le Rapport sur l'analyse du modèle d'affaires PANGEA, le fonds d'investissement ne posséderait aucune terre agricole sur la Côte-Nord. Le fond en possède cependant dans la région voisine, au Saguenay. Les acteurs locaux s'entendent sur le fait que l'éloignement géographique rend le territoire moins intéressant pour des groupes d'investisseurs, tel qu'on le voit dans le sud du Québec. Par contre, le territoire présente un intérêt certain pour les producteurs de bleuets situés dans les régions voisines. 3 L'article 15 prend en considération le potentiel agricole des superficies visées, l'intention du demandeur de s'installer au Québec pour une période déterminée par la LATNR et établit une superficie limite pouvant être ajoutée à toutes demandes au cours d'une année. L'article 16 prend pour sa part en considération l'usage projeté, l'incidence de l'acquisition sur le prix des terres agricoles de la région, les effets de l'acquisition ou de l'usage projeté sur le développement économique de la région, la valorisation des produits agricoles et la mise en valeur de terres agricoles sous-exploitées ainsi que l'impact sur l'occupation du territoire. 36 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 9 : Demandes à la CPTAQ en vertu de la LATNR depuis 2008, MRC de la Haute-Côte-Nord Municipalité visée Nature Date de la décision Résultat Superficie visée (ha) Superficie autorisée (ha) Sacré-Coeur Art-15 10-06-10 Autorisation 22,27 22,27 Sacré-Coeur Art-15 07-06-06 Autorisation 42,50 42,50 Forestville Art-16 23-09-09 Autorisation 34,00 34,00 Les Bergeronnes Art-16 26-08-10 Autorisation 44,50 44,50 Total Art-15 : 2 demandes Art-16 : 2 demandes 143,27 ha 143,27 ha Source : CPTAQ, 2016 2.4 L'occupation actuelle du territoire agricole Des contraintes naturelles et anthropiques peuvent causer des limitations importantes à une agriculture de type conventionnelle. Parmi les contraintes naturelles présentes dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, notons : - les plaines inondables : en eau libre et par embâcle - les zones d'érosion : principalement le recul du trait de la côte aux abords du fleuve Saint- Laurent dans les secteurs où il y a des basses terres. Le taux de recul moyen des côtes est plus intense à Longue-Rive et à Portneuf-sur-Mer - les zones de glissement de terrain : - 34 % des côtes du littoral du fleuve présentent de hautes falaises qui sont principalement affectées par ces glissements - les glissements de terrain peuvent être déclenchés par les tremblements de terre : la MRC se trouve à proximité de la région du Québec ayant la plus forte activité sismique L'agriculture occupe une place importante dans les bassins versants de la rivière Moulin à Baude, ainsi que dans le bassin versant de la rivière Grandes-Bergeronnes. Ce sont principalement des prairies et des pâturages ainsi que la culture de petits fruits (bleuets et canneberges essentiellement) qu'on y retrouve (PDE de l'OBV de la Haute-Côte-Nord, 2014). 37 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.5 Les activités agricoles 2.5.1 Les exploitations agricoles En 2010, il y avait 49 exploitations agricoles dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. Le nombre d'exploitations agricoles dans la MRC est resté stable entre 2004 et 2010. Des changements concernant le nombre d'unités animales et les superficies cultivées sont cependant observables. Cela signifie que même si le nombre d'entreprises est stable, il peut y avoir eu des variations dans les types de cultures, notamment en ce qui concerne la répartition entre les cultures végétales et les productions animales. Le tableau 10 présente l'évolution du nombre d'exploitations agricoles dans chaque production, peu importe qu'il s'agisse de leur production principale ou non. Tableau 10 : Évolution du nombre d'exploitations agricoles, par production Activités principales 2012 2022 Productions laitières 4 4 Bovins de boucherie 12 7 Chevaux ≤3 ≤3 Ovins ≤3 ≤3 Apiculture ≤3 ≤3 Autres productions animales ≤3 ≤3 Sous-total - Productions animales 28 23 Céréales, oléagineux, légumineuses et autres grains ≤3 ≤3 Fourrages 5 4 Légumes ≤3 ≤3 Fruits 22 22 Horticulture ornementale ≤3 Cultures abritées ≤3 Acériculture ≤3 ≤3 Sous-total - Productions végétales 39 38 TOTAL Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. 38 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Les municipalités de Tadoussac, de Longue-Rive et de Colombier ont connu une augmentation du nombre d'entreprises entre 2010 et 2014. Les autres municipalités situées sur le territoire de la Haute-Côte-Nord ont vu leur nombre d'entreprises diminuer pour cette même période, à l'exception de Portneuf-sur-Mer où il n'y avait pas d'entreprise agricole enregistrée au MAPAQ. 2.5.2 Mode de propriété des exploitations agricoles La moyenne des superficies exploitées en propriété sur le territoire de la MRC de la Haute-Côte-Nord est de 68,57 %. Il est à noter que cette donnée exclut le territoire du Lac-au-Brochet puisqu'il s'agit d'un territoire non organisé. La municipalité de Longue-Rive (39,84 %) est la seule des huit municipalités de la MRC de la Haute-Côte-Nord ayant une moyenne de superficies exploitées en propriété en dessous de la moyenne totale de la MRC, ce qui veut dire que la majorité des terres agricoles de cette municipalité sont exploitées par des contrats de location. La municipalité de Forestville est celle ayant le plus haut pourcentage de sa superficie agricole exploitée par le propriétaire (97,95 %) (tableau 11). Tableau 11 : Type de contrat d'exploitation, par municipalité (2021) Municipalité Superficies exploitées en propriété (%) Superficies exploitées en location (%) Tadoussac 84,13 15,87 Sacré-Coeur 69,97 30,03 Les Bergeronnes 74,16 25,84 Les Escoumins 92,61 7,89 Longue-Rive 39,84 60,16 Forestville 97,95 2,05 Colombier 89,93 10,07 Lac-au-Brochet 100,00 0,00 TOTAL 68,57 18,93 Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. 39 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.5.3 La production agricole La MRC de la Haute-Côte-Nord est sans contredit la MRC la plus agricole de tout le territoire de la Côte- Nord, car elle compte 49 des 89 exploitations agricoles. 2.5.3.1 Les productions animales Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, les productions animales sont dominées par le secteur du bovin de boucherie (466 UE). On trouve des bovins laitiers (271 UE), ainsi que quelques autres animaux appartenant aux catégories ovins, porcs, volailles, autres (74 UE) et chevaux (37) (tableau 12). Notons cependant qu'il n'y a ni production principale de porc ou de volaille sur le territoire. Seules les municipalités de Sacré-Cœur, de Les Bergeronnes et de Tadoussac ont des entreprises ayant des unités animales. D'emblée, notons que le nombre d'unités animales (bovins de boucherie et chevaux) a diminué de 33 %, ce qui confère une place relativement faible à la production animale sur le territoire de la MRC. En 2010, il y avait 1 269 unités animales en comparaison avec 848 en 2021. Cette tendance ne s'applique toutefois pas à la catégorie ovins, porc, volailles et autres, car le nombre d'unités animales a plutôt doublé. Dans cette catégorie, on trouve la production caprine, ovine et poules pondeuses hors quota. Le nombre de bovins laitiers a également augmenté de quelques têtes (19). La production bovine laitière se trouve uniquement à Sacré-Cœur, qui est la municipalité qui possède tous les types de production agricole. À Les Bergeronnes, il ne reste que des bovins de boucherie. *Il y a effectivement un producteur de bovins, donc des unités animales bovines à Longue-Rive mais elles n'apparaissent pas dans les chiffres du MAPAQ. La problématique semble être qu'en 2014, il n'avait pas déclaré avoir de production animale. Donc cela ne se compile pas dans notre tableau mis à jour en 2021 étant donné que c'est basé sur le formulaire de 2014. Les nombres du tableau 10 ne sont donc pas tout à fait exacts si l'on se fie à la réalité constatée sur le terrain. 40 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 12 : Unités animales par production animale Production animale Unités animales 2010 2014 Différence 2004-2010 Bovins laitiers 252 271 19 Bovins de boucherie 910 466 -288 Chevaux (pour élevage) 73 37 -15 Ovins, porcs, volailles et autres* 34 75 39 TOTAL 1 269 848 -245 *Autres réfèrent à la production caprine, ovine et aux poules pondeuses hors quota. Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. Bien que les chevaux répertoriés par le MAPAQ soient uniquement ceux qui sont liés à des exploitations agricoles, il y a plus de chevaux que cela dans la région. Selon l'Association équestre Côte-Nord, il y aurait environ 400 chevaux dans la région, dont 2 écuries dédiées à l'équitation, se trouvent d'ailleurs dans la MRC, à Forestville (Ferme Modalex) et à Sacré-Coeur (Ranch le Soleil Le Vent). Les activités offertes sont respectivement l'initiation à l'équitation western, la visite de ferme ainsi que des randonnées. Le nombre de chevaux influence la demande en foin, ce qui peut avoir un impact sur la production de cette culture, dans la région. Par ailleurs, la directrice de l'association équestre notait les besoins importants des propriétaires de chevaux et a elle-même développé ce marché pour mieux répondre à la demande. Si la production laitière est la deuxième production animale en termes de nombre d'unités animales, force est de constater que depuis 20 ans, la production de lait a connu des changements dans la région, comme dans toutes les autres régions du Québec (AGÉCO, 2020). Si le Québec comptait 9 115 producteurs de lait en 2001, il en compte 4 475 en 2020. 41 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Figure 4 : Nombre d'animaux correspondant à une unité animale 42 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Les données de la Côte-Nord sont agglomérées à celles du Saguenay-Lac-St-Jean. Dans ce cas spécifique, le terme producteur désigne une entité détenant du quota. Il ne fait donc pas référence à un individu ni à une ferme puisque dans un cas comme dans l'autre, une entité détenant du quota peut avoir plus d'un(e) exploitant(e) et plus d'une ferme. - Il y avait 485 producteurs laitiers en 2001 et il en reste moins de la moitié en 2020, soit 267 ; - Malgré cette diminution, et comme le portrait change partout au Québec, le poids relatif (% de fermes de la région sur le total du nombre de fermes au Québec) a tout de même augmenté, passant de 5,3 % à 5,5 % ; - Il y avait 23 252 vaches laitières dans la région en 2001, ce qui représentait 5,7 % du cheptel québécois. En 2016, ce nombre était de 18 729 vaches, ce qui représentait 5,4 % du cheptel québécois. - La production de lait est en augmentation dans la région, même si sa part relative sur l'ensemble de la production laitière du Québec se maintient à 5 %. Elle était de 1 532 438 hectolitres en 2015-2016 et de 1 648 858 hectolitres en 2019-2020. C'est donc dire que le quota laitier demeure et même, grandit, dans la région, bien que les données ne soient pas spécifiques à la Côte-Nord (tableau 13). Tableau 13 : Statistiques relatives à la production laitière, par région administrative, par municipalité régionale de comté (MRC) et pour l'ensemble du Québec, 2020, pour la région du Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord Unité Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Producteurs laitiers n 71 70 70 70 69 69 Production totale hl 33305 31252 33789 31420 31778 31408 Recettes Brutes k$ 2767,3 2611,4 2826 2383,9 2654,9 2418,9 Frais de mise en marché du lait k$ 191,4 177,4 207,1 128,6 165,7 169,3 Prix moyen brut $/hl 83,09 83,56 83,64 75,87 83,54 77,02 Prix moyen net $/hl 77,34 77,88 77,51 71,78 78,33 71,63 Unité Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc. Total Producteurs laitiers n 69 69 69 69 69 69 71 Production totale hl 32794 33243 32332 33055 31920 33185 389481 Recettes Brutes k$ 2570,1 2668,7 2701 2715,3 2680,9 2782,5 31780,9 Frais de mise en marché du lait k$ 171,5 170 166,2 169,6 178,5 167 2062,3 Prix moyen brut $/hl 78,37 80,28 83,54 82,14 83,99 83,85 81,6 Prix moyen net $/hl 73,14 75,16 78,4 77,01 78,39 78,82 76,3 43 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.5.3.2 Les productions végétales En 2010, à l'échelle de la MRC, 4 678 hectares étaient cultivés, toute production végétale confondue. Une diminution de culture de 552 hectares a été constatée en 2014/2021. Cependant, si on conserve les superficies de bleuets4 cultivées par un ou des exploitants dont le siège social est situé à l'extérieur de la région (333 ha) et qu'on retire la donnée aberrante (283 hectares à Colombier), la diminution réelle est seulement de 266 hectares. Les données sont donc à analyser finement, car en regardant les tableaux 16 et 17, on perçoit que cette variation est due à la localisation du siège social des entreprises qui cultivent le bleuet, et non à une diminution réelle du nombre d'hectares cultivés. Le tableau 14 résume les changements constatés dans la culture du bleuet nain dans la MRC. Tableau 14 : Bilan des superficies cultivées en bleuets nains dans la MRC 2010 2014 / 2021 Conclusion Superficies cultivées 1 908 hectares 2 398 hectares + 490 hectares cultivés de plus Nombre d'exploitations agricoles 24 exploitations agricoles, la totalité ayant leur siège social dans la MRC 20 exploitations agricoles dont 19 qui ont leur siège social dans la MRC Environ 333 hectares sont cultivés par une entreprise dont le siège social est à l'extérieur de la région. En matière de superficies cultivées, les trois principales productions végétales sont les bleuets nains, suivis de très près par les fourrages, puis les pâturages : à elles seules, elles occupent 3 702 hectares, soit 79 % de la superficie cultivée dans la MRC. Les céréales et protéagineux arrivent au 4e rang (voir tableau 15). Une augmentation fort importante a été constatée dans les petits fruits. De manière générale, à l'échelle de la région, selon le CEDFOB, 4 productions fruitières spécifiques à la Côte-Nord sont en essor : la ronce arctique, la chicouté, la camarine noire et l'airelle vigne d'Ida. Les autres fruits cultivés en Haute-Côte- Nord seraient, outre la camerise, selon les données du MAPAQ : camerisiers, argousiers, pruniers, pommes, poires. 4 Outre des données contradictoires montrant une variation des superficies cultivées à Tadoussac et une faible variation à Les Escoumins, les superficies en culture de bleuets ont augmenté dans toutes les municipalités où il y avait déjà de la culture de bleuets. C'est un total de 490 hectares de plus qui sont cultivés, sur le territoire (voir tableau 15). 44 Tableau 15 : Répartition des productions végétales La Haute- Côte-Nord Superficie cultivée Acériculture Pâturages Céréales et protéagineux Cultures abritées et ornementales Fourrages Bleuets nains Canneberges5 Fraises, framboises et autres fruits Légumes 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 2010 2014 Tadoussac 157 224 10 17 14 77 22 27 135 36 36 5.5 0.4 Sacré-Cœur 1885 1727 10 10 326 201 293 261 1063 1027 193 210 1 18.86 1 0.5 Les Bergeronnes 1333 1242 141 382 49 65 354 337 789 458 Les Escoumins 93 84 0.04 93 82 2 Longue-Rive 622 530 55 34 24 514 481 20 25 Forestville 286 312 2.6 3 283 309 0.02 0.12 Lac-au- Brochet 15 0 11 4 0 Colombier 0 7 0 2.6 0.03 6 0.36 0.04 TOTAL 4392 4126 10 20 539 597 430 349 5.2 3.07 1483 1529 1908 1575 20 25 1 26.74 1 1.06 Source : Enregistrement des exploitations agricoles MAPAQ, Basé sur les UEV*. Fiche 2003, image janvier 2005. Fiche 2007, image 6 mai 2008. Fiche 2010, image certifiée. Fiche 2014, image janvier 2021 5 Cette catégorie est habituellement nommée « Bleuets en corymbe et canneberges » mais aucun bleuet en corymbe ne serait cultivé dans la MRC. 45 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 16 : Culture de bleuets - selon l'emplacement de l'UEV (peu importe où est situé le siège social de l'entreprise qui cultive ces terres) Fiche 2010 (Données certifiées) Fiche 2014 (Mise à jour 2021-09) Découpage territorial - municipalité - UEV Nb d'exploitations agricoles Superficie exploitée (ha) Nb d'exploitations agricoles Superficie exploitée (ha) Tadoussac (95005) C 36 C 12 Sacré-Coeur (95010) 10 192,73 8 233,77 Les Bergeronnes (95018) 4 789,49 C 1037,23 Les Escoumins (95025) C 93,33 C 82 Longue-Rive (95032) 5 513,71 6 613,9 Forestville (95045) C 282,94 4 337,88 Lac-au-Brochet (95902) C 81,4 MRC Haute-Côte-Nord 24 1908,2 20 2398,18 * Pour fin de confidentialité, lorsque le nombre d'exploitations agricoles est plus petit que 4, la donnée est considérée comme étant confidentielle ( C ) 46 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 17 : Culture de bleuets - selon le site principal de l'exploitation agricole (donc les superficies qui sont cultivées par des exploitants ayant leur siège social dans la MRC) Fiche 2010 (Données certifiées) Fiche 2014 (Mise à jour 2021-09) Découpage territorial - municipalité Type de production Nb d'exploita- tions agricoles Superficie exploitée (ha) Nb d'exploita- tions agricoles Superficie exploitée (ha) Tadoussac (95005) Bleuets nains C 36 Sacré-cœur (95010) Bleuets nains 10 228,73 7 209,77 Les Bergeronnes (95018) Bleuets nains 4 789,49 C 457,52 Les Escoumins (95025) Bleuets nains C 93,33 C 82 Longue-Rive (95032) Bleuets en corymbes ou géants C 15 C 15 Bleuets nains 4 380,71 5 480,9 Forestville (95045) Bleuets nains C 415,94 C 309,28 MRC Haute-Côte-Nord 24 1923,2 19 1590,47 * Pour fin de confidentialité, lorsque le nombre d'exploitations agricoles est plus petit que 4, la donnée est considérée comme étant confidentielle ( C ) 47 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 18 : Superficies cultivées en productions végétales dans la MRC de la Haute-Côte-Nord Productions végétales Superficie cultivée (ha) 2010 2014 Céréales 430 349 Fourrages 1 483 1 529 Pâturages 539 597 Légumes 1 1,06 Culture abritée (en serre) et ornementale 5,20 3,07 Acériculture 10 20 Bleuets nains 2 191 1 575 Bleuets en corymbe et canneberges 20 25 Fraises, framboises et autres fruits (Camerise, argousiers, pruniers, pommes, poires) 1 26,74 TOTAL 4678 4126 * Inclus : autres superficies cultivées et engrais verts. Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. Entre 2010 et 2014, il y a eu ; - une augmentation importante dans les superficies en culture de fraises, framboises et autres fruits (+2 674 %), en acériculture (+100 %) et pour les légumes (+60 %) - 490 hectares de bleuets nains de plus qui sont cultivés sur le territoire. - une légère augmentation des superficies en pâturages, en fourrages et des canneberges et des légumes. La diminution des superficies végétales s'inscrit uniquement au niveau des superficies cultivées en céréales et protéagineux (-81 hectares), des cultures abritées (en serre) et ornementales (-1,95 ha). C'est à Forestville (1,69 M$), à Longue-Rive (0,67 M$), à Sacré-Cœur (0,64 M$) et à Les Bergeronnes (0,46 M$) que l'on trouve des entreprises ayant des revenus de productions végétales. 48 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord ____________ Le potentiel de développement dans le bleuet et les canneberges Des études réalisées par le MAPAQ en 1998 et 2001 confirment que le territoire de la MRC de La Haute- Côte-Nord offre un bon potentiel pour la production de petits fruits. Les sols acides et sablonneux situés près des tourbières s'adaptent bien à la production de canneberges (atocas), tandis que les grandes superficies de sols sablonneux bien drainés sont favorables à la culture du bleuet. La première étude, réalisée en 1998, fait valoir l'importance des superficies à potentiels bleuets et canneberges sur le territoire, lesquelles couvrent respectivement 15 268 hectares et 8 888 hectares du territoire municipalisé de La Haute-Côte-Nord, territoires publics et privés confondus. La seconde étude, déposée en 2001, poursuivait l'analyse de ces potentiels, mais en se concentrant uniquement sur le territoire municipalisé. Les superficies à potentiels bleuets et canneberges occupent alors respectivement 2 405 hectares et 2 746 hectares (terres publiques et privées confondues). Il s'agit d'un potentiel brut. Par conséquent, diverses contraintes pourront modifier cette donnée. Quelques autres faits liés aux bleuets sauvages - Le Québec est au 2e rang à l'échelle mondiale quant aux volumes de bleuets sauvages* récoltés (MAPAQ, 1 : 2021). - En 2015, le Québec comptait 513 producteurs de bleuets sauvages pour une superficie de 35 579 hectares cultivés, dont 82 % étaient situés dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La Côte-Nord arrivait en seconde place, avec 4 595 hectares (MAPAQ, 2 : 2021). - En 2018, la répartition des producteurs de bleuets sauvages était de 71 % au Saguenay-Lac-Saint- Jean et de 9 % sur la Côte-Nord, toujours au deuxième rang (MAPAQ, 2 : 2021). - L'une des particularités observées sur le territoire est le chevauchement entre les potentiels forestiers et agricoles. - En 2015, le bleuet sauvage* est récolté dans la forêt (13 %) et dans des bleuetières aménagées (87 %), ce qui constitue une hausse du ratio par rapport à l'année de référence précédente. Ainsi, les aménagements de nouvelles bleuetières seraient en hausse. - Au Québec, pour les bleuetières aménagées, 55 % sont situées sur des terres publiques et 45 % sur des terres privées. - Les terres publiques intramunicipales (TPI) sont des terres du domaine de l'État, situées à l'intérieur des limites municipales. Suite à une entente avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), la MRC a accepté, en mai 2004, d'assurer la gestion de ces TPI sur son territoire. - Sur la Côte-Nord, les superficies cultivées sont en augmentation constante. - « 95 % des bleuets sauvages récoltés au Québec sont surgelés. L'industrie étant située majoritairement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'une de ses forces est de réussir adéquatement l'intégration verticale de la production, de la transformation et de la commercialisation du bleuet sauvage. » Les 3 principales entreprises de transformation qui produisent des bleuets surgelés et font la mise en marché sont : › Les Bleuets sauvages du Québec inc. (4 usines) - Lac-Saint-Jean 49 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord › Bleuets Mistassini ltée (1 usine) - Lac-Saint-Jean › Bleuets Godbout inc. (1 usine) - Charlevoix - Les entreprises de congélation du Saguenay-Lac-Saint-Jean possèdent les accréditations pour pouvoir apposer la mention « certifié biologique ». Une autre appellation, celle des « Bleuets sauvages Boréals » existe également. - Malgré le potentiel bleuet identifié, il importe de mentionner la vulnérabilité potentielle de cette culture face à des insectes nuisibles comme la mouche du bleuet. La dissémination de cette mouche se fait majoritairement en raison du déplacement de terre contaminée par le biais des équipements d'un site à l'autre. On pourrait penser que la mouche pourrait entrer par le biais des équipements de récolte en provenance du Saguenay-Lac-St-Jean. Terres publiques intramunicipales (TPI) Le développement agricole sur les TPI passe actuellement par la production des petits fruits nordiques, soit le bleuet et la canneberge, dans l'affectation agricole (tableau 19). Pour une production rentable, le Rapport du comité interministériel sur la contribution des terres du domaine de l'état au développement de l'industrie du bleuet de septembre 2002 établissait à 200 ha le seuil de viabilité d'une bleuetière. Ce même comité recommandait de prioriser les projets d'agrandissement pour l'atteinte du seuil de rentabilité avant l'octroi de baux pour l'établissement de nouvelles unités de production. Tableau 19 : Affectations du territoire sur les TPI AFFECTATION SUPERFICIE (HA) % Forestière 15 725.30 69.7 Agricole 4 960.13 21.5 Conservation 1 053.43 4.8 Villégiature 252.40 1.2 Récréative 180.74 0.8 Industrielle/Commerciale 80.66 0.5 TOTAL AFFECTATION 22 252.66 98.5 Hydrographie 337.42 1.5 GRAND TOTAL 22 590.08 100 50 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Les superficies à potentiel bleuet De manière théorique, les facteurs favorables à l'implantation de bleuetières sont la présence de bleuets naturels et/ou de pins gris, un bon drainage de surface, un sol sablonneux peu sensible à l'érosion avec une faible pente, sans pierre ou affleurement de roc. De plus, la nappe phréatique doit être profonde et maîtrisable, la matière organique supérieure à 5 cm avant l'aménagement, les mauvaises herbes contrôlables et le site ne doit pas être exposé au vent dominant hivernal. Enfin, le site doit bénéficier d'une bonne accessibilité, d'une surveillance suffisante, d'une superficie minimale pour permettre l'aménagement, la mécanisation et favoriser la proximité des champs les uns près des autres. Alors le travail devrait plutôt s'attarder à l'évaluation de ces superficies versus les travaux réalisés, contraintes environnementales, milieux sensibles, eau potable, impact sur la faune et la flore... Lors de la confection du Plan d'aménagement et de développement intégré des TPI (PADI) en 2009, le potentiel bleuet était identifié aux alentours de 696 hectares. Bien qu'il s'agisse d'une analyse préliminaire et que ce ne sont pas tous les travaux qui sont comptabilisés, les investissements s'élèvent à 573 976 $ sur les secteurs à potentiel identifiés. Tableau 20 : Informations générales par municipalité Municipalité Total TPI (ha) Peuplements productifs accessibles (ha) Investissements réalisés ($) Potentiels identifiés (ha) Sacré-Coeur 514 364 - - Tadoussac 167 84 - - Les Bergeronnes 3 672 2 015 - 208 Les Escoumins 2 302 1 556 - - Longue-Rive 2 964 1 226 19 737 84 Portneuf-sur-Mer 1 700 1 407 123 700 427 Forestville 4 079 2 146 397 058 632 Colombier 7 625 5 219 33 481 192 Total 23 023 14 017 573 976 1 543 Source : Comité de travail sur les petits fruits - PRDIRT 51 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord La valeur des investissements et des travaux forestiers ne considère pas le calcul de la possibilité forestière. Ainsi, un changement d'affectation et une conversion de l'utilisation des surfaces actuellement en production forestière aurait des impacts majeurs en diminuant la possibilité forestière, ce qui aurait des conséquences directes sur le développement futur des TPI. À cet effet, les superficies identifiées comme étant des potentiels pour le développement de bleuetières supportent déjà des plantations de plus de 20 ans. La transformation de ces plantations priverait le milieu local d'un apport économique important sur le plan de la main-d'œuvre par l'absence d'une mise en marché de plus de 100 000 m3 de bois. La MRC se trouverait également privée de revenus nets dépassant les 1,5 M$ qui seraient à nouveau investis en travaux sylvicoles conformément à nos stratégies d'aménagement et à notre objectif de maintien et d'augmentation de la possibilité forestière. Ainsi, la MRC se doit de protéger les investissements réalisés en reboisement sur des terres publiques intramunicipales. Les superficies potentielles pour les cannebergières Les critères utilisés pour déterminer les superficies à potentiel canneberge sont associés à un bon approvisionnement en eau, à un sol sablonneux avec un drainage facilité par une pente légère, à une nappe phréatique qui ne soit pas trop en surface sur le terrain et qu'il y ait possibilité d'aménager un chemin d'accès. De même, le site ne doit pas présenter de potentiel de biodiversité très important de façon à ne pas détruire d'écosystèmes fragiles. Selon le Plan d'aménagement et de développement intégré des TPI (2009), les superficies à fort potentiel pour les canneberges se résument à 133,3 hectares (84 à Colombier et 49 à Portneuf-sur-Mer). Ce potentiel pourrait être plus important sans la présence de baux miniers qui occupent une bonne partie du territoire à potentiel canneberge. Actuellement, il y a 25 hectares cultivés dans la catégorie « bleuets en corymbe et canneberges ». La production de canneberges est concentrée à Longue-Rive et est réalisée par Tourbières Lambert. Le producteur de tourbe s'est tourné vers la culture de canneberges en 1992, pour revaloriser ses terres laissées à l'abandon. Les canneberges fraîches sont vendues à un acheteur du Massachusetts. Un autre producteur de canneberges existe sur la Côte-Nord, à Chute-aux-Outardes. (Source : Le Haute-Côte- Nord, Près d'un demi-million de livres de canneberges récoltées à Longue-Rive) 52 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.5.3.2 Aquaculture et pêche Bien que les pêches ne fassent pas à proprement partie du portrait du PDZA, notons que le crabe des neiges est l'espèce la plus importante dans l'industrie de la Côte-Nord. De plus, fait intéressant, l'oursin serait pêché uniquement par des entreprises de la MRC de la Haute-Côte-Nord. Il y a présence de trois entreprises d'aquaculture dans la MRC. __________ PORTRAIT D'ENTREPRISE Aquaculture l'Indigène - Longue-Rive ; production d'omble de fontaine indigène (truite). Début de la production en 2019, premières ventes en 2020. Le propriétaire possède deux pourvoiries. L'entreprise produit des poissons d'ensemencement pour des plans d'eau privés et publics, destinés au marché régional, mais qui peuvent convenir aux autres endroits du Québec, comme en témoignent les livraisons qui ont eu lieu dans le Nord-du-Québec au début 2021. (Source : Le Haute-Côte-Nord, Aquaculture l'Indigène : vers 80 tonnes de truites d'ensemencement) En 2020, l'entreprise a reçu de nombreuses visites de touristes, campeurs et citoyens de la région qui voulaient pêcher du poisson. Il était possible de s'en procurer pour sa consommation personnelle mais pas d'y pêcher. Le propriétaire a donc fait construire un étang de pêche destiné à répondre à cette demande. L'entreprise produit le maximum permis par le MAPAQ, soit 80 tonnes de truites annuellement, répartis dans 12 étangs. L'entreprise dispose aussi d'un rejet au fleuve d'un kilomètre, ce qui lui permet de minimiser son impact sur l'environnement (Source : Radio-Canada, Des truites de la Haute-Côte-Nord livrées dans le Nord du Québec). __________ 53 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.5.5 Revenus agricoles Les entreprises agricoles de la MRC ont généré des revenus bruts d'environ 5,9 millions de dollars, une augmentation de 1,6 M$ entre 2010 et 2021. En 2010, la municipalité de Sacré-Cœur, qui regroupe plus de la moitié des exploitations agricoles de la MRC (27), représentait à elle seule plus de la moitié des revenus de la totalité des exploitations agricoles. Il s'agit également de la seule municipalité du territoire dont les entreprises tirent plus de revenus des productions animales que des productions végétales. Les exploitations des municipalités de Les Bergeronnes (7), Les Escoumins (3) et Longue-Rive (7) représentaient un peu plus d'un tiers de la totalité des revenus pour cette même année. Le portrait était similaire en 2014 comme le démontre le tableau 21. Tableau 21 : Portrait des exploitations agricoles par strate de revenus et par municipalité (2010-2014) Strate de revenus (2010 et 2014) Total en 2010 Total en 2014 Changement entre 2010- 2014 (nombre d'entreprises) 0 à < 50 K$ 50 à < 250 K$ 250 K$ et + 2010 2014 2010 2014 2010 2014 Tadoussac 1 3 0 1 0 0 1 4 +3 Sacré-Cœur 14 11 11 10 2 3 27 24 -3 Les Bergeronnes 3 1 4 2 0 2 7 5 -2 Les Escoumins 2 1 1 1 0 0 3 2 -1 Longue-Rive 3 3 4 4 0 1 7 8 +1 Forestville 2 1 1 2 1 1 4 4 0 Colombier 0 2 0 0 0 0 0 2 +2 Nombre total d'entreprises 25 22 21 20 3 7 49 49 0 Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. Dans l'ensemble de la MRC, les revenus bruts en production animale étaient de 2,18 M$ en 2021, contre 3,7 M$ pour la production végétale la même année. La répartition par municipalité permet de témoigner de l'importance de l'agriculture à l'échelle municipale (tableau 22). 54 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 22 : Répartition des exploitations agricoles selon le type de production et revenus associés, 2014 Municipalité Production Nombre Revenu réparti Revenu total Tadoussac Végétale Animale Total 4 n/a n/d Sacré-Coeur Végétale 631 932 $ Animale 1 720 777 $ Total 24 n/a 2 368 108 $ Les Bergeronnes Végétale 466 576 $ Animale 290 599 $ Total 5 n/a 757 175 $ Les Escoumins Végétale n/d Animale n/d Total 2 n/a n/d Longue-Rive Végétale 675 729 Animale 116 520 Total 8 n/a 792 249 $ Forestville Végétale 1 698 564 Animale 53 495 Total 4 n/a 1 752 059 $ Lac-au-Brochet Végétale n/a n/a n/a Animale n/a n/a n/a Total 0 n/a n/a Colombier Végétale n/d Animale Total 2 n/a n/d Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. * Les exploitations agricoles dénombrées correspondent à celles dont le site principal d'exploitation est situé à l'intérieur des limites de la MRC. Les revenus associés aux cultures détenues par des entreprises de l'extérieur de la MRC sont donc exclus de ces montants. 55 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.5.6 L'agriculture biologique Dans l'ensemble du Québec, le nombre d'entreprises faisant de l'agriculture biologique a connu une augmentation soutenue au cours des dernières années. Au mois de mai 2019, c'était 2750 entreprises qui détenaient un certificat de conformité biologique délivré par l'un des organismes certifiés par le CARTV. Le nombre de produits inscrits au CARTV au même moment s'élevait à 12 500 (MAPAQ, 1 : 2019). Dans la région de la Côte-Nord, en 2020, 10 entreprises détiennent une certification biologique, dont 4 se trouvent sur le territoire de la MRC de la Haute-Côte-Nord. Entre 2010 et 2014, le nombre d'entreprises détenant une certification biologique est passé de 1 à 3 entreprises (selon le MAPAQ), sur un total de 49 entreprises, et il y aurait une entreprise supplémentaire selon le CARTV. Ces 4 entreprises sont dans le secteur maraîcher, à l'exception de l'une des fermes qui produit également du foin sec. Les entreprises sont situées à Les Escoumins, à Sacré-Coeur et à Forestville. À Les Escoumins, il s'agit des Tourbières Lambert qui cultivent des bleuets nains et des canneberges, à Sacré-Coeur, de la Bleuetière Gilles Simard et de la Ferme l'Anse de Roche, qui produit des petits fruits variés : camerises (chèvrefeuille), foin sec, fruits de champs diversifiés et surface de biodiversité). À Forestville, la ferme Bio Ferme du nord commercialise des paniers en mode ASC de fines herbes, plantes aromatiques et plantes médicinales de champs, des fruits et légumes de champs diversifiés ainsi que des légumes, fruits, plantes aromatiques et médicinales de serre diversifiées. La certification des entreprises de bleuets nains a un cahier de charge biologique du Québec qui répond au Régime Bio-Canada également. Les fermes maraîchères détiennent seulement le cahier de charge biologique du Québec. À notre connaissance et à ce jour, aucune entreprise de transformation alimentaire n'a de produits certifiés biologiques dans la MRC. 56 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.6 La relève agricole et la main-d'œuvre 2.6.1 Les cédants et la relève agricole Selon le plus récent sondage sur l'accès et le prix des terres, réalisé par la Fédération de la relève agricole, en octobre 2021, les éléments les plus souvent cités comme pouvant aider la relève sont : - Plafonnement du prix des terres - Limiter les transactions - Réglementer les acheteurs - Permettre le lotissement pour établir une relève - Recenser les terres en friche - Faire la promotion des terres disponibles - Favoriser le modèle en fiducie - Encadrer les baux de location - Surtaxer les terres en friche - Créer un registre public des transactions des terres - Donner un incitatif fiscal à vendre à une relève - Capital patient - Achat de terres par le gouvernement pour revendre à une relève Aucune entreprise ne prévoit vendre ou céder dans les 5 prochaines années en date de 2014 et 2021. De plus, 15 entreprises ont déclaré avoir une relève identifiée. Des plans de transfert ont été réalisés dans les dernières années : ils se trouvaient tous dans la municipalité de Sacré-Cœur. Le tableau 23 compile les données de Statistiques Canada à l'égard du profil des exploitants agricoles, pour deux années de référence. Les données diffèrent donc d'avec celles du MAPAQ présentées au tableau 24. 57 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 23 : Exploitants agricoles classés selon le nombre d'exploitants par ferme et l'âge, pour la région de recensement de Sacré-Coeur Exploitants agricoles par ferme Âge 2011 2016 Nombre Exploitants agricoles sur toutes les fermes Tous les âges 55 40 Moins de 35 ans 10 5 35 à 54 ans 25 15 55 ans et plus 25 20 Âge moyen des exploitants agricoles 50,4 50,4 Fermes ayant un exploitant Tous les âges 20 15 Moins de 35 ans 5 0 35 à 54 ans 10 0 55 ans et plus 10 10 Âge moyen des exploitants agricoles 52,3 57,2 Fermes ayant deux exploitants ou plus Tous les âges 30 25 Moins de 35 ans 10 5 35 à 54 ans 15 15 55 ans et plus 15 10 Âge moyen des exploitants agricoles 49,1 46,7 Source : Statistique Canada. Tableau 32-10-0442-01 Exploitants agricoles classés selon le nombre d'exploitants par ferme et l'âge, https://doi.org/10.25318/3210044201-fra. 58 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 24 : Strates d'âge des exploitants agricoles, MRC de la Haute-Côte-Nord, 2014 (validé en 2021) Strate d'âge des membres Nombre de membres au sein des exploitations agricoles 0 à < 20 ans 0 20 à < 40 ans 19 40 à < 60 ans 30 60 à < 80 ans 17 80 ans et plus 1 Ne s'applique pas ou âge inconnu 19 Total des exploitants agricoles 86 _______ CÔTE-NORD-CAPITALE-NATIONALE Les faits saillants suivants sont issus du portrait de la relève agricole réalisé par le MAPAQ en 2016. - Le pourcentage de relève agricole établie en 2011 et en 2016 était identique, soit 4 % ; - Parmi les régions centrales, cette région est celle qui détient la plus haute proportion de diplômés postsecondaires en 2016, soit 87 % alors que la moyenne est de 81 %. Cette proportion est similaire à la moyenne des régions périphériques où 89 % de la relève possède un tel diplôme. La moyenne générale du Québec est de 82 %. - Le mode visant à créer ou racheter une entreprise est varié : il peut s'agir d'un transfert familial, d'un transfert non apparenté ou d'un démarrage. - 53 % de la relève s'est établie par transfert familial, en 2016. C'est une statistique très similaire à 2011, où cette proportion se chiffrait à 54 %, et très près de la moyenne québécoise, qui se chiffre à 56 %. - Il y a eu une augmentation du nombre de transferts non apparenté : 11 % en 2016, alors qu'il était à 6 % en 2011. C'est une statistique plus élevée que la moyenne québécoise, qui se chiffre à 9 %. - Le nombre d'entreprises en démarrage a cependant diminué : 36 % en 2016, alors qu'il était à 39 % en 2011. C'est une statistique similaire à la moyenne québécoise, qui est à 35 %. 59 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord De plus, selon les résultats d'un sondage lancé par la FRAQ en octobre 2021, et auquel 700 répondants ont participé (86% étaient âgées de moins de 39 ans) près de 70% des répondants croient « que les principales raisons d'être propriétaire sont la pérennité de l'entreprise et la garantie principale de l'entreprise ». 59% des répondants cherchaient seulement des terres à vendre. 35% cherchaient des terres à vendre ou à louer, tandis que seulement 6% cherchaient des terres à louer seulement. (Source : FRAQ, La relève agricole mobilisée par l'enjeu de l'accès aux terres agricoles). 2.6.2 Main-d'œuvre agricole Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, la très grande majorité de la main-d'œuvre est familiale (tableau 21). 37 exploitations n'ont que de la main-d'œuvre familiale, 14 ont une main-d'œuvre non familiale du Québec tandis que seulement une exploitation agricole emploie de la main-d'œuvre étrangère (selon les données déclarées au MAPAQ) (tableau 25). Selon les informations recueillies auprès de l'UPA, un total d'environ 15 travailleurs étrangers seraient embauchés dans la MRC, dans le secteur agricole et agroalimentaire. Il est cependant difficile d'avoir accès à des données puisque les entreprises ne passent pas par l'UPA pour l'embauche des travailleurs étrangers temporaires. Tableau 25 : Nombre d'entreprises selon la provenance de la main-d'œuvre agricole Strate de revenus Nombre d'exploitations agricoles Main-d'œuvre familiale 37 Main-d'œuvre non familiale Québec 14 Main-d'œuvre non familiale hors Québec 1 Total 49 *Une entreprise peut être comptabilisée dans plus d'une catégorie. Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021. Le découpage territorial pour les statistiques démontrées dans le tableau ci-dessus est fait selon l'emplacement du site principal de l'exploitation agricole. Ainsi, les employés des entreprises dont le siège social n'est pas situé dans la région n'apparaissent pas dans le tableau 25. Le défi du marché du travail sur la Côte-Nord est principalement que le chômage persiste chez certains groupes sous-représentés sur le marché du travail, notamment les femmes, les jeunes, les travailleurs expérimentés, les personnes handicapées, les Autochtones, les immigrants, les prestataires d'aide financière de dernier recours (Services Québec, 2022). 60 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Il existe également un défi pour loger de potentiels travailleurs saisonniers, qu'ils soient du Québec ou de l'étranger. Du côté de Forestville, il y a eu une demande de modification réglementaire pour permettre des logements temporaires pour travailleurs étrangers, dans l'affectation agricole viable. La modification était conforme au RCI puisque l'implantation d'une résidence pour l'exploitant agricole, son enfant, son employé est prévu dans la LPTAA (art. 40). Ainsi, un établissement d'hébergement pour les travailleurs du Centre sylvicole a été aménagé pour accueillir 12 travailleurs. Le centre est en fonction depuis le début de la saison de production 2022. L'organisme SEMO dispense des services spécialisés d'employabilité, complémentaires à ceux de Services Québec. Le SEMO Côte-Nord a été créé en 1984 et permet aux personnes en situation d'handicap de se trouver un emploi. Les entreprises de transformation alimentaire connaissent bien les services du SEMO et y font régulièrement appel. Toutefois, l'organisme a peu de clientèle libre, puisque le secteur du tourisme occupe plusieurs clients de l'organisme. Les entreprises qui font appel aux services du SEMO peuvent obtenir une subvention pour l'intégration en emploi. Contrairement à d'autres régions, il n'y a pas de plateau de travail ni de centre de travail adapté en Haute-Côte-Nord. 2.7 La commercialisation et la distribution 2.7.1 L'identification des produits locaux En 2019, la région s'est dotée d'une image de marque, connue sous le nom du Goût de la Côte-Nord. Le lancement a eu lieu en juin 2019 et résulte de la stratégie de positionnement des produits de la Côte- Nord. Elle est a été élaborée en collaboration avec les entrepreneurs agroalimentaires, incluant ceux provenant, de la Haute-Côte-Nord, avec Tourisme Côte-Nord et des représentants de la nation innue. L''image de marque est assortie d'une stratégie de positionnement. Différentes activités de représentation ont eu lieu depuis, afin d'en faire la promotion. Voici un extrait du rapport annuel de la Table bioalimentaire Côte-Nord : La politique d'authentification indique que le produit doit être cultivé, chassé, pêché, élevé ou récolté sur la Côte-Nord et que le siège social de l'entreprise doit être situé sur la Côte-Nord et que les activités soient réalisées dans la région. Les produits transformés doivent contenir au moins un ingrédient cultivé, chassé, pêché, élevé ou récolté sur la Côte-Nord. Dans le cas où l'ingrédient utilisé est cultivé, chassé, pêché, élevé ou récolté ailleurs que sur la Côte-Nord, sa transformation sur le territoire nord-côtier par une entreprise locale constitue une condition valide pour l'obtention du sceau d'authenticité. Ceci, seulement si l'ingrédient n'est pas disponible en quantité et/ou en qualité adéquate. Un produit ultra transformé ne peut pas être authentifié. Les produits contenant des additifs ou des agents de conservation ne correspondent pas à la conception que se fait le consommateur d'un produit sain, frais et sauvage. Ainsi, tous les ingrédients utilisés doivent être disponibles en épicerie ou susceptibles de se retrouver dans le garde-manger du consommateur. 61 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord En 2020, 4 restaurants sur 25 faisant partie du Goût de la Côte-Nord ; et il y aurait potentiellement 38 autres restaurants sur la Côte-Nord qui mettraient au menu des produits de la région (attention : les produits de la région sont parfois interprétés comme provenant d'un distributeur qui est de la région). Sur le territoire de la Haute-Côte-Nord, 19 restaurants serviraient des produits locaux (25 % des établissements) : le portrait du système alimentaire indique que « la forte vocation touristique de ce territoire, avec des endroits comme Tadoussac, n'est sûrement pas étrangère à cette donnée, tout comme le fait qu'il s'agit d'un territoire où l'on trouve le plus grand nombre de restaurants, soit 75 établissements. » Pour les autres territoires de la Côte-Nord, la proportion de restaurants offrant des produits locaux se situe entre 0 et 18 %. Par ailleurs, la Table bioalimentaire réfléchit à la possibilité de mettre en place une carte d'achat du Goût de la Côte-Nord, qui serait acceptée comme moyen de paiement par les producteurs, les transformateurs et les restaurateurs. 2.7.2 La mise en marché directe Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, la vente directe à la ferme et dans les marchés publics est en croissance. En 2010, 8 entreprises possédaient un kiosque à la ferme, sur un total de 49. Cela représente un mode de mise en marché choisi par 12,25 % des entreprises de la MRC. C'est une augmentation par rapport à 2010, où seulement 2 entreprises possédaient un tel kiosque. Il y a actuellement un seul marché public, à Tadoussac, qui prend place de fin juin à mi-septembre, et qui réunit entre 3 et 6 producteurs et 2 à 3 artisans locaux. L'horaire prévu pour 2022 demeure la même. Par contre, le marché fait actuellement face à un enjeu de recrutement de producteurs, qui manquent de disponibilité ou de main-d'œuvre pour être présents sur place. La municipalité des Escoumins tient également des marchés publics à quelques reprises dans l'année : à la mi-juillet (2 jours), à la fête du Travail (1 journée) et en novembre (3 jours). Au Québec, il existe également d'autres modes de mise en marché directe comme l'autocueillette et les marchés virtuels, mais aucune entreprise n'a déclaré utiliser ces modes de mise en marché. Selon le Réseau des fermiers de famille, une entreprise de Forestville commercialise ses produits par le biais de l'agriculture soutenue par la communauté, c'est-à-dire en proposant des paniers de légumes biologiques qui sont fournis directement à des familles. La ferme est en exploitation depuis 2011 et est certifiée biologique depuis 2018. On sait également que l'autocueillette de camerises, chez le seul producteur répertorié chez Camerise Québec, débute dans la deuxième semaine de juillet. L'agrotourisme* est une activité complémentaire à l'agriculture. Elle implique nécessairement une activité d'interprétation. Si une seule entreprise en faisait en 2010, elles sont maintenant 4 à en faire. À notre connaissance, Herbamiel (Sacré-Cœur) et Bleuet des champs (Longue-Rive) sont les deux entreprises qui font de l'agrotourisme. Bleuet des champs possède un site de camping et offre des produits transformés (bleuets, pâtisseries, confitures, etc.) à son kiosque. À notre connaissance, un seul producteur de bovins commercialiserait sa viande directement à la ferme. Il vend aussi des porcs en demie et des poulets entiers, sur réservation. 62 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.7.2.1 L'intérêt pour l'achat local Selon un sondage réalisé en 2018-2019 dans le cadre du projet de MRC nourricière, des données de sondage (non scientifique) ont été recueillies et permettent d'identifier les besoins des consommateurs en matière de fruits et légumes : - 45 % vont à l'épicerie tous les jours - ce qui amène cette piste de réflexion : est-ce pour briser l'isolement et en profiter pour rencontrer des gens du village ou pour d'autres types de besoins ? - 63 % des répondants ne planifient pas les repas ; - 56 % des répondants affirment ne pas trouver l'aliment souhaité, à l'occasion, à l'épicerie locale. Souvent, car le produit n'est pas disponible ou qu'il est de mauvaise qualité (fruits et légumes) ; - 61 % considèrent que la qualité des fruits et des légumes laisse à désirer ; - 72 % des personnes se nourrissent de la chasse et de la pêche, mais ce n'est pas suffisant pour se nourrir à l'année ; - 32 % des répondants exploitent un jardin personnel. Selon les données du portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 75 % des producteurs agricoles ont déclaré effectuer une part de leurs ventes dans la région. Sans égard aux volumes de vente, les parts de mise en marché surpassent celles qui sont destinées aux autres régions du Québec, au Canada ou à l'international. On retrouve cette même réalité en ce qui concerne les parts des transformateurs de produits marins. Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord spécifiquement, les parts de marchés dédiées au Québec sont plus grandes que celles de la Côte-Nord. Cela s'explique peut-être par le fait que les productions végétales (grandes cultures) et de petits fruits (bleuets, canneberges) ne sont pas principalement consommées dans la région, et que des producteurs des régions limitrophes exploitent des terres dans la MRC, avant de rapporter le produit au Saguenay-Lac-St-Jean pour le transformer. Il est intéressant de noter que plusieurs espèces de PFNL sont récoltées par la population, sur la Côte- Nord. Il s'agirait principalement de : - Petits fruits : bleuet, framboise, fraise, groseille, airelle vigne d'Ida, chicoutai, amélanche, pimbina, camarine noire - Champignons : champignon crabe, bolet, morille - Arbres et arbustes : thé du Labrador, thé des bois, aiguille de sapin, aiguille de pin, poivre des dunes, eau de bouleau (CEDFOB, 2021, dans Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021) 63 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.7.2.2 La sécurité alimentaire Il existe plusieurs déserts alimentaires dans la région de la Côte-Nord, mais seulement un dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, aux frontières de la MRC de Manicouagan. Celui-ci est considéré comme un désert alimentaire en milieu rural. Selon les données recueillies dans le Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, le panier d'épicerie serait plus élevé dans cette région que dans des régions centrales comme celle de la Capitale-Nationale (183,96 $). La MRC de la Haute-Côte-Nord se trouve à avoir un panier d'épicerie estimé à 201,79 $, selon les données qui datent de 2011, ce qui la situerait au troisième rang des 5 MRC de la Côte-Nord. Selon un sondage réalisé en 2020 auprès des municipalités et des organismes communautaires de la région, 58 initiatives reliées à la sécurité alimentaire ont été documentées dans la région, soit 39 initiatives d'agriculture communautaire (organismes ou municipalités), dont 12 sur le territoire de la MRC de la Haute-Côte-Nord, et 18 écoles et CPE ayant des projets éducatifs, dont 3 seraient situées sur le territoire de la MRC. Les 12 initiatives d'agriculture communautaire sur le territoire de la Haute-Côte- Nord se répartissent ainsi : 2 aménagements comestibles, 1 jardin collectif et 9 jardins communautaires. Par ailleurs, la Table bioalimentaire avait réalisé un Guide pour la mise en place d'un jardin communautaire ou collectif, qui a été apprécié par la Haute-Côte-Nord. En 2020, 9 organismes avaient répondu, dans le sondage, que leur offre de service favorise la sécurité alimentaire. Un projet de forêt nourricière serait également en développement à la forêt d'enseignement et de recherche du Cégep de Baie-Comeau. Il y aurait 7 initiatives de compostage communautaire et collectif sur le territoire de la HCN, dont 4 dans des organismes communautaires, 2 dans des écoles, 1 dans un CPE. Au total, sur la Côte-Nord, il y en aurait 29. Organismes communautaires : - 56 % des organismes communautaires ayant rempli le sondage et offrant des services alimentaires ont affirmé utiliser des produits locaux pour répondre aux besoins de leur clientèle. - Le plus grand frein : la disponibilité des aliments (produits de l'agriculture locale ne sont tout simplement pas disponibles dans leur secteur). - La chasse joue un rôle important dans la sécurité alimentaire, autant pour la population qui chasse que pour celle à plus faible revenu. Le programme Chasseurs généreux a été mis en place par la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. En 2021, près de 7000 livres de viande ont été récoltées et distribuées aux familles dans le besoin. Sur la Côte-Nord, en 2021, ce sont 458 livres qui ont été amassées. Toutefois, la boucherie qui desservait les chasseurs de la Haute- Côte a cessé ses activités en 2021. 64 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Mollusques : La cueillette des mollusques, plus spécifiquement la mye, est une activité très prisée par la population de La Haute-Côte-Nord. On y observe deux types de cueillette. Il y a la cueillette récréative destinée à la consommation personnelle et, la plus importante, la cueillette commerciale destinée à approvisionner deux usines de transformation de La Haute-Côte-Nord (Portneuf-sur-Mer et Forestville), mais aussi d'autres usines à l'extérieur de la région, voire même aux États-Unis. Les grandes battures que l'on retrouve un peu partout sur le littoral du Saint-Laurent représentent un milieu propice pour cette espèce de mollusques et les retombées économiques que cette activité génère représentent, pour plus d'une centaine de cueilleurs, un revenu d'appoint important. Les bancs les plus productifs se situent au large des municipalités de Les Bergeronnes, Longue-Rive, Portneuf-sur-Mer, Forestville et Colombier. Bleuets nains (sauvages) : La cueillette de bleuets nains par des particuliers et qui serait ensuite vendu à des entreprises privées qui elles, les mettent en marché, serait une pratique courante sur le territoire. Les lieux de cueillette sont souvent des chasses gardées en territoire public ou en TPI, mais ne sont pas sur des bleuetières aménagées en TPI ou en terres agricoles. 2.7.3 Mise en marché via un ou plusieurs intermédiaires 2.7.3.1 Mise en marché via un seul intermédiaire Dans la région, des ententes peuvent aussi être prises directement entre les producteurs et des entreprises (supermarchés, restaurateurs, entreprises spécialisées, etc.). Il est également difficile de connaître les modes de distribution qui sont préconisés, à savoir si les producteurs distribuent eux- mêmes leurs produits ou s'ils font affaire avec le distributeur spécialisé qui existe dans la région. Épiceries Nous ne possédons toutefois pas de statistiques sur ce genre d'ententes réalisées de gré à gré entre les entreprises agroalimentaires et les épiceries. En fonction du profil des entreprises de la région, les entreprises ne sont probablement pas listées dans les répertoires des bannières et leurs ententes se font probablement de gré à gré avec les épiceries du territoire. Les épiceries de Tadoussac et de Sacré-Cœur, notamment, disposent de produits régionaux. La Table bioalimentaire ne connaît pas le nombre de producteurs de la Haute-Côte-Nord qui ont des produits actuellement disponibles en épicerie. Un projet d'accompagnement des entreprises vers le marché des épiceries est en cours de préparation avec la Table. Cette dernière entend également mettre en place un projet-pilote avec une bannière, dans un premier temps, afin d'identifier les produits de la région présents en épicerie. Bien que cette épicerie ne soit pas située dans la MRC, il y a un présentoir 65 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord de produits régionaux au IGA de Baie-Comeau : cela peut constituer une occasion d'affaires pour les entreprises de la Haute-Côte-Nord. Restaurateurs Une formation pour les restaurateurs et les producteurs est prévue par la Table bioalimentaire, dans le but d'augmenter la présence des produits régionaux dans les restaurants. La formation n'a pas encore eu lieu. De plus, la relance du Club des Nord-Goûteurs est à venir. Il s'agit d'occasions pour les amateurs de produits du terroir de se réunir dans un restaurant de la région, lors d'un souper où les produits locaux sont à l'honneur. Les producteurs dont les produits sont en vedette et le restaurateur sont invités à prendre la parole pour présenter leur produit et leur vision du terroir régional. Ce genre d'activités accroît la qualité du lien entre ceux qui produisent la nourriture et ceux qui la consomment. Autres modes de mise en marché Pour stimuler l'achat local, un catalogue de produits régionaux sera créé par la Table bioalimentaire afin d'être utilisé dans les campagnes de financement scolaires, pour les cadeaux corporatifs des entreprises et par les associations sportives. Mise en marché en dehors de la région Grâce à l'initiative de la Table bioalimentaire de la Côte-Nord, un partenariat a été établi avec la boutique de charcuterie Ils en fument du bon, située au marché Jean-Talon à Montréal, afin que s'y retrouvent différents produits de la région. Cela permet aux producteurs et agrotransformateurs* d'avoir accès à une vitrine de commercialisation. En revanche, les retombées ne sont pas suffisamment intéressantes pour les commerçants. La Table bioalimentaire analyse la possibilité de mettre en place un service de représentant sur les grands marchés urbains comme Québec et Montréal. Le projet s'ajustera en fonction de la demande. L'enjeu du transport a été identifié comme étant très important, par les intervenants de la région. Ainsi, une plateforme web de mutualisation du transport (ColiNord) est en cours de développement. La plateforme mettra en relation des entreprises bioalimentaires qui ont des colis à expédier avec des voyageurs qui réalisent déjà des trajets sur le territoire (cela peut inclure des particuliers qui ont été authentifiés, par mesure de sécurité), d'autres entreprises qui réalisent un transport ou des transporteurs. 2.7.3.2 Mise en marché sous plan conjoint La Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec encadre la mise en marché de plusieurs productions, au Québec. C'est notamment le cas du lait, des bovins de boucherie, des canneberges, des bleuets et des producteurs de grains, des productions que l'on retrouve dans la MRC de la Haute-Côte- Nord. 66 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord La mise en marché « organisée », « en circuit long » ou « sous plan conjoint » est importante dans la région. Comme il s'agit d'une mise en marché très encadrée, l'observation de ces modes de mise en marché concerne les enjeux qui y sont afférents. Par exemple, le transport du lait est assuré par Marc Dallaire, de La Malbaie, qui se dirige alors à Sacré-Coeur pour amasser le lait qui est habituellement livré à la fromagerie St-Fidèle, dans Charlevoix. Le transporteur prend donc le traversier à l'aller et au retour. 2.7.4 Tourisme gourmand* En 2019, la Table bioalimentaire Côte-Nord et Tourisme Côte-Nord ont concerté les intervenants en développement économique régional afin d'élaborer un plan d'action. L'objectif consistait à arrimer les actions des différents partenaires en lien avec les besoins du milieu, et se voulait complémentaire à l'élaboration de la stratégie de marque régionale (Le Goût de la Côte-Nord). Les orientations du plan sont les suivantes : - Mobiliser l'industrie et les partenaires du développement régional autour d'actions cohérentes et concertées ; - Définir l'offre régionale ; - Former la main-d'œuvre ; - Établir une offre d'accompagnement compétente et innovante aux entreprises ; - Structurer et développer l'offre existante ; - Accompagner les entreprises dans la formation et le coaching ; - Faire du bioalimentaire un élément identitaire ; - Mobiliser la population ; - Favoriser un accueil personnalisé ; - Améliorer l'attractivité de la région. 2.7.4.1 Évènements liés au tourisme gourmand Il existe un festival de la bière aux Escoumins, organisé par le dépanneur Chamberland. Celui-ci offre de nombreuses bières québécoises, dont toute la gamme nord-côtière, incluant les produits de la Microbrasserie de Tadoussac et de la Chasse-Gardée (Sacré-Cœur). Il y a également un Festival de la bière de la Côte-Nord, qui a lieu à Baie-Comeau. Il existe depuis 2014 et réunit 15 brasseurs participants. En 2021, les Brasseurs de la Côte-Nord ont également brassé une bière collaborative appelée Trail 09, distribuée partout sur la Côte-Nord. Afin de faire rayonner la gastronomie de la région sur des marchés plus grands, la Côte-Nord a participé à au moins deux reprises à l'évènement Montréal en lumière (sa dernière participation remonte à 2019). Il y a également la Fête du miel, qui se tient à Sacré-Coeur sur une base annuelle, depuis 10 ans. 67 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.7.5 Marché institutionnel Les données du Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord indiquent que les institutions de santé de la Côte-Nord offrent plus de 2000 repas par jour pour des dépenses annuelles de 5,28 M$. Les freins pour l'intégration de produits locaux dans les institutions sont toutefois nombreux : le prix, les volumes insuffisants et l'irrégularité de la disponibilité. En 2014, la Table bioalimentaire de la Côte-Nord a été chargée de réaliser le projet-pilote phase 1, visant à arrimer l'offre québécoise à la demande institutionnelle de chaque région. Plus concrètement, il s'agissait de positionner un produit agricole et un produit marin auprès des services alimentaires de 3 établissements institutionnels. Des bleuets ont servi à l'approvisionnement du CISSS de la Côte-Nord. Un diagnostic et un plan d'action ont été réalisés préalablement à ce projet-pilote (Table bioalimentaire Côte-Nord, Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel, Projet pilote phase 1). « La méconnaissance des produits, des opportunités et des exigences du marché institutionnel combinées aux enjeux régionaux d'accès aux équipements et de distribution sont les principaux facteurs limitatifs qui ont été identifiés lors de la réalisation de ce diagnostic (TBCN, 2014) ». Suite à la réalisation du projet-pilote, le bilan dénote deux types de marchés institutionnels : celui caractérisé par de petits volumes et ayant une souplesse pour permettre l'adaptation des menus. Le second marché est celui du système de la santé et est plus structuré et moins flexible. Le Centre Gustave Gauvreau et les Innus utilisent des mets traditionnels nord-côtiers (comme les beans à la perdrix, le cipâte au lièvre et le capelan frais. Le rapport note également que le bleuet pourrait être utilisé comme aliment de substitution en remplacement des ananas ou des bananes, par exemple, et qu'en ce sens, la culture populaire peut faire une différence dans les décisions d'approvisionnement des établissements qui disposent d'une plus grande marge de manœuvre. Le rapport dénotait que d'autres pistes institutionnelles pourraient être explorées comme Hydro-Québec, le milieu carcéral et les grandes entreprises comme les alumineries et les minières. La Table bioalimentaire Côte-Nord (TBCN), dont la mission est de promouvoir le développement, la mise en valeur et la commercialisation des produits bioalimentaires de la Côte-Nord, a obtenu comme mandat de travailler en collaboration avec les producteurs, les transformateurs et les établissements faisant partie du marché institutionnel, afin de favoriser l'achat de produits régionaux. Ce mandat s'inscrit dans le cadre de la Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel (SPAQMI) afin de faciliter l'arrimage entre l'offre de produits alimentaires québécois et la demande du marché, en plus de favoriser la coordination des liens d'affaire entre les acteurs de la chaîne d'approvisionnement. Le marché institutionnel est constitué des établissements publics et privés qui offrent des services alimentaires à leur clientèle (réseau de la santé et des services sociaux, réseau de l'éducation et des services de garde, hôtellerie et restaurants, municipalités et services correctionnels) qui peuvent présenter un potentiel de commercialisation pour les entreprises agroalimentaires du territoire. 68 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Les institutions de la région sont les suivantes: - 2 hôpitaux (Les Escoumins et Forestville) - 1 CHSLD (Les Bergeronnes) - 2 polyvalentes (Les Bergeronnes et Forestville) - 8 écoles primaires, une dans chaque municipalité - 2 postes de police SQ (Tadoussac et Forestville) + 1 poste de police à Essipit - Points de services de ministères: MAPAQ (Les Bergeronnes), MPO/Parcs Canada (Tadoussac), Contrôle maritime - fédéral (Escoumins), MFFP - unité de gestion (Escoumins), MFFP - unité de gestion + autre bureau (protection de la Faune) (Forestville), Services Québec (Escoumins et Forestville) Il y aurait actuellement une volonté des CPE d'intégrer plus de produits locaux dans les menus. Selon le sondage réalisé dans le cadre du Portrait du système alimentaire nord-côtier, 6 CPE ont déclaré offrir des aliments locaux. Ceux qui n'en offrent pas déjà, sauf un, ont indiqué vouloir en inclure au menu d'ici 3 ans. Un projet est d'ailleurs en cours, Petits ambassadeurs, pour stimuler les liens entre producteurs et CPE. Deux CPE de la MRC de la Haute-Côte-Nord seront certifiés Petits ambassadeurs le 9 juin 2022. Il s'agit des CPE de Sacré-Cœur et de Forestville. Le CPE de Forestville a aussi des succursales aux Escoumins, à Tadoussac, à Les Bergeronnes, à Forestville et bientôt, à Longue-Rive. Donc, bientôt, tous les CPE pourraient être accrédités Petits ambassadeurs. Les milieux de garde en milieux familiaux eux, sont accompagnés par la nutritionniste du CISSS, responsable des saines habitudes de vie, par le cadre de référence Gazelle et potiron. Il est envisagé de faire un partenariat avec un commerce de vrac alimentaire ayant une succursale à Baie-Comeau et une autre à Sept-Îles pour déposer des commandes de vrac bio dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, pour en faire bénéficier les milieux de garde. Le gouvernement s'est aussi doté d'une Stratégie nationale d'achat d'aliments québécois (SNAAQ) pour « inciter 85% des établissements des réseaux de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la santé et des services sociaux à se fixer une cible d'achat de produits alimentaires québécois d'ici 2023 ». 69 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.8 Industrie agroalimentaire 2.8.1 Transformation à la ferme Il y a actuellement 3 entreprises qui effectuent des activités de transformation à la ferme, dans la MRC. En 2010, il y avait 1 entreprise qui effectuait des activités de transformation à la ferme dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. Entre 2010 et 2014, la MRC a donc connu une augmentation de deux entreprises. 2.8.2 Transformation alimentaire hors ferme Deux aquaculteurs sont situés dans la MRC et font l'élevage de l'omble de fontaine destinée au marché de l'ensemencement de lacs dans des pourvoiries. De plus, 2 transformateurs de produits marins ont un point de vente directe aux consommateurs (sur un total de 3 transformateurs dans la région). En ce qui concerne l'ensemble de la région de la Côte-Nord, les débarquements totalisent plus de 75 M$ en 2019, ce qui représente 20 % des débarquements totaux au Québec (MPO, 2020, dans Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021). Si l'on compare la valeur totale des débarquements dans la région, l'industrie de la pêche commerciale présente une valeur sept fois plus élevée en comparaison avec les ventes de productions agricoles. Les débarquements de pêches commerciales sont présentés dans le tableau 26, en quantité par espèce, pour le territoire de la Haute-Côte-Nord et en valeur à l'échelle régionale. Le crabe des neiges est l'espèce la plus importante dans l'industrie de la Côte-Nord. Fait intéressant, l'oursin serait pêché uniquement par des entreprises de la MRC de la Haute-Côte-Nord. Notons cependant que la majorité des produits de la pêche est destinée aux marchés provincial et international. 70 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 26 : Débarquements par espèce en tonnes, par territoire et valeur en milliers de dollars, Côte-Nord, 2019 Espèce6 HCN Région Valeur (k$) Crabe des neiges 291 4 870 58 774 Homard 0 432 5 643 Crevette 0 131 952 Turbot 93 241 945 Morue 0 64 105 Flétan de l'Atlantique 0 127 1 350 Hareng 0 2 004 790 Mactre 0 525 635 Buccin 90 352 700 Oursin 300 300 2 272 Autres espèces 96 1 493 3 131 Total par territoire 870 10 539 75 297 Revenus moyens (k$) 284 245 S.O. Source : Portrait alimentaire de la Haute-Côte-Nord, 2021 Dans la région de la Côte-Nord, il y a 50 transformateurs alimentaires, dont 16 transformateurs de produits marins. Parmi ces 50 transformateurs, 11 seraient situés dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. (Source : MAPAQ, 2020, dans Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021) : Selon les données disponibles en 2022, il y a une nouvelle microbrasserie (Sacré-Cœur) et une boucherie en moins. - 2 microbrasseries (Microbrasserie Tadoussac) - Il n'y aurait plus de boucherie : 1 boucherie (Boucherie Escoumins a fermé ses portes) - 3 boulangeries-pâtisseries (Boulangerie au P'tit Four (Forestville), À l'emportée coop (Tadoussac), Boulangerie artisanale la P'tite Cochonne (Les Bergeronnes) - 2 chocolateries-confiseries (Confiserie Boréale (Colombier), Chocolaterie Cétacébon (Tadoussac) - 1 petits fruits et PFNL (Les saveurs boréales, Forestville) - 3 producteurs agricoles qui sont également transformateurs (Bleuet des champs, Herbamiel et Ferme 5 étoiles) - Il n'y a aucun fumoir ni entreprise qui fait des mets préparés sur le territoire. 6 Des espèces apparaissant au tableau peuvent avoir été débarquées en quantités moindres dans certains territoires et ont ainsi été incluses dans la catégorie autres espèces. Le total régional par espèce pourrait donc différer légèrement des valeurs réelles. Le total par territoire est, quant à lui, fidèle aux données. 71 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Il est à noter que les boucheries offrent un service de coupe de viande et des produits transformés, mais qu'il ne s'agit pas d'un abattoir. L'abattage, qui se fait à l'extérieur de la région, ne permet donc pas d'approvisionner directement le marché local. En ce qui concerne les pratiques écoresponsables, 80 % des débarquements de l'industrie des pêches et de l'aquaculture commerciale, en termes de valeur, sont certifiés durables (MPO, 2020, dans Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021). L'écocertification* mise en place par l'organisme Marine Stewardship Council « certifie les récoltes d'espèces précises à la suite d'un processus rigoureux initié par les associations de pêcheurs et soutenu par le MAPAQ et par Pêches et Océans Canada. (Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021) ». Sur la Côte-Nord, la crevette nordique (depuis 2009), le flétan du Groenland (turbot) (depuis octobre 2020) au filet maillant et le crabe des neiges (depuis décembre 2020) sont les pêches certifiées. Comme ces pêches représentent 50 % des débarquements de 2019 en termes de poids et 80 % de la valeur totale débarquée, cela fait en sorte que la majorité des pêches de la Côte-Nord sont considérées comme écoresponsables (MPO, 2020, dans Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021). Selon le sondage aux transformateurs dans le cadre du Portrait sur le système alimentaire, et dont les répondants provenaient majoritairement de la Haute-Côte-Nord, 45 % des aliments utilisés dans la transformation sont des petits fruits, le bleuet étant le plus populaire. La chicoutai et la framboise sont parmi les autres fruits régulièrement mis en valeur. Des fines herbes, aromates et PFNL (champignons sauvages, thé du Labrador, sirop d'érable) sont utilisés pour la confection de marinades, dans une moindre mesure. Le miel serait aussi utilisé pour en faire des cosmétiques. Toujours selon les transformateurs questionnés, 63 % disent mener des initiatives pour augmenter la proportion des produits locaux utilisés. Les deux transformateurs de produits marins ont déclaré s'approvisionner uniquement chez les pêcheurs de la Côte-Nord, Les crabiers du Nord (Portneuf-sur-Mer) et Pêcherie Manicouagan (Escoumins) des entreprises qui se sont associées. Les produits transformés concernent 14 variétés de produits de la mer. Plus de la moitié des transformateurs ayant répondu au sondage dans le cadre du Portrait du système alimentaire soutiennent que la production régionale doit augmenter pour faciliter l'inclusion des produits locaux. Cela pourrait se faire par une diversification de la production animale notamment, ou en encourageant le développement de nouvelles entreprises agricoles. Certains transformateurs mentionnent qu'il serait intéressant de prévoir de l'accompagnement et de la formation pour l'utilisation spécifique de certains produits locaux. 72 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.9 La foresterie 2.9.1 Propriétaires et producteurs forestiers Bien que les PDZA s'intéressent principalement à la zone agricole, la foresterie fait toujours l'objet d'une section dans ce document de planification. En effet, plusieurs agriculteurs s'adonnent à une activité forestière, souvent pour leur propre besoin en bois de chauffage durant la saison hivernale. Il est également à noter que l'entretien des boisés de ferme a un impact sur la qualité et la résilience des forêts, un enjeu qui sera des plus importants au cours des prochaines années dans un contexte de changements climatiques. Qui plus est, la considération de la forêt comme étant liée à l'agriculture permet aussi de garder en mémoire que des corridors de biodiversité sont essentiels pour permettre le déplacement des espèces animales. Par conséquent, les producteurs forestiers sont partie prenante de la recette. D'abord, parce qu'ils entretiennent la forêt et s'adonnent à une activité commerciale par le fait même. Ensuite, parce qu'ils sont des alliés certains pour développer d'autres types d'activités en forêt ou permettre à d'autres d'en faire autant : c'est notamment le cas des activités de mycosylviculture, de la cueillette de produits forestiers non ligneux et même du récréotourisme estival comme hivernal. Sur la Côte-Nord, il y a 120 producteurs forestiers en forêt privée. Ils peuvent avoir ou non le statut de producteur agricole, s'adonner à cette activité ou aux deux activités. Par ailleurs, l'enjeu du bois sans preneur est un enjeu autant pour les producteurs agricoles ayant un boisé que pour les producteurs forestiers. Le Syndicat et plusieurs autres au Québec travaillent à identifier des débouchés potentiels pour ce bois (des essences moins nobles). L'un des débouchés potentiel est la valorisation de la biomasse dans le but d'en produire une bioénergie. En mars 2021, un Inventaire de la biomasse disponible pour produire de la bioénergie et portrait de la production de la bioénergie sur le territoire québécois a été déposé à la demande du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles. Vision Biomasse est actuellement en train de réaliser un portrait de l'approvisionnement actuel en biomasse forestière résiduelle au Québec, autant pour les granules que les plaquettes. 73 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord _________ EXTRAITS DU RAPPORT D'ACTIVITÉ 2021 DU SYNDICAT DES PROPRIÉTAIRES FORESTIERS DE LA RÉGION DE QUÉBEC (SPFRQ) La forêt privée fait face à de grands défis : 1- La mise en marché du bois : composer avec un secteur forestier qui vit de nombreux et rapides changements; négocier avec ces acheteurs relativement peu nombreux, souvent dotés de positions dominantes dans le marché; faire face à la difficile concurrence de la forêt publique. 2- La mise en valeur des forêts et de leurs ressources : s'assurer d'un soutien gouvernemental pour la sylviculture et l'exploitation durable des forêts; former et informer les propriétaires pour leur permettre de faire une gestion active et éclairée de leurs forêts; s'assurer que des intervenants compétents accompagnent les propriétaires dans la gestion et l'exploitation durable de leurs forêts. 3- Les droits de la propriété : s'assurer d'un juste équilibre dans la prise en compte des intérêts de la collectivité et de ceux des propriétaires individuels; s'assurer que le fardeau des lois et des règlements n'impose pas aux propriétaires forestiers des contraintes déraisonnables; mieux faire connaître les forêts privées, leurs propriétaires et les défis qu'ils confrontent. 4- La fiscalité foncière et des revenus : revendiquer une fiscalité des revenus qui incite à la gestion active et à l'aménagement durable des forêts privées; revendiquer une fiscalité foncière qui valorise la production forestière et qui soit conséquente avec les revenus qu'elle génère Les défis du SPFRQ : Le renouvellement des conventions de mise en marché répondant aux besoins et demandes des producteurs de bois Le développement de marché pour le bois sans preneur, particulièrement pour le bois résineux de plus faible qualité qui était destiné historiquement aux usines de pâtes et papiers. La baisse constante de la demande de papier et l'augmentation des sous-produits du sciage sur les marchés pour l'approvisionnement des usines de pâtes et papiers ont eu un impact direct sur la demande pour le bois rond des producteurs. La défense des intérêts et droits de l'ensemble des propriétaires forestiers de la région de Québec, particulièrement lorsque le nombre d'intervenants en forêt privée ne cesse d'augmenter et que leurs intérêts divergent. La reconnaissance des propriétaires de forêts privées pour leurs services environnementaux rendus à la société. La nouvelle catégorie d'immeuble forestier est une belle occasion pour les municipalités et leurs citoyens de soutenir l'aménagement durable des forêts privées de proximité. 74 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Quelques informations : - Boisaco est le 13e acheteur en importance sur le territoire du Plan conjoint des producteurs de bois de la région de Québec (tout juste après Produits forestiers Résolu, à Baie-Comeau) - En 2021, 33 900 m3 solides ont été récoltés dans les forêts privées, toutes essences incluses, et ils étaient dédiés au sciage ainsi qu'au déroulage. En 2020, ce chiffre était plus élevé, soit 45 100 m3 solide. - C'est principalement l'essence sapin-épinettes qui est la plus prélevée dans les forêts privées sur l'ensemble du territoire du Plan conjoint. - Le territoire de la Côte-Nord regroupe 438 propriétaires forestiers. Parmi ceux-ci, environ 120 seraient considérés comme producteurs forestiers, dont 32 sont membres du Syndicat (adhésion volontaire). Le territoire du Syndicat réfère à celui de la MRC de la Haute-Côte-Nord et le territoire de la MRC de Manicouagan (à l'exception de la municipalité de Franquelin et des villages de Baie-Trinité et de Godbout). - Il existe une grande forêt publique sur le territoire de la MRC, il s'agit de la Seigneurie des milles vaches. La valorisation du bois récolté sur la Côte-Nord se fait dans les industries du bois de sciage, dans les industries de cogénération et des produits énergétiques et dans les industries des produits dérivés du bois (tableau 27). Tableau 27 : Usines de transformation du bois sur la Côte-Nord Type d'industrie Nom des entreprises Types de produits Localisation Volume Industries du bois de sciage PF Résolu Canada inc. Bois de sciage Baie-Comeau 800 000 Boisaco inc. Sacré-Cœur 630 000 Bersaco inc. Les Bergeronnes 0 + 72 000 feuper Arbec, Bois d'œuvre inc. Port-Cartier 720 000 Industries de cogénération et des produits énergétiques Granulco inc. Granules énergétiques Sacré-Coeur 48 790 + 28 210 uper Bioénergie AE Côte-Nord Canada inc. Huile pyrolytique Port-Cartier 208 250 Industries des produits dérivés du bois Sacopan inc. Panneaux agglomérés Sacré-Coeur 95 000 75 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord _______ EXTRAIT DE L'INVENTAIRE SUR LA BIOMASSE - Biomasse animale : o Très faible potentiel pour la Côte-Nord o Absence de réseau gazier pour la Côte-Nord - Biomasse matières résiduelles : o Concentration des gisements près des pôles d'activité dont la Côte-Nord o Faible potentiel et très faible densité sur la Côte-Nord o Gestion intégrée des biomasses valorisables sur la Côte-Nord - Production de biocarburant : Potentiel s'élèvant à 10,7 PJ/an : l'un des six producteurs présentés dans l'étude est sur la Côte-Nord Le tonnage (tma/an) du potentiel théorique du Bois sans preneur issu de la forêt privée serait de 34 742 tma/an pour la Côte-Nord. Le tonnage du Bois sans preneur pour la forêt publique serait de 343 125 tma/an (MERN, 2021) 2.9.2 Produits forestiers non ligneux Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont principalement définis comme tout produit provenant de la forêt, autre que les essences d'arbres attitrées à la coupe forestière. Les PFNL peuvent être classifiés selon quatre groupes distincts (SPBCQ, 2012) : - Produits alimentaires (ex. : fruits sauvages, champignons et produits de l'érable) ; - Produits de santé naturels et aliments fonctionnels ; - Produits aromatiques (ex. : huiles essentielles, gommes) ; - Produits ornementaux (ex. : sapins et couronnes de Noël, cocottes). 76 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.9.2.1 La situation du secteur des produits forestiers non ligneux au Québec et dans la région Les 4 développements récents dans l'industrie pour le secteur des PFNL ont été identifiés comme étant les suivants : - La production de petits fruits émergents suscite de plus en plus d'intérêt. Les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Mauricie et du Bas- Saint-Laurent occupent une place importante dans le développement de ces productions. - L'industrie des champignons forestiers est en développement depuis quelques années. Dernièrement, il existe un grand dynamisme visant à professionnaliser le secteur. - La culture de noix, émergente dans la province, est encore au stade expérimental. On retrouve néanmoins quelques plantations d'importance au Québec. - Les plantes sauvages (comestibles et médicinales) connaissent un fort engouement et sont prisées par un nombre croissant de consommateurs (chefs), notamment en lien avec la demande pour les produits naturels et biologiques. L'enjeu de protection des milieux naturels dans lesquels se trouvent les petits fruits qui poussent à l'état sauvage soulève l'importance de la mise en place de pratiques durables de cueillette pour la sauvegarde de la ressource. Le thé du Labrador et la chicoutai seraient les principaux petits fruits à faire l'objet d'une cueillette abusive, sur des zones très restreintes (Journal de Québec, 2020). Selon l'Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux (ACPFNL), un nombre croissant d'entreprises cultivent les fruits émergents. La camerise et l'argousier sont les variétés les plus cultivées et elles possèdent d'ailleurs leur propre association de produits. La cueillette de fruits sauvages gagne en popularité, principalement sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec, vu l'abondance de la ressource. Les consommateurs connaissent encore peu ces fruits et les récoltes sont donc exportées dans d'autres provinces canadiennes et à l'extérieur du pays (ACPFNL, 2020). 2.9.2.2 Recherche et développement Le Centre collégial de transfert technologique (CCTT) affilié au Cégep de Baie-Comeau, est le Centre d'expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB). Les travaux de recherche qui y sont réalisés portent principalement sur les produits forestiers non ligneux (PFNL). À titre d'exemple, le CCTT a travaillé à l'adaptation de techniques d'élevage pour les abeilles pollinisatrices de petits fruits forestiers nordiques, à l'amélioration de l'efficacité des techniques de contrôle des adventices (espèces compétitrices), à l'aménagement de permacultures productives de petits fruits forestiers (camerise, airelle, groseille, gadelle, amélanchier et chicoutai), à l'extraction des composés aromatiques de plantes (huiles essentielles) et à l'adaptation des techniques de culture in vitro pour la multiplication des végétaux nordiques (CEDFOB, 2021). 77 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Actuellement, le centre mène deux études en lien avec la production agricole. La première vise à mettre en culture la chicoutai, aussi appelée framboise nordique et qui n'est pas encore cultivée au Québec, pour répondre à la demande actuelle. La deuxième vise à explorer différents types d'aménagements pour améliorer le rendement fruitier pour l'airelle vigne sur les sites où l'airelle est déjà présente ou encore, à produire et utiliser des variétés performantes pour cultiver les airelles dans des aménagements plus traditionnels en culture sur butte (Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021). L'objectif ultime de cette dernière initiative vise à permettre aux producteurs de répondre à la demande grandissante pour ce fruit. Le CEDFOB tente de contribuer à l'essor de quatre productions fruitières en Côte-Nord: la ronce arctique, la chicouté, la camarine noire et l'airelle vigne d'Ida. Le centre teste actuellement un modèle de propagation de masse de génotype d'intérêts (avec des pépiniéristes), d'aménagement et de densification de sites (avec des producteurs agricoles), de pollinisation nordique efficace (avec des apiculteurs) et de valorisation des sous-produits locaux (transformation alimentaire, usines de pêche, scierie, poissonnerie). (Source : Cégep de Baie-Comeau, Essor de quatre productions fruitières spécifiques à la Côte-Nord). Aucune entreprise de la MRC de la Haute-Côte-Nord ne participerait actuellement au projet. Les canaux de commercialisation des PFNL sont principalement l'autocueillette, la vente à la ferme, la vente aux transformateurs (fruits frais et congelés), aux hôtels et restaurants, aux marchés de détail, aux marchés publics et au marché des cosmétiques et de produits de santé naturels. Les superficies en culture pour certains petits fruits seraient estimées ainsi: Tableau 19 : Petits fruits cultivés sur la Côte-Nord Fruits cultivés Estimation des superficies Amélanche moins de 15 hectares Argousier 100-150 hectares Aronia moins de 20 hectares Camerise 600-700 hectares - 150 000 kg Cassis moins de 50 hectares Cerisier nain rustique moins de 25 hectares Sureau 50-100 hectares Source : Plan stratégique du secteur des produits forestiers non ligneux, 2017. 78 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.10 L'agroenvironnement Un seul cours d'eau en milieu agricole est problématique actuellement. Il s'agit d'un tributaire du cours d'eau de l'Église qui s'écoule en plein cœur du village de Sacré-Cœur. Il ne possède pas de toponyme. Comme la culture du bleuet est prédominante dans la région, il apparaît important de nommer certains enjeux environnementaux tels que l'érosion éolienne des sols, l'utilisation d'herbicides, la protection des pollinisateurs et la gestion de la forêt en terres publiques. Toutefois, ces enjeux n'apparaissent cependant pas comme étant très importants dans la région, par rapport à d'autres types d'enjeux. 2.10.1 Pratiques culturales Selon un sondage mené auprès de 29 producteurs agricoles de la Côte-Nord, 90 % des répondants indiquaient qu'ils ont adopté des pratiques responsables à l'égard de l'environnement. Ces bonnes pratiques sont l'absence d'utilisation de produits chimiques (41 %), l'aménagement de bandes riveraines (31 %) et l'application de principes de permaculture (24 %). Les autres pratiques, en moindre importance, consistent à la réduction de l'utilisation de pesticides et à la pollinisation stratégique. 2.10.2 Impact du secteur agricole sur l'émission de GES Selon les données du MELCC de 2020, l'agriculture représentait, en 2018, 9,6 % des gaz à effet de serre au Québec. Puisque la fermentation entérique, qui résulte du processus de digestion animale et que la gestion du fumier compte pour la majorité des émissions québécoises de GES (64 %), le portrait du système alimentaire note que « la production animale étant moins répandue dans la région qu'ailleurs au Québec, l'agriculture nord-côtière semble contribuer dans une mesure moindre que celle d'autres régions à l'émission de GES. » Toutefois, vu l'éloignement géographique de la région des centres de distribution des aliments, les émissions de GES liées au transport routier jouent un rôle plus grand que dans d'autres régions. Les produits, qui passent majoritairement par Québec, parcourraient ainsi 5 à 50 fois plus de distance pour se rendre aux consommateurs de la Côte-Nord. 2.10.3 Milieux humides Les milieux humides se définissent comme étant des sites inondés ou saturés en eau pendant une période suffisamment longue pour influencer la nature du sol et la composition de la végétation (Beaulieu et coll., 2012). Ces milieux jouent un rôle essentiel pour l'environnement, notamment en filtrant et en purifiant les eaux de surface. On identifie cinq classes de milieux humides, à savoir les tourbières ombrotrophes, les tourbières minérotrophes, les marais, les marécages et les eaux peu profondes (Canards Illimités, 2016). Les superficies minimales des milieux humides de la zone de gestion intégrée des ressources en eau par bassins versants sont identifiées au tableau 29. Les municipalités font souvent appel à l'organisme de bassin versant (OBV) pour faire la caractérisation de milieux humides sur leur territoire. 79 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 20 : Superficies minimales des milieux humides de la zone de gestion intégrée des ressources en eau par bassins versants (ZGIE) de la Haute-Côte-Nord Bassins versants Superficie du bassin versant (km2) Superficie des milieux humides (km2) Superficie des milieux humides (% du BV) À la truite 31 8.5 27.4 Aux vases 10 4.9 49.2 Betsiamites 18155 100.5 0.6 Blanc 2 0.0 0.6 Blanche 69 1.1 1.6 Bon-Désir 17 6.9 40.3 Colombier 94 11.3 12.0 Du pied des crans 3 - - Éperlan 61 2.4 3.9 Escoumins 798 10.8 1.4 Grandes-Bergeronnes 116 3.0 2.6 Jean Raymond 30 1.0 3.4 Laval 658 6.1 0.9 Moreau 30 0.2 0.7 Moulin à Baude 139 1.0 0.7 Petite Romaine 51 8.9 17.4 Petites Bergeronnes 240 3.8 1.6 Petits Escoumins 170 6.8 4.0 Pit-Fortin 8 - - Portneuf 3125 26.4 0.8 Rouge 27 - - Sault-au-Mouton 452 3.8 0.8 Sault aux Cochons 1919 14.9 0.8 Source : Canards illimités Canada, 2009 et Gouvernement du Québec 2011 80 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 2.10.4 Sommaire des impacts des changements climatiques sur la Côte-Nord à l'aube de 2050 À l'horizon 2050, selon Ouranos, les changements du climat risquent d'entraîner de multiples impacts sur l'agriculture de la région, dont: - La hausse des précipitations l'automne, l'hiver et le printemps, davantage sous forme liquide, risque d'accroître l'érosion des sols et la dégradation de la qualité de l'eau ; - La diminution du couvert de neige ainsi que l'alternance de pluie et de neige pourraient accentuer les risques pour la survie des plantes pérennes (fourrages et petits fruits) et cultures d'automne. En raison de l'augmentation des épisodes de gel-dégel en hiver, accompagnés de pluie, le poids de la neige et de la glace sur les bâtiments pourrait être important certaines années ; - La hausse des températures hivernales pourrait augmenter la survie des insectes ravageurs de cultures, mais aussi des parasites d'animaux. Dans certains types d'élevage, les redoux hivernaux pourraient augmenter les problématiques d'humidité et de maladies pulmonaires chez les animaux ; - La saison hivernale, durant laquelle les sols sont gelés et permettent la réalisation de travaux forestiers, serait raccourcie. Pour les secteurs spécifiques où se fait la récolte d'eau d'érable, la coulée serait vraisemblablement devancée, mais de durée équivalente à celle observée en moyenne historiquement ; - Au printemps, la hausse des températures aurait pour effet de devancer le démarrage de la croissance des végétaux. Les températures plus élevées se poursuivront plus longtemps à l'automne, allongeant la saison de croissance d'environ 25 jours ; - L'été, les épisodes de canicule seront plus fréquents, risquant de faire souffrir plus fréquemment les animaux de stress thermique, avec des conséquences sur leur productivité et leur fertilité ; - Les températures estivales élevées pourraient aussi être dommageables aux rendements des céréales de printemps lorsque la chaleur élevée survient au moment du remplissage des grains ; - Finalement, la hausse des températures l'été aura pour effet d'augmenter les besoins en eau pour les plantes et les animaux. Or, les précipitations resteront identiques à celles observées historiquement durant cette saison ; conséquemment, les épisodes de stress hydrique seront probablement plus fréquents. 81 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 21 : Priorités d'adaptation des entreprises agricoles des secteurs de production végétale et animale SECTEUR PRODUCTION VÉGÉTALE PRODUCTION ANIMALE 1. Maintenir et améliorer la santé des sols 1. Réduire l'impact des périodes chaudes sur les animaux 2. Favoriser la survie à l'hiver des plantes fourragères, des céréales d'automne et autres cultures pérennes 2. Adapter les bâtiments pour l'hiver 3. Favoriser la survie à l'hiver des plantes fourragères, des céréales d'automne et autres cultures pérennes 3. Veiller à la santé des animaux 4. Adapter la gestion des plantes fourragères 4. Assurer une bonne gestion des structures d'entreposage des déjections animales 5. Optimiser l'irrigation en production maraîchère et fruitière 6. Adapter les serres et les bâtiments d'entreposage Certains enjeux d'adaptation requièrent la mise en place de démarches collectives, soit pour catalyser et renforcer les efforts individuels des producteurs, soit pour définir et soutenir une gestion fonctionnelle et efficace des ressources, comme l'eau par exemple (tableau 31). 82 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 22 : Priorités d'adaptation collective déterminées pour la Capitale-Nationale et la Côte-Nord et déclinées en fiches projets PRIORITÉS THÈMES DE PROJETS 1. Mettre en œuvre des solutions pour éviter les pénuries d'eau - voir note sous le tableau - Identifier des sources durables d'approvisionnement pour les producteurs - Accompagner les producteurs dans la mise en place de pratiques d'irrigation durables 2. Améliorer la qualité de l'eau à l'échelle de la ferme et du bassin versant - Mettre en œuvre des actions collectives dans les bassins versants incluant les enjeux des changements climatiques 3. Améliorer la santé des sols - Améliorer les connaissances pour la santé des sols - Développer des groupes d'échange et des vitrines en santé et couverture des sols 4. Se préparer aux épisodes répétés de canicule en production animale - Développer des services-conseils indépendants sur le contrôle des conditions ambiantes dans les bâtiments - Communiquer davantage d'information sur le rôle des arbres pour créer des microclimats (protection contre le soleil et le vent) 5. Accompagner les entreprises les plus vulnérables - Accompagner les entreprises pour qu'elles puissent investir dans l'adaptation NOTE * La région n'a pas fait l'objet du projet RADEAU, qui était une recherche participative d'alternatives durables pour la gestion de l'eau en milieu agricole dans un contexte de changement climatique. Hiver plus chaud et plus court : moins de neige et plus de pluie ! Au cours des prochaines décennies, nos hivers vont graduellement se transformer. Les températures seront plus élevées et la durée de l'hiver sera raccourcie. L'alternance d'épisodes de pluie et de neige sera plus fréquente pendant les mois de décembre, janvier et février. Ainsi, la neige sera présente moins longtemps et l'accumulation de neige au sol sera moins importante. Cependant, dans les secteurs montagneux ainsi qu'au nord de la région, la neige sera encore abondante, car les températures y resteront plus froides que sur le reste du territoire. Printemps plus hâtif, légèrement plus pluvieux : une saison plus longue ! Le printemps démarrera plus tôt, ce qui aura pour effet d'allonger la saison de croissance. Les risques de gel printanier tardif ne seront pas plus importants qu'actuellement. Puisque l'épaisseur de neige au sol sera moins importante, la fonte sera devancée et plus rapide. Cependant, il pleuvra un peu plus 83 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord qu'actuellement au cours des mois de mars, avril et mai. Avec des températures en hausse, les prairies devraient quand même se ressuyer plus tôt : les plantes fourragères devraient débuter leur croissance plus tôt et les animaux pourraient aller au pâturage plus rapidement, sauf les années particulièrement pluvieuses. Pour les producteurs, cela devrait se traduire par la possibilité de semer des espèces, variétés et hybrides nécessitant un nombre de degrés-jours légèrement supérieur. Par contre, pour les années particulièrement pluvieuses, la période des semis pourrait être retardée. Des étés plus chauds : attention aux canicules et au manque d'eau ! L'été, les températures seront en moyenne plus élevées de 2,5 °C à l'horizon 2050 par rapport à ce que nous avons connu pour la période 1981-2010. Les épisodes de canicule seront plus fréquents : il y aura en moyenne 4 jours par an avec des températures supérieures à 30 °C. Les précipitations seront plus souvent intenses, car elles seront issues de cellules orageuses, ce qui augmente les risques de ruissellement. Des températures plus élevées entraîneront davantage d'évapotranspiration et en conséquence une augmentation du déficit hydrique (qui correspond à la différence entre les pluies et l'évapotranspiration). Les plantes pourraient donc souffrir plus souvent de manque d'eau, surtout dans les sols compactés ou légers. Les températures élevées pourraient être dommageables pour les céréales. La chaleur pourrait également affecter plus souvent les animaux. Des automnes plus tardifs : de nouvelles possibilités ? Puisque les températures seront plus chaudes et que le premier gel aura lieu plus tard, la saison de croissance des plantes sera plus longue. Les précipitations entre septembre et novembre seront en légère hausse par rapport à celles observées historiquement. Ces conditions auront pour effet de devancer la maturité des cultures, permettant des récoltes dans des conditions de sol plus sec. Davantage de temps serait ainsi disponible pour les producteurs afin de réaliser des travaux aux champs, par exemple l'implantation de culture de couverture ou des semis de prairie en tout début d'automne. En s'appuyant sur les données du passé et sur les modèles climatiques, les climatologues d'Ouranos envisagent pour le Québec : - Qu'il y aura CERTAINEMENT plus d'épisodes de canicule, de chaleur extrême, et moins de vagues de froid extrême ; - Qu'il y aura POSSIBLEMENT plus d'épisodes de précipitations intenses sous forme de cellules orageuses localisées ; - Que les formations orageuses dans lesquelles se développe la grêle, seront plus intenses et fréquentes, bien que les risques de grêle n'aient pas été étudiés. Toutefois, à ce stade, il est impossible d'affirmer qu'il en découlera plus d'épisodes de grêle ; - Qu'il n'est pas possible d'émettre d'hypothèses appuyées par la science quant aux risques de verglas et de rafales de vent. Des études sont en cours sur le sujet. Ouranos mène actuellement des recherches sur les évènements climatiques extrêmes. Celles-ci visent notamment à déterminer si l'occurrence de ces évènements augmentera dans le futur, et ce, dans une optique d'adaptation et de prévention des risques. Source : Agroaclimat 84 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord L'adaptation en production végétale Portrait régional de la Côte-Nord en production végétale (MAPAQ, 2017) - 111 entreprises agricoles en production végétale au total ; - Près de 4 320 ha en horticulture (fruits et légumes) ; - Plus de 2 100 ha en fourrages ; - Plus de 500 ha en grandes cultures. À l'horizon 2050, le dernier gel printanier aura lieu plus tôt et le premier gel automnal plus tard, permettant ainsi une saison de croissance des végétaux plus longue. Les températures seront plus chaudes et les épisodes de canicule seront plus fréquents. L'été, le volume total de pluie sera similaire à ce que nous connaissons actuellement. Cependant, les précipitations seront plus fréquemment issues de cellules orageuses, donnant lieu à des pluies localisées et intenses. Puisque les températures seront plus élevées, le besoin en eau des plantes sera plus important. Les pluies resteront semblables, les plantes pourraient donc souffrir plus souvent de manque d'eau. Il est important de considérer que... - Les sols seront plus souvent secs et donc sujets à l'érosion et au ruissellement, tout particulièrement s'ils sont dénudés ou si le champ est en pente et qu'ils sont exposés à des précipitations intenses ; - Les sols compactés ou légers seront plus fragiles au stress hydrique, affectant le rendement des cultures. Les périodes de canicule, si elles se produisent au moment du remplissage des grains des céréales, pourraient réduire leur rendement ; - Les cultures subiront davantage de pression des ravageurs et des mauvaises herbes. L'arrivée de nouveaux ravageurs pourrait également entraîner des pertes ; - Certains hybrides et espèces habituellement semés pourraient ne pas bien réagir aux nouvelles conditions climatiques alors que d'autres profiteront d'une atmosphère enrichie en CO2. Parlons de l'hiver... Avec l'augmentation des températures, les précipitations hivernales, qui seront en hausse, tomberont davantage sous forme de pluie. Les épisodes de redoux seront plus fréquents durant l'hiver, entraînant une alternance de gel-dégel. La couverture de neige sera moins épaisse et sera présente moins longtemps, laissant plus souvent les sols exposés au vent et aux écarts de température qui, eux, seront encore présents. Cependant, les froids extrêmes seront moins fréquents et moins froids. - Les phénomènes d'érosion des sols seront accentués, notamment lors de fortes pluies hivernales sur les sols dénudés et dans les champs en pente ; - Les cultures d'automne pourraient être affectées par le gel lorsque la couverture de neige est insuffisante. 85 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord L'adaptation en production animale Portrait régional de la Côte-Nord en production animale (MAPAQ, 2017) - 37 entreprises en production animale ; - 632 unités animales de bovins de boucherie : 10 % des revenus agricoles de la région ; - 261 unités animales de bovins laitiers : 13 % des revenus agricoles de la région. De quoi doit-on se préoccuper en production animale ? Parlons de la période estivale... À l'horizon 2050, les épisodes de canicule seront plus fréquents. Les journées avec une température supérieure à 30 °C augmenteront de façon importante. En climat futur, l'humidité devrait rester similaire à celle que nous connaissons actuellement. Cependant, avec des températures plus élevées, les épisodes de stress thermique seront plus fréquents, plus sévères et plus longs. Il est important de considérer que... Les animaux sont affectés par la chaleur comme les êtres humains ; ils subissent un stress thermique dès qu'ils ne sont plus capables d'évacuer adéquatement la chaleur. Chaque espèce a une tolérance différente à la chaleur qui dépend, notamment, de sa capacité à évacuer la chaleur. Dans tous les cas, le stress thermique a des conséquences sur le métabolisme de l'animal. La productivité, les capacités reproductives et le gain de poids sont affectés lors de ces périodes. Tableau 23 : Évolution du climat de la Côte-Nord à l'horizon 2050 - selon l'étude Agriclimat Température Précipitations Saison de croissance Hiver AUGMENTATION DE LA TEMPÉRATURE MOYENNE DE 3,2 °C (-14,4 °C à -10,9 °C) FROIDS EXTRÊMES MOINS FRÉQUENTS. Augmentation moyenne de 5 à 10 °C de la température la plus froide de l'année +35 MM DE PRÉCIPITATIONS (PLUIE ET NEIGE) (208 à 280 mm) -30 % DE NEIGE AU SOL AU MAXIMUM (2,1 m à 1,2 m) Moyenne de - 36 jours d'enneigement (=137 jours) Printemps DERNIER GEL À -2 °C 15 JOURS PLUS TÔT (22 avril au 9 mai) +461 DEGRÉS JOURS (DJ) BASE 5 °C (de 1 537 à 1 958 DJ) +25 MM DE PLUIE (de 246 à 292 mm) +28 JOURS DE SAISON DE CROISSANCE (182 à 206 jours) 86 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Été + 4 JOURS AVEC UNE TEMPÉRATURE MAXIMALE > 30 °C DÉFICIT HYDRIQUE EN AUGMENTATION DE 23 MM (de - 30 à -114 mm) +12 MM DE PLUIE (de 278 à 338 mm) PLUIES INTENSES PLUS FRÉQUENTES Automne AUGMENTATION DE LA TEMPÉRATURE MOYENNE DE 2,7 °C (de 3,2 à 6,2 °C) PREMIER GEL À 0 °C 14 JOURS PLUS TARD (du 13 octobre au 1er novembre) +14 MM DE PLUIE (de 264 à 319 mm) FIN DE LA SAISON DE CROISSANCE 15 JOURS PLUS TARD (du 29 octobre au 13 novembre) Tableau 24 : Impact des changements climatiques selon la saison - Tiré de l'étude Agriclimat Saison SECTEUR PRODUCTION VÉGÉTALE PRODUCTION ANIMALE Grandes cultures Horticulture Production de bleuets Production bovine et fourragère Production laitière et fourragère Hiver Meilleure survie des ennemis des cultures Augmentation des risques de mortalité hivernale des céréales d'automne et des cultures fourragères pérennes Hausse du ruissellement et de l'érosion des sols Meilleure survie des ennemis des cultures Augmentation des risques de gel hivernal des cultures pérennes ou qui sont au champ durant l'hiver si manque de neige Les redoux plus fréquents pourraient affecter la dormance et augmenter la sensibilité au gel Meilleure survie des parasites et champignons Augmentation des risques d'accumulation d'eau dans les dépressions Les redoux plus fréquents pourraient fragiliser les plants (dormance, bourgeons, rhizomes) Augmentation des risques de gel hivernal des plantes fourragères Meilleure survie des insectes, parasites et bactéries Entretien plus difficile des enclos d'hivernage du fait de l'alternance pluie neige Augmentatio n des charges de neige et glace sur les toits certaines années 87 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Printemps Augmentation des risques d'érosion des sols non couverts Possibilité de semer plus tôt lorsque le sol le permet Augmentation des risques d'érosion des sols non couverts Semis plus tôt si le sol le permet Possibilité de planter des espèces et variétés plus exigeantes en chaleur Démarrage de la végétation plus précoce, sauf dans les dépressions si de la neige s'y est accumulée Semis plus tôt si le sol le permet Risque plus élevé d'inondation printanière des fonds Risque plus élevé d'érosion des sols et de lessivage des engrais et pesticides Semis plus tôt si le sol le permet Première coupe de foin plus tôt Possibilité d'épandre le fumier plus tôt si nécessaire et si le sol le permet Été Augmentation des risques de perte de rendement en raison des fortes chaleurs et du manque d'eau Nouveaux ennemis des cultures, pression plus importante des espèces déjà présentes Augmentation des besoins en irrigation Les cultures de climat frais pourraient être affectées par les fortes chaleurs (ex. : crucifères, épinards) Nouveaux ennemis des cultures, pression plus importante des espèces déjà présentes Mûrissement des bleuets plus hâtif et plus rapide Risques plus élevés que les plants manquent d'eau Nouveaux ravageurs, pression plus importante des espèces déjà présentes (présence accrue également des espèces bénéfiques) Les plantes fourragères pourraient manquer d'eau plus souvent, affectant le rendement de la coupe estivale Les animaux pourraient souffrir davantage de la chaleur Risque de manque d'eau 88 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Automne Possibilité de réussir les cultures de maïs et de soya, dans la mesure où l'état de santé des sols et le contrôle des ravageurs et maladies sont adéquats Conditions plus favorables au semis de cultures de couverture, de céréales d'automne et à la diversification des rotations Récoltes prolongées pour les cultures indéterminées (ex. : fraise d'automne), puisque le gel qui affecte les fruits sera plus tardif Difficultés pour la conservation des fruits et légumes si la récolte s'effectue dans des conditions de températures élevées Les gels qui surviennent tôt à l'automne seront moins fréquents et risquent donc d'impacter plus rarement les récoltes Risque que les fruits soient fragiles si la récolte est effectuée lors de périodes chaudes Rendement potentiel plus élevé de certaines espèces de plantes fourragères Prolongement de la saison de paissance Plus de temps pour réaliser des semis d'automne de plantes fourragères et de cultures de couverture 2.10.5 Gestion intégrée de l'eau par bassin versant Le gouvernement du Québec a adopté, en 2002, la Politique nationale de l'eau. Elle visait notamment la mise en place de la Gestion intégrée de l'eau par bassin versant (GIEBV). Ce type de gestion est un processus permanent basé sur la concertation de l'ensemble des décideurs, des usagers et de la société civile. Elle vise la planification et une meilleure harmonisation des mesures de protection et d'utilisation des ressources en eau, et ce, dans une optique de développement durable (MELCC, 2016). Cette mission a été attribuée à 40 organismes de bassin versant (OBV) au Québec qui ont pour mission de réaliser un plan directeur de l'eau (PDE). Ce plan établit un portrait et un diagnostic du territoire, identifie les enjeux, orientations, objectifs et indicateurs et propose un plan d'action. Le territoire de l'organisme des bassins versants de la Haute-Côte-Nord (OBVHCN) couvre la majorité du territoire de la Haute-Côte-Nord sans égard aux limites politiques en respect des limites des bassins versants. Dix bassins versants principaux se situent sur ce territoire ainsi que plusieurs ruisseaux côtiers. Le plan directeur de l'eau de l'organisme a été adopté en 2014. Selon le dernier PDE de l'OBVHCN, les données sur les pratiques de gestion bénéfiques, les déjections animales, l'utilisation d'engrais minéraux et sur l'utilisation de pesticides n'étaient pas disponibles. Des enjeux liés à l'utilisation de pesticides et d'herbicides, pour contrôler la végétation dans l'emprise des lignes électriques, dans la culture du bleuet et en foresterie, ont été identifiés (SOPFIM, 2013 dans PDE, 2014). Les risques pour la santé de l'utilisation de phytocides, dans l'emprise des lignes de transport d'électricité, sont négligeables, puisque ces derniers ne s'accumulent pas dans la chaîne alimentaire et qu'ils sont dégradés rapidement par la 89 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord lumière et les micro-organismes présents dans le sol (Hydro-Québec, 2010, dans PDE, 2014). Aucun plant de bleuet ou plante herbacée ne sont volontairement arrosés (PDE, 2014). L'application règlementaire visant à maintenir et à entretenir les bandes riveraines demeure un défi. Dans le cas des bandes riveraines, celles-ci permettent la stabilisation des berges et l'amélioration de la qualité de l'eau douce, en plus de comporter des bénéfices pour le maintien des habitats fauniques. 2.10.6 Règlementation La MRC ne dispose pas pour le moment de Politique de gestion de l'écoulement des eaux. La MRC, via résolution du conseil, autorise ou non les travaux pour l'entretien des cours d'eau, mais les frais demeurent généralement à la municipalité ou aux particuliers. Le suivi des dossiers en matière de gestion de cours d'eau est relativement complexe étant donné que la MRC ne dispose pas d'une telle politique de gestion du libre écoulement des eaux pour le moment. La MRC octroie peu de permis en territoire agricole, soit seulement 2 sur un total de 13 résolutions permettant des travaux ; sur un total de 33 demandes de travaux en milieu hydrique depuis la délégation de la compétence en 2006. Les municipalités de la MRC ne font pas partie des municipalités visées par l'article 50.3 du Règlement sur les exploitations agricoles (REA), qui interdit de mettre en culture de nouvelles superficies dans les municipalités se trouvant dans un bassin versant dégradé. Les municipalités concernées par ce règlement sont situées dans les MRC où l'activité agricole est exercée de manière importante. Finalement, pour ce qui est de l'application de la règlementation sur les bandes riveraines, la distance minimale des bandes riveraines en zone agricole correspond à celle prescrite par la PPRLPI, soit 3 mètres. Services aux entrepreneurs 3 SECTION 91 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 3.1 Financement 3.1.1 Financement par la MRC Depuis 2016, la MRC a effectué 6 prêts financiers à des entreprises pour des projets agricoles, tel que détaillé dans le tableau 28, pour un total de 369 572 $ offert en prêt (tableau 34). Tableau 25 : Nombre de prêts réalisés par la MRC pour des projets agricoles Nom de l'entreprise Année du prêt Montant du prêt Raison/objectif du prêt Microbrasserie de Tadoussac 2016 90 000 $ Démarrage Aquaculture indigène 2018 75 000 $ Démarrage Microbrasserie de Tadoussac 2019 80 000 $ Expansion Casse-croûte le Connaisseur 2020 49 752 $ Prêt d'urgence Covid Restaurant le Boisé 2020 25 000 $ Prêt d'urgence Covid Centre de vacances la ferme 5 étoiles 2020 50 000 $ Prêt d'urgence Covid 3.1.2 Financement par le MAPAQ Les agriculteurs de la Haute-Côte-Nord ont accès à tous les programmes normés du MAPAQ, incluant ceux de drainage et de chaulage. Toutefois, les producteurs de la Haute-Côte-Nord ne sont pas inclus dans le Plan Nord, ce qui les empêche d'avoir accès à ces subventions, incluant la nouvelle entente MAPAQ-SPN. Le tableau 35 présente le montant total des subventions ainsi que le nombre d'entreprises concernées pour la MRC de la Haute-Côte-Nord entre 2018 et 20217. 7 Une entreprise peut recevoir plus d'une subvention, dans différentes catégories de services admissibles. 92 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 26 : Bilan des aides accordées par Agriconseils pour la MRC de la Haute-Côte-Nord entre 2018 et 2021 Type d'activité Domaine d'intervention Nb d'entreprises Montant total des subventions octroyées Suivi des cultures Technique 72 98 281 $ Bovin de boucherie Bâtiment et équipement Bovin de boucherie - BOVIEXPERT (saisie de données) Productivité / élevage Suivi des cultures Gestion des matières fertilisantes Agroenvironnement 87 47 679 $ Santé et conservation des sols Gestion de l'eau PAA régulier Gestion intégrée des ennemis des cultures Biodiversité en milieu agricole Organisation d'une rencontre nécessitant la collaboration interprofessionnelle d'au moins deux conseillers spécialisés Collaboration interprofessionnelle 1 459 $ Global Gestion 16 53 835 $ Organisation de données Plan d'affaires Plan de transfert Plan de démarrage Production d'un budget annuel ou mensuel PAA et suivi en agroenvironnement 18 25 994 $ Nb d'entreprise ayant eu recours à au-moins une subvention 69 226 247 $ Il existe un contrat de service entre le MAPAQ et une clinique vétérinaire situé à Baie-Saint-Paul, afin de desservir les producteurs qui ont une carte de producteurs agricoles. Il y a bien une clinique vétérinaire à Sacré-Cœur, mais elle pratique uniquement auprès des petits animaux. Le traversier entre Baie-Ste- Catherine et Tadoussac rallonge les délais routiers pour desservir les producteurs agricoles. Il n'existe pas de droit d'accès permettant un accès prioritaire au vétérinaire sur le traversier. 93 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 3.1.3 Financement et services par d'autres organisations Créneau d'excellence La Côte-Nord fait partie du territoire ciblé par le Créneau d'excellence Ressources, sciences et technologies marines (RSTM), un créneau issu de la démarche ACCORD, qui constitue une stratégie gouvernementale de développement économique régional. Le Créneau existe depuis 2006 et s'étend sur 2 autres régions, en plus de la Côte-Nord, soit le Bas-Saint- Laurent et la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine. La vision du Créneau est de devenir une référence, d'ici 2025, auprès des entreprises lorsqu'elles élaborent des projets de développement. Il souhaite aussi contribuer à faire rayonner, à l'international, l'expertise québécoise en ressources, en sciences et en technologies marines. Plus concrètement, le Créneau facilite et favorise l'émergence et la réalisation de projets interrégionaux et intersectoriels. Il peut compter sur un réseau d'organismes de recherche de calibre international, bien implanté dans son milieu et reconnu mondialement, notamment dans le secteur des biotechnologies marines. Ses axes de développement sont les suivants : - Stimuler l'innovation et encourager la mise en place de nouvelles pratiques d'affaires; - Assurer le maintien d'une main-d'œuvre et soutenir la formation - Appuyer le développement de nouvelles entreprises et de nouveaux produits ou procédés ainsi que la conquête de nouveaux marchés; - Faciliter la collaboration entre les secteurs et les entreprises du Créneau, et mettre en place une gouvernance hiérarchique; - Développer une image de marque forte et valoriser les réalisations des entreprises et l'expertise des partenaires. Ressources aquatiques Québec (RAQ) est l'un des partenaires qui collabore étroitement avec le Créneau. Ainsi, des ressources humaines et financières sont disponibles pour les entreprises désireuses de développer une activité d'aquaculture. Centre collégial de transfert technologique - CEDFOB Les CCTT ayant pour mission d'accompagner les entreprises dans leur recherche et développement appliqué, tout en donnant accès à des subventions et des crédits d'impôt, il s'agit d'une ressource intéressante et accessible pour les entreprises agricoles de la MRC de la Haute-Côte-Nord. 94 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord SADC Au cours de la dernière année, la SADC a soutenu des entreprises agricoles ou de transformation avec le programme FARR, qui était destiné à aider les entreprises ayant subi des difficultés financières en lien avec la pandémie de COVID-19 (aide financière du même principe que le compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, soit un prêt avec montant non-remboursable selon certaines conditions), pour un total de 200 000$. La SADC a également accompagné plusieurs entreprises agricoles avec son programme d'aide technique, soit une contribution non-remboursable permettant aux entreprises d'obtenir les services de consultants pour une planification stratégique, un site Internet, des services comptables hors du cours normal des opérations, des services marketing, etc., toujours en lien avec les difficultés causées par la crise de la COVID. Pour ce qui est des programmes de prêts réguliers, la SADC a fait peu d'investissements dans le secteur agricole au cours des dernières années, faute de demandes. L'organisation a participé au démarrage de deux entreprises agricoles pour des prêts s'élevant à 33,500$, prêts ayant déjà été remboursés dans leur totalité. 3.2 Formation 3.2.1 Formation continue Les activités de formation continue sont offertes par le Collectif régional en formation agricole (CRFA) de chaque région. Le tableau 36 présente les statistiques régionales pour les formations créditées et non- créditées. Les formations créditées du CRFA n'ont pas de lien avec les formations créditées qui peuvent être offertes par les autres établissements d'enseignement. 95 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 27 : Statistiques régionales détaillées des activités de formation offertes de 2019 à 2021 par le Collectif régional en formation agricole FORMATION CRÉDITÉE FORMATION NON-CRÉDITÉE (longue durée) TITRES DU COURS 2019-2021 NB. PARTICIPANTS SEXE H F Secondaire (AEP) ASP Lancement d'une entreprise horticole 11 11 AEP soins aux animaux Collégial Universitaire Sur mesure Sous-total (formation non-créditée de longue durée) 11 0 11 FORMATION NON-CRÉDITÉE (courte durée) TITRES DU COURS 2019-2021 NB. PARTICIPANTS SEXE H F Secondaire Abattage manuel certifié CNESST 29 25 4 Abattage manuel certifié CNESST 11 10 1 Bonnes pratiques d'entretien et d'aménagement des cours d'eau 9 5 3 Culture de plantes médicinales sous couvert forestier 7 1 6 Entaillage des érables 11 9 2 Notions essentielles pour concevoir une ferme aquaponique 9 4 5 Introduction à la culture en serre (Volet 1) 12 5 6 Friandises et dérivés à l'érable 6 1 5 96 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord États financiers : les comprendre et les utiliser 20 7 13 Pesticides : Application en horticulture ornementale (CD4) 8 7 1 Introduction à la culture de petits fruits 8 5 3 Transition vers une production biologique de fruits et de légumes 20 8 12 Taille et entretien d'arbres et d'arbustes fruitiers (pommiers) 9 5 4 Introduction aux noix nordiques à cultiver en verger 12 6 6 Culture de la pomme et démarrage d'un verger 11 7 4 Utilisations des pesticides en milieu agricole 15 13 2 Taille d'arbres fruitiers 10 9 1 Transformation du miel et des produits de la ruche 10 5 5 Transformation des produits de l'érable 20 7 13 Zen et payante Lactanet 41 31 10 Affûtage de la scie à chaîne 61 58 3 Fiscalité forestière 32 26 6 Abattage directionnel 28 28 0 Éclaircie et jardinage 7 7 0 Collégial États financiers : les comprendre et les utiliser 29 10 19 Initiation à la production d'insectes comestibles 29 14 15 Initiation à la culture d'argousier 13 5 8 Gestion post-récolte en maraîchage diversifié 15 6 9 Initiation à l'apiculture 56 n/d n/d Commercialisation en circuits courts 15 4 11 Kiwi rustique- Initiation à la culture 17 5 12 Mise à jour des connaissances en culture maraîchère en serre au Québec 11 5 6 Culture de la camerise 12 6 6 Savoir-être, savoir-faire, savoir-plaire : les clés de la vente en kiosque 14 4 10 97 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Faire face aux sècheresses dans la production de fourrage et l'alimentation du troupeau 15 6 9 Fiscalité : comment sauver de l'impôt comme agriculteur 12 10 2 Commercialisation fruitière et maraîchère 8 4 4 Universitaire Élevage ovin au Québec 75 25 50 Formation en agriculture biologique et entrepreneuriat 50 18 32 Entrepreneuriat agricole 14 9 5 Sur-mesure Maîtriser mes coûts d'alimentation 26 23 3 Agir en sentinelle pour la prévention du suicide 20 9 11 Sous-total (formation non-créditée de courte durée) 837 452 327 3.2.2 Formation régulière Le Centre de formation professionnelle de Forestville a initié quatre nouveaux programmes qui sont des attestations d'études professionnelles (AEP) en lien avec le secteur agroalimentaire. Ces ajouts surviennent dans le cadre d'une volonté de consolider l'offre en programmes à l'échelle régionale. Il y a également de l'ouverture pour offrir des formations aux entreprises selon leurs besoins. Il s'agit des formations AEP Soins animaliers, AEP Opérations d'équipements en transformation alimentaire, AEP Travaux agricoles et AEP sur les produits forestiers non ligneux. 98 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Tableau 28 : Nouveaux programmes d'AEP en lien avec le secteur agroalimentaire Titre du cours Nb d'heures de formation Objectifs du programme AEP Soins animaliers 495 heures Préparer une personne à assurer les besoins de base et la garde des animaux et à assurer le nettoyage des équipements et des installations. Les animalières et les animaliers peuvent notamment être appelés à travailler dans les cliniques vétérinaires et les fermes de production animales. AEP Opérations d'équipements en transformation alimentaire 330 heures Le programme prépare à l'exercice de la fonction de travail d'opérateur d'équipements en transformation alimentaire. Ces personnes travaillent dans des entreprises de transformation alimentaire qui se retrouvent dans les sous-secteurs suivants : produits de la pêche, produits de la viande, jus et boissons; produits laitiers, fruits et légumes, boulangerie, sucre et confiserie, nourriture pour animaux. L'industrie comprend aussi des entreprises axées sur les mets préparés. Le travail des opérateurs en transformation alimentaire consiste à effectuer, manuellement et avec des équipements ou des machines multifonctionnelles de procédés industriels, la transformation des aliments pour broyer, extraire, mélanger, cuire ou transformer en quelque autre manière des produits d'alimentation, et pour ensacher, mettre en boîte ou empaqueter, selon des procédés divers, des produits d'alimentation. AEP Travaux agricoles 525 heures Le programme prépare à l'exercice de la fonction de travailleur agricole polyvalent. La personne en formation développe les compétences nécessaires pour s'occuper des différentes tâches quotidiennes ou périodiques, intérieures ou extérieures, dans une exploitation agricole à savoir : effectuer des travaux en lien avec l'alimentation et les soins de base aux animaux ainsi que les opérations de la production dans une ferme ou une entreprise d'élevage; exécuter des travaux de culture et de récolte de la production dans une entreprise horticole en pleins champs ou dans des serres; s'occuper régulièrement du nettoyage des locaux et des installations ainsi que de l'entretien de base des bâtiments, de la machinerie et de l'équipement de production; agir de façon sécuritaire pour protéger sa santé et celle des animaux et appliquer des protocoles, notamment en matière de biosécurité, de salubrité et de protection de l'environnement. AEP PFNL N/D 99 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 3.2.3 Programmes d'apprentissage en milieu de travail Le Programme d'apprentissage en milieu de travail (PAMT) est une approche de formation par compagnonnage, qui est structurée à partir d'une norme professionnelle se déroulant entièrement en entreprise. Un employé expérimenté, le compagnon, transmet à un autre employé, nommé apprenti, les connaissances nécessaires à la maîtrise d'un métier validé par le milieu. Avec le PAMT, les travailleurs qui démontrent la maîtrise des compétences du métier peuvent obtenir une attestation de compétences ou un certificat de qualification professionnelle (CQP) délivré par Emploi-Québec. Dans le secteur de la transformation alimentaire, les PAMT offerts sont pour les métiers de préposé en boucherie industrielle, d'opérateur ou opératrice d'équipements de fabrication de produits laitiers et de mécanicien industriel (incluant électromécanicien). Ce genre de programme a de nombreux avantages pour l'entreprise, l'apprenti et le compagnon. Dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, il permet aux entreprises de former des employés en fonction de leurs besoins, selon un programme structuré qui a été validé par l'industrie, tout en favorisant la rétention des employés par la valorisation de leur travail. Il donne également un crédit d'impôt remboursable. Le PAMT est d'ailleurs cité dans le Plan d'action 2021-2022 de Services Québec pour la région, À savoir qu'une des pistes d'action pour l'axe d'intervention Le développement, le rehaussement et la reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre en emploi est de « Promouvoir et accroître l'utilisation du PAMT ainsi que les processus en reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre, notamment pour le secteur de la construction ». 3.3 Les acquis du milieu 3.3.1 Le partage d'équipements dans le milieu agricole Il existe deux coopératives d'utilisation du matériel agricole sur la Côte-Nord et elles sont situées à Sacré- Cœur et à Forestville. L'une des deux CUMA a été fondée en 2003 et au moins 10 membres en font partie. Les équipements détenus par la CUMA sont une récolteuse à bleuets, un épandeur à fumier et une butteuse. Les immobilisations totales de la CUMA s'élèvent à 56 168,93$ (selon l'enquête réalisée auprès des CUMA au Québec, en 2015). Toutefois, à l'époque du sondage, il n'existait alors que la CUMA, appelée CUMA de la Haute-Côte-Nord, fondée en 2003, Les immobilisations sont probablement plus élevées. 3.3.2 Services para-agricoles Il existe deux coopératives d'approvisionnement sur le territoire de la MRC, qui sont des quincailleries utiles aux producteurs agricoles : elles sont situées à Forestville et à Sacré-Cœur. Selon nos discussions avec des personnes originaires de la Haute-Côte-Nord, les quincailleries de la région répondent à la demande locale en matière de jardinage. D'autres commerces du Saguenay doivent également répondre à une certaine demande. Il existe également un centre jardin à Baie-Comeau pour différents types de plants et d'arbres fruitiers. 100 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord 3.3.3 Les ressources du milieu communautaires 3.3.3.1 Surplus alimentaires Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, c'est le centre de dépannage des Escoumins qui dessert toute la MRC, c'est-à-dire que i des dons sont faits au Centre de dépannage des Nord-Côtiers, c'est à lui que revient la mission de répartir ces dons entre les organismes du territoire. Il collabore de près avec le Centre d'action bénévole (CAB) Le Nordet, de Forestville, qui fait du dépannage alimentaire et de la popote roulante. Un programme de récupération des surplus est établi entre les épiceries (bannières) et le centre de dépannage alimentaire. Annuellement, ce sont 13 000 kg de nourriture qui sont récupérés sur le territoire de la Haute-Côte-Nord. Les surplus sont composés en grande partie de pain et de pâtisseries. Des frigos et des congélateurs communautaires ont été installés dans chacun des villages du territoire. C'est le Centre de dépannage des Nord-Côtiers, via son chargé de projet en sécurité alimentaire, qui se charge de la répartition des surplus. 3.3.3.2. Initiatives liées à l'agriculture dans les municipalités Sont également présente d'autres initiatives communautaires dans des municipalités du territoire. Elles sont, pour la plupart, issues de la politique de développement social dont s'est dotée la MRC. - Les Escoumins : poulailler communautaire où tous les utilisateurs mettent un montant annuellement, entretiennent le poulailler et se partage les œufs. - À Sacré-Cœur : il y a un champ de pommes de terre collectif, localisé sur une terre qu'un agriculteur met à disposition gratuitement. Les familles et les enfants de l'école sont invités à entretenir le champ de pommes de terre et ils se partagent ensuite les fruits de la récolte. - À Colombier : il existe des serres « communautaires » dans la mesure où elles sont entretenues par un employé d'un OBNL lié à la municipalité et - Il y a déjà eu un jardin collectif à Essipit, dont le fonctionnement était différent de celui d'un jardin communautaire, mais l'initiative a été abandonnée. Actuellement, il y a des ateliers de cuisine qui sont offerts aux jeunes et aux adultes, par la nutritionniste du CISSS. La communauté offre aussi des paniers de Noël à tous ses résidents et selon la chasse, la communauté procède à une distribution aux intéressés (orignal, caribou, loup marin, etc.). - À Forestville, des serres étaient entretenues à la polyvalente et servaient d'élément de motivation pour les élèves ayant plus de difficulté à l'école. Elles ont cependant été retirées. - La plupart des municipalités avaient répondu à l'appel des agents de développement il y a quelques années, pour planter des pommiers dans les municipalités. Toutes les municipalités ont eu des bacs Incroyables comestibles, qui permettent aux citoyens de s'approvisionner librement à partir de ces bacs. Depuis ce temps, les façons de faire des municipalités tiennent toujours compte de l'intérêt d'intégrer des arbustes qui produisent des fruits, lorsqu'ils créent de nouveaux aménagements paysagers. 101 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord - Toutes les municipalités ont des jardins communautaires, sauf à Sacré-Cœur. Il y a cependant une table potagère à la Maison des Jeunes. L'avantage des tables potagères, qui sont surélevées du sol, est de permettre à des gens avec des limitations physiques de ne pas avoir à se pencher et pouvoir s'adonner à la pratique du jardinage malgré leur limitation. Du côté de la réglementation municipale, à la connaissance de la MRC, aucune municipalité n'empêche la garde de poules en milieu urbain. Certaines d'entre elles possèdent des dispositions minimales dans leur règlement de zonage, comme la superficie minimale du terrain, les distances minimales au lot voisin, etc. Le fait qu'il y ait absence de réglementation contraignante est un atout pour la sécurité alimentaire des résidents de la MRC. De plus, des formations grand public ont été données à Forestville, à Tadoussac et à Sacré-Cœur sur les semis. 3.3.3.3. La collaboration avec les jeunes du territoire Sur le territoire, il y a 3 écoles secondaires : secondaire 1-2 pour les élèves qui désirent rester à Sacré- Cœur et les niveaux 1 à 5 se donnent à Les Bergeronnes et à Forestville. Il y a déjà eu de la formation sur les semis dans les écoles (par des membres du personnel). Des activités de sensibilisation sont également données dans les écoles du territoire par Croquarium (les Aventuriers du goût) et les Ateliers 5 épices. Des ateliers sont également offerts dans les camps de jour. À Forestville, le CPE a planté quelques aliments dans un jardin (fèves, radis, fines herbes) qui permet de sensibiliser les enfants à la provenance des aliments. 4 SECTION Diagnostic 103 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Dans un premier temps, l'analyse PESTEL sert à identifier les principales opportunités et menaces qui relèvent de l'environnement externe des entreprises agricoles. Par la suite, un diagnostic permettant de mettre en relation les éléments internes (forces et faiblesses) et les éléments externes permettra d'analyser spécifiquement le contexte de l'agriculture, actuellement, dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. L'ENVIRONNEMENT EXTERNE DES ENTREPRISES Globalement, plusieurs grandes tendances de consommation se manifestent dans le paysage de la consommation alimentaire et influencent de façon indéniable le secteur, qui doit s'y adapter. La génération montante des millénariaux consomme de façon complètement différente comparativement à leurs parents boomers, et ils ont une influence tangible sur certaines tendances observées dans le marché. Dépensant moins chez les détaillants alimentaires, les millénariaux sont toutefois plus enclins à visiter les restaurants, à acheter des boîtes-repas ou encore à commander de la nourriture par le biais d'une application web. Ce faisant, les détaillants commencent à tester de nouveaux concepts pour attirer ces consommateurs. Leur présence se manifeste également par une augmentation des ventes dans certains secteurs inattendus : bières faibles ou sans alcool, kombucha, eau pétillante et thé glacé prêt-à-boire. Tandis que les millénariaux sont plus nombreux à être végétariens ou végétaliens que la population générale, ils sont également plus susceptibles d'acheter des produits biologiques, équitables, « verts » et locaux, issus de marques privées (Nielsen, 2019). Au Canada, la vente de bien de grande consommation a augmenté en moyenne de 1,5 % partout au pays en 2019. Le Québec suit la tendance, avec une augmentation de 1,4 % des ventes et une augmentation de 3 % des dépenses totales par ménage pour ces types de produits. Avec 7856 $ par foyer, le Québec est la deuxième province après l'Alberta qui dépense le plus en produits de consommation courante. Les Québécois sont également les plus nombreux (35 %) au Canada à consommer 5 à 10 portions de fruits et légumes par jour. Au Québec, les petites marques locales représentent 28 % de l'ensemble des ventes, soit le taux le plus élevé au Canada. C'est en gardant en tête ces grandes tendances de consommation qu'il est possible d'identifier les principaux facteurs qui ne dépendent pas de l'entreprise et qui sont liés aux environnements politique et légal, économique, socioculturel, technologique ou aux facteurs environnementaux et écologiques. Il importe de tenir compte de ces facteurs lors de la prise de décision, car ils peuvent représenter des risques ou des opportunités pour les entreprises. NOTE : La documentation des environnements politique et légal, économique, socioculturel, technologique et des facteurs environnementaux et écologiques a été faite avant la crise de la COVID-19. Les conséquences de cette crise sur le secteur bioalimentaire sont nombreuses, notamment parce que la fermeture des frontières a engendré une perte d'accès à la main-d'œuvre étrangère et des conséquences importantes sur les entreprises. Plusieurs entreprises qui commercialisent leurs produits en circuits courts ont aussi vu différents segments de marché se refermer ou prendre de l'expansion. Il est encore difficile de mesurer les impacts à long terme de la pandémie sur le secteur alimentaire. Rappelons-nous simplement, à la lecture de cette analyse de l'environnement externe des entreprises, qu'il y aura un avant et un après COVID. 104 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord ANALYSE PESTEL Environnement politique et légal : - Campagne de promotion pour l'achat des produits canadiens AAC. - Accords de libre-échange conclus entre le Canada et une dizaine de pays principaux ou de zones commerciales, dont la plupart représentent un grand nombre de débouchés pour les produits agroalimentaires. - Normes et exigences auxquelles les entreprises doivent se conformer pour répondre aux besoins des marchés : sécurité alimentaire, traçabilité des aliments, etc. - Lois et règlements qui encadrent la mise en marché, l'environnement, etc. Par exemple : REA, LPTAQ, Loi sur les produits agricoles, alimentaires et de la pêche, Loi sur les producteurs agricoles, etc. - Entrée en vigueur en 2019 du Règlement sur la salubrité des aliments au Canada, qui vise les produits exportés, importés ou faisant l'objet d'un commerce interprovincial et ayant pour objectif d'harmoniser les normes canadiennes à celles des partenaires commerciaux internationaux. - Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal adoptée en 2015. - Règlement sur l'autorisation d'aliénation ou d'utilisation d'un lot sans l'autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec entré en vigueur en janvier 2019, permet la réalisation de certaines activités en zone agricole sans qu'il soit nécessaire d'obtenir une autorisation de la CPTAQ. - Politique bioalimentaire 2018-2025 du MAPAQ qui s'articule autour de quatre orientations : - Une offre de produits répondant aux besoins des consommateurs - Des entreprises prospères, durables et innovantes - Des entreprises attractives et responsables - Des territoires dynamiques contribuant à la prospérité du bioalimentaire - Rapport de la Commission sur les impacts des pesticides sur la santé publique et l'environnement paru en février 2020 qui présente 32 recommandations par rapport à l'impact des pesticides, aux pratiques innovantes et à la compétitivité du secteur agroalimentaire, à la traçabilité des pesticides et à l'indépendance de la recherche et des conseils agronomiques. - Projet de loi sur les taxes foncières agricoles visant notamment le plafonnement de la valeur imposable des terres agricoles. 105 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Environnement économique : - Croissance économique au Québec et aux États-Unis supérieure à la moyenne des pays les plus industrialisés. - Inquiétude liée aux tensions commerciales internationales et à l'imposition de tarifs de part et d'autre (particulièrement la Chine et les États-Unis). - Ralentissement de la croissance économique mondiale. - Hausse du produit intérieur brut (PIB) bioalimentaire (2,9 %), particulièrement lié au secteur de la transformation alimentaire. - Augmentation de la valeur des exportations bioalimentaires internationales du Québec (5 %). - Augmentation de la valeur des ventes dans les magasins d'alimentation (6 %) et la restauration commerciale (5 %). - Variation des prix de l'énergie et dépendance aux énergies fossiles dans certaines productions. - Disponibilité de la main-d'œuvre. - Valeurs des terres agricoles. Environnement socioculturel : - En 2041, la Côte-Nord compterait moins d'habitants qu'en 2020 (-13 %) (ISQ, 2021). - La diversité des communautés culturelles : en 2019, la Côte-Nord accueillait 438 personnes immigrantes admises au Québec entre 2008 et 2017 (5 plus importants pays d'origine, en ordre : France, Côte d'Ivoire, Cameroun, Maroc et Tunisie) (MIFI, 2019). - Une tendance pour l'achat local (circuits courts, produits biologiques, santé, etc.) - Une tendance au végétarisme et au véganisme. - Tendance à la réduction des déchets et émergence d'initiatives visant l'élimination du gaspillage alimentaire (FoodHero, frigo communautaire, entreprise Loop, etc.). 106 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Il importe de considérer les tendances actuelles en restauration, au Canada, selon les chiffres de 2019 : Tableau 29 : Tendances actuelles et à venir en restauration au Canada Les dix tendances actuelles en restauration au Canada Les dix tendances à venir en restauration au Canada 1 Les bières artisanales et les microbrasseries 1 Les boissons infusées au cannabis (CBD) 2 Les aliments sous vide 2 Les aliments infusés au cannabis (CBD) 3 Les condiments et les sauces faites maison 3 Les plus petites portions pour un plus petit prix 4 Les saucisses et les hamburgers faits de protéines végétales 4 Le contrôle et la réduction du gaspillage alimentaire 5 Le locavorisme (consommation de produits locaux) 5 Les grains et les graines riches en protéines 6 Les pailles en papier 6 Les amuse-gueules ethniques et inspirés de la cuisine de rue 7 Les aliments fumés 7 Les herbes inhabituelles (ex. cerfeuil) 8 Les charcuteries artisanales 8 Les desserts à boire 9 Les produits de la mer issus de la pêche durable 9 Les plateaux de desserts combinés (combo) 10 Les aliments marinés 10 Les amuse-gueules véganes et végétariens et les cocktails culinaires Source : 2019 Canadian Chef Trends Survey, issu du Bottin - Consommation et distribution alimentaires en chiffres - Édition 2020 (MAPAQ) Environnement technologique : - L'implantation des systèmes informatisés de gestion pour répondre aux besoins des marchés (gestion des opérations, gestion de la clientèle, gestion intégrée). - Les technologies de procédés de transformation. - Programme Inno Accel d'Agropur qui vise à soutenir des start-ups qui réinventent le lait et les produits laitiers. - Arrivée prochaine du 5G facilitant l'agriculture de précision. - Le commerce électronique. Les consommateurs magasinent de plus en plus sur Internet et avec les appareils mobiles, ce qui augmente la concurrence entre les entreprises ; l'utilisation des médias sociaux. 107 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord Facteurs environnementaux et écologiques : - Changements climatiques : aléas des conditions météorologiques et leurs effets (positifs et négatifs) sur la production agricole. - Refonte du plan d'action de Recyc-Québec : responsabilités du recyclage des produits transférées aux entreprises mettant en marché des produits emballés et élargissement de la consigne. - Les productions les plus importantes de la région sont le bleuet nain, la culture en serre, les semences de pommes de terre et la canneberge. - Enjeux relatifs aux changements du climat risquant d'entraîner de multiples impacts sur l'agriculture de la région. Les faits saillants du secteur bioalimentaire de l'année 2020 présentés au tableau 39 nous permettent d'apporter un éclairage propre à la situation de la COVID: Tableau 30 : Faits saillants du secteur bioalimentaire de l'année 2020 Facteurs économiques environnants Favorables (dans les circonstances) Moins favorables - Résilience de la demande alimentaire domestique et étrangère dans un contexte de récession mondiale généralisée - Soutien gouvernemental au revenu des ménages au Canada et au Québec - Réduction du taux d'intérêt directeur par la Banque du Canada - Dollar canadien inférieur à 0,80 $ US, un avantage du point de vue du secteur bioalimentaire - Importante récession généralisée à l'échelle mondiale causée par la pandémie de COVID-19 - Impact négatif des mesures de confinement sur le secteur des services alimentaires - Perturbations liées à la COVID-19 dans la chaîne d'approvisionnement bioalimentaire - Moins grand nombre de travailleurs étrangers temporaires disponibles Source : Le bioalimentaire économique. Aperçu 2020-2021. MAPAQ. 108 DIAGNOSTIC - Éléments généraux FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS TERRITOIRE - La possibilité agricole réelle du territoire dépasse largement la zone agricole actuelle : la tendance est à l'augmentation de la superficie de la zone agricole, au fur et à mesure que des potentiels sont reconnus (ex. certaines superficies étant en terres publiques intramunicipales font ensuite l'objet de demandes d'inclusion à la zone agricole). Les terres disponibles en TPI augmentent donc les superficies cultivables. La MRC est la deuxième qui a inclut le plus d'hectares depuis la révision du décret de la zone agricole. - Une portion des terres en friche connue est celle que les producteurs déclarent dans leur fiche d'enregistrement auprès du MAPAQ : en 2014, elle se situait à 147,18 hectares. Elle a diminué depuis 2010 car elle se situait à 179,69 hectares. La quantité de terres en friche est plus grande et sera évaluée grâce à une étude que l'UPA a commandé. - Les producteurs ont déclaré des terres en friche pour les municipalités de Sacré-Coeur (14,18 ha), Les Bergeronnes (36 ha), Longue-Rive (52 ha) et Forestville (45 ha). - Selon les friches déclarées, la situation s'est améliorée dans 2 municipalités: la quantité de terres en friche a diminué de moitié à Sacré-Coeur et a diminué à Longue-Rive. - Selon la connaissance du milieu, il y aurait de nombreuses terres en friche à Colombier. - Il n'y a pas d'enjeu d'acquisition de terres par des étrangers : entre 2008 et 2016, 146 ha ont été vendus à des étrangers (sous l'approbation de la CPTAQ). Par contre, il y a des enjeux concernant l'achat de grandes superficies agricoles et forestières par des entreprises de d'autres régions. - Il n'existe pas d'étude exhaustive sur les terres en friche dans la région, mais il y a une volonté de l'UPA d'en produire une. - Les terres sont sous-fertilisées ce qui fait que les rendements sont plutôt faibles. - Il y a peu de terres à vendre. - Le climat plus frais rend la saison de culture plus courte. - L'éloignement des grands centres = coûts de transport. Accessibilité aux ressources pour les entreprises? Impact sur les intrants comme engrais, chaux, etc. - Pas de données à la Financière agricole sur la valeur moyenne de transaction des terres car trop peu de transactions effectuées annuellement. - Coût élevé des engrais minéraux qui permettraient de suppléer les terres sous-fertilisées. - Étude sur les friches initiée par l'UPA à l'hiver 2022. - Il n'y a pas de contrainte liée au Règlement sur les exploitations agricoles (REA) du Ministère de l'Environnement sur le territoire de la MRC : toutes les friches peuvent être remises en culture, peu importe le temps qu'a durée l'inexploitation. - L'article 50.3 du REA ne s'applique pas aux municipalités de la MRC : si cela fait moins de 7 ans qu'elles ne sont pas exploitées, elles peuvent être remises en culture sans demande particulière. - Prix des terres avantageux. - Projet de règlement de la CPTAQ visant certains assouplissements pour la constitution de propriétés foncières dont la superficie est suffisante pour la pratique de l'agriculture selon une diversité de modèles et de projets nécessitant des superficies variées. 109 EXPLOITATIONS AGRICOLES - Toutes les municipalités du territoire ont des exploitations agricoles sauf une. - Sacré-Cœur est la municipalité la plus agricole : la moitié des entreprises agricoles y sont situées. On y trouve tous les types de productions animales et les plus grandes superficies végétales cultivées. - Les municipalités de Tadoussac, de Longue-Rive et de Colombier ont connu une augmentation du nombre d'entreprises entre 2010 et 2014. - Au total, les revenus agricoles totalisent 5, 88 M$ et sont en croissance. C'est dans les productions végétales que l'augmentation est la plus significative (+2,7 M$). - Certaines entreprises ont vu leur chiffre d'affaires augmenter significativement : (+3) strate 50 000+; (+3) strate 250 000+. - Deux municipalités soutiennent des projets agricoles, soit Tadoussac avec la Ferme Hovington et Colombier avec les serres de Colombier. - À Portneuf-sur-Mer, on ne trouve aucune exploitation agricole, ni en 2010, ni en 2014. - Le nombre d'entreprises est resté stable à Forestville. - Le nombre d'entreprises a diminué dans les municipalités de Sacré-Cœur, Les Bergeronnes et Les Escoumins. - Près de la moitié des entreprises du territoire ont des revenus déclarés de 50 000 $ et moins (22/49). - La disponibilité de services-conseils et de fournisseurs dans la région dépend de la rentabilité et de l'importance de la production agricole. Moins il y a de production dans la région, moins il y a de services-conseils. C'est une réalité qui se vit déjà. - La plupart des récoltes effectuées dans la région sont destinées à la vente à l'extérieur de la région. - Les projets de croissance (connus) des entreprises agricoles concernent l'augmentation de la production par l'augmentation des superficies cultivées ou de la taille du cheptel ou par le développement de nouvelles infrastructures (ex. serres) (63%). 27% des projets (connus) visent la transformation des récoltes ou le développement de nouvelles infrastructures. - Création d'une serre chauffée avec la chaleur de l'usine de cryptomonnaie - opportunité de faire pousser plus de légumes dans la région. 110 DIAGNOSTIC - Productions animales et aquaculture FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - Le nombre d'unités animales a doublé pour la catégorie porcs, volailles et autres. - La production laitière est concentrée à Sacré- Cœur. Le nombre d'UA bovins laitiers a également augmenté de 19. - Il n'y a aucun service vétérinaire pour les gros animaux dans la MRC. La plus proche clinique vétérinaire est à Baie Saint-Paul et c'est elle qui dessert les producteurs de la HCN. - Comme les vétérinaires ne disposent d'aucun droit de passage prioritaire sur le traversier, cela a des impacts sur la gestion des troupeaux (ex. plus grande mortalité animale). - Aucune valorisation des produits issus de la production animale : pas d'abattage ni de transformation sur le territoire. - Impact de la sécheresse : certains producteurs ont perdu 50% de leur récolte de foin, ce qui augmente leur dépendance face aux intrants de l'extérieur de la région. - Potentielle réouverture de l'abattoir de Clermont. - Production de truite d'ensemencement et de truite de table. - Disponibilité de quotas pour poulets à griller ou poules pondeuses - mais quota coûteux et l'abattoir le plus proche est situé sur l'Ile d'Orléans. - La production laitière est rentable donc encore présente sur le territoire. Les producteurs laitiers ont racheté d'autres fermes pour leur permettre de se développer et de se consolider. - Perte de la moitié des unités animales de bovins de boucherie. - La diminution du nombre de bovins sur le territoire diminue la quantité de fumier (solide ou liquide) disponible pour fertiliser les terres. - Il y a une méconnaissance de la situation réelle des chevaux sur le territoire. L'Association équestre de la Côte-Nord estime le nombre de chevaux à 400, sur le territoire de la CN. - Du côté de la production bovine, la rentabilité n'étant pas présente, les producteurs se sont orientés vers d'autres productions. - L'absence d'abattoir à proximité fait que les animaux doivent être abattus à l'Île- d'Orléans (volaille) ou à St-Henri-de-Lévis (bovins), et que l'attente due au traversier, l'été, a un impact sur les animaux. - Abeilles carencées à cause du manque de diversité végétale pour les nourrir entre la saison du bleuet et de la verge d'or. La quantité, la diversité et la répartition des fleurs dans la région pose problème. - Les productions sous gestion de l'offre permettent de diminuer les écarts qui pourraient exister (ex. prix du transport du lait) liés à la distance géographique. - Au niveau québécois, les éleveurs ovins de race pure du Québec peinent à répondre à une demande accrue de béliers de reproduction et de brebis prolifiques depuis quelques mois. Certains ont même des listes d'attente allant jusqu'en 2024. - MRC abrite 8 ZECs (Labrieville, Forestville, rivière Laval, d'Iberville, Nordique, rivière des Escoumins, Chauvin et rivière Saint-Marguerite) et 20 pourvoiries à droits exclusifs et 4 20 pourvoiries sans droits exclusifs. 111 DIAGNOSTIC - Production végétale FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - C'est à Sacré-Coeur et à Les Bergeronnes que l'on trouve le plus de superficies végétales cultivées. - À Tadoussac et Forestville, les superficies en culture ont augmenté. - Les superficies végétales en culture en acériculture (doublée), en pâturages, en fourrage, en fraises/framboises et autres fruits, et en légumes ont augmenté. L'augmentation la plus importante est dans la catégorie des fraises/framboises et autres fruits, qui est passée de 1 ha à 26,74 ha : ce sont principalement des petits fruits comme les camerises qui ont été plantés. - Il existe certaines initiatives d'agriculture urbaine : jardins communautaires, bacs de fines herbes sur le lieu des restaurants. - Les superficies végétales en culture ont diminué, principalement dans le bleuet nain, les céréales et protéagineux (81 ha), les cultures abritées (en serre) et ornementales (2 ha). - Les terres sont très acides. - Les terres sont sous- implémentées (manque d'intrants). - Très peu d'érables à sucre dans la région, pas de contingent réservé pour la région. - Le climat y est rigoureux, mais la MRC de la HCN est la plus avantagée de toutes les MRC de la région. - Aides financières destinées uniquement aux travaux en forêt destinées à la récolte de la matière ligneuse et non à la réalisation d'un plan d'aménagement forestier. - Plusieurs aimeraient voir des terres qui ont été reboisées être rendues disponibles pour l'agriculture, mais l'Agence de la forêt privée a l'obligation de protéger les investissements publics fait pour aménager la forêt. - Manque de débouchés locaux qui permettraient le développement de produits issus de la transformation du bleuet et de de stimuler le développement de cette filière. Les producteurs de bleuets de la Côte-Nord dépendent en grande partie des acheteurs du Saguenay-Lac-St-Jean. - Les changements climatiques auront des impacts négatifs sur l'agriculture: il y aura modification des variétés propices à la culture, une augmentation du risque de maladies et la présence d'insectes ravageurs, un accroissement de l'érosion des sols dû aux pluies fortes, une accentuation des défis liés à la gestion de l'eau. - Beaucoup d'inconnus liés aux changements climatiques. Les changements climatiques pourraient apporter des conséquences négatives, particulièrement à l'hiver et à l'été. Les productions végétales et animales seront touchées. - Mouches de bleuet - des mesures de protection seront nécessaires pour épargner la Côte-Nord. Les agriculteurs ont été avisés qu'ils doivent mettre en place un plan de biosécurité à la ferme. En 2021, peu de gens avaient entamé des démarches. - Les Producteurs en serre du Québec (PSQ) ont obtenu une subvention afin de réaliser une étude qui permettra de déterminer quelles variétés peuvent être produites ici et être rentables. Elle étudiera aussi la possibilité de cultiver des plantes en serre à l'année (ex. plantes vertes). Si l'étude s'avère concluante, cela pourrait représenter un potentiel de développement pour les serres de la Côte-Nord. - Les arbustes fruitiers demandent de petites superficies qui peuvent être de forme irrégulières ou morcelées, qui demandent peu d'entretien (en comparaison avec la production animale). Bien que l'on puisse décider de s'y consacrer à temps plein, ce sont aussi des cultures qui sont intéressantes en complémentarité à une production principale ou pour quelqu'un qui désire combiner l'activité agricole à un autre emploi. Cette particularité rend la chose intéressante pour attirer une clientèle diversifiée. - Potentiel de développement du bleuet nain présent dans toutes les municipalités du territoire, et non limité à la zone agricole (qui tend à s'agrandir au fur et à mesure que des secteurs agricoles se développent). Il y a actuellement des terres disponibles pour la culture du bleuet, dans les TPI, à proximité de bleuetières existantes. Quand il y a une coupe en TPI à proximité d'une bleuetière, elle n'est pas reboisée car la MRC désire conserver le potentiel agricole disponible à un éventuel promoteur. - Potentiel nutraceutique des fibres de canneberges et de bleuets. 112 DIAGNOSTIC - Foresterie en terres privées et en terres publiques FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - L'Agence ne finance toutefois pas d'intervention de reboisement sur des terres agricoles abandonnées à moins d'une entente spécifique avec le MAPAQ. - La filière des PFNL est encore peu organisée. - Peu d'informations disponibles sur le nombre de propriétaires forestiers / producteurs forestiers en zone agricole (aucune distinction sur leur localisation en ZA ou non agricole). Il y aurait entre 50 à 100 producteurs forestiers qui mettent en marché un volume de 40 000 à 50 000 m3. - Enjeu de cohabitation entre le secteur forestier qui désire maintenir la possibilité forestière à son plein potentiel, alors que certaines superficies en TPI et TNO seraient propres à la culture de petits fruits. - Insectes ravageurs pour le pin gris et le sapin - peut causer des dommages aux producteurs forestiers et aux boisés de fonds de champs. - Toute personne désireuse de faire la récolte de produits forestiers non ligneux (ex. petits fruits qui poussent à l'état sauvage) peuvent le faire actuellement sur les terres publiques et les terres publiques intramunicipales : le territoire est accessible, vaste et permet une certaine sensibilisation et une certaine autonomie alimentaire pour les petits fruits, en été. - Il y a actuellement des projets de recherche qui se font, notamment via le centre de recherche spécialisé CEDFOB, à Baie-Comeau et affilié au Cégep, en foresterie boréale, qui travaille notamment sur des projets d'adaptation des plants de chicoutai et pour augmenter le rendement fruitier de l'airelle vigne d'Ida. Le centre travaille aussi sur la propagation de masse de génotype d'intérêts, sur l'aménagement et la densification de sites de production, la pollinisation nordique efficace (dont les abeilles sauvages et le développement de miels propres à la Côte-Nord) et la valorisation des sous-produits locaux. - Potentiel de développement de la mycosylviculture. 113 DIAGNOSTIC - Mise en marché et distribution FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - Les producteurs et transformateurs effectuent souvent leur propre distribution sur le territoire (formule panier en Agriculture soutenue par la communauté, kiosque libre-service, jusqu'aux restaurateurs, etc). - Quelques initiatives locales de production maraîchère (essentiellement Tadoussac et Colombier) et de cueillette des produits forestiers non ligneux (PFNL) existent pour approvisionner la clientèle locale. - Il y a actuellement un seul marché public à Tadoussac. La municipalité des Escoumins tient également des marchés publics à quelques reprises dans l'année. - Les activités complémentaires à l'agriculture (outre la transformation) sont le kiosque à la ferme et la vente en marché public. Ces deux modes de mises en marché connaissent une lente croissance : - Agrotourisme : la MRC est passée de 1 à 4 entreprises faisant de l'agrotourisme. - Kiosque à la ferme : la MRC est passée de 2 à 8 fermes ayant un kiosque à la ferme (sur un total de 49) ce qui témoigne de l'intérêt pour l'achat de proximité - Événement de mise en valeur de l'agroalimentaire : Fête du miel organisée annuellement par une entreprise de Sacré-Cœur, depuis une dizaine d'années. - Il existe un projet d'approvisionnement en produits locaux des CPE chapeauté par la Table bioalimentaire. En juin, 2 CPE seront accrédités Petits ambassadeurs et ce pourrait bientôt être tous les CPE de la MRC qui le seront. - La production agricole du territoire est essentiellement vendue à l'extérieur du territoire. - La production alimentaire faite par les entreprises qui commercialisent en circuits-courts est insuffisante pour répondre aux besoins locaux: les restaurateurs déplorent le manque de variété et de disponibilité des produits. - Malgré le caractère touristique de Tadoussac, l'offre agrotouristique est encore très restreinte. - Il existe un projet d'approvisionnement en produits locaux des CPE chapeauté par la Table bioalimentaire. En juin, 2 CPE seront accrédités Petits ambassadeurs et ce pourrait bientôt être tous les CPE de la MRC qui le seront. - Les entreprises de transformation de produits de la mer pourraient favoriser plus amplement l'achat local en mettant un tarif préférentiel pour l'achat sur place, car actuellement les produits se vendent au même prix que chez les détaillants. - Le marché institutionnel ne représente pas une part de marché importante sur la Haute-Côte-Nord. - Internet n'est pas accessible sur tout le territoire. L'accès à des formations en ligne ou à la vente en ligne est donc limitée pour ceux qui n'ont pas Internet à leur domicile. - Un seul grossiste- distributeur opère à l'intérieur de la région - il offre une quantité limitée de produits régionaux. - Inflation la plus forte depuis 40 ans, peut constituer un frein à l'achat d'aliments locaux, souvent considérés comme plus chers. - Faible bassin de population. - La Table bioalimentaire de la Côte-Nord analyse actuellement l'opportunité d'implanter un marché mobile pour la région au complet. - Il y a un projet de commercialisation dans des CPE (Les petits ambassadeurs), qui toucherait 6 CPE de la région qui auraient des ententes avec des entreprises de la région. - Il existe un service alimentaire dans la région, situé à la polyvalente. C'est l'entreprise GLR qui le dessert. - La Commission canadienne du lait (CCL) recommande une hausse du prix du lait à la ferme de 6,31 $/hl sur les classes régulières dès le 1er février 2022. Cet ajustement vise à compenser en partie la hausse des coûts de production entraînée par la pandémie de COVID-19, notamment en ce qui a trait à l'alimentation animale, à l'énergie et aux engrais, explique la CCL. - Selon Tourisme Côte-Nord, la Côte-Nord a connu un fort achalandage durant la saison estivale 2021. Du 1er mai au 30 septembre, les Québécois ont parcouru la route 138 comme jamais auparavant. Une comparaison avec la saison 2019 est plus représentative de la réalité considérant la pandémie qui nous frappe depuis 2020. Les 20 bureaux d'accueil touristique de la région ont accueilli du 1er mai au 30 septembre 96 477 visiteurs, comparativement à 61 727 en 2020, et 75 774 en 2019. Les visiteurs provenaient essentiellement de Montréal, de la Montérégie et de la Capitale-Nationale. - En 2019, la région s'est dotée d'une image de marque et d'une stratégie de positionnement (Goût de la Côte-Nord). 114 DIAGNOSTIC - Agroenvironnement FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - L'absence de monoculture constitue une force pour le territoire. - Peu d'intrants utilisés car peu de fumier disponible - donc peu de lessivage dans les cours d'eau - sauf dans le bleuet, qui est bien fertilisé en général. - Les cendres des usines Boisaco et Sacopan sont valorisées depuis 2009. La quantité de cendre varie selon l'activité forestière : entre 800 et 1500 T/an et entre 4 et 8 agriculteurs. - Superficies de cultures pérennes à la hausse (réduction du travail du sol). - Présence d'entreprises intéressées aux bonnes pratiques (absence d'utilisation de produits chimiques, aménagement de bandes riveraines et de haies brise-vent, pollinisation stratégique). - 87 projets en gestion intégrée des cultures, santé et conservation des sols, gestion des matières fertilisantes ont été financés entre 2018 et 2021. - Augmentation du nombre d'entreprises en régie biologique. - Qualité de l'eau : quelques rivières sous surveillance mais leur pollution ne dépendrait pas nécessairement majoritairement de sources agricoles. Il y a déjà eu des travaux d'aménagement pour interdire l'accès du bétail au bassin versant de la rivière Moulin à Baude (par le comité ZIP) avant la création de l'OBV. - Certaines pratiques comme le labourage des bandes riveraines ou des milieux humides cultivés sont parfois observées. - Absence de surveillance de l'état des bandes riveraines - absence de service centralisé d'inspection (il en existait un dans les années 1990). - Impact sur l'environnement des monocultures comme les céréales et protéagineux, le bleuet nain et la canneberge. - Destruction des cultures par la faune, comme les goélands, les bernaches et les ours. Les producteurs s'occupent souvent de gérer la faune eux-mêmes puisque l'effaroucheur disponible est situé à Baie- Comeau. - Les analyses de sol réalisées aux 5 ans révèlent des niveaux majoritairement pauvres en phosphore et en potassium. Le magnésium est souvent bas également. - Manque d'intrants pour fertiliser les champs (ex. grandes cultures/fourrages), ce qui limite le potentiel de développement de l'agriculture biologique, et l'implémentation des champs déjà existants. - Engrais minéraux dispendieux. - Le compost est un produit haut de gamme en agriculture, et le compost d'origine marine n'est pas utilisé par les agriculteurs de la région. - Une augmentation du cheptel animal aurait un impact potentiel sur la qualité de l'eau (l'accès des animaux aux cours d'eau pourrait devenir un enjeu). - Des enjeux de cohabitation harmonieuse des usages seront à considérer, par exemple avec la protection de milieux humides ou la volonté de reboiser certaines terres agricoles laissées en friches. - Financement inclus dans le Plan d'agriculture durable 2020-2030 du MAPAQ. - Projet Agri-Climat II par l'UPA - étape de projet- pilote pour tester des méthodes d'adaptation sur une ferme, qui seraient éventuellement reproduites sur d'autres fermes. - Certains projets d'irrigation collectifs sont en cours pour pallier aux besoins en irrigation. - Présence d'un club en agroenvironnement (Agriboréal). 115 DIAGNOSTIC - Démarrage et relève agricole FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - Aucune entreprise ne prévoit vendre ou céder d'ici 5 ans. - 15 entreprises ont une relève identifiée. - Il y a eu une augmentation du nombre de transferts non-apparentés dans la région (il est passé de 6% en 2011 à 11% en 2016). C'est une statistique plus élevée que la moyenne québécoise, qui se chiffre à 9%. Le nombre de transferts établis par transfert familial est stable, avec 53%. - Agriconseils a financé 6 plans de transfert et 2 démarrages entre 2019 et 2021 dans la MRC. - Il y a eu une diminution du nombre d'entreprises en démarrage, du côté de la relève qui s'établit: le taux était de 36% en 2016, alors qu'il était à 39% en 2011. C'est une statistique similaire à la moyenne québécoise (35%) et comme il y a eu plus de transferts non apparentés, et que les transferts familiaux se sont maintenus, cela s'explique. - Il y a peu de terres agricoles à vendre. - Absence de reconnaissance de l'expérience pour bénéficier du financement pour l'établissement de la relève agricole. - Il n'existe pas de service de maillage pour la relève (ex. l'Arterre) contrairement à d'autres régions. - Difficulté à recruter de la main- d'œuvre : peu d'entreprises de la région font appel à des producteurs agricoles étrangers. - Modification au régime fiscal canadien pour le transfert de fermes, qui est plus avantageux pour les cédants qui font un transfert familial. - Présence de séjours exploratoires par l'organisation Place aux jeunes. DIAGNOSTIC - Transformation alimentaire (à la ferme et hors ferme) FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - La transformation agroalimentaire (essentiellement le domaine des pêches) génère 17% du PIB régional, ce qui est considérablement plus que le PIB de la production agricole. - Il existe une variété intéressante de transformateurs alimentaires (12), mais la plus importante activité de transformation est celle des deux transformateurs de produits marins. - Absence d'équipement de transformation et d'abattage, dont l'absence d'abattoir. - Peu d'accompagnement pour la transformation alimentaire. - Il y a encore peu de transformation à la ferme: seulement 3/49 entreprises en font (marge peut être plus intéressante sur les produits). En 2010, il n'y avait qu'une seule entreprise qui faisait de la transformation à la ferme. - - Certaines entreprises de la MRC mettent en valeur les produits issus de la cueillette en forêt et de la récolte au bord de l'eau, par le biais de la transformation alimentaire. Cela permet de faire rayonner la diversité des saveurs de la Côte-Nord (ex. entreprise de production de sel marin). 116 DIAGNOSTIC - Soutien aux entrepreneurs FORCES FAIBLESSES MENACES OPPORTUNITÉS - Il y a déjà une mutualisation de certains équipements agricole, grâce à la présence d'une Coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA) (la seule de la région) - Sacré-Coeur, au sein de laquelle 10 membres utilisent une machinerie de protection des récoltes et un équipement agricole (immobilisation de 56 000$). - Au niveau du soutien de la MRC en matière de prêts pour les entreprises, il y a eu un total de 6 prêts depuis 2016, dont la moitié ont été faits en 2020 : 2 démarrages, 1 expansion et 3 prêts COVID pour un total de 6 prêts. Cela représente une somme de 369 572 $ en investissements. - La COVID ayant permis à l'offre de formation en ligne de se développer, les conseillers de la région (ex. AgriBoréal) ont pu en bénéficier. Il n'a cependant pas été mentionné que les producteurs agricoles avaient suivi de la formation à distance pendant la pandémie. L'accès à Internet et l'utilisation d'ordinateur n'est pas généralisée sur le territoire. - Création de 4 programmes d'attestations d'études collégiales (AEC) liés à l'agriculture, à l'agroalimentaire et à la forêt par le Centre de services de l'Estuaire qui seront disponibles à l'automne (PFNL, Soins animaliers, Travaux agricoles et opérateur d'équipements en transformation alimentaire - Soutien à la santé mentale par la formation obligatoire Sentinelles de plusieurs intervenants du SCF (service de comptabilité et de fiscalité de l'UPA Saguenay et Capitale-Nationale, club-conseil en agroenvironnement). - Présence d'une travailleuse de rang (Capitale-Nationale et Côte-Nord) qui effectue des séjours sur la Côte-Nord. - Présence d'un club en agroenvironnement (à titre de comparaison, la Capitale- Nationale a aussi un seul club en agroenvironnement pour 1000 producteurs). - Les services du SEMO (placement de main-d'œuvre avec limitations variées, avec subvention salariale) sont bien connus par les agrotransformateurs. - Présence d'un agent de développement dans chaque municipalité du territoire, qui soutient les municipalités dans le développement de l'agriculture communautaire. - Il n'y a pas de dispositions particulières pour les fermettes hors du périmètre urbain. - Elles se rapportent aux dispositions touchant aux activités agricoles du RCI 117- 2011 actuellement. Cela constitue donc un potentiel pour l'agriculture de subsistance des citoyens (autonomie alimentaire). - Certains producteurs ont décrié un manque de soutien agronomique, spécialisé notamment en agriculture nordique OU un manque de connaissance des ressources disponibles (ex. réseau des centres collégiaux de transfert technologique), tout comme un manque d'outils et d'expertise en commercialisation de produits. - Une lacune souvent observée est le manque de connaissance de la mise en marché et de la commercialisation. Les entrepreneurs surestiment souvent leurs revenus et leur connaissance du marché est très limitée. - Les producteurs agricoles décrient la lourdeur de la tâche administrative pour obtenir du soutien gouvernemental. - La région ne fait pas partie de l'entente sectorielle en agriculture de la Capitale- Nationale (qui s'arrête à Baie-Ste-Catherine) ni de celle du Saguenay, et la MRC ne fait pas partie du territoire considéré comme étant dans le plan Nord. La MRC ne fait pas partie du territoire admissible au programme que le MAPAQ a annoncé, le 5 novembre, prévoyant que d'ici 2023, près de 10 millions $ seront versés par Québec pour encourager et développer de nouveaux projets bioalimentaires au nord du 49e parallèle. L'objectif étant de soutenir 250 projets en recherche, en aide au démarrage ou encore en formation, c'est une force pour le Nord, mais de laquelle pourrait aussi bénéficier la HCN. - Tous les fournisseurs des producteurs sont à l'extérieur de la région et plusieurs doivent traverser le Fjord pour desservir la région. - Délais liés aux demandes de financement auprès de la Financière agricole. - Méconnaissance de la réalité agricole par les intervenants qui sont responsables des dossiers agricoles dans plusieurs organisations. - Il y a un créneau qui se dessine dans les cultures abritées: la région a mentionné dans les médias vouloir profiter de l'engagement politique du gouvernement du Québec de doubler le volume de culture en serre d'ici 5 ans. - Présence du Fonds de développement régional pour stimuler et consolider le secteur agricole régional (UPA Côte-Nord). - Le CEDFOB et Synergie 138 offrent des services aux producteurs et transformateurs pour valoriser des résidus alimentaires. - Le Fonds Écoleader permet aux producteurs et aux agrotransformateurs d'obtenir du financement pour réaliser des études de faisabilité pour devenir plus performants au niveau environnemental et économique. - Présence d'une large gamme de programmes de subventions pour les entreprises agricoles. 5 SECTION Enjeux et vision concertée 118 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No Enjeux identifiés : 1. La revitalisation des friches 2. La main-d'œuvre et la formation 3. La mutualisation d'infrastructures de conditionnement, de réfrigération, de congélation et de transformation alimentaire 4. La plus-value à la viande élevée localement 5. L'établissement de nouvelles entreprises sur l'ensemble du territoire Dans les sondages, voici les éléments que les citoyens, les élus, les directeurs généraux, les conseillers municipaux et les intervenants ont indiqué avoir comme vision pour l'agriculture de la région : - DIVERSITÉ - UNE AGRICULTURE PLURIELLE : Diversité du type de productions, visualisant même de nouvelles productions qu'on ne voit pas encore sur la Côte-Nord. Diversité également dans la transformation alimentaire. De plus, il a été proposé de créer une fromagerie (à partir du lait de la HCN), comme il en existait une anciennement à Sacré-Cœur. Des céréales locales, transformées en farine. Des élevages d'animaux que l'on ne voit pas vraiment ici ; notamment des races patrimoniales. Aquaponie, serres sous-terraines pour cultiver à l'année, œufs. Abattoir de proximité pour la mise en marché de produits d'élevage avec une appellation régionale. Encore plus d'aménagements comestibles dans les lieux publics. - ACCESSIBILITÉ : Plus de moyens de s'approvisionner en produits locaux, partout sur le territoire - plus de marchés publics, de kiosques à la ferme (bien signalisés), un meilleur accès économique aux produits de la mer (notamment couteau de bank, homard, crabe araignée), autocueillette, présentoir de produits frais dans les épiceries, recettes inédites dans les restaurants. Un accès désaisonnalisé aussi, puisque plusieurs ont parlé de l'importance d'avoir une offre de produits frais pendant l'hiver. Amener à un niveau de production commerciale ce qui se récoltait dans la nature ou autrement dit, la domestication de certains fruits et animaux pour en produire des quantités suffisantes. Accessibilité aux terres, surtout en friche. Accessibilité aux intervenants qui peuvent soutenir les promoteurs ayant des projets d'entreprises. - DURABILITÉ : Durabilité dans les choix de pratiques culturales, mais aussi dans la façon de construire des bâtiments en harmonie avec l'environnement : bâtiments écoénergétiques, récupération de chaleur (d'usines de cryptomonnaie par exemple), panneaux solaires. 119 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No - COMMUNAUTÉ - DES INITIATIVES COMMUNAUTAIRES : Plusieurs reconnaissaient qu'il y avait déjà de belles initiatives communautaires et plusieurs autres nommaient ce qu'ils aimeraient voir naître comme initiatives : poulailler communautaire, ruchers chez des gens, production alimentaire en remplacement des pelouses, soutien aux initiatives communautaires comme celles de Colombier et de Tadoussac, lieux de transformation des aliments accessibles à la population (caveau communautaire, cannage, lactofermentation, séchage, serres, etc.). En lisant la vision des répondants, on comprend que pour eux, tous les citoyens ont un rôle à jouer dans l'autosuffisance alimentaire ; en achetant des produits locaux, en étant des ambassadeurs de ces produits en région et à l'extérieur, en produisant eux-mêmes des aliments pour leur consommation personnelle et en échangeant leurs surplus, en participant à des jardins collectifs, en ayant des poules, en remplaçant le gazon par des plantes productives. Les répondants voient bien le rôle de facilitateur des municipalités et des intervenants pour permettre le développement de cette autosuffisance alimentaire. o Communauté dans le sens d'« à qui sont destinés les produits » : autant la population locale que les touristes ; o Communauté dans le sens de raffermir les liens entre les gens et ceux qui cultivent leur nourriture : il faut amener les jeunes sur les fermes, il faut éduquer la population à ce qu'elle mange. - INNOVATION : Innovation, mais pas dans le sens technologique du terme. Plutôt dans le sens d'innovations agricoles résilientes et visant l'autosuffisance alimentaire. L'un des éléments qui revenaient dans le sondage, c'était de réussir à domestiquer certaines espèces qui sont actuellement sauvages, pour en faire la culture. Les consultations réalisées dans le cadre du PDZA de la MRC de la Haute-Côte-Nord, ainsi que les rencontres des comités technique et directeur, ont permis d'élaborer une vision commune pour le développement de la zone agricole de la MRC pour les prochaines années. Cette vision a été présentée lors du Sommet agroalimentaire de la Haute-Côte-Nord, le 18 mai 2022. Une vision concertée, élaborée pour définir la vision de l'agriculture sur la Haute-Côte-Nord, vient s'arrimer avec la vision du développement régional véhiculée dans les outils de planification régionale et de développement économique. La Haute-Côte-Nord, une nature généreuse à partager ! 120 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No Vision: 6 SECTION Plan d'action PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRES* ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 1 Mettre en place un Réseau express d'intervenants Le Réseau Express est une formule existante dans quelques régions: les intervenants qui font partie du Réseau Express, qui sont définis dès le départ, sont invités à interpeller leurs pairs du moment qu'une personne arrive à leur bureau pour qu'elle puisse présenter son projet à tous en une seule rencontre. Chaque intervenant est invité à indiquer ce qu'il peut faire dans le cadre du projet. Il s'agit d'un réseau facilitant pour les promotteurs de projets et on évite ainsi de décourager le promotteur tout en diminuant les délais. C'est une porte d'entrée unique. MRC UPA Financière Agricole MAPAQ Agriconseils CRFA Pôle d'économie sociale de la Côte-Nord SADC Automne 2022 Mise à jour annuelle - Mise en place d'un Réseau Express** - Nombre de projets/ promoteurs soutenus ACTION 2 Faire connaître les kiosques à la ferme Mieux diffuser la localisation, les heures d'ouverture et les produits disponibles à la ferme, notamment sur le Portail Haute-Côte-Nord, mais également par d'autres outils (médias sociaux, publications sur le site internet de la MRC, etc.). La MRC développera un calendrier de publications pour sa page facebook pour mieux faire connaître les kiosques à la ferme présents sur le territoire. MRC Table bioalimentaire Automne 2023 Mise à jour annuelle - Nombre de publications annuelles réalisées par la MRC - Objectif : 10 PLAN D'ACTION 2022-2027 1- Simplifier l'accès à l'information pour les promoteurs et futurs promoteurs 2- Faire la promotion du territoire comme lieu pour les métiers agricoles 3- Augmenter la superficie de territoire cultivé 4- Augmenter la transformation à la ferme 5- Conserver et améliorer la santé des sols et de l'eau dans un contexte de développement agricole Objectifs : AXE 1 - MISE EN MARCHÉ ET TRANSFORMATION *Liste non exhaustive... des partenaires pourraient s'ajouter en cours de route! ** Le choix du nom final m pourrait différer. PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRE ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 3 Réunir un comité de partenaires et de producteurs agricoles pour identifier les pistes d'action à mettre en place pour stimuler la mise en marché locale des viandes produites dans la région Il n'y aurait actuellement qu'un seul producteur qui fasse de la mise en marché de proximité de ses viandes. Les autres producteurs les commercialisent via le Plan conjoint. L'une des pistes d'action à envisager est d'évaluer la possibilité de dédommager monétairement les producteurs de viande qui désirent vendre leur viande localement (pour assumer une partie des coûts liés au transport de la viande pour revenir en région puisqu'ils constituent un frein à la mise en marché locale). Si le projet-pilote pour l'abattage de poulets à la ferme est concluant, il pourrait être pertinent de stimuler le développement de cette production animale sur le territoire. MRC UPA Automne 2022 Automne 2027 - Mise en place d'au moins une solution pour stimuler le développement de la mise en marché de la viande - Nombre de producteurs commercialisant leur viande en circuits-courts - objectif: 4 PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRES ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 4 Soutenir l'appropriation par les colllectivités des projets de récupération alimentaire, frigos et congélateurs communautaires, jardins communautaires, etc. Depuis que la MRC a la volonté d'être une MRC nourricière, plusieurs projets ont été portés par l'agente de développement des communautés de la MRC, en collaboration avec le CISSS et les agents de développement de chaque municipalité. Les structures ont été installées et développées (frigos et congélateurs communautaires, jardins, tables potagères, etc.). Par cette action, la MRC entend soutenir la ressource en charge de la coordination du marché public de Tadoussac, notamment en matière de financement (recherche de subvention), afin de permettre la consolidation du marché ainsi que son développement. Elle entend également continuer sa collaboration pour le développement de la Serre de Colombier et le projet de colloque sur les produits forestiers non-ligneux à Portneuf-sur-mer. MRC (Agent de développement des communautés) PAR-SHV CISSS SADC Municipalités de Tadoussac et de Colombier Ferme Hovington Table bioalimentaire En continu - Nombre de projets soutenus - Nombre de projets soutenus - Nombre de nouveaux projets développés AXE 1 - MISE EN MARCHÉ ET TRANSFORMATION (suite et fin) AXE 2 - DÉVELOPPEMENT SOCIAL PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRES ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 5 Stimuler les agriculteurs à offrir des stages aux étudiants pour combler leur équipe estivale et à les aider à la diffusion de leurs offres d'emploi sur les sites déjà existants. Le nombre de stages offerts sur les fermes de la région est faible. L'idée est de permettre à des jeunes des établissements d'enseignement qui offrent des programmes en agriculture (Alma, Université Laval, La Pocatière, Saint-Hyacinthe) de découvrir la région. Les stages peuvent aider au recrutement de la main- d'oeuvre, une fois les études complétées. MRC UPA (centre d'emploi agricole) Carrefour Jeunesse- Emploi (Place aux jeunes) À déterminer - Nombre de stages offerts annuellement dans la région - objectif : 4 - Nombre de producteurs accompagnés dans la création de leur offre de stage - objectif : 4 PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRE ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 6 Bonifier l'affichage pour témoigner de l'agriculture sur le territoire Mettre en valeur le caractère agricole de la municipalité en bonifiant l'affichage à cet effet. Municipalité de Sacré- Coeur MRC Été 2023 - Réalisation de l'affichage ACTION 7 Bonification du Portail Haute-Côte-Nord La MRC dispose d'un site internet mais aussi d'un Portail, Hautecotenord.com. Celui-ci vise à présenter les différentes possibilités de la MRC: visiter, vivre, investir. Dans la section Investir, il y a déjà une section Bioalimentaire. Le descriptif actuel est: Vers une MRC nourricière: la Haute-Côte-Nord est reconnue pour la qualité de ses produits de la terre et de la mer. C'est l'endroit idéal pour mettre en valeur les produits du terroir québécois, que ce soit en les cultivant, en les pêchant, en les chassant ou en les transformant. Du contenu a été développé sous forme de questions/réponses, pour permettre aux agriculteurs actuels et aux futurs agriculteurs de trouver quel intervenant peut les aiguiller. MRC Table bioalimentaire Automne 2023 n/a - Bonification du Portail Haute- Côte-Nord AXE 3 - FORMATION ET MAIN-D'ŒUVRE AXE 4 - VALORISATION DU TERRITOIRE, DU MÉTIER ET DES PRODUITS AGROALIMENTAIRES PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRE ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 8 Former les employés de la MRC et les élus municipaux à la santé psychologique chez les agriculteurs L'action vise à maintenir et confirmer l'importance du dossier de la santé psychologique, que ce soit par la formation des intervenants ou en maintenant le service de travailleuse de rang auprès des agriculteurs. MRC MRC AFCA Centre de prévention du suicide Automne 2024 Hiver 2025 - Nombre d'employés municipaux formés - objectif: un (1) employé par service ACTION 9 Organiser un séjour exploratoire Place aux jeunes en lien avec l'entreprenariat dans le milieu agricole À ce jour, il n'y a eu aucun séjour thématique organisé pour les jeunes provenant de l'extérieur et désirant venir s'établir sur la Côte- Nord, en agroalimentaire. MRC MRC MAPAQ Municipalités ayant des projets agricoles communautaires Hiver 2023 Automne 2024 - Tenir un séjour exploratoire d'ici la fin de l'année 2024 - Nombre de participants visés - objectif : 8 ACTION 10 Impliquer la MRC dans l'élaboration d'actions de valorisation de l'agrotourisme et le tourisme gourmand Tester une formule de paniers pique-nique aux bureaux d'accueil touristique MRC Société de développement de Sacré-Cœur Tourisme Côte- Nord Hiver 2023 Été 2023 - Réalisation du projet de paniers pique-nique - Degré de satisfaction des producteurs participant au projet ACTION 11 Contacter les propriétaires de friches et répertorier les friches disponibles à la vente ou à la location sur le territoire de la MRC La première étape de ce projet est l'étude sur les friches pour laquelle l'UPA a mandaté AgriBoréal, qui est actuellement en cours de réalisation (2022). Par la suite, l'étape qui concerne la MRC sera de contacter les propriétaires de terres en friches pour leur demander s'ils sont intéressés à louer ou vendre leur terre. Une fois cette information connue, la MRC pourra répertorier, via son site internet, les terres à louer ou à vendre. Il y aura un lien d'établi entre le Portail bioalimentaire (quand les gens demanderont quelles sont les terres à louer ou à vendre) qui référera à la section du développement économique sur le site de la MRC. MRC MRC AgriBoréal UPA Capitale- Nationale-Côte- Nord Hiver 2023 Hiver 2025 - Nombre de terres recensées comme étant à vendre ou à louer - objectif: 10 - Nombre de terres recensées comme étant à vendre ou à louer - objectif: 10 AXE 4 - VALORISATION DU TERRITOIRE, DU MÉTIER ET DES PRODUITS AGROALIMENTAIRES (suite et fin) AXE 5 - AGROENVIRONNEMENT PROJET DESCRIPTION DU PROJET PORTEUR PARTENAIRE ÉCHÉANCIERS Cible/indicateurs Début Fin ACTION 12 Établir des normes justes de compensation pour les secteurs et les activités impactés par la protection des sources d'eau potable L'objectif premier de projet est de réduire la vulnérabilité des sources d'eau potable par l'établissement de compensation pour les pertes financières subies par les activités impacteés par une modification de leurs pratiques à l'intérieur des aires de protection des sources d'eau potable. Ce projet se veut complémentaire au Programme pour une protection accrue des sources d'eau potable (PPASEP) du MELCC qui est en cours de renouvellement. MRC Municipalités Hiver 2023 Hiver 2025 - Établissement de normes de compensation pour l'ensemble des secteurs impactés ACTION 13 Mettre en place un projet de plantation de fleurs pour nourrir les abeilles Concrètement, le projet vise à fournir plus de nourriture aux abeilles qui sont actuellement carencées si elles n'ont que la saison du bleuet. Il y a trop peu de fleurs sur le territoire, et une diversité de fleurs trop restreinte. Évaluer la possibilité de déposer un projet de création de corridors fleuris, pour valoriser le paysage et fournir de la nourriture aux abeilles. Des bandes fleuries pourraient être plantées en bordure de route pour améliorer la qualité du paysage tout en favorisant les pollinisateurs. Le projet a aussi un double objectif, celui d'amener le CEDFOB à travailler plus avec les producteurs de la HCN pour les projets liés aux pollinisateurs. MRC Tourisme Côte- Nord CEDFOB Automne 2024 Automne 2027 - Nombre de producteurs de la MRC impliqués dans un projet du CEDFOB en lien avec les abeilles - objectif: 3 - Création d'un projet de bandes fleuries ACTION 14 Demander aux municipalités d'adopter une résolution pour interdire la tonte de pelouse en mai de chaque année (Défi Pissenlits), pour favoriser la nourriture pour les abeilles Différentes actions de sensibilisation pour favoriser la plantation d'espèces indigènes basses sur les terrains privés pourraient favoriser l'alimentation des abeilles. MRC Municipalités Printemps 2023 Mise à jour annuelle - Nombre de municipalités ayant adopté une résolution - objectif: 6 Bibliographie 7 SECTION 128 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No 2019 CANADIAN CHEF TRENDS SURVEY. Bottin - Consommation et distribution alimentaire en chiffres, Édition 2020, MAPAQ. ASSOCIATION ÉQUESTRE CÔTE-NORD, [En ligne]. https://www.aecn-qc.com/ AVENIR D'ENFANTS, INITIATIVE PERSPECTIVES PARENTS. 2015, [En ligne]. http://avenirdenfants.org/Media/PDF/Publications/Article_Sommaire_Parentalite-final-v3.pdf CÉGEP DE BAIE-COMEAU. Essor de quatre productions fruitières spécifiques à la Côte-Nord : ronce arctique, chicouté, camarine noire et airelle vigne d'Ida, [En ligne]. https://cedfob.qc.ca/wp- content/uploads/2021/04/ECDRI5ans-reduit.pdf CENTRE D'EXPÉRIMENTATION ET DE DÉVELOPPEMENT EN FORÊT BORÉALE (CEDFOB). Consultation le 28 septembre 2021, [En ligne]. https://synchronex.ca/centres/cedfob CHASSEURS GÉNÉREUX. Les récoltes, [En ligne]. https://fedecp.com/chasseursgenereux/les-recoltes/ CLASSIFICATION DES GROUPES DE PRODUITS FORESTIERS NON LIGNEUX (PFNL). SPBCQ. 2012. COMITÉ DE TRAVAIL SUR LES PETITS FRUITS - PRDIRT. Analyse et commentaires. 6 mai 2014. CPTAQ. Résultats par MRC, Données sur le territoire en zone agricole par région administrative, par MRC et par territoire équivalent (TÉ) au 31 mars 2021, [En ligne]. http://www.cptaq.gouv.qc.ca/fileadmin/fr/publications/publications/rannuel/rap_annuel2020- 2021/cptaq-rag_2020-2021-annexe-acc-v2.pdf DIRECTION RÉGIONALE DE SERVICES QUÉBEC DE LA CÔTE-NORD. Plan d'action régional 2021-2022, [En ligne]. https://www.emploiquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/fichiers/pdf/Regions/Cotes-Nord/09_admin- PAR-2021-2022.pdf ÉCOBES. Renforcer le soutien aux étudiants et aux entreprises en matière de conciliation études-travail- famille. 2019, [En ligne]. https://ecobes.cegepjonquiere.ca/media/tinymce/Rapport_SoutienCETF_Avril2019.pdf FÉDÉRATION DE LA RELÈVE AGRICOLE DU QUÉBEC (FRAQ). La relève agricole mobilisée par l'enjeu de l'accès aux terres agricoles, [En ligne]. https://fraq.quebec/2021/nouvelles/la-releve-agricole-mobilisee- par-lenjeu-de-lacces-aux-terres-agricoles/ FRAQ. Rapport - Sondage sur l'accès et le prix des terres agricoles. Automne 2021, [En ligne]. https://fraq.quebec/wp-content/uploads/2021/11/rapport-sondage-prix-des-terres.pdf GOUVERNEMENT DU CANADA. Index de l'Inventaire des terres du Canada (ITC), [En ligne]. https://sis.agr.gc.ca/siscan/nsdb/cli/index.html INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC (ISQ). Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle. EQDEM. 2017, [En ligne]. https://statistique.quebec.ca/fr/enquetes/realisees/enquete-quebecoise-sur-le-developpement-des- enfants-a-la-maternelle-eqdem 129 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC (ISQ). Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire (EQSJS). Dans la BDSO, 2016-2017, [En ligne]. https://statistique.quebec.ca/en/fichier/enquete-quebecoise-sur-la-sante-des-jeunes-du-secondaire- 2016-2017-resultats-de-la-deuxieme-edition-tome-1-methodologie-de-lenquete-et-caracteristiques-de- la-population-visee.pdf INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC (ISQ). Indice de vitalité économique, 2016. ISQ, 2011 et MAPAQ, 2011 et 2014, [En ligne]. https://statistique.quebec.ca/fr/produit/tableau/classement-mrc-selon-indice-vitalite-economique- quebec#pivot_1=2016%CA%B3 JOURNAL DE QUÉBEC. Des tourbières menacées par la cueillette abusive de chicoutai. 2021, [En ligne]. https://www.journaldequebec.com/2020/09/06/des-tourbieres-menacees-par-la-cueillette-abusive-de- chicoute LE BIOALIMENTAIRE ÉCONOMIQUE. Aperçu 2020-2021. MAPAQ, [En ligne]. https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Bioclips/Bioalimentaireeconomique/Bioalime ntaireeconomique_Apercu2020-2021.pdf LE HAUTE-CÔTE-NORD. Aquaculture l'Indigène : Vers 80 tonnes de truites d'ensemencement. 15 septembre 2020, [En ligne]. https://www.journalhcn.com/2020/09/15/aquaculture-lindigene-vers-80- tonnes-de-truites-densemencement/ LE HAUTE-CÔTE-NORD. La Fête du Miel est de retour pour une 10e édition. 8 septembre 2021, [En ligne]. https://www.journalhcn.com/2021/09/08/la-fete-du-miel-est-de-retour-pour-une-10e-edition/ LE HAUTE-CÔTE-NORD. Près d'un demi-million de livres de canneberges récoltées à Longue-Rive. 3 novembre 2020, [En ligne]. https://www.journalhcn.com/2020/11/03/pres-dun-demi-million-de-livres- de-canneberges-recoltees-a-longue-rive/ MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L'ALIMENTATION DU QUÉBEC (MAPAQ). Taux d'occupation de la zone agricole par municipalité. 2014. MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L'ALIMENTATION DU QUÉBEC (MAPAQ), 1 : 2019. BIOCLIPS+, Regard sur l'industrie bioalimentaire, [En ligne]. https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Bioclips/BioClips+_2019.PDF MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L'ALIMENTATION DU QUÉBEC (MAPAQ), 2 : 2019. 9 et 10 Côte-Nord et Nord-du-Québec, [En ligne]. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn- contenu/adm/min/agriculture-pecheries-alimentation/agriculture/industrie- agricole/regions/FS_profilregionalbioalimentaire_Cote-Nord-Nord-du-Quebec_MAPAQ.pdf?1581622078 MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L'ALIMENTATION DU QUÉBEC (MAPAQ), 1 : 2021. Culture du bleuet, [En ligne]. https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources- naturelles/agriculture/industrie-agricole-au-quebec/productions-agricoles/culture-bleuet MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L'ALIMENTATION DU QUÉBEC (MAPAQ), 2 : 2021. Monographie de l'industrie du bleuet sauvage au Québec, [En ligne]. https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Monographiebleuet.pdf 130 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION ET DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (MEES), Maternelle 4 ans à temps plein en milieu défavorisé, 2017-2018. MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION ET DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (MEES), Système GDUNO, 2018. MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION ET DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (MEES), 2018, [En ligne]. www.cartojeunes.ca MINISTÈRE DE L'ÉNERGIE ET DES RESSOURCES NATURELLES, Inventaire de la biomasse disponible pour produire de la bioénergie et portrait de la production de la bioénergie sur le territoire québécois, 2021, [En ligne]. https://mern.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/WSP-Canada-Inventaire-biomasse-production- bioenergies-quebec-03-2021.pdf MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX (MSSS), Bilan des directeurs de la protection de la jeunesse, 2017. MINISTÈRE DES AFFAIRES MUNICIPALES ET DE L'OCCUPATION DU TERRITOIRE (MAMOT). 2015. MRC NOURRICIÈRE, [En ligne]. https://www.mrchcn.qc.ca/fichiersUpload/fichiers/20200922164918-mrc- nourriciere.pdf PLAN D'AMÉNAGEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT INTÉGRÉ DES TPI - Planification 2009. POLITIQUE BIOALIMENTAIRE 2018-2025. Feuille de route régionale. Plan d'action 2018-2023 pour la réussite de la Politique bioalimentaire Côte-Nord. Édition 2021, [En ligne]. https://cdn- contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/agriculture-pecheries-alimentation/politique- bioalimentaire/feuilles-route/PL_feuille_CoteNord_MAPAQ.pdf?1631815149 PORTRAIT DU SYSTÈME ALIMENTAIRE DE LA CÔTE-NORD. Sommaire, [En ligne]. http://www.urlscn.com/data/87- urlscn/ressources/documents/sys_docs/sommaire%20_psacn_low.pdf?v=1623861389 PORTRAIT DU SYSTÈME ALIMENTAIRE DE LA CÔTE-NORD. Rapport final, 2021, [En ligne]. http://www.urlscn.com/data/87-urlscn/ressources/documents/sys_docs/portrait_s_a_c- n_vfinalev2.pdf?v=1623861389 PORTRAIT DE LA RELÈVE AGRICOLE AU QUÉBEC. 2016, [En ligne]. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn- contenu/adm/min/agriculture-pecheries-alimentation/agriculture/devenir- agriculteur/ED_portrait_releve_agricole_MAPAQ.pdf?1595448170 PORTRAIT GÉNÉRAL DE LA ZONE DE GESTION INTÉGRÉE DE L'EAU HAUTE-CÔTE-NORD, OBVHCN. 2014, [En ligne]. https://drive.google.com/file/d/0B- 2VIE6LeWpHcmtRUUQwTkJldjA/view?fbclid=IwAR0OCaE1R-2uZWU5NLID5tQnU5lU7BDSTozfjjyvCWvIq- svcNSw5OPNSwI&resourcekey=0-XV7UDwux9fsq9ygtvXiw9w PRODUCTIONS ANIMALES, NOMBRE D'EXPLOITATIONS ET REVENUS, 2010, AGÉCO, 2020, [En ligne]. http://www.groupeageco.ca/fsl RADIO-CANADA. Des truites de la Haute-Côte-Nord livrées dans le Nord du Québec. 18 février 2021, [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/bonjour-la- cote/segments/entrevue/343941/truites-aquaculture-indigene-haute-cote-nord-longue-rive-serge- pelchat 131 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No RADIO-CANADA. ICI CÔTE-NORD. Des agriculteurs subissent les effets de la réduction de traversées à Tadoussac. 20 avril 2020, [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1695606/agriculteurs-cote- nord-covid-19-coronavirus-traversier-de-tadoussac RADIO-CANADA. ICI CÔTE-NORD. L'UPA Côte-Nord demande de faire passer les animaux en premier au traversier de Tadoussac. 9 juillet 2008, [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1111654/vaches- encan-traverse-tadoussac-baie-sainte-catherine RADIO-CANADA. ICI CÔTE-NORD. Le seul recul démographique au Québec s'est produit sur la Côte-Nord. 6 novembre 2021, [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1837763/statistiques-demographie- population-chomage-2019-2020 RADIO-CANADA. ICI CÔTE-NORD. Une saison de bleuets inégale sur la Côte-Nord, 20 septembre 2021, [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1825547/mauvaise-saison-bleuet-cote-nord RAPPORT ANNUEL DE LA TABLE BIOALIMENTAIRE CÔTE-NORD. 2020, [En ligne]. http://www.tablebioalimentairecotenord.ca/wp-content/uploads/2020/11/rapport-annuel-2020.pdf RÉSEAU DES FERMIERS DE FAMILLE, [En ligne]. https://www.fermierdefamille.org/reseau REGROUPEMENT DES CENTRES DE LA PETITE ENFANCE DE LA CÔTE-NORD. 2016. STATISTIQUE CANADA. Recensement de 2016, 2018, [En ligne]. www.cartojeunes.ca TABLE BIOALIMENTAIRE CÔTE-NORD. Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel. Projet pilote phase 1, rapport de projet. TVA NOUVELLES. Un investissement de 10 M$ pour de nouveaux projets bioalimentaires. 5 novembre 2021, [En ligne]. https://www.tvanouvelles.ca/2021/11/05/un-investissement-de-10-millions--pour-de- nouveaux-projets-bioalimentaires Annexes Cartographie 8 SECTION Index des cartes MRC DE LA HAUTE-CÔTE-NORD Zones agricoles 1/2 | Zones agricoles 2/2 BERGERONNES Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole COLOMBIER Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole ESCOUMINS Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole FORESTVILLE Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole LAC-AU-BROCHET Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles 1/2 | Affectations du territoire et contraintes naturelles 2/2 Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole LONGUE-RIVE Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole PORTNEUF-SUR-MER Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole SACRÉ-COEUR Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole TADOUSSAC Potentiel agricole de la municipalité Affectations du territoire et contraintes naturelles Cultures assurées par la Financière agricole et limites du zonage agricole 133 PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No