Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de la Haute-Côte-Nord
La Haute-Côte-Nord, Quebec
· adopted 2022-10-17
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PDZA
PLAN DE
DÉVELOPPEMENT
DE LA ZONE AGRICOLE
DE LA HAUTE-CÔTE-N0RD
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Mot du préfet
Si la Côte-Nord est une région reconnue pour la pêche, l'exploitation forestière, minière et hydraulique,
notre imaginaire sous-estime le potentiel bioalimentaire de la Haute-Côte-Nord. De Sacré-Cœur à
Colombier, le territoire possède les meilleurs sols propices à une agriculture conventionnelle et
diversifiée sur la Côte-Nord, en plus d'offrir une variété de produits comestibles issus de la forêt.
Les débuts de l'agriculture en Haute-Côte-Nord coïncident avec l'ouverture de la région et l'arrivée des
premiers défricheurs à la fin du monopole de la Compagnie de Baie d'Hudson, en 1842. Aujourd'hui
encore, la Haute-Côte-Nord est représentée par des entreprises agricoles créatives face aux défis
qu'impose notre nordicité.
Si la MRC de la Haute-Côte-Nord a amorcé l'élaboration de son premier plan de développement de la
zone agricole (PDZA) à la demande du milieu, c'est avec fierté qu'elle dévoile aujourd'hui son plan, après
plus d'un an de travail acharné. Il va sans dire que la réussite de cette démarche repose avant tout sur la
participation des intervenants et des producteurs agricoles. Je tiens à remercier tous ceux et celles qui
nous ont permis la réalisation de ce PDZA.
La concertation des acteurs du milieu agricole a permis de donner au PDZA une vision rassembleuse afin
de permettre le développement de la zone agricole face aux enjeux d'aujourd'hui et de demain. C'est
avec certitude et grâce à l'implication du plus grand nombre, que nous serons en mesure de faire de
l'agriculture un vecteur de développement économique et social pour l'ensemble de la Haute-Côte-Nord.
Madame Micheline Anctil
Préfet de la MRC La Haute-Côte-Nord
Maire de Forestville
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Remerciements
La MRC de La Haute-Côte-Nord tient à remercier le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation du Québec (MAPAQ) pour son soutien financier et technique ayant rendu possible la
réalisation de ce plan de développement de la zone agricole.
De plus, la MRC de La Haute-Côte-Nord remercie chaleureusement tous les intervenants (ministères,
organismes, etc.) et les producteurs agricoles qui se sont impliqués tout au long de la démarche du
PDZA. Par le fait même, la MRC remercie la population de la Haute-Côte-Nord pour avoir contribuer à la
réflexion collective entourant la vision et le plan d'action à mettre en place.
La MRC de La Haute-Côte-Nord tient à souligner la participation de chacun des membres du comité
consultatif dans le cadre de l'élaboration du PDZA. Leurs connaissances spécifiques de la dynamique
territoriale de la Haute-Côte-Nord a permis d'enrichir significativement ce document.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Équipe de réalisation
Marianne Mathis (Mathis et cie)
Ariane Sansoucy-Brouillette (Mathis et cie)
Marie-Eve Juneau (Mathis et cie)
Samuel Comtois (Groupe PleineTerre)
Étienne Lagacé (Groupe PleineTerre)
Équipe de la MRC
de la Haute-Côte-Nord
Kevin Bédard, directeur du Service de l'aménagement du territoire et directeur adjoint
Olivier Boudreault, aménagiste adjoint
Comité directeur
Paul Langlois, directeur général et secrétaire-trésorier
Kevin Bédard, directeur du Service de l'aménagement du territoire et directeur adjoint
Claude Brassard, directeur du Service de développement économique, social, culturel et touristique
Rubis Lyodis, conseillère en développement régional secteur agricole et agroalimentaire (MAPAQ)
Mathieu Bouchard-Tremblay, conseiller en aménagement du territoire
et aux opérations régionales (MAMH)
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Comité consultatif
Bruno Proulx, coordonnateur du PDE à l'OBV Haute-Côte-Nord
Barbara Sirois, responsable des Serres de Colombier
Jean-Marie Bélisle, représentant du Syndicat des producteurs forestiers de la forêt privé
Marie-Pierre Fortin, apicultrice et propriétaire Herbamiel
Martial Hovington, Agriculteur et ancien président de l'UPA Côte-Nord
Rubis Iyodis, conseillère en développement régional secteur agricole et agroalimentaire (MAPAQ)
Keven Émond, Directeur régional de l'UPA Côte-Nord
Manon Vial, directrice adjointe à L'UPA Capitale-National--Côte-Nord
Yannick Tremblay, apiculteur et co-propriétaire du Marché Richelieu Les Bergeronnes
Jalons de la démarche
Étapes du PDZA
Portrait : juin à novembre 2021
Consultations publiques : Janvier 2022 - Sondages aux agriculteurs (quinzaine de réponses), aux citoyens
(131 réponses), aux élus et DG des municipalités (une douzaine de réponses) et aux intervenants (une
douzaine de réponses)
Diagnostic : Deux rencontres avec des intervenants et des producteurs agricoles 8 novembre 2021 pour
un total de 32 personnes
Vision et plan d'action : Sommet agroalimentaire du 18 mai 2022 pour un total d'environ 70 personnes
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Table des matières
SECTION 1 - PLANIFICATION RÉGIONALE en lien avec l'agriculture et la foresterie
15
1.1 Planification et vision de développement par la MRC
16
1.2 MAPAQ
21
SECTION 2 - PORTRAIT du territoire et des activités agricoles
23
2.1 Statistiques démographiques
24
2.2 Zone agricole de la MRC de la Haute-Côte-Nord
26
2.3 Historique de l'agriculture dans la région
28
2.4 L'occupation actuelle du territoire agricole
36
2.5 Les activités agricoles
37
2.6 La relève agricole et la main-d'œuvre
56
2.7 La commercialisation et la distribution
60
2.8 Industrie agroalimentaire
69
2.9 La foresterie
72
2.10 L'agroenvironnement
78
SECTION 3 - Services aux entrepreneurs
90
3.1 Financement
91
3.2 Formation
94
3.3 Les acquis du milieu
99
SECTION 4 - DIAGNOSTIC
102
SECTION 5 - ENJEUX ET VISION CONCERTÉE
117
SECTION 6 - PLAN D'ACTION
121
SECTION 8- ANNEXES : cartographie
132
8
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Liste des tableaux
Tableau 1 : Indicateurs du marché du travail, région de la Côte-Nord ....................................................... 25
Tableau 2 : Travailleurs de 25 à 64 ans par MRC et indice de vitalité économique des MRC .................... 26
Tableau 3 : Description des classes de potentiel agricole des terres (ARDA) ............................................. 27
Tableau 4 : Productions recensées pour la région de la Côte-Nord
pour différentes années de référence ........................................................................................................ 29
Tableau 5 : Répartition des terres agricoles en friche dans les municipalités
où des exploitants agricoles ont déclaré des friches .................................................................................. 31
Tableau 6 : Valeur moyenne des terres agricoles transigées au Québec, 2018-2019 ................................ 32
Tableau 7 : Inclusions et exclusions de la zone agricole depuis l'entrée en vigueur du décret
de la zone agricole révisée (entre 1987 et 1992), 2016, Côte-Nord (en hectares) ..................................... 34
Tableau 8 : Inclusions à la zone agricole depuis 2007, MRC de la Haute-Côte-Nord ................................. 35
Tableau 9 : Demandes à la CPTAQ en vertu de la LATNR depuis 2008, MRC de la Haute-Côte-Nord ........ 36
Tableau 10 : Évolution du nombre d'exploitations agricoles, par production ........................................... 37
Tableau 11 : Type de contrat d'exploitation, par municipalité (2021) ....................................................... 38
Tableau 12 : Unités animales par production animale ............................................................................... 40
Tableau 13 : Statistiques relatives à la production laitière, par région administrative,
par municipalité régionale de comté (MRC) et pour l'ensemble du Québec, 2020,
pour la région du Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord ......................................................................... 42
Tableau 14 : Bilan des superficies cultivées en bleuets nains dans la MRC ................................................ 43
Tableau 15 : Répartition des productions végétales .................................................................................. 44
Tableau 16 : Culture de bleuets - selon l'emplacement de l'UEV ............................................................... 45
Tableau 17 : Culture de bleuets - selon le site principal de l'exploitation agricole ................................... 46
Tableau 18 : Superficies cultivées en productions végétales dans la MRC de la Haute-Côte-Nord ........... 47
Tableau 28 : Petits fruits cultivés sur la Côte-Nord .................................................................................... 77
Tableau 29 : Superficies minimales des milieux humides de la zone de gestion intégrée
des ressources en eau par bassins versants (ZGIE) de la Haute-Côte-Nord ............................................... 79
Tableau 30 : Priorités d'adaptation des entreprises agricoles des secteurs
de production végétale et animale ............................................................................................................. 81
Tableau 31 : Priorités d'adaptation collective déterminées pour la Capitale-Nationale
et la Côte-Nord et déclinées en fiches projets ........................................................................................... 82
Tableau 32 : Évolution du climat de la Côte-Nord à l'horizon 2050 - selon l'étude Agriclimat .................. 85
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 33 : Impact des changements climatiques selon la saison - Tiré de l'étude Agriclimat ............... 86
Tableau 34 : Nombre de prêts réalisés par la MRC pour des projets agricoles .......................................... 91
Tableau 35 : Bilan des aides accordées par Agriconseils pour la MRC de la Haute-Côte-Nord
entre 2018 et 2021 ..................................................................................................................................... 92
Tableau 36 : Statistiques régionales détaillées des activités de formation offertes
de 2019 à 2021 par le Collectif régional en formation agricole .................................................................. 95
Tableau 37 : Nouveaux programmes d'AEP en lien avec le secteur agroalimentaire ................................ 98
Tableau 38 : Tendances actuelles et à venir en restauration au Canada ................................................. 106
Tableau 39 : Faits saillants du secteur bioalimentaire de l'année 2020 ................................................... 107
Liste des figures
Figure 1 : Taux de chômage et part des sans diplôme, région de la Côte-Nord ......................................... 25
Figure 2 : Taux d'occupation (%) de la zone agricole par municipalité ....................................................... 30
Figure 3 : Valeur régionale moyenne des terres agricoles transigées au Québec en 2019 ........................ 33
Figure 4 : Nombre d'animaux correspondant à une unité animale ............................................................ 41
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Liste des abréviations et acronymes
AAC
Agriculture et agroalimentaire Canada
ACPFNL
Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux
AEC
Attestation d'études collégiales
ARDA
Aménagement rural et développement de l'agriculture, Inventaires des terres du Canada
CARTV
Conseil des appellations réservées et des termes valorisants
CCTT
Centre collégial de transfert technologique
CEDFOB
Centre d'expérimentation et de développement en forêt boréale
CPTAQ
Commission de protection du territoire agricole
CRAAQ
Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec
CRFA
Collectif régional en formation agricole
CUMA
Coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA)
ECN
Environnement Côte-Nord
FARR
Fonds d'aide et de relance
LATANR
Loi sur l'acquisition de terres agricoles par des non-résidents
MAPAQ
Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec
MELCC
Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
MFFP
Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs
MPO
Pêches et Océans Canada
MRC
Municipalité régionale de comté
OBV
Organisme de bassin versant
OBVHCN
Organisme des bassins versants de la Haute-Côte-Nord
PADI
Plan d'aménagement et de développement intégré des TPI
PAF
Plan d'aménagement forestier
PDZA
Plan de développement de la zone agricole
PFNL
Produits forestiers non ligneux
PPRLPI
Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables
PRMT
Partenaires régionaux du marché du travail
SADC
Société d'aide au développement des collectivités
SADR
Schéma d'aménagement et de développement révisé
SPAQMI
Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel
TPI
Terres publiques intramunicipales
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Notes aux lecteurs
-
Les principales données utilisées pour ce portrait sont celles des fiches d'enregistrement des
producteurs agricoles du MAPAQ. Les données utilisées à des fins de comparaison sont celles de
2010 et de 2014. Elles ont été validées en 2021.
-
Puisque ce sont des déclarations volontaires des producteurs agricoles, des écarts entre la réalité et
les données peuvent subsister.
-
Des statistiques complémentaires d'autres sources de données thématiques ont été utilisées mais
des différences dans la méthodologie peuvent expliquer des différences entre les données du MAPAQ
et les autres données.
-
Un portrait est une photo à un moment X. Il donne des faits statistiques sur les superficies cultivées
et le nombre d'entreprises agricoles, mais ne nous permet pas d'expliquer les dynamiques en place
sur le territoire. Le diagnostic permettra d'expliquer les statistiques et de représenter la réalité du
territoire.
-
Un portrait est d'abord un outil de connaissance pour la MRC et il devra être actualisé pour
permettre une lecture juste et fiable de la situation. Évidemment, la planification et le
développement du territoire agricole ne peuvent être analysés sans égard aux autres exercices de
planification, dans une optique de cohabitation des usages.
-
Suite au portrait se trouve le diagnostic, la vision concertée et le plan d'action des prochaines
années. Ces derniers ont été établis de manière concertée et peuvent varier dans le temps. Il s'agit
de la compréhension que les intervenants avaient de la situation en fonction des informations
disponibles.
-
Le plan d'action se veut un outil flexible, appelé à varier dans le temps en fonction des essais-erreurs
qui seront faits. Il s'agit d'une démarche itérative, en mouvement, qui vise à toujours s'ajuster aux
enjeux du territoire.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Définitions
Vous retrouverez, dans le portrait, des mots suivis d'un astérisque (*).
Ces mots seront définis dans cette section.
Agriculture urbaine : L'ensemble des activités de production d'aliments souvent, mais pas
exclusivement, réalisées à petite échelle ; localisées dans la ville ; et utilisant des ressources, des produits
et des services qui se trouvent dans cette ville. Fournissant des produits agricoles et des services pour
une consommation locale, l'agriculture urbaine peut prendre différentes formes : commerciale,
communautaire et privative.
Agrotourisme : Activité touristique complémentaire à l'agriculture ayant lieu sur une exploitation
agricole. Il met en relation des producteurs agricoles avec des touristes ou des excursionnistes,
permettant à ceux-ci de découvrir le milieu agricole, l'agriculture et sa production par l'accueil et
l'information que leur réserve leur hôte.
Agrotransformateur : Entreprise agricole qui exerce des activités de transformation alimentaire
majoritairement à partir de produits de sa ferme et de produits du Québec.
Bleuet sauvage : Aussi appelé bleuet nain. Il est récolté dans deux types de territoire, soit la forêt et les
bleuetières aménagées.
Bleuet en corymbe : Il s'agit du bleuet cultivé.
Commercialisation en circuit court : Un intermédiaire, tout au plus, dans la distribution entre
l'entreprise de production ou de transformation et le consommateur ou la consommatrice. Il existe deux
types de circuits courts, soit la vente directe (marché public, kiosque à la ferme, agrotourisme,
autocueillette, agriculture soutenue par la communauté) et la vente indirecte (en passant par un
intermédiaire comme : hôtels, restaurants et institutions, boutiques spécialisées, marchés de solidarité
ou détaillants alimentaires) (MAPAQ).
Écocertification : Certification des récoltes d'espèces précises à la suite d'un processus rigoureux initié
par les associations de pêcheurs et soutenu par le MAPAQ et par Pêches et Océans Canada.
L'écocertification concerne l'ensemble des pêcheurs du secteur certifié et est valide pour 5 ans, par le
biais d'un audit annuel.
Évènements climatiques extrêmes : Ce que l'on appelle des « évènements climatiques extrêmes »
regroupe plusieurs phénomènes différents. Il peut s'agir d'un évènement ponctuel ayant un impact
dévastateur et souvent localisé, par exemple une tempête de verglas, des précipitations de grêle ou des
rafales de grande intensité. Il peut également s'agir d'une situation où plusieurs indicateurs du climat se
manifestent simultanément. À titre d'exemple, une canicule se produisant en l'absence de précipitations
peut induire un stress hydrique important sur les plantes. Au cours des étés 2018, 2019 et 2020,
plusieurs régions du Québec ont connu des périodes pendant lesquelles cette situation s'est produite, à
diverses intensités, affectant fortement la productivité, et même, dans certains cas, la survie des plantes.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Fourrage : Le fourrage est une plante servant à la nourriture du bétail (il peut être vert ou sec).
Milieu agroforestier : Le milieu agroforestier est, selon la définition que la MRC utilise dans son projet de
SARD, une représentation de la cohabitation entre deux grands ensembles d'usages, soit agricole et
forestier. Au sein de la MRC de la Haute-Côte-Nord, on retrouve ce milieu entre la ligne côtière et la
grande forêt publique, soit une banque de quelques kilomètres. Des activités agricoles, agroforestières,
forestières, extractives (ressources naturelles), récréatives et semi-urbaines (résidences, commerces et
industries) y prennent place. La tenure des terres est majoritairement privée. Les terres publiques qui s'y
trouvent sont généralement des lots intramunicipaux dont la gestion relève de la MRC.
Pâturage : C'est un lieu couvert d'une herbe qui doit être consommée sur place par le bétail (il n'est
donc pas récolté).
Plan conjoint de mise en marché : Le plan conjoint est essentiellement un outil à la disposition des
producteurs agricoles et des pêcheurs ; il leur donne la possibilité de négocier collectivement toutes les
conditions de mise en marché de leur produit ou de leur pêche, et d'en règlementer des modalités.
Mécanisme d'action collective, un plan conjoint modifie les rapports de force entre les partenaires du
secteur agroalimentaire. L'objectif d'un plan conjoint est d'améliorer les conditions de mise en marché :
il permet de mieux répartir les revenus tirés de la vente des produits agricoles et de la pêche, de
simplifier les mécanismes d'approvisionnement des transformateurs et de structurer l'offre de produit
qu'il vise (MAPAQ).
Producteur forestier reconnu : Pour être reconnu comme producteur forestier en vertu de l'article 130
de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier, il faut posséder une superficie à vocation
forestière d'au moins 4 hectares (10 acres ou 12 arpents carrés), dotée d'un plan d'aménagement
forestier (PAF) certifié conforme aux règlements de l'agence régionale de mise en valeur des forêts
privées par un ingénieur forestier. De plus, le propriétaire d'une forêt privée d'au moins 800 hectares
d'un seul tenant doit être membre en règle d'un organisme de protection contre le feu (MFFP).
Produit forestier non ligneux : Les produits forestiers non ligneux (PFNL) désignent des produits autres
que le bois d'œuvre, tirés des forêts. L'éventail de PFNL est très diversifié et comprend notamment des
produits :
- récoltés dans la nature, que ce soit dans des forêts ou des terres destinées ou non à la production
de bois d'œuvre (par exemple, les champignons) ;
- issus de forêts faisant l'objet de niveaux de gestion d'intensité variable (par exemple, le sirop
d'érable) ;
- cultivés dans le cadre de systèmes agroforestiers (par exemple, des espèces forestières comme le
ginseng sauvage cultivé à grande échelle).
Superficies exploitées en propriétés : Superficies qui sont exploitées en location ou détenues à 100 %
par le propriétaire qui les possède.
Terres agricoles : Regroupent, en plus des terres en culture, toutes les autres superficies agricoles, dont
les pâturages, les vergers, les érablières et les boisés. Pour les transactions de terres comportant des
bâtiments, seule la valeur attribuable aux superficies est retenue, celle des bâtiments étant retranchée
de la valeur totale de la transaction.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Terres en culture : Superficies cultivables, n'incluant pas les bâtiments. Elles ne comprennent pas les
pâturages, les vergers, les érablières et les boisés.
Terres en friche : Une friche est une superficie agricole abandonnée, sans intention d'être cultivée.
Terres non cultivées : Les terres non cultivées comprennent les utilisations suivantes : bâtiments,
chemins, cultures abritées, érablières, boisés et plantations forestières, pâturages naturels, plantes
vertes, vivaces, fleurs annuelles, plants de légumes en caissettes, ainsi que terres en friche.
Territoire non organisé : En vertu de la Loi sur l'organisation territoriale municipale (LOTM), toute partie
du territoire du Québec qui n'est pas celui d'une municipalité locale est un territoire non organisé.
Tourisme gourmand : Découverte, par une clientèle touristique, d'un territoire à travers des expériences
culinaires distinctives et par des activités agrotouristiques et bioalimentaires mettant en valeur le savoir-
faire de ses artisans et permettant d'apprécier les produits et les plats qui leur sont propres (Groupe de
concertation sur l'agrotourisme au Québec, 2013).
UEV : Une unité d'évaluation (UEV) est composée d'un ou de plusieurs lots au cadastre. Chaque UEV
comporte un numéro de matricule distinct à partir duquel sont extraites les coordonnées spatiales
utilisées pour localiser l'UEV dans le système géographique utilisé aux fins d'évaluation foncière.
Planification
régionale
en lien avec
l'agriculture
et la foresterie
1
SECTION
16
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
1.1 Planification et vision de développement par la MRC
Vision du développement régional
En 2007, la MRC s'est dotée d'une vision du développement régional dans le cadre des plans de
diversification économique financés par le ministère des Affaires municipales et des Régions : La Haute-
Côte-Nord, une nature généreuse à partager !
La MRC souhaite que cette nature soit partagée entre les citoyens et les municipalités d'abord, mais
aussi avec le reste du monde. Elle vise un développement basé sur une nature généreuse et abondante,
une nature à respecter, à protéger, à découvrir, à observer et à déguster.
La MRC a décliné cette vision pour les différentes ressources du territoire :
- Gastronomie : une nature généreuse... à savourer !
- Forêt : une nature généreuse... à valoriser !
- Pêche : une nature généreuse... à découvrir !
- Environnement : une nature généreuse... à préserver !
Projet de schéma d'aménagement et de développement révisé (2011)
En 2011, par le biais de son projet de Schéma d'aménagement et de développement révisé, la MRC s'est
dotée de grandes orientations d'aménagement du territoire, scindées en objectifs par la suite.
Pour le milieu agroforestier*, les orientations sont :
1) Mettre en valeur le travail des entreprises forestières et des potentiels forestiers inexploités.
a) Assurer aux entreprises forestières des conditions leur permettant de développer leur
plein potentiel.
b) Développer les potentiels existants.
2) Assurer une meilleure surveillance de l'aménagement durable de la forêt et du développement
des activités en forêt sur tout le territoire de la MRC.
a) Favoriser l'aménagement et le développement durable de la forêt.
b) Accroître la surveillance des interventions de toutes natures en milieu forestier.
c) Assurer un développement des activités récréotouristiques plus respectueux de
l'environnement et mieux réparti sur le territoire.
d) Favoriser le développement harmonieux du potentiel de villégiature du territoire de la
MRC.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
LES ORIENTATIONS POUR LE MILIEU AGRICOLE SONT :
1) Protéger l'intégrité du territoire et des activités agricoles, et assurer leur harmonisation avec
les activités non agricoles.
a) Objectif : Préserver les sols ayant un bon potentiel pour l'agriculture.
Sous-objectifs :
i)
Garantir une base territoriale pour le maintien et l'expansion des activités
agricoles.
ii)
Prévenir la progression des friches agricoles et forestières.
b) Objectif : Diminuer les pressions de nature urbaine sur la zone agricole permanente.
Sous-objectifs :
i)
Consolider les usages non agricoles dans les ilots déstructurés afin de réduire la
pression dans les secteurs agricoles viables et prioritaires.
ii)
Assurer une cohabitation harmonieuse des utilisations agricoles et non agricoles.
2) Assurer la pérennité des activités agricoles en zone agricole et leur développement, tout en
permettant la diversification des types d'exploitation, de produits et de méthodes de culture :
a) Objectif : Favoriser la pérennité des exploitations agricoles par la diversification de leurs
activités liées à l'agriculture.
Sous-objectifs :
i)
Conserver et mettre en valeur les ressources des milieux agricoles et
agroforestiers.
ii)
Encourager une diversification des revenus des producteurs agricoles.
b) Objectif : Mettre en valeur le territoire à des fins multiressource, notamment en ce qui
concerne la production agroforestière.
Sous-objectifs :
i)
En fonction des potentiels présents sur le territoire, favoriser le développement
de l'industrie des petits fruits.
ii)
Mieux encadrer les méthodes d'aménagement des bleuetières.
3) Augmenter les connaissances sur les activités qui se déroulent dans l'affectation agroforestière
et produire une règlementation adéquate afin de les encadrer.
a) Objectif : Mieux encadrer l'exploitation des ressources forestières et minières en milieu
agricole.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Sous-objectifs :
i)
Éviter les coupes forestières abusives.
ii)
Améliorer le suivi des exploitations minières.
Les orientations et les objectifs qui seront élaborés dans le cadre du PDZA viendront s'arrimer et préciser
ces grandes orientations en matière d'aménagement du territoire.
Le SADR comporte également des orientations touchant l'environnement et le paysage, et qui peuvent
trouver écho dans le PDZA, notamment :
- Assurer la conservation des milieux humides (marais, marécages, étangs et tourbières), des rives
et du littoral
- Mettre en place des mesures de protection pour les milieux fragiles ou d'intérêt écologique
- Protéger et mettre en valeur les paysages
Vers une MRC nourricière
Dans le cadre de la démarche MRC nourricière en 2018-2019, différentes actions avaient été identifiées :
- Identifier les acteurs de l'autoproduction de légumes et organiser la récupération des surplus
-
Évaluation de la faisabilité du projet pilote de récupération alimentaire dans les autres
municipalités
- Maximiser la capacité de production des acteurs déjà existants, les équiper, entre autres, pour
qu'ils puissent produire à l'année, en serre
-
Développer des serres dans chaque municipalité en s'appuyant sur le modèle de
Colombier
Explorer la possibilité de produire à l'année grâce au chauffage à la biomasse
Explorer divers types de serres (conteneur hydroponique, souterrain, agriculture
verticale)
- Organiser les acteurs autour de la filière PFNL
- Former de la main-d'œuvre
- Créer un cadre de concertation entre les différents producteurs maraîchers
- Mettre en relation les producteurs et les distributeurs alimentaires commerciaux (épiceries,
dépanneurs, restaurants, popotes roulantes) et non commerciaux (organismes communautaires,
centre de dépannage alimentaire, les cuisines collectives)
- Créer un marché mobile
- Impliquer les producteurs dans le développement d'une stratégie de redistribution alimentaire
pour faciliter un accès direct aux producteurs
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Dans les 5 dernières années, plusieurs interventions ont eu lieu en matière de développement
agroalimentaire, dans la MRC :
- Projet de préfaisabilité et implantation d'une entreprise d'économie sociale en sécurité
alimentaire
- Création de SEVA (pôle logistique en agroalimentaire)
- Projet-pilote de récupération alimentaire (supermarchés)
- Projet de concertation vers une MRC nourricière : optimiser le système alimentaire de la MRC
pour se donner une capacité de production en circuits courts, une capacité de contrer le
gaspillage et une prise en main de tout ce qui a trait à la capacité de cuisinier. La MRC a
également appuyé le projet du gouvernement de doubler la production en serres d'ici 5 ans.
- Rencontre avec les producteurs, transformateurs
- Entente sectorielle pour le développement agroalimentaire
- Coordonner le développement de projets agroalimentaires (FARR) - embauche d'une ressource
au Service de développement économique de la MRC, pour coordonner la réalisation de projets
agroalimentaires avec le milieu
-
« Consciente de la complexité des facteurs influençant le système alimentaire régional et conditionnant
l'accès aux aliments sains et locaux pour la population, la Table Santé-Qualité de vie de la Côte-Nord a
émis le désir de se doter d'un portrait de l'ensemble des composantes de son système. Par l'acquisition
de connaissances et la mobilisation, la Table souhaite favoriser l'émergence de projets locaux porteurs,
voire innovants, qui favoriseront l'accès aux aliments sains et locaux pour la population. » La région de la
Côte-Nord a réalisé un portrait qui visait à :
- Avoir une image à jour du système alimentaire de la région en tenant compte des particularités
de chacun de ses territoires
- Cibler les pistes d'amélioration les plus prometteuses en lien avec la réalité de chacun des
territoires
- Mobiliser les acteurs clés, autant sur le plan régional que local, afin de susciter leur engagement
dans la mise en place d'actions porteuses
Plusieurs éléments, principalement de portrait et de diagnostic, sont repris dans le PDZA, parce que le
portrait qui a été produit en 2020 est très récent et d'actualité.
20
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Orientations d'aménagement et de développement spécifiques aux
Terres publiques intramunicipales (TPI)
NOTE IMPORTANTE : La MRC doit élaborer la planification de l'aménagement et du développement de
ses terres publiques intramunicipales en 2022. Ainsi, les informations contenues dans cette section sont
sujettes à changement. Il est conseillé de se référer à ladite planification à venir pour avoir
l'information la plus à jour.
La diversité et la complexité des potentiels et des contraintes observées sur les TPI, conjuguées aux
valeurs sociales, économiques et environnementales, sans oublier les attentes du milieu à l'égard des
possibilités de développement qu'ils représentent, ont incité la MRC à s'inspirer du concept du
développement durable pour l'énoncé de l'orientation d'aménagement et de développement. Cet
énoncé se lit comme suit :
Favoriser la mise en valeur des ressources présentes sur les TPI dans le respect des potentiels,
des contraintes et des composantes environnementales qui s'y trouvent, pour le bénéfice
économique, environnemental et social de la collectivité haute nord-côtière.
Dans ce contexte, la MRC s'inspire de critères d'évaluation du développement durable dans ses
stratégies d'aménagement et de développement :
1. La conservation de la diversité biologique ;
2. Le maintien et l'accroissement de la productivité des écosystèmes forestiers ;
3. La conservation des sols et la qualité de l'eau ;
4. Le maintien de l'apport des écosystèmes aux grands cycles écologiques ;
5. Le maintien et l'accroissement des avantages socioéconomiques multiples du milieu forestier ;
6. La prise en compte des valeurs et besoins des communautés locales.
21
1.2 MAPAQ
Politique bioalimentaire - Plan d'action 2018-2023
Les priorités et les enjeux identifiés à l'horizon 2021-2023 sont:
- Développer des opportunités, notamment en transport, en soutien technique et soutien
financier au regard du:
-
soutien financier à la relève et aux entreprises de petite taille
-
soutien aux producteurs en ce qui concerne l'acquisition de serres
- Structurer le secteur par l'entremise des planifications comme les PDZA, que ce soit au niveau
des services-conseils offerts aux entreprises agricoles, aquacoles et des pêches
De nombreux objectifs et pistes d'action avaient été ciblées dans la Politique bioalimentaire. Nous nous
concentrerons, à ce stade-ci, à identifier les actions relevant de la MRC et des municipalités du territoire.
OBJECTIF
ACTION
Attirer et retenir la main-d'oeuvre et la relève
Appuyer les transferts et démarrages d'entreprise
en accompagnant les entrepreneurs par le biais
d'initiatives comme l'ARTERRE
Mettre en valeur et pérenniser les terres
agricoles* pour les générations futures
Appuyer la mise en valeur des terres agricoles par
la remise en culture des terres patrimoniales (Ville
de Tadoussac) - Ferme Hovington
Miser sur les potentiels des territoires par une
intervention adaptée à leurs spécificités
Développer l'agroalimentaire comme moyen de
diversification économique et d'occupation du
territoire
Soutenir les projets de culture horticole et de
transformation alimentaire autochtones
22
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Plan d'agriculture durable 2020-2030
Les enjeux qui ont été identifiés pour la Côte-Nord, dans le cadre du Plan d'agriculture durable, sont au
nombre de quatre :
-
Conservation et amélioration de la santé des sols dans un contexte de développement agricole
-
Amélioration de la biodiversité et réduction de la dégradation des haies brise-vent
-
Utilisation optimale des pesticides dans les bleuetières
-
Maintien de la qualité des cours d'eau en milieu agricole
De manière générale, les objectifs du PAD sont les suivants:
1. Réduire l'usage des pesticides et leurs risques
2. Améliorer la santé et la conservation des sols
3. Améliorer la gestion des matières fertilisantes
4. Optimiser la gestion de l'eau
5. Améliorer la biodiversité
Les actions identifiées pour la région feront également partie du plan d'action du PDZA :
-
Promouvoir les bonnes pratiques de santé et de conservation des sols (en lien avec l'objectif 2)
-
Réaliser des projets de haies brise-vent et de bandes riveraines (en lien avec l'objectif 5)
-
Développer les compétences régionales en biodiversité (en lien avec l'objectif 5)
-
Promouvoir l'utilisation raisonnée des pesticides dans les bleuetières (en lien avec l'objectif 1)
-
Réaliser des projets de gestion de l'eau (en lien avec l'objectif 4)
Des cibles chiffrées ont été identifiées pour chaque région mais ne sont pas publiques.
Portrait
du territoire
et des activités
agricoles
2
SECTION
24
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.1 Statistiques démographiques
-
La communauté autochtone représente le vingtième de la population de la MRC.
-
Les habitudes de vie des jeunes de la région sont généralement moins bonnes : plus de surpoids, de
consommation d'alcool et de drogues. Comparativement aux filles, les garçons mangent davantage
de malbouffe et sont plus souvent sédentaires.
-
La vitalité économique de la MRC semble être au ralenti : plusieurs municipalités dévitalisées,
décroissance démographique, revenu moyen plutôt faible et population peu scolarisée.
-
Consommation de malbouffe : proportion des élèves du secondaire qui ont consommé de la
malbouffe au restaurant ou dans un casse-croûte au moins trois fois par semaine, au cours de la
semaine précédente. La consommation de malbouffe chez les élèves du secondaire semble plus
importante chez les garçons de la Côte-Nord, qui dépassent la moyenne québécoise, contrairement
aux filles qui sont sous la moyenne québécoise. L'accès géographique et économique à des aliments
sains peut avoir un impact sur le type de consommation des jeunes.
-
Surplus de poids : proportion des élèves du secondaire en situation de surplus de poids
(embonpoint ou obésité). La proportion d'élèves du secondaire qui présente un surplus de poids est
plus élevée dans la région que dans l'ensemble du Québec, avec des proportions par sexe qui sont
6 % plus élevées que la moyenne québécoise.
-
Municipalités dévitalisées : municipalités dont l'indice de vitalité économique (basé sur l'emploi, le
revenu et la croissance démographique) est parmi le plus faible quintile. Près de la moitié des
municipalités du territoire sont dévitalisées, ce qui représente un taux important.
-
Variation de la population : taux de variation de la population (croissance ou décroissance) entre
2011 et 2016. La variation de la population est plus importante dans la MRC que dans l'ensemble de
la région. La région et la MRC ne suivent pas la tendance démographique positive du Québec.
-
Revenu des familles : revenu moyen avant impôts des familles économiques, c'est-à-dire les familles
qui sont formées de deux personnes ou plus, habitant le même logement et qui sont apparentées
par le sang, par alliance, par union libre ou par adoption. Le revenu des familles de la MRC est
significativement moins élevé que celui des familles de la région de la Côte-Nord. Cela peut avoir un
impact sur le pouvoir d'achat moindre pour le poste budgétaire des aliments.
Source : Portrait du système alimentaire de la MRC de la Haute-Côte-Nord, 2020
Les tableaux 1 et 2 ainsi que la figure 1 complètent l'information.
25
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 1 : Indicateurs du marché du travail, région de la Côte-Nord
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, moyenne annuelle.
Figure 1 : Taux de chômage et part des sans diplôme, région de la Côte-Nord
Source : Statistique Canada, recensements de 2006 et 2016.
INDICATEUR
MOYENNE ANNUELLE
VARIATION 2019-2020
2019
2020
VOLUME
%
Population des 15 ans et plus
67 400
66 400
-1 000
-1,5 %
Population active
42 700
40 800
-1 900
-4,4 %
Emploi
40 600
37 600
-3 000
-7,4 %
Temps plein
34 500
31 800
-2 700
-7,8 %
Temps partiel
6 200
5 900
-300
-4,8 %
Chômeurs
2 100
3 200
1 100
52,4 %
Population inactive
24 600
25 600
1 000
4,1 %
Taux d'activité (%)
63,4
61,4
-2,0 p.p.
Sans objet
Taux de chômage (%)
4,9
7,8
2,9 p.p.
Sans objet
Taux d'emploi (%)
60,2
56,6
-3,6 p.p.
Sans objet
Durée moyenne du chômage
(nombre de semaines)
16,2
11
-5,2
Sans objet
26
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 2 : Travailleurs de 25 à 64 ans par MRC et indice de vitalité économique des MRC
MRC
Le revenu
d'emploi
moyen
(2019)
Nombre de
travailleurs
(2019)
Population
totale
(2020)
Indice de
vitalité
économique
(2018)
Quintile
(2018)
La Haute-Côte-Nord
45 159 $
3 832
10 482
-12,95195
Q5
Manicouagan
55 923 $
11 556
30 187
-3,19909
Q4
Sept-Rivières
64 845 $
13 826
34 910
1,41284
Q3
Caniapiscau
89 999 $
1 883
3 893
7,09327
Q1
Minganie
51 220 $
2 289
6 437
-4,15310
Q4
Le Golfe-du-Saint-Laurent
41 253 $
1 580
4 620
-11,94771
Q5
Source : Institut de la statistique du Québec et ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
2.2 Zone agricole de la MRC de la Haute-Côte-Nord
Le territoire de la MRC présente deux zones agroclimatiques. La première zone se situe près de
l'embouchure de la rivière Saguenay (Sacré-Cœur, Les Bergeronnes et Les Escoumins). La seconde
englobe la municipalité des Escoumins jusqu'à la rivière Betsiamites.
La première zone se caractérise par une saison de croissance de 173 à 180 jours par an. Par conséquent,
cela permet un développement plus important du secteur agricole. Cette zone possède le meilleur
potentiel pour les productions traditionnelles c'est-à-dire la culture de céréales ou de fourrages*.
Certaines contraintes climatiques peuvent cependant limiter le développement de l'agriculture
traditionnelle en Haute-Côte-Nord comme un été court ou un hiver long. La seconde zone se démarque
de la première par son potentiel des sols permettant le développement des activités agricoles
spécialisées. En fait, puisqu'elle possède une saison de croissance inférieure, la deuxième zone permet la
culture de petits fruits.
Selon l'Inventaire des terres du Canada (ARDA)1, la concentration des activités agricoles dans l'ouest de
la MRC (Sacré-Cœur. Les Bergeronnes, Tadoussac et Les Escoumins) représente un potentiel agricole
intéressant. Il est toutefois important de mentionner que les sols de bonne qualité agricole
(catégorie 1 à 3 se font rares sur le territoire. En fait, les sols fertiles de catégorie 4 à 7 se situent
principalement sur le territoire et présentent quelques restrictions aux cultures possibles (mauvais
drainage, forte salinité du sol, etc.) Ceux-ci présentent un bon potentiel théorique pour l'agriculture
(tableau 1).
1 L'Inventaire des terres du Canada est un relevé complet du potentiel des terres et de leur utilisation, mis en place en 1963 au
Canada dans le cadre de la Loi sur l'aménagement rural et le développement agricole (ARDA).
27
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.2.1 Potentiel des sols selon l'ARDA
Grâce à l'amélioration des pratiques culturales et au savoir-faire des exploitants agricoles accumulé au fil
des ans, l'agriculture peut être prospère et rentable, même dans les secteurs où le potentiel de sol est à
priori moindre. C'est la municipalité de Sacré-Coeur qui est la plus agricole du territoire agricole de la
MRC. Il y a également des superficies cultivées importantes dans les terres publiques intramunicipales
(bleuets).
Tableau 3 : Description des classes de potentiel agricole des terres (ARDA)
Classe 1
Sols ne comportant aucune limitation importante à la production agricole.
Classe 2
Sols présentant des limitations modérées qui restreignent la diversité des
cultures ou exigeant l'application de pratiques de conservation ordinaires.
Classe 3
Sols présentant des limitations assez sérieuses qui restreignent la gamme des
cultures ou nécessitant des pratiques de conservation spéciales.
Classe 4
Sols présentant de graves limitations qui restreignent la gamme des cultures
ou nécessitant des pratiques de conservation spéciales.
Classe 5
Sols présentant des limitations très sérieuses qui les restreignent à la culture
de plantes fourragères vivaces, mais pouvant être améliorés.
Classe 6
Sols uniquement aptes à la culture de plantes fourragères vivaces, mais ne
présentant aucune possibilité d'y réaliser des travaux d'amélioration.
Classe 7
Sols n'offrant aucune possibilité pour la culture ni pour le pâturage*
permanent.
Classe 0
Sols organiques (non classés selon leur potentiel).
Source : Index de l'Inventaire des terres du Canada (ITC)
Les cartes sur le potentiel de sol de chaque municipalité permettent de localiser le potentiel agricole
selon l'ARDA (voir les cartes en annexe).
28
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.2.2 La base territoriale
Située sur les hautes-terres Laurentiennes du Bouclier canadien à l'embouchure de la rivière Saguenay,
la région administrative de la Côte-Nord, de laquelle fait partie la MRC de la Haute-Côte-Nord,
représente près d'un quart de la superficie du territoire québécois. La région est également composée
des MRC de Manicouagan, de Sept-Rivières, de Caniapiscau, de la Minganie et du Golf du Saint-Laurent.
La MRC de la Haute-Côte-Nord est, quant à elle, la porte d'entrée de cette région administrative. Son
territoire s'étale sur la rive nord du Saint-Laurent, de la rivière Saguenay jusqu'à la rivière Betsiamites, et
rejoint le 50e parallèle. La MRC partage ses frontières avec la MRC de Manicouagan à l'est et au nord, la
MRC de Charlevoix-Est au sud, et à l'ouest celle du Fjord-du-Saguenay.
Composée de huit municipalités de petite taille, d'un territoire non organisé* (TNO du Lac-au-Brochet) et
d'une réserve autochtone (Communauté Innue d'Essipit), la MRC couvre 4 % (12 509 km2) de la
superficie totale de la Côte-Nord. De plus, 80 % de la superficie de la MRC se situe sur le territoire non
organisé du Lac-au-Brochet. Par conséquent, la MRC compte très peu de superficies adéquates pour
l'exploitation agricole. Au total, 2 % du territoire de la MRC, soit 17 300 hectares, est situé en zone
agricole. Au sein de cette région administrative, le territoire agricole de la MRC de la Haute-Côte-Nord en
représente 62,5 %, soit plus de la moitié de la superficie.
2.3 Historique de l'agriculture dans la région
« En raison des sols minéraux qui dominent son
paysage, la Côte-Nord est peu propice à la pratique de
l'agriculture. Heureusement, la région présente des
exceptions situées, pour la plupart, dans le corridor
qui s'étend de Sacré-Cœur à Portneuf. En général, la
mise en place du cadre agricole nord-côtier s'effectue
lentement, surtout à compter du milieu du XIXe siècle.
Ainsi, vers 1861, la région possède 126 fermes d'une
superficie égale ou supérieure à 4 hectares. Vingt ans
plus tard, ce chiffre est passé à 300. Il s'agit de petites
exploitations qui ne comptent, en moyenne, que 7
hectares en culture. » (Berthold, 2010)
Par contre, à l'exception de Sacré-Cœur et de
Grandes-Bergeronnes, aucune municipalité n'a une
vocation agricole suffisamment forte pour permettre
aux habitants de se replier sur l'agriculture lors des
crises de l'industrie forestière, au XIXe siècle.
L'économie de Les Escoumins est plus diversifiée, et la
municipalité s'en tire bien : agriculture, exploitation
des gisements de mica, commerce et construction de
navires. En quarante ans, les deux cultures (le blé et la pomme de terre) vont disparaître au profit de
l'avoine et du foin, dont la production est nécessaire pour l'essor de la production laitière (tableau 4).
29
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 4 : Productions recensées pour la région de la Côte-Nord
pour différentes années de référence
1881
Blé
308 hectares
Pomme de terre
250 hectares
1911
Avoine
1032 hectares
Foin
3000 hectares
1861
Production animale moyenne
2,5 moutons (pour la laine)
1,6 porc
0,7 cheval
1921
Production animale moyenne
6 vaches
6 porcs
10 moutons
2 chevaux
Une vingtaine de poules et de poulets
Source : La Côte-Nord (Berthold, 2010)
En 1893, la première fromagerie ouvre à Les Bergeronnes puis, en 1894, celle des Escoumins, à l'initiative
des curés de ces paroisses. En 1894, un fromager établit également une fabrique à Sacré-Cœur dans le
but de fabriquer et d'exporter du Cheddar vers la Grande-Bretagne. Par contre, le nombre de
fromageries augmente rapidement et on en compte déjà trois à Les Bergeronnes en 1915.
En 1895, il y a création des sociétés d'agriculture de comtés et des cercles agricoles, qui tentent de
rejoindre un maximum d'agriculteurs. Ils visent l'amélioration de la condition matérielle et intellectuelle
de la classe agricole. Tadoussac, Les Bergeronnes et Les Escoumins disposent d'un cercle dès 1895, mais
seul le premier d'entre eux parvient à se maintenir. C'est autour de 1930-1940 que la région verra naître
quelques coopératives agricoles éphémères, qui serviront de lieux d'approvisionnement pour les
agriculteurs.
Vers les années 1920, l'agriculture connaît une nouvelle expansion avec la colonisation de la zone de
Portneuf-Manicouagan (Frenette).
30
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.3.1 Occupation de la zone agricole
Le dynamisme et l'intensité de la pratique agricole d'une région peuvent être mesurés par différents
indicateurs, notamment le taux d'occupation de la zone agricole et la proportion de terres cultivées, non
cultivées et en friche.
Le taux d'occupation, qui correspond à la part de la superficie exploitée sur la superficie totale de la zone
agricole, atteint 62,95 % dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. Ce taux est de près de 10 % plus élevé que
dans l'ensemble du Québec (53 %).
Figure 2 : Taux d'occupation (%) de la zone agricole par municipalité
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
Selon la figure 2, le taux d'occupation des municipalités de Tadoussac (4,10 %), Les Escoumins (6,53 %),
Portneuf-sur-Mer (1,25 %), Forestville (3,71 %) et Colombier (0,59 %) ne représente que 16,17 %. Les
municipalités de Sacré-Cœur (37,24 %), Les Bergeronnes (28,96 %) et Longue-Rive (17,63 %) sont celles
où la zone agricole est la plus fortement occupée.
31
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.3.2 Terres en friche*
Au total, 147 hectares seraient en friche, selon les données déclarées par les producteurs agricoles en
activité. Cela exclut les terres en friches possédées par des non-agriculteurs. La superficie totale des
terres en friche des municipalités de Sacré-Cœur et de Longue-Rive connaît une diminution entre 2010 et
2014. En fait, la superficie totale des terres en friche de la municipalité de Sacré-Cœur a diminué de plus
de la moitié (-22,51 ha). Comme le démontre le tableau 5, la superficie des terres en friches de la
municipalité de Forestville a considérablement augmenté de 2010 (23 ha) à 2014 (45 ha).
Tableau 5 : Répartition des terres agricoles en friche dans les municipalités où des exploitants
agricoles ont déclaré des friches
Municipalités
2010
2014
Terres en
friche (ha)
Pourcentage
(%)
Terres en
friche (ha)
Pourcentage
(%)
Sacré-Coeur
36,69
20,42
14,18
9,63
Les Bergeronnes
36
20,03
36
24,46
Longue-Rive
84
46,75
52
35,33
Forestville
23
12,80
45
30,57
Total terres en friche
179,69
100
147,18
100
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
Une étude d'identification et de caractérisation des friches par photo interprétation a été initiée par
l'UPA à l'hiver 2022 et est en cours de réalisation. Les terres en friches n'appartenant pas à des
producteurs agricoles pourront ainsi être recensées.
2.3.3 La valeur des terres
Selon les dernières données de Financement Agricole Canada, la valeur des terres agricoles au Québec
n'a cessé d'augmenter depuis 1986. Après avoir connu des augmentations de 24,7 % en 2013 et de
15,7 % en 2014, elles ont augmenté globalement de 9,6 % en 2015 (tableau 6).
En date de septembre 2021, les données sur la valeur des terres agricoles de la Côte-Nord, et
conséquemment de la Haute-Côte-Nord ne sont pas disponibles parce qu'il n'y a pas suffisamment de
transactions pour avoir des données représentatives.
32
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 6 : Valeur moyenne des terres agricoles transigées au Québec, 2018-2019
Régions administratives
2019
2018
Écart 2018-2019 (%)
Moyenne $/ha
Moyenne $/ha
Bas-Saint-Laurent
5 273
6 051
-13
Saguenay-Lac-Saint-Jean
5 503
4 508
22
Capitale-Nationale
9 494
10 303
-8
Mauricie
13 789
15 088
-9
Estrie
8 386
6 805
23
Outaouais
5 038
4 238
19
Abitibi-Témiscamingue
1 439
891
61
Chaudière-Appalaches Nord
8 926
8 319
7
Chaudière-Appalaches Sud
10 056
8 010
32
Lanaudière
29 772
24 432
22
Laurentides
22 280
15 718
42
Montérégie Est
33 198
31 328
6
Montérégie Ouest
31 876
29 732
7
Centre-du-Québec
16 050
14 370
12
Le Québec
17 707
16 685
6
Source : Financière agricole du Québec, 2021.
La figure 3 montre que plus on s'éloigne à l'est, moins le prix des terres agricoles transigées est élevé.
33
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Figure 3 : Valeur régionale moyenne des terres agricoles transigées au Québec en 2019
Source : La Financière agricole du Québec
2.3.4 Fiscalité municipale spécifique au territoire agricole et forestier
Les municipalités ont la liberté d'adopter des taux de taxation différents pour les terres agricoles et les
terres boisées. C'est un des moyens légaux dont disposent les municipalités pour réduire la pression due
à l'augmentation de la valeur des terres pour les producteurs agricoles.
Dans la MRC, Forestville, les Bergeronnes, Les Escoumins, Longue-Rive et Colombier n'ont pas de taux
différent pour ces terres. À Tadoussac, le taux pour les terres agricoles et boisées est le même que la
catégorie résidentielle et résiduelle, soit 1.07$ du 100$ d'évaluation. À Sacré-Cœur, il y a un taux distinct
pour les immeubles agricoles enregistrés. Le taux particulier de la taxe foncière générale de la catégorie
des immeubles agricoles enregistrés est fixé à 1,46$ du 100$ de la valeur portée au rôle d'évaluation
(article 10). Pour la catégorie des immeubles forestiers, le taux particulier est fixé à 1,43$ par 100$ de la
valeur portée au rôle d'évaluation (article 11).
2.3.5 Évolution de la superficie de la zone agricole
Dans la région de la Côte-Nord, il y a donc :
-
11 municipalités avec une zone agricole décrétée
-
La zone agricole fait un total de 27 729 hectares, dont la grande majorité est située dans la MRC
de la Haute-Côte-Nord.
-
0,1% du territoire de la Côte-Nord est en zone agricole. La MRC de la Haute-Côte-Nord possède
2% de son territoire en zone agricole.
34
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
-
La superficie de la zone agricole augmente dans trois MRC, mais principalement dans celle de la
Haute-Côte-Nord, qui a inclut 2 724 hectares en zone agricole. De ceux-ci, 84 hectares ont été
exclus depuis la révision.
Contrairement à d'autres MRC du Québec où la pression pour le dézonage est forte, la MRC de la Haute-
Côte-Nord vit une situation à l'opposé de la pression pour le dézonage : depuis la période 1987-1992,
2 640 hectares de terres agricoles ont été inclus à la zone agricole de la MRC. Après la MRC de Maria-
Chapdelaine au Saguenay-Lac-St-Jean, il s'agit de la MRC qui a fait le plus grand nombre d'ajouts à sa
zone agricole depuis l'entrée en vigueur du décret sur la zone agricole.
De plus, la nature du territoire agricole de la MRC fait en sorte que le territoire est peu propice à la
spéculation foncière comme on l'observe dans d'autres régions : peu de demandes d'acquisition par des
étrangers et par des fonds d'investissement agricoles.
Les inclusions et les exclusions de la zone agricole autorisées par la Commission de protection du
territoire agricole (CPTAQ) depuis 1990 présentent un bilan positif de la superficie agricole pour la MRC
de la Haute-Côte-Nord (tableau 7). Cette MRC, la MRC de Manicouagan et la MRC de Sept-Rivières sont
les seules parmi les MRC de la Côte-Nord présentant un bilan respectivement positif. Ce sont également
les seules MRC de la région qui possèdent un pourcentage de leur territoire en zone agricole.
Tableau 7 : Inclusions et exclusions de la zone agricole depuis l'entrée en vigueur du décret de
la zone agricole révisée (entre 1987 et 1992), 2016, Côte-Nord (en hectares)
MRC
Inclusions2
Exclusions
Bilan
% du territoire des MRC
en zone agricole
MRC La Haute-Côte-Nord
2 724
84
+2640
2
MRC Manicouagan
355
16
+339
0,2
MRC Sept-Rivières
219
n/a
+219
0,1
Total Côte-Nord
3 297
100
+3197
n/a
Source : CPTAQ, 2016
2 Superficies incluses ou exclues par décision depuis l'entrée en vigueur du décret de zone agricole révisée pour chacune des
MRC ou communautés. La révision des limites de la zone agricole s'est déroulée entre 1987 et 1992.
35
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Contrairement à d'autres MRC de la Vallée-du-Saint-Laurent où les superficies agricoles diminuent année
après année, la MRC de la Haute-Côte-Nord est la 2e MRC (après celle de Marie-Chapdelaine) à avoir
intégré autant d'hectares depuis le décret sur la zone agricole. Le tableau 8 présente les superficies
(hectares) incluses dans les dernières années.
Tableau 8 : Inclusions à la zone agricole depuis 2007, MRC de la Haute-Côte-Nord
Année
Les Bergeronnes
Longue-Rive
Forestville
2007
28,2
2010
9,6
2020
219
69,5
2022
182,7
Source : MRC, 2022
La demande d'inclusion de 182,7 ha à Forestville est toujours en cours d'analyse mais la CPTAQ autorise
sous conditions la zone dans sa décision préliminaire. Les deux dernières demandes (Longue-Rive et
Forestville) concernent des sites de bleuetières.
L'augmentation des terres inclues dans la zone agricole a surtout été observée dans les municipalités de
Les Bergeronnes et de Forestville.
En vertu de la Loi sur l'acquisition des terres par des non-résidents (LATNR), toutes les acquisitions de
terres par des non-résidents doivent faire l'objet d'une demande à la CPTAQ. Bien que ces terres
demeurent en zone agricole, les MRC observent de plus en plus ce type de demandes puisque la quantité
de terres visées par des intérêts étrangers est en augmentation au Québec depuis quelques années.
Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, dans le cadre de cette loi, 78,5 ha ont été visés par l'article 16, et
64,77 ha par l'article 153 de la CPTAQ, comme en témoigne le tableau 9.
Selon le Rapport sur l'analyse du modèle d'affaires PANGEA, le fonds d'investissement ne posséderait
aucune terre agricole sur la Côte-Nord. Le fond en possède cependant dans la région voisine, au
Saguenay. Les acteurs locaux s'entendent sur le fait que l'éloignement géographique rend le territoire
moins intéressant pour des groupes d'investisseurs, tel qu'on le voit dans le sud du Québec. Par contre,
le territoire présente un intérêt certain pour les producteurs de bleuets situés dans les régions voisines.
3 L'article 15 prend en considération le potentiel agricole des superficies visées, l'intention du demandeur de s'installer au
Québec pour une période déterminée par la LATNR et établit une superficie limite pouvant être ajoutée à toutes demandes au
cours d'une année.
L'article 16 prend pour sa part en considération l'usage projeté, l'incidence de l'acquisition sur le prix des terres agricoles de la
région, les effets de l'acquisition ou de l'usage projeté sur le développement économique de la région, la valorisation des
produits agricoles et la mise en valeur de terres agricoles sous-exploitées ainsi que l'impact sur l'occupation du territoire.
36
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 9 : Demandes à la CPTAQ en vertu de la LATNR depuis 2008,
MRC de la Haute-Côte-Nord
Municipalité
visée
Nature
Date de la
décision
Résultat
Superficie
visée (ha)
Superficie
autorisée (ha)
Sacré-Coeur
Art-15
10-06-10
Autorisation
22,27
22,27
Sacré-Coeur
Art-15
07-06-06
Autorisation
42,50
42,50
Forestville
Art-16
23-09-09
Autorisation
34,00
34,00
Les Bergeronnes
Art-16
26-08-10
Autorisation
44,50
44,50
Total
Art-15 : 2 demandes
Art-16 : 2 demandes
143,27 ha
143,27 ha
Source : CPTAQ, 2016
2.4 L'occupation actuelle du territoire agricole
Des contraintes naturelles et anthropiques peuvent causer des limitations importantes à une agriculture
de type conventionnelle. Parmi les contraintes naturelles présentes dans la MRC de la Haute-Côte-Nord,
notons :
- les plaines inondables : en eau libre et par embâcle
- les zones d'érosion : principalement le recul du trait de la côte aux abords du fleuve Saint-
Laurent dans les secteurs où il y a des basses terres. Le taux de recul moyen des côtes est plus
intense à Longue-Rive et à Portneuf-sur-Mer
- les zones de glissement de terrain :
-
34 % des côtes du littoral du fleuve présentent de hautes falaises qui sont
principalement affectées par ces glissements
-
les glissements de terrain peuvent être déclenchés par les tremblements de terre : la
MRC se trouve à proximité de la région du Québec ayant la plus forte activité sismique
L'agriculture occupe une place importante dans les bassins versants de la rivière Moulin à Baude, ainsi
que dans le bassin versant de la rivière Grandes-Bergeronnes. Ce sont principalement des prairies et des
pâturages ainsi que la culture de petits fruits (bleuets et canneberges essentiellement) qu'on y retrouve
(PDE de l'OBV de la Haute-Côte-Nord, 2014).
37
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.5 Les activités agricoles
2.5.1 Les exploitations agricoles
En 2010, il y avait 49 exploitations agricoles dans la MRC de la Haute-Côte-Nord. Le nombre
d'exploitations agricoles dans la MRC est resté stable entre 2004 et 2010. Des changements concernant
le nombre d'unités animales et les superficies cultivées sont cependant observables. Cela signifie que
même si le nombre d'entreprises est stable, il peut y avoir eu des variations dans les types de cultures,
notamment en ce qui concerne la répartition entre les cultures végétales et les productions animales.
Le tableau 10 présente l'évolution du nombre d'exploitations agricoles dans chaque production, peu
importe qu'il s'agisse de leur production principale ou non.
Tableau 10 : Évolution du nombre d'exploitations agricoles, par production
Activités principales
2012
2022
Productions laitières
4
4
Bovins de boucherie
12
7
Chevaux
≤3
≤3
Ovins
≤3
≤3
Apiculture
≤3
≤3
Autres productions animales
≤3
≤3
Sous-total - Productions animales
28
23
Céréales, oléagineux, légumineuses et autres grains
≤3
≤3
Fourrages
5
4
Légumes
≤3
≤3
Fruits
22
22
Horticulture ornementale
≤3
Cultures abritées
≤3
Acériculture
≤3
≤3
Sous-total - Productions végétales
39
38
TOTAL
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
38
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Les municipalités de Tadoussac, de Longue-Rive et de Colombier ont connu une augmentation du nombre
d'entreprises entre 2010 et 2014. Les autres municipalités situées sur le territoire de la Haute-Côte-Nord
ont vu leur nombre d'entreprises diminuer pour cette même période, à l'exception de Portneuf-sur-Mer où
il n'y avait pas d'entreprise agricole enregistrée au MAPAQ.
2.5.2 Mode de propriété des exploitations agricoles
La moyenne des superficies exploitées en propriété sur le territoire de la MRC de la Haute-Côte-Nord est
de 68,57 %. Il est à noter que cette donnée exclut le territoire du Lac-au-Brochet puisqu'il s'agit d'un
territoire non organisé. La municipalité de Longue-Rive (39,84 %) est la seule des huit municipalités de la
MRC de la Haute-Côte-Nord ayant une moyenne de superficies exploitées en propriété en dessous de la
moyenne totale de la MRC, ce qui veut dire que la majorité des terres agricoles de cette municipalité
sont exploitées par des contrats de location. La municipalité de Forestville est celle ayant le plus haut
pourcentage de sa superficie agricole exploitée par le propriétaire (97,95 %) (tableau 11).
Tableau 11 : Type de contrat d'exploitation, par municipalité (2021)
Municipalité
Superficies exploitées
en propriété (%)
Superficies exploitées
en location (%)
Tadoussac
84,13
15,87
Sacré-Coeur
69,97
30,03
Les Bergeronnes
74,16
25,84
Les Escoumins
92,61
7,89
Longue-Rive
39,84
60,16
Forestville
97,95
2,05
Colombier
89,93
10,07
Lac-au-Brochet
100,00
0,00
TOTAL
68,57
18,93
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
39
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.5.3 La production agricole
La MRC de la Haute-Côte-Nord est sans contredit la MRC la plus agricole de tout le territoire de la Côte-
Nord, car elle compte 49 des 89 exploitations agricoles.
2.5.3.1 Les productions animales
Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, les productions animales sont dominées par le secteur du bovin de
boucherie (466 UE). On trouve des bovins laitiers (271 UE), ainsi que quelques autres animaux
appartenant aux catégories ovins, porcs, volailles, autres (74 UE) et chevaux (37) (tableau 12). Notons
cependant qu'il n'y a ni production principale de porc ou de volaille sur le territoire.
Seules les municipalités de Sacré-Cœur, de Les Bergeronnes et de Tadoussac ont des entreprises ayant
des unités animales.
D'emblée, notons que le nombre d'unités animales (bovins de boucherie et chevaux) a diminué de 33 %,
ce qui confère une place relativement faible à la production animale sur le territoire de la MRC. En 2010,
il y avait 1 269 unités animales en comparaison avec 848 en 2021.
Cette tendance ne s'applique toutefois pas à la catégorie ovins, porc, volailles et autres, car le nombre
d'unités animales a plutôt doublé. Dans cette catégorie, on trouve la production caprine, ovine et poules
pondeuses hors quota.
Le nombre de bovins laitiers a également augmenté de quelques têtes (19). La production bovine laitière
se trouve uniquement à Sacré-Cœur, qui est la municipalité qui possède tous les types de production
agricole.
À Les Bergeronnes, il ne reste que des bovins de boucherie.
*Il y a effectivement un producteur de bovins, donc des unités animales bovines à Longue-Rive mais elles
n'apparaissent pas dans les chiffres du MAPAQ. La problématique semble être qu'en 2014, il n'avait pas
déclaré avoir de production animale. Donc cela ne se compile pas dans notre tableau mis à jour en 2021
étant donné que c'est basé sur le formulaire de 2014. Les nombres du tableau 10 ne sont donc pas tout à
fait exacts si l'on se fie à la réalité constatée sur le terrain.
40
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 12 : Unités animales par production animale
Production animale
Unités animales
2010
2014
Différence 2004-2010
Bovins laitiers
252
271
19
Bovins de boucherie
910
466
-288
Chevaux (pour élevage)
73
37
-15
Ovins, porcs, volailles et autres*
34
75
39
TOTAL
1 269
848
-245
*Autres réfèrent à la production caprine, ovine et aux poules pondeuses hors quota.
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
Bien que les chevaux répertoriés par le MAPAQ soient uniquement ceux qui sont liés à des exploitations
agricoles, il y a plus de chevaux que cela dans la région. Selon l'Association équestre Côte-Nord, il y
aurait environ 400 chevaux dans la région, dont 2 écuries dédiées à l'équitation, se trouvent d'ailleurs
dans la MRC, à Forestville (Ferme Modalex) et à Sacré-Coeur (Ranch le Soleil Le Vent). Les activités
offertes sont respectivement l'initiation à l'équitation western, la visite de ferme ainsi que des
randonnées. Le nombre de chevaux influence la demande en foin, ce qui peut avoir un impact sur la
production de cette culture, dans la région. Par ailleurs, la directrice de l'association équestre notait les
besoins importants des propriétaires de chevaux et a elle-même développé ce marché pour mieux
répondre à la demande.
Si la production laitière est la deuxième production animale en termes de nombre d'unités animales,
force est de constater que depuis 20 ans, la production de lait a connu des changements dans la région,
comme dans toutes les autres régions du Québec (AGÉCO, 2020). Si le Québec comptait
9 115 producteurs de lait en 2001, il en compte 4 475 en 2020.
41
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Figure 4 : Nombre d'animaux correspondant à une unité animale
42
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Les données de la Côte-Nord sont agglomérées à celles du Saguenay-Lac-St-Jean. Dans ce cas spécifique,
le terme producteur désigne une entité détenant du quota. Il ne fait donc pas référence à un individu ni
à une ferme puisque dans un cas comme dans l'autre, une entité détenant du quota peut avoir plus
d'un(e) exploitant(e) et plus d'une ferme.
- Il y avait 485 producteurs laitiers en 2001 et il en reste moins de la moitié en 2020, soit 267 ;
-
Malgré cette diminution, et comme le portrait change partout au Québec, le poids relatif
(% de fermes de la région sur le total du nombre de fermes au Québec) a tout de même
augmenté, passant de 5,3 % à 5,5 % ;
- Il y avait 23 252 vaches laitières dans la région en 2001, ce qui représentait 5,7 % du cheptel
québécois. En 2016, ce nombre était de 18 729 vaches, ce qui représentait 5,4 % du cheptel
québécois.
- La production de lait est en augmentation dans la région, même si sa part relative sur l'ensemble
de la production laitière du Québec se maintient à 5 %. Elle était de 1 532 438 hectolitres en
2015-2016 et de 1 648 858 hectolitres en 2019-2020. C'est donc dire que le quota laitier
demeure et même, grandit, dans la région, bien que les données ne soient pas spécifiques à la
Côte-Nord (tableau 13).
Tableau 13 : Statistiques relatives à la production laitière, par région administrative, par
municipalité régionale de comté (MRC) et pour l'ensemble du Québec, 2020,
pour la région du Saguenay, Lac-Saint-Jean et Côte-Nord
Unité
Janv.
Fév.
Mars
Avril
Mai
Juin
Producteurs laitiers
n
71
70
70
70
69
69
Production totale
hl
33305
31252
33789
31420
31778
31408
Recettes Brutes
k$
2767,3
2611,4
2826
2383,9
2654,9
2418,9
Frais de mise en marché du lait
k$
191,4
177,4
207,1
128,6
165,7
169,3
Prix moyen brut
$/hl
83,09
83,56
83,64
75,87
83,54
77,02
Prix moyen net
$/hl
77,34
77,88
77,51
71,78
78,33
71,63
Unité Juillet
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Total
Producteurs laitiers
n
69
69
69
69
69
69
71
Production totale
hl 32794
33243 32332
33055
31920
33185
389481
Recettes Brutes
k$ 2570,1
2668,7
2701
2715,3
2680,9
2782,5
31780,9
Frais de mise en marché du lait
k$ 171,5
170 166,2
169,6
178,5
167
2062,3
Prix moyen brut
$/hl 78,37
80,28 83,54
82,14
83,99
83,85
81,6
Prix moyen net
$/hl 73,14
75,16
78,4
77,01
78,39
78,82
76,3
43
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.5.3.2 Les productions végétales
En 2010, à l'échelle de la MRC, 4 678 hectares étaient cultivés, toute production végétale confondue.
Une diminution de culture de 552 hectares a été constatée en 2014/2021. Cependant, si on conserve les
superficies de bleuets4 cultivées par un ou des exploitants dont le siège social est situé à l'extérieur de la
région (333 ha) et qu'on retire la donnée aberrante (283 hectares à Colombier), la diminution réelle est
seulement de 266 hectares.
Les données sont donc à analyser finement, car en regardant les tableaux 16 et 17, on perçoit que cette
variation est due à la localisation du siège social des entreprises qui cultivent le bleuet, et non à une
diminution réelle du nombre d'hectares cultivés. Le tableau 14 résume les changements constatés dans
la culture du bleuet nain dans la MRC.
Tableau 14 : Bilan des superficies cultivées en bleuets nains dans la MRC
2010
2014 / 2021
Conclusion
Superficies cultivées
1 908 hectares
2 398 hectares
+ 490 hectares cultivés de
plus
Nombre
d'exploitations
agricoles
24 exploitations
agricoles, la totalité
ayant leur siège social
dans la MRC
20 exploitations
agricoles dont 19 qui
ont leur siège social
dans la MRC
Environ 333 hectares sont
cultivés par une entreprise
dont le siège social est à
l'extérieur de la région.
En matière de superficies cultivées, les trois principales productions végétales sont les bleuets nains,
suivis de très près par les fourrages, puis les pâturages : à elles seules, elles occupent 3 702 hectares, soit
79 % de la superficie cultivée dans la MRC. Les céréales et protéagineux arrivent au 4e rang (voir
tableau 15).
Une augmentation fort importante a été constatée dans les petits fruits. De manière générale, à l'échelle
de la région, selon le CEDFOB, 4 productions fruitières spécifiques à la Côte-Nord sont en essor : la ronce
arctique, la chicouté, la camarine noire et l'airelle vigne d'Ida. Les autres fruits cultivés en Haute-Côte-
Nord seraient, outre la camerise, selon les données du MAPAQ : camerisiers, argousiers, pruniers,
pommes, poires.
4 Outre des données contradictoires montrant une variation des superficies cultivées à Tadoussac et une faible
variation à Les Escoumins, les superficies en culture de bleuets ont augmenté dans toutes les municipalités où il y
avait déjà de la culture de bleuets. C'est un total de 490 hectares de plus qui sont cultivés, sur le territoire (voir
tableau 15).
44
Tableau 15 : Répartition des productions végétales
La Haute-
Côte-Nord
Superficie
cultivée
Acériculture
Pâturages
Céréales et
protéagineux
Cultures abritées
et ornementales
Fourrages
Bleuets nains
Canneberges5
Fraises,
framboises et
autres fruits
Légumes
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
2010
2014
Tadoussac
157
224
10
17
14
77
22
27
135
36
36
5.5
0.4
Sacré-Cœur
1885
1727
10
10
326
201
293
261
1063
1027
193
210
1
18.86
1
0.5
Les
Bergeronnes
1333
1242
141
382
49
65
354
337
789
458
Les Escoumins
93
84
0.04
93
82
2
Longue-Rive
622
530
55
34
24
514
481
20
25
Forestville
286
312
2.6
3
283
309
0.02
0.12
Lac-au-
Brochet
15
0
11
4
0
Colombier
0
7
0
2.6
0.03
6
0.36
0.04
TOTAL
4392
4126
10
20
539
597
430
349
5.2
3.07
1483
1529
1908
1575
20
25
1
26.74
1
1.06
Source : Enregistrement des exploitations agricoles MAPAQ, Basé sur les UEV*. Fiche 2003, image janvier 2005. Fiche 2007, image 6 mai 2008. Fiche 2010, image certifiée. Fiche 2014, image janvier 2021
5 Cette catégorie est habituellement nommée « Bleuets en corymbe et canneberges » mais aucun bleuet en corymbe ne serait cultivé dans la MRC.
45
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 16 : Culture de bleuets - selon l'emplacement de l'UEV (peu importe où est situé le
siège social de l'entreprise qui cultive ces terres)
Fiche 2010 (Données certifiées)
Fiche 2014 (Mise à jour 2021-09)
Découpage territorial -
municipalité - UEV
Nb
d'exploitations
agricoles
Superficie
exploitée (ha)
Nb
d'exploitations
agricoles
Superficie
exploitée (ha)
Tadoussac (95005)
C
36
C
12
Sacré-Coeur (95010)
10
192,73
8
233,77
Les Bergeronnes (95018)
4
789,49
C
1037,23
Les Escoumins (95025)
C
93,33
C
82
Longue-Rive (95032)
5
513,71
6
613,9
Forestville (95045)
C
282,94
4
337,88
Lac-au-Brochet (95902)
C
81,4
MRC Haute-Côte-Nord
24
1908,2
20
2398,18
* Pour fin de confidentialité, lorsque le nombre d'exploitations agricoles est plus petit que 4, la donnée
est considérée comme étant confidentielle ( C )
46
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 17 : Culture de bleuets - selon le site principal de l'exploitation agricole (donc les
superficies qui sont cultivées par des exploitants ayant leur siège social dans la MRC)
Fiche 2010
(Données certifiées)
Fiche 2014
(Mise à jour 2021-09)
Découpage territorial -
municipalité
Type de production
Nb
d'exploita-
tions
agricoles
Superficie
exploitée
(ha)
Nb
d'exploita-
tions
agricoles
Superficie
exploitée
(ha)
Tadoussac (95005)
Bleuets nains
C
36
Sacré-cœur (95010)
Bleuets nains
10
228,73
7
209,77
Les Bergeronnes (95018)
Bleuets nains
4
789,49
C
457,52
Les Escoumins (95025)
Bleuets nains
C
93,33
C
82
Longue-Rive (95032)
Bleuets en
corymbes ou géants
C
15
C
15
Bleuets nains
4
380,71
5
480,9
Forestville (95045)
Bleuets nains
C
415,94
C
309,28
MRC Haute-Côte-Nord
24
1923,2
19
1590,47
* Pour fin de confidentialité, lorsque le nombre d'exploitations agricoles est plus petit que 4, la donnée est
considérée comme étant confidentielle ( C )
47
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 18 : Superficies cultivées en productions végétales
dans la MRC de la Haute-Côte-Nord
Productions végétales
Superficie cultivée (ha)
2010
2014
Céréales
430
349
Fourrages
1 483
1 529
Pâturages
539
597
Légumes
1
1,06
Culture abritée (en serre) et ornementale
5,20
3,07
Acériculture
10
20
Bleuets nains
2 191
1 575
Bleuets en corymbe et canneberges
20
25
Fraises, framboises et autres fruits
(Camerise, argousiers, pruniers, pommes, poires)
1
26,74
TOTAL
4678
4126
* Inclus : autres superficies cultivées et engrais verts.
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
Entre 2010 et 2014, il y a eu ;
- une augmentation importante dans les superficies en culture de fraises, framboises et autres
fruits (+2 674 %), en acériculture (+100 %) et pour les légumes (+60 %)
- 490 hectares de bleuets nains de plus qui sont cultivés sur le territoire.
- une légère augmentation des superficies en pâturages, en fourrages et des canneberges et des
légumes.
La diminution des superficies végétales s'inscrit uniquement au niveau des superficies cultivées en
céréales et protéagineux (-81 hectares), des cultures abritées (en serre) et ornementales (-1,95 ha).
C'est à Forestville (1,69 M$), à Longue-Rive (0,67 M$), à Sacré-Cœur (0,64 M$) et à Les Bergeronnes
(0,46 M$) que l'on trouve des entreprises ayant des revenus de productions végétales.
48
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
____________
Le potentiel de développement dans le bleuet et les canneberges
Des études réalisées par le MAPAQ en 1998 et 2001 confirment que le territoire de la MRC de La Haute-
Côte-Nord offre un bon potentiel pour la production de petits fruits. Les sols acides et sablonneux situés
près des tourbières s'adaptent bien à la production de canneberges (atocas), tandis que les grandes
superficies de sols sablonneux bien drainés sont favorables à la culture du bleuet.
La première étude, réalisée en 1998, fait valoir l'importance des superficies à potentiels bleuets et
canneberges sur le territoire, lesquelles couvrent respectivement 15 268 hectares et 8 888 hectares du
territoire municipalisé de La Haute-Côte-Nord, territoires publics et privés confondus.
La seconde étude, déposée en 2001, poursuivait l'analyse de ces potentiels, mais en se concentrant
uniquement sur le territoire municipalisé. Les superficies à potentiels bleuets et canneberges occupent
alors respectivement 2 405 hectares et 2 746 hectares (terres publiques et privées confondues). Il s'agit
d'un potentiel brut. Par conséquent, diverses contraintes pourront modifier cette donnée.
Quelques autres faits liés aux bleuets sauvages
-
Le Québec est au 2e rang à l'échelle mondiale quant aux volumes de bleuets sauvages* récoltés
(MAPAQ, 1 : 2021).
-
En 2015, le Québec comptait 513 producteurs de bleuets sauvages pour une superficie de
35 579 hectares cultivés, dont 82 % étaient situés dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La
Côte-Nord arrivait en seconde place, avec 4 595 hectares (MAPAQ, 2 : 2021).
-
En 2018, la répartition des producteurs de bleuets sauvages était de 71 % au Saguenay-Lac-Saint-
Jean et de 9 % sur la Côte-Nord, toujours au deuxième rang (MAPAQ, 2 : 2021).
-
L'une des particularités observées sur le territoire est le chevauchement entre les potentiels
forestiers et agricoles.
-
En 2015, le bleuet sauvage* est récolté dans la forêt (13 %) et dans des bleuetières aménagées
(87 %), ce qui constitue une hausse du ratio par rapport à l'année de référence précédente.
Ainsi, les aménagements de nouvelles bleuetières seraient en hausse.
-
Au Québec, pour les bleuetières aménagées, 55 % sont situées sur des terres publiques et 45 %
sur des terres privées.
-
Les terres publiques intramunicipales (TPI) sont des terres du domaine de l'État, situées à
l'intérieur des limites municipales. Suite à une entente avec le ministère des Ressources
naturelles et de la Faune (MRNF), la MRC a accepté, en mai 2004, d'assurer la gestion de ces TPI
sur son territoire.
-
Sur la Côte-Nord, les superficies cultivées sont en augmentation constante.
-
« 95 % des bleuets sauvages récoltés au Québec sont surgelés. L'industrie étant située
majoritairement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'une de ses forces est de réussir adéquatement
l'intégration verticale de la production, de la transformation et de la commercialisation du bleuet
sauvage. » Les 3 principales entreprises de transformation qui produisent des bleuets surgelés et
font la mise en marché sont :
›
Les Bleuets sauvages du Québec inc. (4 usines) - Lac-Saint-Jean
49
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
›
Bleuets Mistassini ltée (1 usine) - Lac-Saint-Jean
›
Bleuets Godbout inc. (1 usine) - Charlevoix
-
Les entreprises de congélation du Saguenay-Lac-Saint-Jean possèdent les accréditations pour
pouvoir apposer la mention « certifié biologique ». Une autre appellation, celle des « Bleuets
sauvages Boréals » existe également.
-
Malgré le potentiel bleuet identifié, il importe de mentionner la vulnérabilité potentielle de cette
culture face à des insectes nuisibles comme la mouche du bleuet. La dissémination de cette
mouche se fait majoritairement en raison du déplacement de terre contaminée par le biais des
équipements d'un site à l'autre. On pourrait penser que la mouche pourrait entrer par le biais
des équipements de récolte en provenance du Saguenay-Lac-St-Jean.
Terres publiques intramunicipales (TPI)
Le développement agricole sur les TPI passe actuellement par la production des petits fruits nordiques,
soit le bleuet et la canneberge, dans l'affectation agricole (tableau 19). Pour une production rentable, le
Rapport du comité interministériel sur la contribution des terres du domaine de l'état au développement
de l'industrie du bleuet de septembre 2002 établissait à 200 ha le seuil de viabilité d'une bleuetière. Ce
même comité recommandait de prioriser les projets d'agrandissement pour l'atteinte du seuil de
rentabilité avant l'octroi de baux pour l'établissement de nouvelles unités de production.
Tableau 19 : Affectations du territoire sur les TPI
AFFECTATION
SUPERFICIE (HA)
%
Forestière
15 725.30
69.7
Agricole
4 960.13
21.5
Conservation
1 053.43
4.8
Villégiature
252.40
1.2
Récréative
180.74
0.8
Industrielle/Commerciale
80.66
0.5
TOTAL AFFECTATION
22 252.66
98.5
Hydrographie
337.42
1.5
GRAND TOTAL
22 590.08
100
50
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Les superficies à potentiel bleuet
De manière théorique, les facteurs favorables à l'implantation de bleuetières sont la présence de bleuets
naturels et/ou de pins gris, un bon drainage de surface, un sol sablonneux peu sensible à l'érosion avec
une faible pente, sans pierre ou affleurement de roc. De plus, la nappe phréatique doit être profonde et
maîtrisable, la matière organique supérieure à 5 cm avant l'aménagement, les mauvaises herbes
contrôlables et le site ne doit pas être exposé au vent dominant hivernal.
Enfin, le site doit bénéficier d'une bonne accessibilité, d'une surveillance suffisante, d'une superficie
minimale pour permettre l'aménagement, la mécanisation et favoriser la proximité des champs les uns
près des autres. Alors le travail devrait plutôt s'attarder à l'évaluation de ces superficies versus les
travaux réalisés, contraintes environnementales, milieux sensibles, eau potable, impact sur la faune et la
flore... Lors de la confection du Plan d'aménagement et de développement intégré des TPI (PADI) en
2009, le potentiel bleuet était identifié aux alentours de 696 hectares. Bien qu'il s'agisse d'une analyse
préliminaire et que ce ne sont pas tous les travaux qui sont comptabilisés, les investissements s'élèvent à
573 976 $ sur les secteurs à potentiel identifiés.
Tableau 20 : Informations générales par municipalité
Municipalité
Total TPI
(ha)
Peuplements
productifs
accessibles (ha)
Investissements
réalisés ($)
Potentiels
identifiés (ha)
Sacré-Coeur
514
364
-
-
Tadoussac
167
84
-
-
Les Bergeronnes
3 672
2 015
-
208
Les Escoumins
2 302
1 556
-
-
Longue-Rive
2 964
1 226
19 737
84
Portneuf-sur-Mer
1 700
1 407
123 700
427
Forestville
4 079
2 146
397 058
632
Colombier
7 625
5 219
33 481
192
Total
23 023
14 017
573 976
1 543
Source : Comité de travail sur les petits fruits - PRDIRT
51
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
La valeur des investissements et des travaux forestiers ne considère pas le calcul de la possibilité
forestière. Ainsi, un changement d'affectation et une conversion de l'utilisation des surfaces
actuellement en production forestière aurait des impacts majeurs en diminuant la possibilité forestière,
ce qui aurait des conséquences directes sur le développement futur des TPI.
À cet effet, les superficies identifiées comme étant des potentiels pour le développement de bleuetières
supportent déjà des plantations de plus de 20 ans. La transformation de ces plantations priverait le
milieu local d'un apport économique important sur le plan de la main-d'œuvre par l'absence d'une mise
en marché de plus de 100 000 m3 de bois. La MRC se trouverait également privée de revenus nets
dépassant les 1,5 M$ qui seraient à nouveau investis en travaux sylvicoles conformément à nos
stratégies d'aménagement et à notre objectif de maintien et d'augmentation de la possibilité forestière.
Ainsi, la MRC se doit de protéger les investissements réalisés en reboisement sur des terres publiques
intramunicipales.
Les superficies potentielles pour les cannebergières
Les critères utilisés pour déterminer les superficies à potentiel canneberge sont associés à un bon
approvisionnement en eau, à un sol sablonneux avec un drainage facilité par une pente légère, à une
nappe phréatique qui ne soit pas trop en surface sur le terrain et qu'il y ait possibilité d'aménager un
chemin d'accès. De même, le site ne doit pas présenter de potentiel de biodiversité très important de
façon à ne pas détruire d'écosystèmes fragiles.
Selon le Plan d'aménagement et de développement intégré des TPI (2009), les superficies à fort potentiel
pour les canneberges se résument à 133,3 hectares (84 à Colombier et 49 à Portneuf-sur-Mer). Ce
potentiel pourrait être plus important sans la présence de baux miniers qui occupent une bonne partie
du territoire à potentiel canneberge.
Actuellement, il y a 25 hectares cultivés dans la catégorie « bleuets en corymbe et canneberges ». La
production de canneberges est concentrée à Longue-Rive et est réalisée par Tourbières Lambert. Le
producteur de tourbe s'est tourné vers la culture de canneberges en 1992, pour revaloriser ses terres
laissées à l'abandon. Les canneberges fraîches sont vendues à un acheteur du Massachusetts. Un autre
producteur de canneberges existe sur la Côte-Nord, à Chute-aux-Outardes. (Source : Le Haute-Côte-
Nord, Près d'un demi-million de livres de canneberges récoltées à Longue-Rive)
52
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.5.3.2 Aquaculture et pêche
Bien que les pêches ne fassent pas à proprement partie du portrait du PDZA, notons que le crabe des
neiges est l'espèce la plus importante dans l'industrie de la Côte-Nord. De plus, fait intéressant, l'oursin
serait pêché uniquement par des entreprises de la MRC de la Haute-Côte-Nord. Il y a présence de trois
entreprises d'aquaculture dans la MRC.
__________
PORTRAIT D'ENTREPRISE
Aquaculture l'Indigène - Longue-Rive ; production d'omble de fontaine indigène (truite). Début
de la production en 2019, premières ventes en 2020. Le propriétaire possède deux pourvoiries.
L'entreprise produit des poissons d'ensemencement pour des plans d'eau privés et publics,
destinés au marché régional, mais qui peuvent convenir aux autres endroits du Québec, comme
en témoignent les livraisons qui ont eu lieu dans le Nord-du-Québec au début 2021. (Source : Le
Haute-Côte-Nord, Aquaculture l'Indigène : vers 80 tonnes de truites d'ensemencement)
En 2020, l'entreprise a reçu de nombreuses visites de touristes, campeurs et citoyens de la
région qui voulaient pêcher du poisson. Il était possible de s'en procurer pour sa consommation
personnelle mais pas d'y pêcher. Le propriétaire a donc fait construire un étang de pêche
destiné à répondre à cette demande. L'entreprise produit le maximum permis par le MAPAQ,
soit 80 tonnes de truites annuellement, répartis dans 12 étangs. L'entreprise dispose aussi d'un
rejet au fleuve d'un kilomètre, ce qui lui permet de minimiser son impact sur l'environnement
(Source : Radio-Canada, Des truites de la Haute-Côte-Nord livrées dans le Nord du Québec).
__________
53
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.5.5 Revenus agricoles
Les entreprises agricoles de la MRC ont généré des revenus bruts d'environ 5,9 millions de dollars, une
augmentation de 1,6 M$ entre 2010 et 2021.
En 2010, la municipalité de Sacré-Cœur, qui regroupe plus de la moitié des exploitations agricoles de la
MRC (27), représentait à elle seule plus de la moitié des revenus de la totalité des exploitations agricoles.
Il s'agit également de la seule municipalité du territoire dont les entreprises tirent plus de revenus des
productions animales que des productions végétales.
Les exploitations des municipalités de Les Bergeronnes (7), Les Escoumins (3) et Longue-Rive (7)
représentaient un peu plus d'un tiers de la totalité des revenus pour cette même année. Le portrait était
similaire en 2014 comme le démontre le tableau 21.
Tableau 21 : Portrait des exploitations agricoles par strate de revenus et par municipalité
(2010-2014)
Strate de revenus (2010 et 2014)
Total en
2010
Total en
2014
Changement
entre 2010-
2014 (nombre
d'entreprises)
0 à < 50 K$
50 à < 250 K$
250 K$ et +
2010 2014
2010
2014
2010
2014
Tadoussac
1
3
0
1
0
0
1
4
+3
Sacré-Cœur
14
11
11
10
2
3
27
24
-3
Les Bergeronnes
3
1
4
2
0
2
7
5
-2
Les Escoumins
2
1
1
1
0
0
3
2
-1
Longue-Rive
3
3
4
4
0
1
7
8
+1
Forestville
2
1
1
2
1
1
4
4
0
Colombier
0
2
0
0
0
0
0
2
+2
Nombre total
d'entreprises
25
22
21
20
3
7
49
49
0
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
Dans l'ensemble de la MRC, les revenus bruts en production animale étaient de 2,18 M$ en 2021, contre
3,7 M$ pour la production végétale la même année. La répartition par municipalité permet de témoigner
de l'importance de l'agriculture à l'échelle municipale (tableau 22).
54
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 22 : Répartition des exploitations agricoles selon le type de production et revenus
associés, 2014
Municipalité
Production
Nombre
Revenu réparti
Revenu total
Tadoussac
Végétale
Animale
Total
4
n/a
n/d
Sacré-Coeur
Végétale
631 932 $
Animale
1 720 777 $
Total
24
n/a
2 368 108 $
Les Bergeronnes
Végétale
466 576 $
Animale
290 599 $
Total
5
n/a
757 175 $
Les Escoumins
Végétale
n/d
Animale
n/d
Total
2
n/a
n/d
Longue-Rive
Végétale
675 729
Animale
116 520
Total
8
n/a
792 249 $
Forestville
Végétale
1 698 564
Animale
53 495
Total
4
n/a
1 752 059 $
Lac-au-Brochet
Végétale
n/a
n/a
n/a
Animale
n/a
n/a
n/a
Total
0
n/a
n/a
Colombier
Végétale
n/d
Animale
Total
2
n/a
n/d
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
* Les exploitations agricoles dénombrées correspondent à celles dont le site principal d'exploitation est
situé à l'intérieur des limites de la MRC. Les revenus associés aux cultures détenues par des entreprises
de l'extérieur de la MRC sont donc exclus de ces montants.
55
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.5.6 L'agriculture biologique
Dans l'ensemble du Québec, le nombre d'entreprises faisant de l'agriculture biologique a connu une
augmentation soutenue au cours des dernières années. Au mois de mai 2019, c'était 2750 entreprises
qui détenaient un certificat de conformité biologique délivré par l'un des organismes certifiés par le
CARTV. Le nombre de produits inscrits au CARTV au même moment s'élevait à 12 500 (MAPAQ, 1 :
2019).
Dans la région de la Côte-Nord, en 2020, 10 entreprises détiennent une certification biologique, dont 4
se trouvent sur le territoire de la MRC de la Haute-Côte-Nord.
Entre 2010 et 2014, le nombre d'entreprises détenant une certification biologique est passé de 1 à
3 entreprises (selon le MAPAQ), sur un total de 49 entreprises, et il y aurait une entreprise
supplémentaire selon le CARTV. Ces 4 entreprises sont dans le secteur maraîcher, à l'exception de l'une
des fermes qui produit également du foin sec.
Les entreprises sont situées à Les Escoumins, à Sacré-Coeur et à Forestville. À Les Escoumins, il s'agit des
Tourbières Lambert qui cultivent des bleuets nains et des canneberges, à Sacré-Coeur, de la Bleuetière
Gilles Simard et de la Ferme l'Anse de Roche, qui produit des petits fruits variés : camerises
(chèvrefeuille), foin sec, fruits de champs diversifiés et surface de biodiversité). À Forestville, la ferme Bio
Ferme du nord commercialise des paniers en mode ASC de fines herbes, plantes aromatiques et plantes
médicinales de champs, des fruits et légumes de champs diversifiés ainsi que des légumes, fruits, plantes
aromatiques et médicinales de serre diversifiées.
La certification des entreprises de bleuets nains a un cahier de charge biologique du Québec qui répond
au Régime Bio-Canada également. Les fermes maraîchères détiennent seulement le cahier de charge
biologique du Québec.
À notre connaissance et à ce jour, aucune entreprise de transformation alimentaire n'a de produits
certifiés biologiques dans la MRC.
56
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.6 La relève agricole et la main-d'œuvre
2.6.1 Les cédants et la relève agricole
Selon le plus récent sondage sur l'accès et le prix des terres, réalisé par la Fédération de la relève
agricole, en octobre 2021, les éléments les plus souvent cités comme pouvant aider la relève sont :
-
Plafonnement du prix des terres
-
Limiter les transactions
-
Réglementer les acheteurs
-
Permettre le lotissement pour établir une relève
-
Recenser les terres en friche
-
Faire la promotion des terres disponibles
-
Favoriser le modèle en fiducie
-
Encadrer les baux de location
-
Surtaxer les terres en friche
-
Créer un registre public des transactions des terres
-
Donner un incitatif fiscal à vendre à une relève
-
Capital patient
-
Achat de terres par le gouvernement pour revendre à une relève
Aucune entreprise ne prévoit vendre ou céder dans les 5 prochaines années en date de 2014 et 2021. De
plus, 15 entreprises ont déclaré avoir une relève identifiée.
Des plans de transfert ont été réalisés dans les dernières années : ils se trouvaient tous dans la
municipalité de Sacré-Cœur.
Le tableau 23 compile les données de Statistiques Canada à l'égard du profil des exploitants agricoles,
pour deux années de référence. Les données diffèrent donc d'avec celles du MAPAQ présentées au
tableau 24.
57
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 23 : Exploitants agricoles classés selon le nombre d'exploitants par ferme et l'âge,
pour la région de recensement de Sacré-Coeur
Exploitants agricoles
par ferme
Âge
2011
2016
Nombre
Exploitants agricoles
sur toutes les fermes
Tous les âges
55
40
Moins de 35 ans
10
5
35 à 54 ans
25
15
55 ans et plus
25
20
Âge moyen des
exploitants agricoles
50,4
50,4
Fermes ayant un
exploitant
Tous les âges
20
15
Moins de 35 ans
5
0
35 à 54 ans
10
0
55 ans et plus
10
10
Âge moyen des
exploitants agricoles
52,3
57,2
Fermes ayant deux
exploitants ou plus
Tous les âges
30
25
Moins de 35 ans
10
5
35 à 54 ans
15
15
55 ans et plus
15
10
Âge moyen des
exploitants agricoles
49,1
46,7
Source : Statistique Canada. Tableau 32-10-0442-01 Exploitants agricoles classés selon le nombre
d'exploitants par ferme et l'âge, https://doi.org/10.25318/3210044201-fra.
58
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 24 : Strates d'âge des exploitants agricoles, MRC de la Haute-Côte-Nord,
2014 (validé en 2021)
Strate d'âge des membres
Nombre de membres au sein des
exploitations agricoles
0 à < 20 ans
0
20 à < 40 ans
19
40 à < 60 ans
30
60 à < 80 ans
17
80 ans et plus
1
Ne s'applique pas ou âge inconnu
19
Total des exploitants agricoles
86
_______
CÔTE-NORD-CAPITALE-NATIONALE
Les faits saillants suivants sont issus du portrait de la relève agricole réalisé par le MAPAQ en 2016.
- Le pourcentage de relève agricole établie en 2011 et en 2016 était identique, soit 4 % ;
- Parmi les régions centrales, cette région est celle qui détient la plus haute proportion de
diplômés postsecondaires en 2016, soit 87 % alors que la moyenne est de 81 %. Cette proportion
est similaire à la moyenne des régions périphériques où 89 % de la relève possède un tel
diplôme. La moyenne générale du Québec est de 82 %.
- Le mode visant à créer ou racheter une entreprise est varié : il peut s'agir d'un transfert familial,
d'un transfert non apparenté ou d'un démarrage.
-
53 % de la relève s'est établie par transfert familial, en 2016. C'est une statistique très
similaire à 2011, où cette proportion se chiffrait à 54 %, et très près de la moyenne
québécoise, qui se chiffre à 56 %.
-
Il y a eu une augmentation du nombre de transferts non apparenté : 11 % en 2016, alors
qu'il était à 6 % en 2011. C'est une statistique plus élevée que la moyenne québécoise,
qui se chiffre à 9 %.
-
Le nombre d'entreprises en démarrage a cependant diminué : 36 % en 2016, alors qu'il
était à 39 % en 2011. C'est une statistique similaire à la moyenne québécoise, qui est à
35 %.
59
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
De plus, selon les résultats d'un sondage lancé par la FRAQ en octobre 2021, et auquel 700 répondants
ont participé (86% étaient âgées de moins de 39 ans) près de 70% des répondants croient « que les
principales raisons d'être propriétaire sont la pérennité de l'entreprise et la garantie principale de
l'entreprise ». 59% des répondants cherchaient seulement des terres à vendre. 35% cherchaient des
terres à vendre ou à louer, tandis que seulement 6% cherchaient des terres à louer seulement. (Source :
FRAQ, La relève agricole mobilisée par l'enjeu de l'accès aux terres agricoles).
2.6.2 Main-d'œuvre agricole
Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, la très grande majorité de la main-d'œuvre est familiale
(tableau 21). 37 exploitations n'ont que de la main-d'œuvre familiale, 14 ont une main-d'œuvre non
familiale du Québec tandis que seulement une exploitation agricole emploie de la main-d'œuvre
étrangère (selon les données déclarées au MAPAQ) (tableau 25). Selon les informations recueillies
auprès de l'UPA, un total d'environ 15 travailleurs étrangers seraient embauchés dans la MRC, dans le
secteur agricole et agroalimentaire. Il est cependant difficile d'avoir accès à des données puisque les
entreprises ne passent pas par l'UPA pour l'embauche des travailleurs étrangers temporaires.
Tableau 25 : Nombre d'entreprises selon la provenance de la main-d'œuvre agricole
Strate de revenus
Nombre d'exploitations agricoles
Main-d'œuvre familiale
37
Main-d'œuvre non familiale Québec
14
Main-d'œuvre non familiale hors Québec
1
Total
49
*Une entreprise peut être comptabilisée dans plus d'une catégorie.
Source : Fiche d'enregistrement des exploitations agricoles (MAPAQ) version 2014, mise à jour 2021.
Le découpage territorial pour les statistiques démontrées dans le tableau ci-dessus est fait selon
l'emplacement du site principal de l'exploitation agricole. Ainsi, les employés des entreprises dont le
siège social n'est pas situé dans la région n'apparaissent pas dans le tableau 25.
Le défi du marché du travail sur la Côte-Nord est principalement que le chômage persiste chez certains
groupes sous-représentés sur le marché du travail, notamment les femmes, les jeunes, les travailleurs
expérimentés, les personnes handicapées, les Autochtones, les immigrants, les prestataires d'aide
financière de dernier recours (Services Québec, 2022).
60
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Il existe également un défi pour loger de potentiels travailleurs saisonniers, qu'ils soient du Québec ou
de l'étranger. Du côté de Forestville, il y a eu une demande de modification réglementaire pour
permettre des logements temporaires pour travailleurs étrangers, dans l'affectation agricole viable. La
modification était conforme au RCI puisque l'implantation d'une résidence pour l'exploitant agricole, son
enfant, son employé est prévu dans la LPTAA (art. 40). Ainsi, un établissement d'hébergement pour les
travailleurs du Centre sylvicole a été aménagé pour accueillir 12 travailleurs. Le centre est en fonction
depuis le début de la saison de production 2022.
L'organisme SEMO dispense des services spécialisés d'employabilité, complémentaires à ceux de
Services Québec. Le SEMO Côte-Nord a été créé en 1984 et permet aux personnes en situation
d'handicap de se trouver un emploi. Les entreprises de transformation alimentaire connaissent bien les
services du SEMO et y font régulièrement appel. Toutefois, l'organisme a peu de clientèle libre, puisque
le secteur du tourisme occupe plusieurs clients de l'organisme. Les entreprises qui font appel aux
services du SEMO peuvent obtenir une subvention pour l'intégration en emploi. Contrairement à
d'autres régions, il n'y a pas de plateau de travail ni de centre de travail adapté en Haute-Côte-Nord.
2.7 La commercialisation et la distribution
2.7.1 L'identification des produits locaux
En 2019, la région s'est dotée d'une image de marque, connue sous le nom du Goût de la Côte-Nord. Le
lancement a eu lieu en juin 2019 et résulte de la stratégie de positionnement des produits de la Côte-
Nord. Elle est a été élaborée en collaboration avec les entrepreneurs agroalimentaires, incluant ceux
provenant, de la Haute-Côte-Nord, avec Tourisme Côte-Nord et des représentants de la nation innue.
L''image de marque est assortie d'une stratégie de positionnement. Différentes activités de
représentation ont eu lieu depuis, afin d'en faire la promotion.
Voici un extrait du rapport annuel de la Table bioalimentaire Côte-Nord :
La politique d'authentification indique que le produit doit être cultivé, chassé, pêché, élevé ou
récolté sur la Côte-Nord et que le siège social de l'entreprise doit être situé sur la Côte-Nord et
que les activités soient réalisées dans la région. Les produits transformés doivent contenir au
moins un ingrédient cultivé, chassé, pêché, élevé ou récolté sur la Côte-Nord. Dans le cas où
l'ingrédient utilisé est cultivé, chassé, pêché, élevé ou récolté ailleurs que sur la Côte-Nord, sa
transformation sur le territoire nord-côtier par une entreprise locale constitue une condition
valide pour l'obtention du sceau d'authenticité. Ceci, seulement si l'ingrédient n'est pas
disponible en quantité et/ou en qualité adéquate. Un produit ultra transformé ne peut pas être
authentifié. Les produits contenant des additifs ou des agents de conservation ne correspondent
pas à la conception que se fait le consommateur d'un produit sain, frais et sauvage. Ainsi, tous les
ingrédients utilisés doivent être disponibles en épicerie ou susceptibles de se retrouver dans le
garde-manger du consommateur.
61
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
En 2020, 4 restaurants sur 25 faisant partie du Goût de la Côte-Nord ; et il y aurait potentiellement 38
autres restaurants sur la Côte-Nord qui mettraient au menu des produits de la région (attention : les
produits de la région sont parfois interprétés comme provenant d'un distributeur qui est de la région).
Sur le territoire de la Haute-Côte-Nord, 19 restaurants serviraient des produits locaux (25 % des
établissements) : le portrait du système alimentaire indique que « la forte vocation touristique de ce
territoire, avec des endroits comme Tadoussac, n'est sûrement pas étrangère à cette donnée, tout
comme le fait qu'il s'agit d'un territoire où l'on trouve le plus grand nombre de restaurants, soit 75
établissements. » Pour les autres territoires de la Côte-Nord, la proportion de restaurants offrant des
produits locaux se situe entre 0 et 18 %.
Par ailleurs, la Table bioalimentaire réfléchit à la possibilité de mettre en place une carte d'achat du Goût
de la Côte-Nord, qui serait acceptée comme moyen de paiement par les producteurs, les
transformateurs et les restaurateurs.
2.7.2 La mise en marché directe
Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, la vente directe à la ferme et dans les marchés publics est en
croissance. En 2010, 8 entreprises possédaient un kiosque à la ferme, sur un total de 49. Cela représente
un mode de mise en marché choisi par 12,25 % des entreprises de la MRC. C'est une augmentation par
rapport à 2010, où seulement 2 entreprises possédaient un tel kiosque.
Il y a actuellement un seul marché public, à Tadoussac, qui prend place de fin juin à mi-septembre, et qui
réunit entre 3 et 6 producteurs et 2 à 3 artisans locaux. L'horaire prévu pour 2022 demeure la même. Par
contre, le marché fait actuellement face à un enjeu de recrutement de producteurs, qui manquent de
disponibilité ou de main-d'œuvre pour être présents sur place.
La municipalité des Escoumins tient également des marchés publics à quelques reprises dans l'année : à
la mi-juillet (2 jours), à la fête du Travail (1 journée) et en novembre (3 jours).
Au Québec, il existe également d'autres modes de mise en marché directe comme l'autocueillette et les
marchés virtuels, mais aucune entreprise n'a déclaré utiliser ces modes de mise en marché.
Selon le Réseau des fermiers de famille, une entreprise de Forestville commercialise ses produits par le
biais de l'agriculture soutenue par la communauté, c'est-à-dire en proposant des paniers de légumes
biologiques qui sont fournis directement à des familles. La ferme est en exploitation depuis 2011 et est
certifiée biologique depuis 2018.
On sait également que l'autocueillette de camerises, chez le seul producteur répertorié chez Camerise
Québec, débute dans la deuxième semaine de juillet.
L'agrotourisme* est une activité complémentaire à l'agriculture. Elle implique nécessairement une
activité d'interprétation. Si une seule entreprise en faisait en 2010, elles sont maintenant 4 à en faire. À
notre connaissance, Herbamiel (Sacré-Cœur) et Bleuet des champs (Longue-Rive) sont les deux
entreprises qui font de l'agrotourisme. Bleuet des champs possède un site de camping et offre des
produits transformés (bleuets, pâtisseries, confitures, etc.) à son kiosque.
À notre connaissance, un seul producteur de bovins commercialiserait sa viande directement à la ferme.
Il vend aussi des porcs en demie et des poulets entiers, sur réservation.
62
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.7.2.1 L'intérêt pour l'achat local
Selon un sondage réalisé en 2018-2019 dans le cadre du projet de MRC nourricière, des données de
sondage (non scientifique) ont été recueillies et permettent d'identifier les besoins des consommateurs
en matière de fruits et légumes :
- 45 % vont à l'épicerie tous les jours - ce qui amène cette piste de réflexion : est-ce pour briser
l'isolement et en profiter pour rencontrer des gens du village ou pour d'autres types de besoins ?
- 63 % des répondants ne planifient pas les repas ;
- 56 % des répondants affirment ne pas trouver l'aliment souhaité, à l'occasion, à l'épicerie locale.
Souvent, car le produit n'est pas disponible ou qu'il est de mauvaise qualité (fruits et légumes) ;
- 61 % considèrent que la qualité des fruits et des légumes laisse à désirer ;
- 72 % des personnes se nourrissent de la chasse et de la pêche, mais ce n'est pas suffisant pour se
nourrir à l'année ;
- 32 % des répondants exploitent un jardin personnel.
Selon les données du portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 75 % des producteurs agricoles
ont déclaré effectuer une part de leurs ventes dans la région. Sans égard aux volumes de vente, les parts
de mise en marché surpassent celles qui sont destinées aux autres régions du Québec, au Canada ou à
l'international. On retrouve cette même réalité en ce qui concerne les parts des transformateurs de
produits marins. Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord spécifiquement, les parts de marchés dédiées au
Québec sont plus grandes que celles de la Côte-Nord. Cela s'explique peut-être par le fait que les
productions végétales (grandes cultures) et de petits fruits (bleuets, canneberges) ne sont pas
principalement consommées dans la région, et que des producteurs des régions limitrophes exploitent
des terres dans la MRC, avant de rapporter le produit au Saguenay-Lac-St-Jean pour le transformer.
Il est intéressant de noter que plusieurs espèces de PFNL sont récoltées par la population, sur la Côte-
Nord. Il s'agirait principalement de :
- Petits fruits : bleuet, framboise, fraise, groseille, airelle vigne d'Ida, chicoutai,
amélanche, pimbina, camarine noire
- Champignons : champignon crabe, bolet, morille
- Arbres et arbustes : thé du Labrador, thé des bois, aiguille de sapin, aiguille de pin,
poivre des dunes, eau de bouleau (CEDFOB, 2021, dans Portrait du système
alimentaire de la Côte-Nord, 2021)
63
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.7.2.2 La sécurité alimentaire
Il existe plusieurs déserts alimentaires dans la région de la Côte-Nord, mais seulement un dans la MRC de
la Haute-Côte-Nord, aux frontières de la MRC de Manicouagan. Celui-ci est considéré comme un désert
alimentaire en milieu rural.
Selon les données recueillies dans le Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, le panier d'épicerie
serait plus élevé dans cette région que dans des régions centrales comme celle de la Capitale-Nationale
(183,96 $). La MRC de la Haute-Côte-Nord se trouve à avoir un panier d'épicerie estimé à 201,79 $, selon
les données qui datent de 2011, ce qui la situerait au troisième rang des 5 MRC de la Côte-Nord.
Selon un sondage réalisé en 2020 auprès des municipalités et des organismes communautaires de la
région, 58 initiatives reliées à la sécurité alimentaire ont été documentées dans la région, soit
39 initiatives d'agriculture communautaire (organismes ou municipalités), dont 12 sur le territoire de la
MRC de la Haute-Côte-Nord, et 18 écoles et CPE ayant des projets éducatifs, dont 3 seraient situées sur
le territoire de la MRC. Les 12 initiatives d'agriculture communautaire sur le territoire de la Haute-Côte-
Nord se répartissent ainsi : 2 aménagements comestibles, 1 jardin collectif et 9 jardins communautaires.
Par ailleurs, la Table bioalimentaire avait réalisé un Guide pour la mise en place d'un jardin
communautaire ou collectif, qui a été apprécié par la Haute-Côte-Nord.
En 2020, 9 organismes avaient répondu, dans le sondage, que leur offre de service favorise la sécurité
alimentaire.
Un projet de forêt nourricière serait également en développement à la forêt d'enseignement et de
recherche du Cégep de Baie-Comeau.
Il y aurait 7 initiatives de compostage communautaire et collectif sur le territoire de la HCN, dont 4 dans
des organismes communautaires, 2 dans des écoles, 1 dans un CPE. Au total, sur la Côte-Nord, il y en
aurait 29.
Organismes communautaires :
- 56 % des organismes communautaires ayant rempli le sondage et offrant des services
alimentaires ont affirmé utiliser des produits locaux pour répondre aux besoins de leur clientèle.
- Le plus grand frein : la disponibilité des aliments (produits de l'agriculture locale ne sont tout
simplement pas disponibles dans leur secteur).
- La chasse joue un rôle important dans la sécurité alimentaire, autant pour la population qui
chasse que pour celle à plus faible revenu. Le programme Chasseurs généreux a été mis en place
par la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. En 2021, près de 7000 livres de viande
ont été récoltées et distribuées aux familles dans le besoin. Sur la Côte-Nord, en 2021, ce sont
458 livres qui ont été amassées. Toutefois, la boucherie qui desservait les chasseurs de la Haute-
Côte a cessé ses activités en 2021.
64
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Mollusques :
La cueillette des mollusques, plus spécifiquement la mye, est une activité très prisée par la population de
La Haute-Côte-Nord. On y observe deux types de cueillette. Il y a la cueillette récréative destinée à la
consommation personnelle et, la plus importante, la cueillette commerciale destinée à approvisionner
deux usines de transformation de La Haute-Côte-Nord (Portneuf-sur-Mer et Forestville), mais aussi
d'autres usines à l'extérieur de la région, voire même aux États-Unis.
Les grandes battures que l'on retrouve un peu partout sur le littoral du Saint-Laurent représentent un
milieu propice pour cette espèce de mollusques et les retombées économiques que cette activité génère
représentent, pour plus d'une centaine de cueilleurs, un revenu d'appoint important.
Les bancs les plus productifs se situent au large des municipalités de Les Bergeronnes, Longue-Rive,
Portneuf-sur-Mer, Forestville et Colombier.
Bleuets nains (sauvages) :
La cueillette de bleuets nains par des particuliers et qui serait ensuite vendu à des entreprises privées qui
elles, les mettent en marché, serait une pratique courante sur le territoire. Les lieux de cueillette sont
souvent des chasses gardées en territoire public ou en TPI, mais ne sont pas sur des bleuetières
aménagées en TPI ou en terres agricoles.
2.7.3 Mise en marché via un ou plusieurs intermédiaires
2.7.3.1 Mise en marché via un seul intermédiaire
Dans la région, des ententes peuvent aussi être prises directement entre les producteurs et des
entreprises (supermarchés, restaurateurs, entreprises spécialisées, etc.). Il est également difficile de
connaître les modes de distribution qui sont préconisés, à savoir si les producteurs distribuent eux-
mêmes leurs produits ou s'ils font affaire avec le distributeur spécialisé qui existe dans la région.
Épiceries
Nous ne possédons toutefois pas de statistiques sur ce genre d'ententes réalisées de gré à gré entre les
entreprises agroalimentaires et les épiceries. En fonction du profil des entreprises de la région, les
entreprises ne sont probablement pas listées dans les répertoires des bannières et leurs ententes se font
probablement de gré à gré avec les épiceries du territoire. Les épiceries de Tadoussac et de Sacré-Cœur,
notamment, disposent de produits régionaux.
La Table bioalimentaire ne connaît pas le nombre de producteurs de la Haute-Côte-Nord qui ont des
produits actuellement disponibles en épicerie. Un projet d'accompagnement des entreprises vers le
marché des épiceries est en cours de préparation avec la Table. Cette dernière entend également mettre
en place un projet-pilote avec une bannière, dans un premier temps, afin d'identifier les produits de la
région présents en épicerie. Bien que cette épicerie ne soit pas située dans la MRC, il y a un présentoir
65
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
de produits régionaux au IGA de Baie-Comeau : cela peut constituer une occasion d'affaires pour les
entreprises de la Haute-Côte-Nord.
Restaurateurs
Une formation pour les restaurateurs et les producteurs est prévue par la Table bioalimentaire, dans le
but d'augmenter la présence des produits régionaux dans les restaurants. La formation n'a pas encore eu
lieu.
De plus, la relance du Club des Nord-Goûteurs est à venir. Il s'agit d'occasions pour les amateurs de
produits du terroir de se réunir dans un restaurant de la région, lors d'un souper où les produits locaux
sont à l'honneur. Les producteurs dont les produits sont en vedette et le restaurateur sont invités à
prendre la parole pour présenter leur produit et leur vision du terroir régional. Ce genre d'activités
accroît la qualité du lien entre ceux qui produisent la nourriture et ceux qui la consomment.
Autres modes de mise en marché
Pour stimuler l'achat local, un catalogue de produits régionaux sera créé par la Table bioalimentaire afin
d'être utilisé dans les campagnes de financement scolaires, pour les cadeaux corporatifs des entreprises
et par les associations sportives.
Mise en marché en dehors de la région
Grâce à l'initiative de la Table bioalimentaire de la Côte-Nord, un partenariat a été établi avec la
boutique de charcuterie Ils en fument du bon, située au marché Jean-Talon à Montréal, afin que s'y
retrouvent différents produits de la région. Cela permet aux producteurs et agrotransformateurs*
d'avoir accès à une vitrine de commercialisation. En revanche, les retombées ne sont pas suffisamment
intéressantes pour les commerçants. La Table bioalimentaire analyse la possibilité de mettre en place un
service de représentant sur les grands marchés urbains comme Québec et Montréal. Le projet s'ajustera
en fonction de la demande.
L'enjeu du transport a été identifié comme étant très important, par les intervenants de la région. Ainsi,
une plateforme web de mutualisation du transport (ColiNord) est en cours de développement. La
plateforme mettra en relation des entreprises bioalimentaires qui ont des colis à expédier avec des
voyageurs qui réalisent déjà des trajets sur le territoire (cela peut inclure des particuliers qui ont été
authentifiés, par mesure de sécurité), d'autres entreprises qui réalisent un transport ou des
transporteurs.
2.7.3.2 Mise en marché sous plan conjoint
La Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec encadre la mise en marché de plusieurs
productions, au Québec. C'est notamment le cas du lait, des bovins de boucherie, des canneberges, des
bleuets et des producteurs de grains, des productions que l'on retrouve dans la MRC de la Haute-Côte-
Nord.
66
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
La mise en marché « organisée », « en circuit long » ou « sous plan conjoint » est importante dans la
région. Comme il s'agit d'une mise en marché très encadrée, l'observation de ces modes de mise en
marché concerne les enjeux qui y sont afférents. Par exemple, le transport du lait est assuré par Marc
Dallaire, de La Malbaie, qui se dirige alors à Sacré-Coeur pour amasser le lait qui est habituellement livré
à la fromagerie St-Fidèle, dans Charlevoix. Le transporteur prend donc le traversier à l'aller et au retour.
2.7.4 Tourisme gourmand*
En 2019, la Table bioalimentaire Côte-Nord et Tourisme Côte-Nord ont concerté les intervenants en
développement économique régional afin d'élaborer un plan d'action. L'objectif consistait à arrimer les
actions des différents partenaires en lien avec les besoins du milieu, et se voulait complémentaire à
l'élaboration de la stratégie de marque régionale (Le Goût de la Côte-Nord).
Les orientations du plan sont les suivantes :
- Mobiliser l'industrie et les partenaires du développement régional autour d'actions cohérentes
et concertées ;
- Définir l'offre régionale ;
- Former la main-d'œuvre ;
- Établir une offre d'accompagnement compétente et innovante aux entreprises ;
- Structurer et développer l'offre existante ;
- Accompagner les entreprises dans la formation et le coaching ;
- Faire du bioalimentaire un élément identitaire ;
- Mobiliser la population ;
- Favoriser un accueil personnalisé ;
- Améliorer l'attractivité de la région.
2.7.4.1 Évènements liés au tourisme gourmand
Il existe un festival de la bière aux Escoumins, organisé par le dépanneur Chamberland. Celui-ci offre de
nombreuses bières québécoises, dont toute la gamme nord-côtière, incluant les produits de la
Microbrasserie de Tadoussac et de la Chasse-Gardée (Sacré-Cœur).
Il y a également un Festival de la bière de la Côte-Nord, qui a lieu à Baie-Comeau. Il existe depuis 2014 et
réunit 15 brasseurs participants.
En 2021, les Brasseurs de la Côte-Nord ont également brassé une bière collaborative appelée Trail 09,
distribuée partout sur la Côte-Nord.
Afin de faire rayonner la gastronomie de la région sur des marchés plus grands, la Côte-Nord a participé
à au moins deux reprises à l'évènement Montréal en lumière (sa dernière participation remonte à 2019).
Il y a également la Fête du miel, qui se tient à Sacré-Coeur sur une base annuelle, depuis 10 ans.
67
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.7.5 Marché institutionnel
Les données du Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord indiquent que les institutions de santé
de la Côte-Nord offrent plus de 2000 repas par jour pour des dépenses annuelles de 5,28 M$. Les freins
pour l'intégration de produits locaux dans les institutions sont toutefois nombreux : le prix, les volumes
insuffisants et l'irrégularité de la disponibilité. En 2014, la Table bioalimentaire de la Côte-Nord a été
chargée de réaliser le projet-pilote phase 1, visant à arrimer l'offre québécoise à la demande
institutionnelle de chaque région. Plus concrètement, il s'agissait de positionner un produit agricole et
un produit marin auprès des services alimentaires de 3 établissements institutionnels. Des bleuets ont
servi à l'approvisionnement du CISSS de la Côte-Nord.
Un diagnostic et un plan d'action ont été réalisés préalablement à ce projet-pilote (Table bioalimentaire
Côte-Nord, Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel, Projet
pilote phase 1). « La méconnaissance des produits, des opportunités et des exigences du marché
institutionnel combinées aux enjeux régionaux d'accès aux équipements et de distribution sont les
principaux facteurs limitatifs qui ont été identifiés lors de la réalisation de ce diagnostic (TBCN, 2014) ».
Suite à la réalisation du projet-pilote, le bilan dénote deux types de marchés institutionnels : celui
caractérisé par de petits volumes et ayant une souplesse pour permettre l'adaptation des menus. Le
second marché est celui du système de la santé et est plus structuré et moins flexible. Le Centre Gustave
Gauvreau et les Innus utilisent des mets traditionnels nord-côtiers (comme les beans à la perdrix, le
cipâte au lièvre et le capelan frais. Le rapport note également que le bleuet pourrait être utilisé comme
aliment de substitution en remplacement des ananas ou des bananes, par exemple, et qu'en ce sens, la
culture populaire peut faire une différence dans les décisions d'approvisionnement des établissements
qui disposent d'une plus grande marge de manœuvre. Le rapport dénotait que d'autres pistes
institutionnelles pourraient être explorées comme Hydro-Québec, le milieu carcéral et les grandes
entreprises comme les alumineries et les minières.
La Table bioalimentaire Côte-Nord (TBCN), dont la mission est de promouvoir le développement, la mise
en valeur et la commercialisation des produits bioalimentaires de la Côte-Nord, a obtenu comme mandat
de travailler en collaboration avec les producteurs, les transformateurs et les établissements faisant
partie du marché institutionnel, afin de favoriser l'achat de produits régionaux. Ce mandat s'inscrit dans
le cadre de la Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché institutionnel
(SPAQMI) afin de faciliter l'arrimage entre l'offre de produits alimentaires québécois et la demande du
marché, en plus de favoriser la coordination des liens d'affaire entre les acteurs de la chaîne
d'approvisionnement. Le marché institutionnel est constitué des établissements publics et privés qui
offrent des services alimentaires à leur clientèle (réseau de la santé et des services sociaux, réseau de
l'éducation et des services de garde, hôtellerie et restaurants, municipalités et services correctionnels)
qui peuvent présenter un potentiel de commercialisation pour les entreprises agroalimentaires du
territoire.
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PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Les institutions de la région sont les suivantes:
-
2 hôpitaux (Les Escoumins et Forestville)
-
1 CHSLD (Les Bergeronnes)
-
2 polyvalentes (Les Bergeronnes et Forestville)
-
8 écoles primaires, une dans chaque municipalité
-
2 postes de police SQ (Tadoussac et Forestville) + 1 poste de police à Essipit
-
Points de services de ministères: MAPAQ (Les Bergeronnes), MPO/Parcs Canada
(Tadoussac), Contrôle maritime - fédéral (Escoumins), MFFP - unité de gestion (Escoumins),
MFFP - unité de gestion + autre bureau (protection de la Faune) (Forestville), Services
Québec (Escoumins et Forestville)
Il y aurait actuellement une volonté des CPE d'intégrer plus de produits locaux dans les menus. Selon le
sondage réalisé dans le cadre du Portrait du système alimentaire nord-côtier, 6 CPE ont déclaré offrir des
aliments locaux. Ceux qui n'en offrent pas déjà, sauf un, ont indiqué vouloir en inclure au menu d'ici
3 ans. Un projet est d'ailleurs en cours, Petits ambassadeurs, pour stimuler les liens entre producteurs et
CPE. Deux CPE de la MRC de la Haute-Côte-Nord seront certifiés Petits ambassadeurs le 9 juin 2022. Il
s'agit des CPE de Sacré-Cœur et de Forestville. Le CPE de Forestville a aussi des succursales aux
Escoumins, à Tadoussac, à Les Bergeronnes, à Forestville et bientôt, à Longue-Rive. Donc, bientôt, tous
les CPE pourraient être accrédités Petits ambassadeurs.
Les milieux de garde en milieux familiaux eux, sont accompagnés par la nutritionniste du CISSS,
responsable des saines habitudes de vie, par le cadre de référence Gazelle et potiron. Il est envisagé de
faire un partenariat avec un commerce de vrac alimentaire ayant une succursale à Baie-Comeau et une
autre à Sept-Îles pour déposer des commandes de vrac bio dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, pour en
faire bénéficier les milieux de garde.
Le gouvernement s'est aussi doté d'une Stratégie nationale d'achat d'aliments québécois (SNAAQ) pour
« inciter 85% des établissements des réseaux de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la santé
et des services sociaux à se fixer une cible d'achat de produits alimentaires québécois d'ici 2023 ».
69
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.8 Industrie agroalimentaire
2.8.1 Transformation à la ferme
Il y a actuellement 3 entreprises qui effectuent des activités de transformation à la ferme, dans la MRC.
En 2010, il y avait 1 entreprise qui effectuait des activités de transformation à la ferme dans la MRC de la
Haute-Côte-Nord. Entre 2010 et 2014, la MRC a donc connu une augmentation de deux entreprises.
2.8.2 Transformation alimentaire hors ferme
Deux aquaculteurs sont situés dans la MRC et font l'élevage de l'omble de fontaine destinée au marché
de l'ensemencement de lacs dans des pourvoiries. De plus, 2 transformateurs de produits marins ont un
point de vente directe aux consommateurs (sur un total de 3 transformateurs dans la région). En ce qui
concerne l'ensemble de la région de la Côte-Nord, les débarquements totalisent plus de 75 M$ en 2019,
ce qui représente 20 % des débarquements totaux au Québec (MPO, 2020, dans Portrait du système
alimentaire de la Côte-Nord, 2021). Si l'on compare la valeur totale des débarquements dans la région,
l'industrie de la pêche commerciale présente une valeur sept fois plus élevée en comparaison avec les
ventes de productions agricoles. Les débarquements de pêches commerciales sont présentés dans le
tableau 26, en quantité par espèce, pour le territoire de la Haute-Côte-Nord et en valeur à l'échelle
régionale.
Le crabe des neiges est l'espèce la plus importante dans l'industrie de la Côte-Nord. Fait intéressant,
l'oursin serait pêché uniquement par des entreprises de la MRC de la Haute-Côte-Nord. Notons
cependant que la majorité des produits de la pêche est destinée aux marchés provincial et
international.
70
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 26 : Débarquements par espèce en tonnes, par territoire
et valeur en milliers de dollars, Côte-Nord, 2019
Espèce6
HCN
Région
Valeur (k$)
Crabe des neiges
291
4 870
58 774
Homard
0
432
5 643
Crevette
0
131
952
Turbot
93
241
945
Morue
0
64
105
Flétan de l'Atlantique
0
127
1 350
Hareng
0
2 004
790
Mactre
0
525
635
Buccin
90
352
700
Oursin
300
300
2 272
Autres espèces
96
1 493
3 131
Total par territoire
870
10 539
75 297
Revenus moyens (k$)
284
245
S.O.
Source : Portrait alimentaire de la Haute-Côte-Nord, 2021
Dans la région de la Côte-Nord, il y a 50 transformateurs alimentaires, dont 16 transformateurs de
produits marins. Parmi ces 50 transformateurs, 11 seraient situés dans la MRC de la Haute-Côte-Nord.
(Source : MAPAQ, 2020, dans Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021) :
Selon les données disponibles en 2022, il y a une nouvelle microbrasserie (Sacré-Cœur) et une boucherie
en moins.
- 2 microbrasseries (Microbrasserie Tadoussac)
- Il n'y aurait plus de boucherie : 1 boucherie (Boucherie Escoumins a fermé ses portes)
- 3 boulangeries-pâtisseries (Boulangerie au P'tit Four (Forestville), À l'emportée coop
(Tadoussac), Boulangerie artisanale la P'tite Cochonne (Les Bergeronnes)
- 2 chocolateries-confiseries (Confiserie Boréale (Colombier), Chocolaterie Cétacébon (Tadoussac)
- 1 petits fruits et PFNL (Les saveurs boréales, Forestville)
- 3 producteurs agricoles qui sont également transformateurs (Bleuet des champs, Herbamiel et
Ferme 5 étoiles)
- Il n'y a aucun fumoir ni entreprise qui fait des mets préparés sur le territoire.
6 Des espèces apparaissant au tableau peuvent avoir été débarquées en quantités moindres dans certains territoires et ont ainsi été incluses
dans la catégorie autres espèces. Le total régional par espèce pourrait donc différer légèrement des valeurs réelles. Le total par territoire est,
quant à lui, fidèle aux données.
71
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Il est à noter que les boucheries offrent un service de coupe de viande et des produits transformés, mais
qu'il ne s'agit pas d'un abattoir. L'abattage, qui se fait à l'extérieur de la région, ne permet donc pas
d'approvisionner directement le marché local.
En ce qui concerne les pratiques écoresponsables, 80 % des débarquements de l'industrie des pêches et
de l'aquaculture commerciale, en termes de valeur, sont certifiés durables (MPO, 2020, dans Portrait du
système alimentaire de la Côte-Nord, 2021). L'écocertification* mise en place par l'organisme Marine
Stewardship Council « certifie les récoltes d'espèces précises à la suite d'un processus rigoureux initié
par les associations de pêcheurs et soutenu par le MAPAQ et par Pêches et Océans Canada. (Portrait du
système alimentaire de la Côte-Nord, 2021) ». Sur la Côte-Nord, la crevette nordique (depuis 2009), le
flétan du Groenland (turbot) (depuis octobre 2020) au filet maillant et le crabe des neiges (depuis
décembre 2020) sont les pêches certifiées. Comme ces pêches représentent 50 % des débarquements de
2019 en termes de poids et 80 % de la valeur totale débarquée, cela fait en sorte que la majorité des
pêches de la Côte-Nord sont considérées comme écoresponsables (MPO, 2020, dans Portrait du système
alimentaire de la Côte-Nord, 2021).
Selon le sondage aux transformateurs dans le cadre du Portrait sur le système alimentaire, et dont les
répondants provenaient majoritairement de la Haute-Côte-Nord, 45 % des aliments utilisés dans la
transformation sont des petits fruits, le bleuet étant le plus populaire. La chicoutai et la framboise sont
parmi les autres fruits régulièrement mis en valeur. Des fines herbes, aromates et PFNL (champignons
sauvages, thé du Labrador, sirop d'érable) sont utilisés pour la confection de marinades, dans une
moindre mesure. Le miel serait aussi utilisé pour en faire des cosmétiques. Toujours selon les
transformateurs questionnés, 63 % disent mener des initiatives pour augmenter la proportion des
produits locaux utilisés.
Les deux transformateurs de produits marins ont déclaré s'approvisionner uniquement chez les pêcheurs
de la Côte-Nord, Les crabiers du Nord (Portneuf-sur-Mer) et Pêcherie Manicouagan (Escoumins) des
entreprises qui se sont associées. Les produits transformés concernent 14 variétés de produits de la mer.
Plus de la moitié des transformateurs ayant répondu au sondage dans le cadre du Portrait du système
alimentaire soutiennent que la production régionale doit augmenter pour faciliter l'inclusion des
produits locaux. Cela pourrait se faire par une diversification de la production animale notamment, ou en
encourageant le développement de nouvelles entreprises agricoles. Certains transformateurs
mentionnent qu'il serait intéressant de prévoir de l'accompagnement et de la formation pour l'utilisation
spécifique de certains produits locaux.
72
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.9 La foresterie
2.9.1 Propriétaires et producteurs forestiers
Bien que les PDZA s'intéressent principalement à la zone agricole, la foresterie fait toujours l'objet d'une
section dans ce document de planification. En effet, plusieurs agriculteurs s'adonnent à une activité
forestière, souvent pour leur propre besoin en bois de chauffage durant la saison hivernale. Il est
également à noter que l'entretien des boisés de ferme a un impact sur la qualité et la résilience des
forêts, un enjeu qui sera des plus importants au cours des prochaines années dans un contexte de
changements climatiques. Qui plus est, la considération de la forêt comme étant liée à l'agriculture
permet aussi de garder en mémoire que des corridors de biodiversité sont essentiels pour permettre le
déplacement des espèces animales.
Par conséquent, les producteurs forestiers sont partie prenante de la recette. D'abord, parce qu'ils
entretiennent la forêt et s'adonnent à une activité commerciale par le fait même. Ensuite, parce qu'ils
sont des alliés certains pour développer d'autres types d'activités en forêt ou permettre à d'autres d'en
faire autant : c'est notamment le cas des activités de mycosylviculture, de la cueillette de produits
forestiers non ligneux et même du récréotourisme estival comme hivernal. Sur la Côte-Nord, il y a 120
producteurs forestiers en forêt privée. Ils peuvent avoir ou non le statut de producteur agricole,
s'adonner à cette activité ou aux deux activités.
Par ailleurs, l'enjeu du bois sans preneur est un enjeu autant pour les producteurs agricoles ayant un
boisé que pour les producteurs forestiers. Le Syndicat et plusieurs autres au Québec travaillent à
identifier des débouchés potentiels pour ce bois (des essences moins nobles). L'un des débouchés
potentiel est la valorisation de la biomasse dans le but d'en produire une bioénergie. En mars 2021, un
Inventaire de la biomasse disponible pour produire de la bioénergie et portrait de la production de la
bioénergie sur le territoire québécois a été déposé à la demande du ministère de l'Énergie et des
Ressources naturelles. Vision Biomasse est actuellement en train de réaliser un portrait de
l'approvisionnement actuel en biomasse forestière résiduelle au Québec, autant pour les granules que
les plaquettes.
73
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
_________
EXTRAITS DU RAPPORT D'ACTIVITÉ 2021 DU SYNDICAT DES PROPRIÉTAIRES FORESTIERS DE LA RÉGION
DE QUÉBEC (SPFRQ)
La forêt privée fait face à de grands défis :
1- La mise en marché du bois : composer avec un secteur forestier qui vit de nombreux et rapides
changements; négocier avec ces acheteurs relativement peu nombreux, souvent dotés de
positions dominantes dans le marché; faire face à la difficile concurrence de la forêt publique.
2- La mise en valeur des forêts et de leurs ressources : s'assurer d'un soutien gouvernemental
pour la sylviculture et l'exploitation durable des forêts; former et informer les propriétaires pour
leur permettre de faire une gestion active et éclairée de leurs forêts; s'assurer que des
intervenants compétents accompagnent les propriétaires dans la gestion et l'exploitation
durable de leurs forêts.
3- Les droits de la propriété : s'assurer d'un juste équilibre dans la prise en compte des intérêts de
la collectivité et de ceux des propriétaires individuels; s'assurer que le fardeau des lois et des
règlements n'impose pas aux propriétaires forestiers des contraintes déraisonnables; mieux faire
connaître les forêts privées, leurs propriétaires et les défis qu'ils confrontent.
4- La fiscalité foncière et des revenus : revendiquer une fiscalité des revenus qui incite à la gestion
active et à l'aménagement durable des forêts privées; revendiquer une fiscalité foncière qui
valorise la production forestière et qui soit conséquente avec les revenus qu'elle génère
Les défis du SPFRQ :
Le renouvellement des conventions de mise en marché répondant aux besoins et demandes des
producteurs de bois
Le développement de marché pour le bois sans preneur, particulièrement pour le bois résineux de plus
faible qualité qui était destiné historiquement aux usines de pâtes et papiers. La baisse constante de la
demande de papier et l'augmentation des sous-produits du sciage sur les marchés pour
l'approvisionnement des usines de pâtes et papiers ont eu un impact direct sur la demande pour le bois
rond des producteurs.
La défense des intérêts et droits de l'ensemble des propriétaires forestiers de la région de Québec,
particulièrement lorsque le nombre d'intervenants en forêt privée ne cesse d'augmenter et que leurs
intérêts divergent.
La reconnaissance des propriétaires de forêts privées pour leurs services environnementaux rendus à
la société. La nouvelle catégorie d'immeuble forestier est une belle occasion pour les municipalités et
leurs citoyens de soutenir l'aménagement durable des forêts privées de proximité.
74
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Quelques informations :
-
Boisaco est le 13e acheteur en importance sur le territoire du Plan conjoint des producteurs de
bois de la région de Québec (tout juste après Produits forestiers Résolu, à Baie-Comeau)
-
En 2021, 33 900 m3 solides ont été récoltés dans les forêts privées, toutes essences incluses, et
ils étaient dédiés au sciage ainsi qu'au déroulage. En 2020, ce chiffre était plus élevé, soit
45 100 m3 solide.
-
C'est principalement l'essence sapin-épinettes qui est la plus prélevée dans les forêts privées sur
l'ensemble du territoire du Plan conjoint.
-
Le territoire de la Côte-Nord regroupe 438 propriétaires forestiers. Parmi ceux-ci, environ 120
seraient considérés comme producteurs forestiers, dont 32 sont membres du Syndicat (adhésion
volontaire). Le territoire du Syndicat réfère à celui de la MRC de la Haute-Côte-Nord et le
territoire de la MRC de Manicouagan (à l'exception de la municipalité de Franquelin et des
villages de Baie-Trinité et de Godbout).
-
Il existe une grande forêt publique sur le territoire de la MRC, il s'agit de la Seigneurie des milles
vaches.
La valorisation du bois récolté sur la Côte-Nord se fait dans les industries du bois de sciage, dans les
industries de cogénération et des produits énergétiques et dans les industries des produits dérivés du
bois (tableau 27).
Tableau 27 : Usines de transformation du bois sur la Côte-Nord
Type d'industrie
Nom des entreprises
Types de
produits
Localisation
Volume
Industries du
bois de sciage
PF Résolu Canada inc.
Bois de sciage
Baie-Comeau
800 000
Boisaco inc.
Sacré-Cœur
630 000
Bersaco inc.
Les Bergeronnes
0 + 72 000
feuper
Arbec, Bois d'œuvre inc.
Port-Cartier
720 000
Industries de
cogénération et
des produits
énergétiques
Granulco inc.
Granules
énergétiques
Sacré-Coeur
48 790 +
28 210 uper
Bioénergie AE Côte-Nord
Canada inc.
Huile
pyrolytique
Port-Cartier
208 250
Industries des
produits dérivés
du bois
Sacopan inc.
Panneaux
agglomérés
Sacré-Coeur
95 000
75
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
_______
EXTRAIT DE L'INVENTAIRE SUR LA BIOMASSE
-
Biomasse animale :
o Très faible potentiel pour la Côte-Nord
o Absence de réseau gazier pour la Côte-Nord
-
Biomasse matières résiduelles :
o Concentration des gisements près des pôles d'activité dont la Côte-Nord
o Faible potentiel et très faible densité sur la Côte-Nord
o Gestion intégrée des biomasses valorisables sur la Côte-Nord
-
Production de biocarburant :
Potentiel s'élèvant à 10,7 PJ/an : l'un des six producteurs présentés dans l'étude est sur la
Côte-Nord
Le tonnage (tma/an) du potentiel théorique du Bois sans preneur issu de la forêt privée serait de
34 742 tma/an pour la Côte-Nord. Le tonnage du Bois sans preneur pour la forêt publique serait
de 343 125 tma/an (MERN, 2021)
2.9.2 Produits forestiers non ligneux
Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont principalement définis comme tout produit provenant de
la forêt, autre que les essences d'arbres attitrées à la coupe forestière.
Les PFNL peuvent être classifiés selon quatre groupes distincts (SPBCQ, 2012) :
- Produits alimentaires (ex. : fruits sauvages, champignons et produits de l'érable) ;
- Produits de santé naturels et aliments fonctionnels ;
- Produits aromatiques (ex. : huiles essentielles, gommes) ;
- Produits ornementaux (ex. : sapins et couronnes de Noël, cocottes).
76
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.9.2.1 La situation du secteur des produits forestiers non ligneux
au Québec et dans la région
Les 4 développements récents dans l'industrie pour le secteur des PFNL ont été identifiés comme étant
les suivants :
- La production de petits fruits émergents suscite de plus en plus d'intérêt. Les régions du
Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Mauricie et du Bas-
Saint-Laurent occupent une place importante dans le développement de ces productions.
- L'industrie des champignons forestiers est en développement depuis quelques années.
Dernièrement, il existe un grand dynamisme visant à professionnaliser le secteur.
- La culture de noix, émergente dans la province, est encore au stade expérimental. On retrouve
néanmoins quelques plantations d'importance au Québec.
- Les plantes sauvages (comestibles et médicinales) connaissent un fort engouement et sont
prisées par un nombre croissant de consommateurs (chefs), notamment en lien avec la demande
pour les produits naturels et biologiques.
L'enjeu de protection des milieux naturels dans lesquels se trouvent les petits fruits qui poussent à l'état
sauvage soulève l'importance de la mise en place de pratiques durables de cueillette pour la sauvegarde
de la ressource. Le thé du Labrador et la chicoutai seraient les principaux petits fruits à faire l'objet d'une
cueillette abusive, sur des zones très restreintes (Journal de Québec, 2020).
Selon l'Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux (ACPFNL), un nombre
croissant d'entreprises cultivent les fruits émergents. La camerise et l'argousier sont les variétés les plus
cultivées et elles possèdent d'ailleurs leur propre association de produits. La cueillette de fruits sauvages
gagne en popularité, principalement sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec, vu l'abondance de la
ressource. Les consommateurs connaissent encore peu ces fruits et les récoltes sont donc exportées
dans d'autres provinces canadiennes et à l'extérieur du pays (ACPFNL, 2020).
2.9.2.2 Recherche et développement
Le Centre collégial de transfert technologique (CCTT) affilié au Cégep de Baie-Comeau, est le Centre
d'expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB). Les travaux de recherche qui y sont
réalisés portent principalement sur les produits forestiers non ligneux (PFNL).
À titre d'exemple, le CCTT a travaillé à l'adaptation de techniques d'élevage pour les abeilles
pollinisatrices de petits fruits forestiers nordiques, à l'amélioration de l'efficacité des techniques de
contrôle des adventices (espèces compétitrices), à l'aménagement de permacultures productives de
petits fruits forestiers (camerise, airelle, groseille, gadelle, amélanchier et chicoutai), à l'extraction des
composés aromatiques de plantes (huiles essentielles) et à l'adaptation des techniques de culture in
vitro pour la multiplication des végétaux nordiques (CEDFOB, 2021).
77
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Actuellement, le centre mène deux études en lien avec la production agricole. La première vise à mettre
en culture la chicoutai, aussi appelée framboise nordique et qui n'est pas encore cultivée au Québec,
pour répondre à la demande actuelle. La deuxième vise à explorer différents types d'aménagements
pour améliorer le rendement fruitier pour l'airelle vigne sur les sites où l'airelle est déjà présente ou
encore, à produire et utiliser des variétés performantes pour cultiver les airelles dans des aménagements
plus traditionnels en culture sur butte (Portrait du système alimentaire de la Côte-Nord, 2021). L'objectif
ultime de cette dernière initiative vise à permettre aux producteurs de répondre à la demande
grandissante pour ce fruit.
Le CEDFOB tente de contribuer à l'essor de quatre productions fruitières en Côte-Nord: la ronce arctique,
la chicouté, la camarine noire et l'airelle vigne d'Ida. Le centre teste actuellement un modèle de
propagation de masse de génotype d'intérêts (avec des pépiniéristes), d'aménagement et de
densification de sites (avec des producteurs agricoles), de pollinisation nordique efficace (avec des
apiculteurs) et de valorisation des sous-produits locaux (transformation alimentaire, usines de pêche,
scierie, poissonnerie). (Source : Cégep de Baie-Comeau, Essor de quatre productions fruitières
spécifiques à la Côte-Nord). Aucune entreprise de la MRC de la Haute-Côte-Nord ne participerait
actuellement au projet. Les canaux de commercialisation des PFNL sont principalement l'autocueillette,
la vente à la ferme, la vente aux transformateurs (fruits frais et congelés), aux hôtels et restaurants, aux
marchés de détail, aux marchés publics et au marché des cosmétiques et de produits de santé naturels.
Les superficies en culture pour certains petits fruits seraient estimées ainsi:
Tableau 19 : Petits fruits cultivés sur la Côte-Nord
Fruits cultivés
Estimation des superficies
Amélanche
moins de 15 hectares
Argousier
100-150 hectares
Aronia
moins de 20 hectares
Camerise
600-700 hectares - 150 000 kg
Cassis
moins de 50 hectares
Cerisier nain rustique
moins de 25 hectares
Sureau
50-100 hectares
Source : Plan stratégique du secteur des produits forestiers non ligneux, 2017.
78
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.10 L'agroenvironnement
Un seul cours d'eau en milieu agricole est problématique actuellement. Il s'agit d'un tributaire du cours
d'eau de l'Église qui s'écoule en plein cœur du village de Sacré-Cœur. Il ne possède pas de toponyme.
Comme la culture du bleuet est prédominante dans la région, il apparaît important de nommer certains
enjeux environnementaux tels que l'érosion éolienne des sols, l'utilisation d'herbicides, la protection des
pollinisateurs et la gestion de la forêt en terres publiques. Toutefois, ces enjeux n'apparaissent
cependant pas comme étant très importants dans la région, par rapport à d'autres types d'enjeux.
2.10.1 Pratiques culturales
Selon un sondage mené auprès de 29 producteurs agricoles de la Côte-Nord, 90 % des répondants
indiquaient qu'ils ont adopté des pratiques responsables à l'égard de l'environnement. Ces bonnes
pratiques sont l'absence d'utilisation de produits chimiques (41 %), l'aménagement de bandes riveraines
(31 %) et l'application de principes de permaculture (24 %). Les autres pratiques, en moindre
importance, consistent à la réduction de l'utilisation de pesticides et à la pollinisation stratégique.
2.10.2 Impact du secteur agricole sur l'émission de GES
Selon les données du MELCC de 2020, l'agriculture représentait, en 2018, 9,6 % des gaz à effet de serre
au Québec. Puisque la fermentation entérique, qui résulte du processus de digestion animale et que la
gestion du fumier compte pour la majorité des émissions québécoises de GES (64 %), le portrait du
système alimentaire note que « la production animale étant moins répandue dans la région qu'ailleurs
au Québec, l'agriculture nord-côtière semble contribuer dans une mesure moindre que celle d'autres
régions à l'émission de GES. » Toutefois, vu l'éloignement géographique de la région des centres de
distribution des aliments, les émissions de GES liées au transport routier jouent un rôle plus grand que
dans d'autres régions. Les produits, qui passent majoritairement par Québec, parcourraient ainsi 5 à
50 fois plus de distance pour se rendre aux consommateurs de la Côte-Nord.
2.10.3 Milieux humides
Les milieux humides se définissent comme étant des sites inondés ou saturés en eau pendant une
période suffisamment longue pour influencer la nature du sol et la composition de la végétation
(Beaulieu et coll., 2012). Ces milieux jouent un rôle essentiel pour l'environnement, notamment en
filtrant et en purifiant les eaux de surface. On identifie cinq classes de milieux humides, à savoir les
tourbières ombrotrophes, les tourbières minérotrophes, les marais, les marécages et les eaux peu
profondes (Canards Illimités, 2016). Les superficies minimales des milieux humides de la zone de gestion
intégrée des ressources en eau par bassins versants sont identifiées au tableau 29. Les municipalités font
souvent appel à l'organisme de bassin versant (OBV) pour faire la caractérisation de milieux humides sur
leur territoire.
79
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 20 : Superficies minimales des milieux humides de la zone de gestion intégrée des
ressources en eau par bassins versants (ZGIE) de la Haute-Côte-Nord
Bassins versants
Superficie du
bassin versant
(km2)
Superficie des
milieux
humides (km2)
Superficie des
milieux humides
(% du BV)
À la truite
31
8.5
27.4
Aux vases
10
4.9
49.2
Betsiamites
18155
100.5
0.6
Blanc
2
0.0
0.6
Blanche
69
1.1
1.6
Bon-Désir
17
6.9
40.3
Colombier
94
11.3
12.0
Du pied des crans
3
-
-
Éperlan
61
2.4
3.9
Escoumins
798
10.8
1.4
Grandes-Bergeronnes
116
3.0
2.6
Jean Raymond
30
1.0
3.4
Laval
658
6.1
0.9
Moreau
30
0.2
0.7
Moulin à Baude
139
1.0
0.7
Petite Romaine
51
8.9
17.4
Petites Bergeronnes
240
3.8
1.6
Petits Escoumins
170
6.8
4.0
Pit-Fortin
8
-
-
Portneuf
3125
26.4
0.8
Rouge
27
-
-
Sault-au-Mouton
452
3.8
0.8
Sault aux Cochons
1919
14.9
0.8
Source : Canards illimités Canada, 2009 et Gouvernement du Québec 2011
80
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
2.10.4 Sommaire des impacts des changements climatiques
sur la Côte-Nord à l'aube de 2050
À l'horizon 2050, selon Ouranos, les changements du climat risquent d'entraîner de multiples impacts
sur l'agriculture de la région, dont:
- La hausse des précipitations l'automne, l'hiver et le printemps, davantage sous forme liquide,
risque d'accroître l'érosion des sols et la dégradation de la qualité de l'eau ;
- La diminution du couvert de neige ainsi que l'alternance de pluie et de neige pourraient
accentuer les risques pour la survie des plantes pérennes (fourrages et petits fruits) et cultures
d'automne. En raison de l'augmentation des épisodes de gel-dégel en hiver, accompagnés de
pluie, le poids de la neige et de la glace sur les bâtiments pourrait être important certaines
années ;
- La hausse des températures hivernales pourrait augmenter la survie des insectes ravageurs de
cultures, mais aussi des parasites d'animaux. Dans certains types d'élevage, les redoux hivernaux
pourraient augmenter les problématiques d'humidité et de maladies pulmonaires chez les
animaux ;
- La saison hivernale, durant laquelle les sols sont gelés et permettent la réalisation de travaux
forestiers, serait raccourcie. Pour les secteurs spécifiques où se fait la récolte d'eau d'érable, la
coulée serait vraisemblablement devancée, mais de durée équivalente à celle observée en
moyenne historiquement ;
- Au printemps, la hausse des températures aurait pour effet de devancer le démarrage de la
croissance des végétaux. Les températures plus élevées se poursuivront plus longtemps à
l'automne, allongeant la saison de croissance d'environ 25 jours ;
- L'été, les épisodes de canicule seront plus fréquents, risquant de faire souffrir plus fréquemment
les animaux de stress thermique, avec des conséquences sur leur productivité et leur fertilité ;
- Les températures estivales élevées pourraient aussi être dommageables aux rendements des
céréales de printemps lorsque la chaleur élevée survient au moment du remplissage des grains ;
- Finalement, la hausse des températures l'été aura pour effet d'augmenter les besoins en eau
pour les plantes et les animaux. Or, les précipitations resteront identiques à celles observées
historiquement durant cette saison ; conséquemment, les épisodes de stress hydrique seront
probablement plus fréquents.
81
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 21 : Priorités d'adaptation des entreprises agricoles des secteurs de production
végétale et animale
SECTEUR
PRODUCTION VÉGÉTALE
PRODUCTION ANIMALE
1. Maintenir et améliorer la santé des sols
1. Réduire l'impact des périodes chaudes sur
les animaux
2. Favoriser la survie à l'hiver des plantes
fourragères, des céréales d'automne et autres
cultures pérennes
2. Adapter les bâtiments pour l'hiver
3. Favoriser la survie à l'hiver des plantes
fourragères, des céréales d'automne et autres
cultures pérennes
3. Veiller à la santé des animaux
4. Adapter la gestion des plantes fourragères
4. Assurer une bonne gestion des structures
d'entreposage des déjections animales
5. Optimiser l'irrigation en production
maraîchère et fruitière
6. Adapter les serres et les bâtiments
d'entreposage
Certains enjeux d'adaptation requièrent la mise en place de démarches collectives, soit pour catalyser et
renforcer les efforts individuels des producteurs, soit pour définir et soutenir une gestion fonctionnelle
et efficace des ressources, comme l'eau par exemple (tableau 31).
82
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 22 : Priorités d'adaptation collective déterminées pour la Capitale-Nationale et la
Côte-Nord et déclinées en fiches projets
PRIORITÉS
THÈMES DE PROJETS
1. Mettre en œuvre des solutions pour
éviter les pénuries d'eau - voir note
sous le tableau
- Identifier des sources durables d'approvisionnement
pour les producteurs
- Accompagner les producteurs dans la mise en place de
pratiques d'irrigation durables
2. Améliorer la qualité de l'eau à
l'échelle de la ferme et du bassin
versant
- Mettre en œuvre des actions collectives dans les
bassins versants incluant les enjeux des changements
climatiques
3. Améliorer la santé des sols
- Améliorer les connaissances pour la santé des sols
- Développer des groupes d'échange et des vitrines en
santé et couverture des sols
4. Se préparer aux épisodes répétés de
canicule en production animale
- Développer des services-conseils indépendants sur le
contrôle des conditions ambiantes dans les bâtiments
- Communiquer davantage d'information sur le rôle des
arbres pour créer des microclimats (protection contre le
soleil et le vent)
5. Accompagner les entreprises les plus
vulnérables
- Accompagner les entreprises pour qu'elles puissent
investir dans l'adaptation
NOTE * La région n'a pas fait l'objet du projet RADEAU, qui était une recherche participative
d'alternatives durables pour la gestion de l'eau en milieu agricole dans un contexte de changement
climatique.
Hiver plus chaud et plus court : moins de neige et plus de pluie !
Au cours des prochaines décennies, nos hivers vont graduellement se transformer. Les températures
seront plus élevées et la durée de l'hiver sera raccourcie. L'alternance d'épisodes de pluie et de neige
sera plus fréquente pendant les mois de décembre, janvier et février. Ainsi, la neige sera présente moins
longtemps et l'accumulation de neige au sol sera moins importante. Cependant, dans les secteurs
montagneux ainsi qu'au nord de la région, la neige sera encore abondante, car les températures y
resteront plus froides que sur le reste du territoire.
Printemps plus hâtif, légèrement plus pluvieux : une saison plus longue !
Le printemps démarrera plus tôt, ce qui aura pour effet d'allonger la saison de croissance. Les risques de
gel printanier tardif ne seront pas plus importants qu'actuellement. Puisque l'épaisseur de neige au sol
sera moins importante, la fonte sera devancée et plus rapide. Cependant, il pleuvra un peu plus
83
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
qu'actuellement au cours des mois de mars, avril et mai. Avec des températures en hausse, les prairies
devraient quand même se ressuyer plus tôt : les plantes fourragères devraient débuter leur croissance
plus tôt et les animaux pourraient aller au pâturage plus rapidement, sauf les années particulièrement
pluvieuses. Pour les producteurs, cela devrait se traduire par la possibilité de semer des espèces, variétés
et hybrides nécessitant un nombre de degrés-jours légèrement supérieur. Par contre, pour les années
particulièrement pluvieuses, la période des semis pourrait être retardée.
Des étés plus chauds : attention aux canicules et au manque d'eau !
L'été, les températures seront en moyenne plus élevées de 2,5 °C à l'horizon 2050 par rapport à ce que
nous avons connu pour la période 1981-2010. Les épisodes de canicule seront plus fréquents : il y aura
en moyenne 4 jours par an avec des températures supérieures à 30 °C. Les précipitations seront plus
souvent intenses, car elles seront issues de cellules orageuses, ce qui augmente les risques de
ruissellement. Des températures plus élevées entraîneront davantage d'évapotranspiration et en
conséquence une augmentation du déficit hydrique (qui correspond à la différence entre les pluies et
l'évapotranspiration). Les plantes pourraient donc souffrir plus souvent de manque d'eau, surtout dans
les sols compactés ou légers. Les températures élevées pourraient être dommageables pour les céréales.
La chaleur pourrait également affecter plus souvent les animaux.
Des automnes plus tardifs : de nouvelles possibilités ?
Puisque les températures seront plus chaudes et que le premier gel aura lieu plus tard, la saison de
croissance des plantes sera plus longue. Les précipitations entre septembre et novembre seront en
légère hausse par rapport à celles observées historiquement. Ces conditions auront pour effet de
devancer la maturité des cultures, permettant des récoltes dans des conditions de sol plus sec.
Davantage de temps serait ainsi disponible pour les producteurs afin de réaliser des travaux aux champs,
par exemple l'implantation de culture de couverture ou des semis de prairie en tout début d'automne.
En s'appuyant sur les données du passé et sur les modèles climatiques, les climatologues d'Ouranos
envisagent pour le Québec :
- Qu'il y aura CERTAINEMENT plus d'épisodes de canicule, de chaleur extrême, et moins de vagues
de froid extrême ;
- Qu'il y aura POSSIBLEMENT plus d'épisodes de précipitations intenses sous forme de cellules
orageuses localisées ;
- Que les formations orageuses dans lesquelles se développe la grêle, seront plus intenses et
fréquentes, bien que les risques de grêle n'aient pas été étudiés. Toutefois, à ce stade, il est
impossible d'affirmer qu'il en découlera plus d'épisodes de grêle ;
- Qu'il n'est pas possible d'émettre d'hypothèses appuyées par la science quant aux risques de
verglas et de rafales de vent. Des études sont en cours sur le sujet.
Ouranos mène actuellement des recherches sur les évènements climatiques extrêmes. Celles-ci visent
notamment à déterminer si l'occurrence de ces évènements augmentera dans le futur, et ce, dans une
optique d'adaptation et de prévention des risques.
Source : Agroaclimat
84
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
L'adaptation en production végétale
Portrait régional de la Côte-Nord en production végétale (MAPAQ, 2017)
- 111 entreprises agricoles en production végétale au total ;
- Près de 4 320 ha en horticulture (fruits et légumes) ;
- Plus de 2 100 ha en fourrages ;
- Plus de 500 ha en grandes cultures.
À l'horizon 2050, le dernier gel printanier aura lieu plus tôt et le premier gel automnal plus tard,
permettant ainsi une saison de croissance des végétaux plus longue. Les températures seront plus
chaudes et les épisodes de canicule seront plus fréquents. L'été, le volume total de pluie sera similaire à
ce que nous connaissons actuellement. Cependant, les précipitations seront plus fréquemment issues de
cellules orageuses, donnant lieu à des pluies localisées et intenses. Puisque les températures seront plus
élevées, le besoin en eau des plantes sera plus important. Les pluies resteront semblables, les plantes
pourraient donc souffrir plus souvent de manque d'eau.
Il est important de considérer que...
- Les sols seront plus souvent secs et donc sujets à l'érosion et au ruissellement, tout
particulièrement s'ils sont dénudés ou si le champ est en pente et qu'ils sont exposés à des
précipitations intenses ;
- Les sols compactés ou légers seront plus fragiles au stress hydrique, affectant le rendement des
cultures. Les périodes de canicule, si elles se produisent au moment du remplissage des grains
des céréales, pourraient réduire leur rendement ;
- Les cultures subiront davantage de pression des ravageurs et des mauvaises herbes. L'arrivée de
nouveaux ravageurs pourrait également entraîner des pertes ;
- Certains hybrides et espèces habituellement semés pourraient ne pas bien réagir aux nouvelles
conditions climatiques alors que d'autres profiteront d'une atmosphère enrichie en CO2. Parlons
de l'hiver... Avec l'augmentation des températures, les précipitations hivernales, qui seront en
hausse, tomberont davantage sous forme de pluie. Les épisodes de redoux seront plus fréquents
durant l'hiver, entraînant une alternance de gel-dégel. La couverture de neige sera moins épaisse
et sera présente moins longtemps, laissant plus souvent les sols exposés au vent et aux écarts de
température qui, eux, seront encore présents. Cependant, les froids extrêmes seront moins
fréquents et moins froids.
- Les phénomènes d'érosion des sols seront accentués, notamment lors de fortes pluies hivernales
sur les sols dénudés et dans les champs en pente ;
- Les cultures d'automne pourraient être affectées par le gel lorsque la couverture de neige est
insuffisante.
85
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
L'adaptation en production animale
Portrait régional de la Côte-Nord en production animale (MAPAQ, 2017)
- 37 entreprises en production animale ;
- 632 unités animales de bovins de boucherie : 10 % des revenus agricoles de la région ;
- 261 unités animales de bovins laitiers : 13 % des revenus agricoles de la région.
De quoi doit-on se préoccuper en production animale ?
Parlons de la période estivale...
À l'horizon 2050, les épisodes de canicule seront plus fréquents. Les journées avec une température
supérieure à 30 °C augmenteront de façon importante. En climat futur, l'humidité devrait rester similaire
à celle que nous connaissons actuellement. Cependant, avec des températures plus élevées, les épisodes
de stress thermique seront plus fréquents, plus sévères et plus longs.
Il est important de considérer que...
Les animaux sont affectés par la chaleur comme les êtres humains ; ils subissent un stress thermique dès
qu'ils ne sont plus capables d'évacuer adéquatement la chaleur. Chaque espèce a une tolérance
différente à la chaleur qui dépend, notamment, de sa capacité à évacuer la chaleur. Dans tous les cas, le
stress thermique a des conséquences sur le métabolisme de l'animal. La productivité, les capacités
reproductives et le gain de poids sont affectés lors de ces périodes.
Tableau 23 : Évolution du climat de la Côte-Nord à l'horizon 2050 - selon l'étude Agriclimat
Température
Précipitations
Saison de croissance
Hiver
AUGMENTATION DE LA
TEMPÉRATURE MOYENNE DE
3,2 °C (-14,4 °C à -10,9 °C)
FROIDS EXTRÊMES MOINS
FRÉQUENTS. Augmentation
moyenne de 5 à 10 °C de la
température la plus froide de
l'année
+35 MM DE
PRÉCIPITATIONS (PLUIE ET
NEIGE) (208 à 280 mm)
-30 % DE NEIGE AU SOL AU
MAXIMUM (2,1 m à 1,2 m)
Moyenne de - 36 jours
d'enneigement (=137 jours)
Printemps
DERNIER GEL À -2 °C 15 JOURS
PLUS TÔT (22 avril au 9 mai)
+461 DEGRÉS JOURS (DJ) BASE
5 °C (de 1 537 à 1 958 DJ)
+25 MM DE PLUIE
(de 246 à 292 mm)
+28 JOURS DE
SAISON DE
CROISSANCE (182 à
206 jours)
86
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Été
+ 4 JOURS AVEC UNE
TEMPÉRATURE MAXIMALE > 30 °C
DÉFICIT HYDRIQUE EN
AUGMENTATION DE 23 MM (de -
30 à -114 mm)
+12 MM DE PLUIE
(de 278 à 338 mm)
PLUIES INTENSES PLUS
FRÉQUENTES
Automne
AUGMENTATION DE LA
TEMPÉRATURE MOYENNE DE 2,7
°C (de 3,2 à 6,2 °C)
PREMIER GEL À 0 °C 14 JOURS
PLUS TARD (du 13 octobre au
1er novembre)
+14 MM DE PLUIE
(de 264 à 319 mm)
FIN DE LA SAISON DE
CROISSANCE
15 JOURS PLUS TARD
(du 29 octobre au
13 novembre)
Tableau 24 : Impact des changements climatiques selon la saison - Tiré de l'étude Agriclimat
Saison
SECTEUR
PRODUCTION VÉGÉTALE
PRODUCTION ANIMALE
Grandes cultures
Horticulture
Production de
bleuets
Production
bovine et
fourragère
Production
laitière et
fourragère
Hiver
Meilleure survie
des ennemis des
cultures
Augmentation des
risques de
mortalité
hivernale des
céréales
d'automne et des
cultures
fourragères
pérennes
Hausse du
ruissellement et
de l'érosion des
sols
Meilleure survie
des ennemis des
cultures
Augmentation des
risques de gel
hivernal des
cultures pérennes
ou qui sont au
champ durant
l'hiver si manque
de neige
Les redoux plus
fréquents
pourraient affecter
la dormance et
augmenter la
sensibilité au gel
Meilleure survie
des parasites et
champignons
Augmentation
des risques
d'accumulation
d'eau dans les
dépressions
Les redoux plus
fréquents
pourraient
fragiliser les
plants (dormance,
bourgeons,
rhizomes)
Augmentation des risques
de gel hivernal des plantes
fourragères
Meilleure survie des
insectes, parasites et
bactéries
Entretien
plus difficile
des enclos
d'hivernage
du fait de
l'alternance
pluie neige
Augmentatio
n des charges
de neige et
glace sur les
toits
certaines
années
87
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Printemps
Augmentation des
risques d'érosion
des sols non
couverts
Possibilité de
semer plus tôt
lorsque le sol le
permet
Augmentation des
risques d'érosion
des sols non
couverts
Semis plus tôt si le
sol le permet
Possibilité de
planter des espèces
et variétés plus
exigeantes en
chaleur
Démarrage de la
végétation plus
précoce, sauf
dans les
dépressions si de
la neige s'y est
accumulée
Semis plus tôt si
le sol le permet
Risque plus élevé
d'inondation
printanière des
fonds
Risque plus élevé
d'érosion des sols
et de lessivage
des engrais et
pesticides
Semis plus tôt si le sol le
permet
Première coupe de foin
plus tôt
Possibilité d'épandre le
fumier plus tôt si
nécessaire et si le sol le
permet
Été
Augmentation des
risques de perte
de rendement en
raison des fortes
chaleurs et du
manque d'eau
Nouveaux
ennemis des
cultures, pression
plus importante
des espèces déjà
présentes
Augmentation des
besoins en
irrigation
Les cultures de
climat frais
pourraient être
affectées par les
fortes chaleurs
(ex. : crucifères,
épinards)
Nouveaux ennemis
des cultures,
pression plus
importante des
espèces déjà
présentes
Mûrissement des
bleuets plus hâtif
et plus rapide
Risques plus
élevés que les
plants manquent
d'eau
Nouveaux
ravageurs,
pression plus
importante des
espèces déjà
présentes
(présence accrue
également des
espèces
bénéfiques)
Les plantes fourragères
pourraient manquer d'eau
plus souvent, affectant le
rendement de la coupe
estivale
Les animaux pourraient
souffrir davantage de la
chaleur
Risque de manque d'eau
88
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Automne
Possibilité de
réussir les
cultures de maïs
et de soya, dans
la mesure où
l'état de santé
des sols et le
contrôle des
ravageurs et
maladies sont
adéquats
Conditions plus
favorables au
semis de cultures
de couverture, de
céréales
d'automne et à la
diversification des
rotations
Récoltes
prolongées pour les
cultures
indéterminées (ex. :
fraise d'automne),
puisque le gel qui
affecte les fruits
sera plus tardif
Difficultés pour la
conservation des
fruits et légumes si
la récolte s'effectue
dans des conditions
de températures
élevées
Les gels qui
surviennent tôt à
l'automne seront
moins fréquents
et risquent donc
d'impacter plus
rarement les
récoltes
Risque que les
fruits soient
fragiles si la
récolte est
effectuée lors de
périodes chaudes
Rendement potentiel plus
élevé de certaines espèces
de plantes fourragères
Prolongement de la saison
de paissance
Plus de temps pour réaliser
des semis d'automne de
plantes fourragères et de
cultures de couverture
2.10.5 Gestion intégrée de l'eau par bassin versant
Le gouvernement du Québec a adopté, en 2002, la Politique nationale de l'eau. Elle visait notamment la
mise en place de la Gestion intégrée de l'eau par bassin versant (GIEBV). Ce type de gestion est un
processus permanent basé sur la concertation de l'ensemble des décideurs, des usagers et de la société
civile. Elle vise la planification et une meilleure harmonisation des mesures de protection et d'utilisation
des ressources en eau, et ce, dans une optique de développement durable (MELCC, 2016). Cette mission
a été attribuée à 40 organismes de bassin versant (OBV) au Québec qui ont pour mission de réaliser un
plan directeur de l'eau (PDE). Ce plan établit un portrait et un diagnostic du territoire, identifie les
enjeux, orientations, objectifs et indicateurs et propose un plan d'action. Le territoire de l'organisme des
bassins versants de la Haute-Côte-Nord (OBVHCN) couvre la majorité du territoire de la Haute-Côte-Nord
sans égard aux limites politiques en respect des limites des bassins versants. Dix bassins versants
principaux se situent sur ce territoire ainsi que plusieurs ruisseaux côtiers.
Le plan directeur de l'eau de l'organisme a été adopté en 2014. Selon le dernier PDE de l'OBVHCN, les
données sur les pratiques de gestion bénéfiques, les déjections animales, l'utilisation d'engrais minéraux
et sur l'utilisation de pesticides n'étaient pas disponibles. Des enjeux liés à l'utilisation de pesticides et
d'herbicides, pour contrôler la végétation dans l'emprise des lignes électriques, dans la culture du bleuet
et en foresterie, ont été identifiés (SOPFIM, 2013 dans PDE, 2014). Les risques pour la santé de
l'utilisation de phytocides, dans l'emprise des lignes de transport d'électricité, sont négligeables, puisque
ces derniers ne s'accumulent pas dans la chaîne alimentaire et qu'ils sont dégradés rapidement par la
89
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
lumière et les micro-organismes présents dans le sol (Hydro-Québec, 2010, dans PDE, 2014). Aucun plant
de bleuet ou plante herbacée ne sont volontairement arrosés (PDE, 2014).
L'application règlementaire visant à maintenir et à entretenir les bandes riveraines demeure un défi.
Dans le cas des bandes riveraines, celles-ci permettent la stabilisation des berges et l'amélioration de la
qualité de l'eau douce, en plus de comporter des bénéfices pour le maintien des habitats fauniques.
2.10.6 Règlementation
La MRC ne dispose pas pour le moment de Politique de gestion de l'écoulement des eaux. La MRC, via
résolution du conseil, autorise ou non les travaux pour l'entretien des cours d'eau, mais les frais
demeurent généralement à la municipalité ou aux particuliers. Le suivi des dossiers en matière de
gestion de cours d'eau est relativement complexe étant donné que la MRC ne dispose pas d'une telle
politique de gestion du libre écoulement des eaux pour le moment. La MRC octroie peu de permis en
territoire agricole, soit seulement 2 sur un total de 13 résolutions permettant des travaux ; sur un total
de 33 demandes de travaux en milieu hydrique depuis la délégation de la compétence en 2006.
Les municipalités de la MRC ne font pas partie des municipalités visées par l'article 50.3 du Règlement
sur les exploitations agricoles (REA), qui interdit de mettre en culture de nouvelles superficies dans les
municipalités se trouvant dans un bassin versant dégradé. Les municipalités concernées par ce
règlement sont situées dans les MRC où l'activité agricole est exercée de manière importante.
Finalement, pour ce qui est de l'application de la règlementation sur les bandes riveraines, la distance
minimale des bandes riveraines en zone agricole correspond à celle prescrite par la PPRLPI, soit 3 mètres.
Services
aux entrepreneurs
3
SECTION
91
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
3.1 Financement
3.1.1 Financement par la MRC
Depuis 2016, la MRC a effectué 6 prêts financiers à des entreprises pour des projets agricoles, tel que
détaillé dans le tableau 28, pour un total de 369 572 $ offert en prêt (tableau 34).
Tableau 25 : Nombre de prêts réalisés par la MRC pour des projets agricoles
Nom de l'entreprise
Année du
prêt
Montant du
prêt
Raison/objectif du prêt
Microbrasserie de Tadoussac
2016
90 000 $
Démarrage
Aquaculture indigène
2018
75 000 $
Démarrage
Microbrasserie de Tadoussac
2019
80 000 $
Expansion
Casse-croûte le Connaisseur
2020
49 752 $
Prêt d'urgence Covid
Restaurant le Boisé
2020
25 000 $
Prêt d'urgence Covid
Centre de vacances la ferme 5 étoiles
2020
50 000 $
Prêt d'urgence Covid
3.1.2 Financement par le MAPAQ
Les agriculteurs de la Haute-Côte-Nord ont accès à tous les programmes normés du MAPAQ, incluant
ceux de drainage et de chaulage. Toutefois, les producteurs de la Haute-Côte-Nord ne sont pas inclus
dans le Plan Nord, ce qui les empêche d'avoir accès à ces subventions, incluant la nouvelle entente
MAPAQ-SPN. Le tableau 35 présente le montant total des subventions ainsi que le nombre d'entreprises
concernées pour la MRC de la Haute-Côte-Nord entre 2018 et 20217.
7 Une entreprise peut recevoir plus d'une subvention, dans différentes catégories de services admissibles.
92
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 26 : Bilan des aides accordées par Agriconseils pour la MRC de la Haute-Côte-Nord
entre 2018 et 2021
Type d'activité
Domaine
d'intervention
Nb
d'entreprises
Montant total
des subventions
octroyées
Suivi des cultures
Technique
72
98 281 $
Bovin de boucherie
Bâtiment et équipement
Bovin de boucherie - BOVIEXPERT
(saisie de données)
Productivité / élevage
Suivi des cultures
Gestion des matières fertilisantes
Agroenvironnement
87
47 679 $
Santé et conservation des sols
Gestion de l'eau
PAA régulier
Gestion intégrée des ennemis des
cultures
Biodiversité en milieu agricole
Organisation d'une rencontre
nécessitant la collaboration
interprofessionnelle d'au moins deux
conseillers spécialisés
Collaboration
interprofessionnelle
1
459 $
Global
Gestion
16
53 835 $
Organisation de données
Plan d'affaires
Plan de transfert
Plan de démarrage
Production d'un budget annuel ou
mensuel
PAA et suivi en agroenvironnement
18
25 994 $
Nb d'entreprise ayant eu recours à au-moins une subvention
69
226 247 $
Il existe un contrat de service entre le MAPAQ et une clinique vétérinaire situé à Baie-Saint-Paul, afin de
desservir les producteurs qui ont une carte de producteurs agricoles. Il y a bien une clinique vétérinaire à
Sacré-Cœur, mais elle pratique uniquement auprès des petits animaux. Le traversier entre Baie-Ste-
Catherine et Tadoussac rallonge les délais routiers pour desservir les producteurs agricoles. Il n'existe
pas de droit d'accès permettant un accès prioritaire au vétérinaire sur le traversier.
93
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
3.1.3 Financement et services par d'autres organisations
Créneau d'excellence
La Côte-Nord fait partie du territoire ciblé par le Créneau d'excellence Ressources, sciences et
technologies marines (RSTM), un créneau issu de la démarche ACCORD, qui constitue une stratégie
gouvernementale de développement économique régional.
Le Créneau existe depuis 2006 et s'étend sur 2 autres régions, en plus de la Côte-Nord, soit le Bas-Saint-
Laurent et la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine. La vision du Créneau est de devenir une référence, d'ici
2025, auprès des entreprises lorsqu'elles élaborent des projets de développement. Il souhaite aussi
contribuer à faire rayonner, à l'international, l'expertise québécoise en ressources, en sciences et en
technologies marines. Plus concrètement, le Créneau facilite et favorise l'émergence et la réalisation de
projets interrégionaux et intersectoriels. Il peut compter sur un réseau d'organismes de recherche de
calibre international, bien implanté dans son milieu et reconnu mondialement, notamment dans le
secteur des biotechnologies marines.
Ses axes de développement sont les suivants :
- Stimuler l'innovation et encourager la mise en place de nouvelles pratiques d'affaires;
- Assurer le maintien d'une main-d'œuvre et soutenir la formation
- Appuyer le développement de nouvelles entreprises et de nouveaux produits ou procédés ainsi
que la conquête de nouveaux marchés;
- Faciliter la collaboration entre les secteurs et les entreprises du Créneau, et mettre en place
une gouvernance hiérarchique;
- Développer une image de marque forte et valoriser les réalisations des entreprises et
l'expertise des partenaires.
Ressources aquatiques Québec (RAQ) est l'un des partenaires qui collabore étroitement avec le Créneau.
Ainsi, des ressources humaines et financières sont disponibles pour les entreprises désireuses de
développer une activité d'aquaculture.
Centre collégial de transfert technologique - CEDFOB
Les CCTT ayant pour mission d'accompagner les entreprises dans leur recherche et développement
appliqué, tout en donnant accès à des subventions et des crédits d'impôt, il s'agit d'une ressource
intéressante et accessible pour les entreprises agricoles de la MRC de la Haute-Côte-Nord.
94
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
SADC
Au cours de la dernière année, la SADC a soutenu des entreprises agricoles ou de transformation avec le
programme FARR, qui était destiné à aider les entreprises ayant subi des difficultés financières en lien
avec la pandémie de COVID-19 (aide financière du même principe que le compte d'urgence pour les
entreprises canadiennes, soit un prêt avec montant non-remboursable selon certaines conditions), pour
un total de 200 000$.
La SADC a également accompagné plusieurs entreprises agricoles avec son programme d'aide technique,
soit une contribution non-remboursable permettant aux entreprises d'obtenir les services de consultants
pour une planification stratégique, un site Internet, des services comptables hors du cours normal des
opérations, des services marketing, etc., toujours en lien avec les difficultés causées par la crise de la
COVID.
Pour ce qui est des programmes de prêts réguliers, la SADC a fait peu d'investissements dans le secteur
agricole au cours des dernières années, faute de demandes. L'organisation a participé au démarrage de
deux entreprises agricoles pour des prêts s'élevant à 33,500$, prêts ayant déjà été remboursés dans leur
totalité.
3.2 Formation
3.2.1 Formation continue
Les activités de formation continue sont offertes par le Collectif régional en formation agricole (CRFA) de
chaque région. Le tableau 36 présente les statistiques régionales pour les formations créditées et non-
créditées. Les formations créditées du CRFA n'ont pas de lien avec les formations créditées qui peuvent
être offertes par les autres établissements d'enseignement.
95
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 27 : Statistiques régionales détaillées des activités de formation offertes de 2019 à
2021 par le Collectif régional en formation agricole
FORMATION CRÉDITÉE
FORMATION NON-CRÉDITÉE (longue durée)
TITRES DU COURS
2019-2021
NB.
PARTICIPANTS
SEXE
H
F
Secondaire (AEP)
ASP Lancement d'une entreprise horticole
11
11
AEP soins aux animaux
Collégial
Universitaire
Sur mesure
Sous-total (formation non-créditée de longue durée)
11
0
11
FORMATION NON-CRÉDITÉE (courte durée)
TITRES DU COURS
2019-2021
NB.
PARTICIPANTS
SEXE
H
F
Secondaire
Abattage manuel certifié CNESST
29
25
4
Abattage manuel certifié CNESST
11
10
1
Bonnes pratiques d'entretien et d'aménagement des cours d'eau
9
5
3
Culture de plantes médicinales sous couvert forestier
7
1
6
Entaillage des érables
11
9
2
Notions essentielles pour concevoir une ferme aquaponique
9
4
5
Introduction à la culture en serre (Volet 1)
12
5
6
Friandises et dérivés à l'érable
6
1
5
96
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
États financiers : les comprendre et les utiliser
20
7
13
Pesticides : Application en horticulture ornementale (CD4)
8
7
1
Introduction à la culture de petits fruits
8
5
3
Transition vers une production biologique de fruits et de légumes
20
8
12
Taille et entretien d'arbres et d'arbustes fruitiers (pommiers)
9
5
4
Introduction aux noix nordiques à cultiver en verger
12
6
6
Culture de la pomme et démarrage d'un verger
11
7
4
Utilisations des pesticides en milieu agricole
15
13
2
Taille d'arbres fruitiers
10
9
1
Transformation du miel et des produits de la ruche
10
5
5
Transformation des produits de l'érable
20
7
13
Zen et payante Lactanet
41
31
10
Affûtage de la scie à chaîne
61
58
3
Fiscalité forestière
32
26
6
Abattage directionnel
28
28
0
Éclaircie et jardinage
7
7
0
Collégial
États financiers : les comprendre et les utiliser
29
10
19
Initiation à la production d'insectes comestibles
29
14
15
Initiation à la culture d'argousier
13
5
8
Gestion post-récolte en maraîchage diversifié
15
6
9
Initiation à l'apiculture
56
n/d
n/d
Commercialisation en circuits courts
15
4
11
Kiwi rustique- Initiation à la culture
17
5
12
Mise à jour des connaissances en culture maraîchère en serre au
Québec
11
5
6
Culture de la camerise
12
6
6
Savoir-être, savoir-faire, savoir-plaire : les clés de la vente en kiosque
14
4
10
97
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Faire face aux sècheresses dans la production de fourrage et
l'alimentation du troupeau
15
6
9
Fiscalité : comment sauver de l'impôt comme agriculteur
12
10
2
Commercialisation fruitière et maraîchère
8
4
4
Universitaire
Élevage ovin au Québec
75
25
50
Formation en agriculture biologique et entrepreneuriat
50
18
32
Entrepreneuriat agricole
14
9
5
Sur-mesure
Maîtriser mes coûts d'alimentation
26
23
3
Agir en sentinelle pour la prévention du suicide
20
9
11
Sous-total (formation non-créditée de courte durée)
837
452
327
3.2.2 Formation régulière
Le Centre de formation professionnelle de Forestville a initié quatre nouveaux programmes qui sont des
attestations d'études professionnelles (AEP) en lien avec le secteur agroalimentaire. Ces ajouts
surviennent dans le cadre d'une volonté de consolider l'offre en programmes à l'échelle régionale. Il y a
également de l'ouverture pour offrir des formations aux entreprises selon leurs besoins.
Il s'agit des formations AEP Soins animaliers, AEP Opérations d'équipements en transformation
alimentaire, AEP Travaux agricoles et AEP sur les produits forestiers non ligneux.
98
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Tableau 28 : Nouveaux programmes d'AEP en lien avec le secteur agroalimentaire
Titre du cours
Nb d'heures
de formation
Objectifs du programme
AEP Soins animaliers
495 heures
Préparer une personne à assurer les besoins de base et la
garde des animaux et à assurer le nettoyage des
équipements et des installations. Les animalières et les
animaliers peuvent notamment être appelés à travailler
dans les cliniques vétérinaires et les fermes de production
animales.
AEP Opérations
d'équipements en
transformation
alimentaire
330 heures
Le programme prépare à l'exercice de la fonction de
travail d'opérateur d'équipements en transformation
alimentaire. Ces personnes travaillent dans des
entreprises de transformation alimentaire qui se
retrouvent dans les sous-secteurs suivants : produits de la
pêche, produits de la viande, jus et boissons; produits
laitiers, fruits et légumes, boulangerie, sucre et confiserie,
nourriture pour animaux. L'industrie comprend aussi des
entreprises axées sur les mets préparés. Le travail des
opérateurs en transformation alimentaire consiste à
effectuer, manuellement et avec des équipements ou des
machines multifonctionnelles de procédés industriels, la
transformation des aliments pour broyer, extraire,
mélanger, cuire ou transformer en quelque autre manière
des produits d'alimentation, et pour ensacher, mettre en
boîte ou empaqueter, selon des procédés divers, des
produits d'alimentation.
AEP Travaux agricoles
525 heures
Le programme prépare à l'exercice de la fonction de
travailleur agricole polyvalent. La personne en formation
développe les compétences nécessaires pour s'occuper
des différentes tâches quotidiennes ou périodiques,
intérieures ou extérieures, dans une exploitation agricole à
savoir : effectuer des travaux en lien avec l'alimentation et
les soins de base aux animaux ainsi que les opérations de
la production dans une ferme ou une entreprise d'élevage;
exécuter des travaux de culture et de récolte de la
production dans une entreprise horticole en pleins
champs ou dans des serres; s'occuper régulièrement du
nettoyage des locaux et des installations ainsi que de
l'entretien de base des bâtiments, de la machinerie et de
l'équipement de production; agir de façon sécuritaire pour
protéger sa santé et celle des animaux et appliquer des
protocoles, notamment en matière de biosécurité, de
salubrité et de protection de l'environnement.
AEP PFNL
N/D
99
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
3.2.3 Programmes d'apprentissage en milieu de travail
Le Programme d'apprentissage en milieu de travail (PAMT) est une approche de formation par
compagnonnage, qui est structurée à partir d'une norme professionnelle se déroulant entièrement en
entreprise. Un employé expérimenté, le compagnon, transmet à un autre employé, nommé apprenti, les
connaissances nécessaires à la maîtrise d'un métier validé par le milieu. Avec le PAMT, les travailleurs qui
démontrent la maîtrise des compétences du métier peuvent obtenir une attestation de compétences ou
un certificat de qualification professionnelle (CQP) délivré par Emploi-Québec. Dans le secteur de la
transformation alimentaire, les PAMT offerts sont pour les métiers de préposé en boucherie industrielle,
d'opérateur ou opératrice d'équipements de fabrication de produits laitiers et de mécanicien industriel
(incluant électromécanicien).
Ce genre de programme a de nombreux avantages pour l'entreprise, l'apprenti et le compagnon. Dans
un contexte de pénurie de main-d'œuvre, il permet aux entreprises de former des employés en fonction
de leurs besoins, selon un programme structuré qui a été validé par l'industrie, tout en favorisant la
rétention des employés par la valorisation de leur travail. Il donne également un crédit d'impôt
remboursable.
Le PAMT est d'ailleurs cité dans le Plan d'action 2021-2022 de Services Québec pour la région, À savoir
qu'une des pistes d'action pour l'axe d'intervention Le développement, le rehaussement et la
reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre en emploi est de « Promouvoir et accroître
l'utilisation du PAMT ainsi que les processus en reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre,
notamment pour le secteur de la construction ».
3.3 Les acquis du milieu
3.3.1 Le partage d'équipements dans le milieu agricole
Il existe deux coopératives d'utilisation du matériel agricole sur la Côte-Nord et elles sont situées à Sacré-
Cœur et à Forestville. L'une des deux CUMA a été fondée en 2003 et au moins 10 membres en font
partie. Les équipements détenus par la CUMA sont une récolteuse à bleuets, un épandeur à fumier et
une butteuse. Les immobilisations totales de la CUMA s'élèvent à 56 168,93$ (selon l'enquête réalisée
auprès des CUMA au Québec, en 2015). Toutefois, à l'époque du sondage, il n'existait alors que la CUMA,
appelée CUMA de la Haute-Côte-Nord, fondée en 2003, Les immobilisations sont probablement plus
élevées.
3.3.2 Services para-agricoles
Il existe deux coopératives d'approvisionnement sur le territoire de la MRC, qui sont des quincailleries
utiles aux producteurs agricoles : elles sont situées à Forestville et à Sacré-Cœur. Selon nos discussions
avec des personnes originaires de la Haute-Côte-Nord, les quincailleries de la région répondent à la
demande locale en matière de jardinage. D'autres commerces du Saguenay doivent également répondre
à une certaine demande. Il existe également un centre jardin à Baie-Comeau pour différents types de
plants et d'arbres fruitiers.
100
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
3.3.3 Les ressources du milieu communautaires
3.3.3.1 Surplus alimentaires
Dans la MRC de la Haute-Côte-Nord, c'est le centre de dépannage des Escoumins qui dessert toute la
MRC, c'est-à-dire que i des dons sont faits au Centre de dépannage des Nord-Côtiers, c'est à lui que
revient la mission de répartir ces dons entre les organismes du territoire. Il collabore de près avec le
Centre d'action bénévole (CAB) Le Nordet, de Forestville, qui fait du dépannage alimentaire et de la
popote roulante. Un programme de récupération des surplus est établi entre les épiceries (bannières) et
le centre de dépannage alimentaire. Annuellement, ce sont 13 000 kg de nourriture qui sont récupérés
sur le territoire de la Haute-Côte-Nord.
Les surplus sont composés en grande partie de pain et de pâtisseries. Des frigos et des congélateurs
communautaires ont été installés dans chacun des villages du territoire. C'est le Centre de dépannage
des Nord-Côtiers, via son chargé de projet en sécurité alimentaire, qui se charge de la répartition des
surplus.
3.3.3.2. Initiatives liées à l'agriculture dans les municipalités
Sont également présente d'autres initiatives communautaires dans des municipalités du territoire. Elles
sont, pour la plupart, issues de la politique de développement social dont s'est dotée la MRC.
-
Les Escoumins : poulailler communautaire où tous les utilisateurs mettent un montant
annuellement, entretiennent le poulailler et se partage les œufs.
-
À Sacré-Cœur : il y a un champ de pommes de terre collectif, localisé sur une terre qu'un
agriculteur met à disposition gratuitement. Les familles et les enfants de l'école sont invités à
entretenir le champ de pommes de terre et ils se partagent ensuite les fruits de la récolte.
-
À Colombier : il existe des serres « communautaires » dans la mesure où elles sont entretenues
par un employé d'un OBNL lié à la municipalité et
-
Il y a déjà eu un jardin collectif à Essipit, dont le fonctionnement était différent de celui d'un
jardin communautaire, mais l'initiative a été abandonnée. Actuellement, il y a des ateliers de
cuisine qui sont offerts aux jeunes et aux adultes, par la nutritionniste du CISSS. La
communauté offre aussi des paniers de Noël à tous ses résidents et selon la chasse, la
communauté procède à une distribution aux intéressés (orignal, caribou, loup marin, etc.).
-
À Forestville, des serres étaient entretenues à la polyvalente et servaient d'élément de
motivation pour les élèves ayant plus de difficulté à l'école. Elles ont cependant été retirées.
-
La plupart des municipalités avaient répondu à l'appel des agents de développement il y a
quelques années, pour planter des pommiers dans les municipalités. Toutes les municipalités
ont eu des bacs Incroyables comestibles, qui permettent aux citoyens de s'approvisionner
librement à partir de ces bacs. Depuis ce temps, les façons de faire des municipalités tiennent
toujours compte de l'intérêt d'intégrer des arbustes qui produisent des fruits, lorsqu'ils créent
de nouveaux aménagements paysagers.
101
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
-
Toutes les municipalités ont des jardins communautaires, sauf à Sacré-Cœur. Il y a cependant
une table potagère à la Maison des Jeunes. L'avantage des tables potagères, qui sont
surélevées du sol, est de permettre à des gens avec des limitations physiques de ne pas avoir à
se pencher et pouvoir s'adonner à la pratique du jardinage malgré leur limitation.
Du côté de la réglementation municipale, à la connaissance de la MRC, aucune municipalité n'empêche
la garde de poules en milieu urbain. Certaines d'entre elles possèdent des dispositions minimales dans
leur règlement de zonage, comme la superficie minimale du terrain, les distances minimales au lot voisin,
etc. Le fait qu'il y ait absence de réglementation contraignante est un atout pour la sécurité alimentaire
des résidents de la MRC.
De plus, des formations grand public ont été données à Forestville, à Tadoussac et à Sacré-Cœur sur les
semis.
3.3.3.3. La collaboration avec les jeunes du territoire
Sur le territoire, il y a 3 écoles secondaires : secondaire 1-2 pour les élèves qui désirent rester à Sacré-
Cœur et les niveaux 1 à 5 se donnent à Les Bergeronnes et à Forestville.
Il y a déjà eu de la formation sur les semis dans les écoles (par des membres du personnel).
Des activités de sensibilisation sont également données dans les écoles du territoire par Croquarium (les
Aventuriers du goût) et les Ateliers 5 épices. Des ateliers sont également offerts dans les camps de jour.
À Forestville, le CPE a planté quelques aliments dans un jardin (fèves, radis, fines herbes) qui permet de
sensibiliser les enfants à la provenance des aliments.
4
SECTION
Diagnostic
103
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Dans un premier temps, l'analyse PESTEL sert à identifier les principales opportunités et
menaces qui relèvent de l'environnement externe des entreprises agricoles. Par la suite, un
diagnostic permettant de mettre en relation les éléments internes (forces et faiblesses) et les
éléments externes permettra d'analyser spécifiquement le contexte de l'agriculture,
actuellement, dans la MRC de la Haute-Côte-Nord.
L'ENVIRONNEMENT EXTERNE DES ENTREPRISES
Globalement, plusieurs grandes tendances de consommation se manifestent dans le paysage de la
consommation alimentaire et influencent de façon indéniable le secteur, qui doit s'y adapter. La
génération montante des millénariaux consomme de façon complètement différente comparativement à
leurs parents boomers, et ils ont une influence tangible sur certaines tendances observées dans le
marché. Dépensant moins chez les détaillants alimentaires, les millénariaux sont toutefois plus enclins à
visiter les restaurants, à acheter des boîtes-repas ou encore à commander de la nourriture par le biais
d'une application web. Ce faisant, les détaillants commencent à tester de nouveaux concepts pour
attirer ces consommateurs. Leur présence se manifeste également par une augmentation des ventes
dans certains secteurs inattendus : bières faibles ou sans alcool, kombucha, eau pétillante et thé glacé
prêt-à-boire. Tandis que les millénariaux sont plus nombreux à être végétariens ou végétaliens que la
population générale, ils sont également plus susceptibles d'acheter des produits biologiques, équitables,
« verts » et locaux, issus de marques privées (Nielsen, 2019).
Au Canada, la vente de bien de grande consommation a augmenté en moyenne de 1,5 % partout au pays
en 2019. Le Québec suit la tendance, avec une augmentation de 1,4 % des ventes et une augmentation
de 3 % des dépenses totales par ménage pour ces types de produits. Avec 7856 $ par foyer, le Québec
est la deuxième province après l'Alberta qui dépense le plus en produits de consommation courante. Les
Québécois sont également les plus nombreux (35 %) au Canada à consommer 5 à 10 portions de fruits et
légumes par jour. Au Québec, les petites marques locales représentent 28 % de l'ensemble des ventes,
soit le taux le plus élevé au Canada.
C'est en gardant en tête ces grandes tendances de consommation qu'il est possible d'identifier les
principaux facteurs qui ne dépendent pas de l'entreprise et qui sont liés aux environnements politique et
légal, économique, socioculturel, technologique ou aux facteurs environnementaux et écologiques. Il
importe de tenir compte de ces facteurs lors de la prise de décision, car ils peuvent représenter des
risques ou des opportunités pour les entreprises.
NOTE : La documentation des environnements politique et légal, économique, socioculturel,
technologique et des facteurs environnementaux et écologiques a été faite avant la crise de la COVID-19.
Les conséquences de cette crise sur le secteur bioalimentaire sont nombreuses, notamment parce que la
fermeture des frontières a engendré une perte d'accès à la main-d'œuvre étrangère et des
conséquences importantes sur les entreprises. Plusieurs entreprises qui commercialisent leurs produits
en circuits courts ont aussi vu différents segments de marché se refermer ou prendre de l'expansion. Il
est encore difficile de mesurer les impacts à long terme de la pandémie sur le secteur alimentaire.
Rappelons-nous simplement, à la lecture de cette analyse de l'environnement externe des entreprises,
qu'il y aura un avant et un après COVID.
104
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
ANALYSE PESTEL
Environnement politique et légal :
- Campagne de promotion pour l'achat des produits canadiens AAC.
- Accords de libre-échange conclus entre le Canada et une dizaine de pays principaux ou de zones
commerciales, dont la plupart représentent un grand nombre de débouchés pour les produits
agroalimentaires.
- Normes et exigences auxquelles les entreprises doivent se conformer pour répondre aux besoins
des marchés : sécurité alimentaire, traçabilité des aliments, etc.
- Lois et règlements qui encadrent la mise en marché, l'environnement, etc. Par exemple : REA,
LPTAQ, Loi sur les produits agricoles, alimentaires et de la pêche, Loi sur les producteurs
agricoles, etc.
- Entrée en vigueur en 2019 du Règlement sur la salubrité des aliments au Canada, qui vise les
produits exportés, importés ou faisant l'objet d'un commerce interprovincial et ayant pour
objectif d'harmoniser les normes canadiennes à celles des partenaires commerciaux
internationaux.
- Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal adoptée en 2015.
- Règlement sur l'autorisation d'aliénation ou d'utilisation d'un lot sans l'autorisation de la
Commission de protection du territoire agricole du Québec entré en vigueur en janvier 2019,
permet la réalisation de certaines activités en zone agricole sans qu'il soit nécessaire d'obtenir
une autorisation de la CPTAQ.
- Politique bioalimentaire 2018-2025 du MAPAQ qui s'articule autour de quatre orientations :
-
Une offre de produits répondant aux besoins des consommateurs
-
Des entreprises prospères, durables et innovantes
-
Des entreprises attractives et responsables
-
Des territoires dynamiques contribuant à la prospérité du bioalimentaire
- Rapport de la Commission sur les impacts des pesticides sur la santé publique et
l'environnement paru en février 2020 qui présente 32 recommandations par rapport à l'impact
des pesticides, aux pratiques innovantes et à la compétitivité du secteur agroalimentaire, à la
traçabilité des pesticides et à l'indépendance de la recherche et des conseils agronomiques.
- Projet de loi sur les taxes foncières agricoles visant notamment le plafonnement de la valeur
imposable des terres agricoles.
105
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Environnement économique :
- Croissance économique au Québec et aux États-Unis supérieure à la moyenne des pays les plus
industrialisés.
- Inquiétude liée aux tensions commerciales internationales et à l'imposition de tarifs de part et
d'autre (particulièrement la Chine et les États-Unis).
- Ralentissement de la croissance économique mondiale.
- Hausse du produit intérieur brut (PIB) bioalimentaire (2,9 %), particulièrement lié au secteur de
la transformation alimentaire.
- Augmentation de la valeur des exportations bioalimentaires internationales du Québec (5 %).
- Augmentation de la valeur des ventes dans les magasins d'alimentation (6 %) et la restauration
commerciale (5 %).
- Variation des prix de l'énergie et dépendance aux énergies fossiles dans certaines productions.
- Disponibilité de la main-d'œuvre.
- Valeurs des terres agricoles.
Environnement socioculturel :
- En 2041, la Côte-Nord compterait moins d'habitants qu'en 2020 (-13 %) (ISQ, 2021).
- La diversité des communautés culturelles : en 2019, la Côte-Nord accueillait 438 personnes
immigrantes admises au Québec entre 2008 et 2017 (5 plus importants pays d'origine, en ordre :
France, Côte d'Ivoire, Cameroun, Maroc et Tunisie) (MIFI, 2019).
- Une tendance pour l'achat local (circuits courts, produits biologiques, santé, etc.)
- Une tendance au végétarisme et au véganisme.
- Tendance à la réduction des déchets et émergence d'initiatives visant l'élimination du gaspillage
alimentaire (FoodHero, frigo communautaire, entreprise Loop, etc.).
106
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Il importe de considérer les tendances actuelles en restauration, au Canada, selon les chiffres de 2019 :
Tableau 29 : Tendances actuelles et à venir en restauration au Canada
Les dix tendances actuelles en restauration
au Canada
Les dix tendances à venir en restauration
au Canada
1
Les bières artisanales et les microbrasseries
1
Les boissons infusées au cannabis (CBD)
2
Les aliments sous vide
2
Les aliments infusés au cannabis (CBD)
3
Les condiments et les sauces faites maison
3
Les plus petites portions pour un plus petit
prix
4
Les saucisses et les hamburgers faits de
protéines végétales
4
Le contrôle et la réduction du gaspillage
alimentaire
5
Le locavorisme (consommation de produits
locaux)
5
Les grains et les graines riches en protéines
6
Les pailles en papier
6
Les amuse-gueules ethniques et inspirés de
la cuisine de rue
7
Les aliments fumés
7
Les herbes inhabituelles (ex. cerfeuil)
8
Les charcuteries artisanales
8
Les desserts à boire
9
Les produits de la mer issus de la pêche
durable
9
Les plateaux de desserts combinés (combo)
10
Les aliments marinés
10
Les amuse-gueules véganes et végétariens et
les cocktails culinaires
Source : 2019 Canadian Chef Trends Survey, issu du Bottin - Consommation et distribution alimentaires en
chiffres - Édition 2020 (MAPAQ)
Environnement technologique :
- L'implantation des systèmes informatisés de gestion pour répondre aux besoins des marchés
(gestion des opérations, gestion de la clientèle, gestion intégrée).
- Les technologies de procédés de transformation.
-
Programme Inno Accel d'Agropur qui vise à soutenir des start-ups qui réinventent le lait
et les produits laitiers.
- Arrivée prochaine du 5G facilitant l'agriculture de précision.
- Le commerce électronique. Les consommateurs magasinent de plus en plus sur Internet et avec
les appareils mobiles, ce qui augmente la concurrence entre les entreprises ; l'utilisation des
médias sociaux.
107
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-Nord
Facteurs environnementaux et écologiques :
- Changements climatiques : aléas des conditions météorologiques et leurs effets (positifs et
négatifs) sur la production agricole.
- Refonte du plan d'action de Recyc-Québec : responsabilités du recyclage des produits
transférées aux entreprises mettant en marché des produits emballés et élargissement de la
consigne.
- Les productions les plus importantes de la région sont le bleuet nain, la culture en serre, les
semences de pommes de terre et la canneberge.
- Enjeux relatifs aux changements du climat risquant d'entraîner de multiples impacts sur
l'agriculture de la région.
Les faits saillants du secteur bioalimentaire de l'année 2020 présentés au tableau 39 nous permettent
d'apporter un éclairage propre à la situation de la COVID:
Tableau 30 : Faits saillants du secteur bioalimentaire de l'année 2020
Facteurs économiques environnants
Favorables (dans les circonstances)
Moins favorables
-
Résilience de la demande alimentaire
domestique et étrangère dans un contexte
de récession mondiale généralisée
-
Soutien gouvernemental au revenu des
ménages au Canada et au Québec
-
Réduction du taux d'intérêt directeur par la
Banque du Canada
-
Dollar canadien inférieur à 0,80 $ US, un
avantage du point de vue du secteur
bioalimentaire
-
Importante récession généralisée à
l'échelle mondiale causée par la pandémie
de COVID-19
-
Impact négatif des mesures de
confinement sur le secteur des services
alimentaires
-
Perturbations liées à la COVID-19 dans la
chaîne d'approvisionnement
bioalimentaire
-
Moins grand nombre de travailleurs
étrangers temporaires disponibles
Source : Le bioalimentaire économique. Aperçu 2020-2021. MAPAQ.
108
DIAGNOSTIC - Éléments généraux
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
TERRITOIRE
-
La possibilité agricole réelle du territoire dépasse largement la zone agricole
actuelle : la tendance est à l'augmentation de la superficie de la zone
agricole, au fur et à mesure que des potentiels sont reconnus (ex. certaines
superficies étant en terres publiques intramunicipales font ensuite l'objet de
demandes d'inclusion à la zone agricole). Les terres disponibles en TPI
augmentent donc les superficies cultivables. La MRC est la deuxième qui a
inclut le plus d'hectares depuis la révision du décret de la zone agricole.
-
Une portion des terres en friche connue est celle que les producteurs
déclarent dans leur fiche d'enregistrement auprès du MAPAQ : en 2014, elle
se situait à 147,18 hectares. Elle a diminué depuis 2010 car elle se situait à
179,69 hectares. La quantité de terres en friche est plus grande et sera
évaluée grâce à une étude que l'UPA a commandé.
-
Les producteurs ont déclaré des terres en friche pour les municipalités de
Sacré-Coeur (14,18 ha), Les Bergeronnes (36 ha), Longue-Rive (52 ha) et
Forestville (45 ha).
-
Selon les friches déclarées, la situation s'est améliorée dans 2 municipalités:
la quantité de terres en friche a diminué de moitié à Sacré-Coeur et a
diminué à Longue-Rive.
-
Selon la connaissance du milieu, il y aurait de nombreuses terres en friche à
Colombier.
-
Il n'y a pas d'enjeu d'acquisition de terres par des étrangers : entre 2008 et
2016, 146 ha ont été vendus à des étrangers (sous l'approbation de la
CPTAQ). Par contre, il y a des enjeux concernant l'achat de grandes
superficies agricoles et forestières par des entreprises de d'autres régions.
-
Il n'existe pas d'étude
exhaustive sur les terres en
friche dans la région, mais il y a
une volonté de l'UPA d'en
produire une.
-
Les terres sont sous-fertilisées
ce qui fait que les rendements
sont plutôt faibles.
-
Il y a peu de terres à vendre.
-
Le climat plus frais rend la
saison de culture plus courte.
-
L'éloignement des grands
centres = coûts de transport.
Accessibilité aux ressources
pour les entreprises? Impact
sur les intrants comme engrais,
chaux, etc.
-
Pas de données à la Financière
agricole sur la valeur moyenne
de transaction des terres car
trop peu de transactions
effectuées annuellement.
-
Coût élevé des engrais
minéraux qui
permettraient de
suppléer les terres
sous-fertilisées.
-
Étude sur les friches initiée par
l'UPA à l'hiver 2022.
-
Il n'y a pas de contrainte liée au
Règlement sur les exploitations
agricoles (REA) du Ministère de
l'Environnement sur le territoire de
la MRC : toutes les friches peuvent
être remises en culture, peu
importe le temps qu'a durée
l'inexploitation.
-
L'article 50.3 du REA ne s'applique
pas aux municipalités de la MRC : si
cela fait moins de 7 ans qu'elles ne
sont pas exploitées, elles peuvent
être remises en culture sans
demande particulière.
-
Prix des terres avantageux.
-
Projet de règlement de la CPTAQ
visant certains assouplissements
pour la constitution de propriétés
foncières dont la superficie est
suffisante pour la pratique de
l'agriculture selon une diversité de
modèles et de projets nécessitant
des superficies variées.
109
EXPLOITATIONS AGRICOLES
-
Toutes les municipalités du territoire ont des exploitations agricoles
sauf une.
-
Sacré-Cœur est la municipalité la plus agricole : la moitié des entreprises
agricoles y sont situées. On y trouve tous les types de productions animales
et les plus grandes superficies végétales cultivées.
-
Les municipalités de Tadoussac, de Longue-Rive et de Colombier ont connu
une augmentation du nombre d'entreprises entre 2010 et 2014.
-
Au total, les revenus agricoles totalisent 5, 88 M$ et sont en croissance.
C'est dans les productions végétales que l'augmentation est la plus
significative (+2,7 M$).
-
Certaines entreprises ont vu leur chiffre d'affaires augmenter
significativement : (+3) strate 50 000+; (+3) strate 250 000+.
-
Deux municipalités soutiennent des projets agricoles, soit Tadoussac avec la
Ferme Hovington et Colombier avec les serres de Colombier.
-
À Portneuf-sur-Mer, on ne
trouve aucune exploitation
agricole, ni en 2010, ni en 2014.
-
Le nombre d'entreprises est
resté stable à Forestville.
-
Le nombre d'entreprises a
diminué dans les municipalités
de Sacré-Cœur, Les
Bergeronnes et Les Escoumins.
-
Près de la moitié des
entreprises du territoire ont
des revenus déclarés de 50 000
$ et moins (22/49).
-
La disponibilité de
services-conseils et
de fournisseurs dans
la région dépend de
la rentabilité et de
l'importance de la
production agricole.
Moins il y a de
production dans la
région, moins il y a
de services-conseils.
C'est une réalité qui
se vit déjà.
-
La plupart des
récoltes effectuées
dans la région sont
destinées à la vente à
l'extérieur de la
région.
-
Les projets de croissance (connus)
des entreprises agricoles
concernent l'augmentation de la
production par l'augmentation des
superficies cultivées ou de la taille
du cheptel ou par le
développement de nouvelles
infrastructures (ex. serres) (63%).
27% des projets (connus) visent la
transformation des récoltes ou le
développement de nouvelles
infrastructures.
-
Création d'une serre chauffée avec
la chaleur de l'usine de
cryptomonnaie - opportunité de
faire pousser plus de légumes dans
la région.
110
DIAGNOSTIC - Productions animales et aquaculture
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
Le nombre d'unités
animales a doublé pour
la catégorie porcs,
volailles et autres.
-
La production laitière
est concentrée à Sacré-
Cœur. Le nombre d'UA
bovins laitiers a
également augmenté
de 19.
-
Il n'y a aucun service vétérinaire pour les gros
animaux dans la MRC. La plus proche clinique
vétérinaire est à Baie Saint-Paul et c'est elle qui
dessert les producteurs de la HCN.
-
Comme les vétérinaires ne disposent d'aucun
droit de passage prioritaire sur le traversier, cela a
des impacts sur la gestion des troupeaux (ex. plus
grande mortalité animale).
-
Aucune valorisation des produits issus de la
production animale : pas d'abattage ni de
transformation sur le territoire.
-
Impact de la sécheresse : certains
producteurs ont perdu 50% de leur récolte
de foin, ce qui augmente leur dépendance
face aux intrants de l'extérieur de la région.
-
Potentielle réouverture de l'abattoir de Clermont.
-
Production de truite d'ensemencement et de truite
de table.
-
Disponibilité de quotas pour poulets à griller ou
poules pondeuses - mais quota coûteux et l'abattoir
le plus proche est situé sur l'Ile d'Orléans.
-
La production laitière
est rentable donc
encore présente sur le
territoire. Les
producteurs laitiers ont
racheté d'autres fermes
pour leur permettre de
se développer et de se
consolider.
-
Perte de la moitié des unités animales de bovins
de boucherie.
-
La diminution du nombre de bovins sur le
territoire diminue la quantité de fumier (solide ou
liquide) disponible pour fertiliser les terres.
-
Il y a une méconnaissance de la situation réelle
des chevaux sur le territoire. L'Association
équestre de la Côte-Nord estime le nombre de
chevaux à 400, sur le territoire de la CN.
-
Du côté de la production bovine, la
rentabilité n'étant pas présente, les
producteurs se sont orientés vers d'autres
productions.
-
L'absence d'abattoir à proximité fait que
les animaux doivent être abattus à l'Île-
d'Orléans (volaille) ou à St-Henri-de-Lévis
(bovins), et que l'attente due au traversier,
l'été, a un impact sur les animaux.
-
Abeilles carencées à cause du manque de
diversité végétale pour les nourrir entre la
saison du bleuet et de la verge d'or. La
quantité, la diversité et la répartition des
fleurs dans la région pose problème.
-
Les productions sous gestion de l'offre permettent
de diminuer les écarts qui pourraient exister (ex.
prix du transport du lait) liés à la distance
géographique.
-
Au niveau québécois, les éleveurs ovins de race pure
du Québec peinent à répondre à une demande
accrue de béliers de reproduction et de brebis
prolifiques depuis quelques mois. Certains ont
même des listes d'attente allant jusqu'en 2024.
-
MRC abrite 8 ZECs (Labrieville, Forestville, rivière
Laval, d'Iberville, Nordique, rivière des Escoumins,
Chauvin et rivière Saint-Marguerite) et 20
pourvoiries à droits exclusifs et 4 20 pourvoiries sans
droits exclusifs.
111
DIAGNOSTIC - Production végétale
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
C'est à Sacré-Coeur et
à Les Bergeronnes que l'on
trouve le plus de
superficies végétales
cultivées.
-
À Tadoussac et Forestville,
les superficies en culture
ont augmenté.
-
Les superficies végétales en
culture en acériculture
(doublée), en pâturages, en
fourrage, en
fraises/framboises et
autres fruits, et en légumes
ont augmenté.
L'augmentation la plus
importante est dans la
catégorie des
fraises/framboises et
autres fruits, qui est passée
de 1 ha à 26,74 ha : ce sont
principalement des petits
fruits comme les camerises
qui ont été plantés.
-
Il existe certaines initiatives
d'agriculture urbaine :
jardins communautaires,
bacs de fines herbes sur le
lieu des restaurants.
-
Les superficies
végétales en
culture ont
diminué,
principalement
dans le bleuet
nain, les
céréales et
protéagineux
(81 ha), les
cultures
abritées (en
serre) et
ornementales
(2 ha).
-
Les terres sont
très acides.
-
Les terres sont
sous-
implémentées
(manque
d'intrants).
-
Très peu
d'érables à
sucre dans la
région, pas de
contingent
réservé pour la
région.
-
Le climat y est rigoureux, mais la MRC de la HCN est la plus avantagée de
toutes les MRC de la région.
-
Aides financières destinées uniquement aux travaux en forêt destinées à la
récolte de la matière ligneuse et non à la réalisation d'un plan
d'aménagement forestier.
-
Plusieurs aimeraient voir des terres qui ont été reboisées être rendues
disponibles pour l'agriculture, mais l'Agence de la forêt privée a l'obligation
de protéger les investissements publics fait pour aménager la forêt.
-
Manque de débouchés locaux qui permettraient le développement de
produits issus de la transformation du bleuet et de de stimuler le
développement de cette filière. Les producteurs de bleuets de la Côte-Nord
dépendent en grande partie des acheteurs du Saguenay-Lac-St-Jean.
-
Les changements climatiques auront des impacts négatifs sur l'agriculture: il
y aura modification des variétés propices à la culture, une augmentation du
risque de maladies et la présence d'insectes ravageurs, un accroissement de
l'érosion des sols dû aux pluies fortes, une accentuation des défis liés à la
gestion de l'eau.
-
Beaucoup d'inconnus liés aux changements climatiques. Les changements
climatiques pourraient apporter des conséquences négatives,
particulièrement à l'hiver et à l'été. Les productions végétales et animales
seront touchées.
-
Mouches de bleuet - des mesures de protection seront nécessaires pour
épargner la Côte-Nord. Les agriculteurs ont été avisés qu'ils doivent mettre
en place un plan de biosécurité à la ferme. En 2021, peu de gens avaient
entamé des démarches.
-
Les Producteurs en serre du Québec (PSQ) ont obtenu une
subvention afin de réaliser une étude qui permettra de
déterminer quelles variétés peuvent être produites ici et
être rentables. Elle étudiera aussi la possibilité de cultiver
des plantes en serre à l'année (ex. plantes vertes). Si l'étude
s'avère concluante, cela pourrait représenter un potentiel
de développement pour les serres de la Côte-Nord.
-
Les arbustes fruitiers demandent de petites superficies qui
peuvent être de forme irrégulières ou morcelées, qui
demandent peu d'entretien (en comparaison avec la
production animale). Bien que l'on puisse décider de s'y
consacrer à temps plein, ce sont aussi des cultures qui sont
intéressantes en complémentarité à une production
principale ou pour quelqu'un qui désire combiner l'activité
agricole à un autre emploi. Cette particularité rend la chose
intéressante pour attirer une clientèle diversifiée.
-
Potentiel de développement du bleuet nain présent dans
toutes les municipalités du territoire, et non limité à la zone
agricole (qui tend à s'agrandir au fur et à mesure que des
secteurs agricoles se développent). Il y a actuellement des
terres disponibles pour la culture du bleuet, dans les TPI, à
proximité de bleuetières existantes. Quand il y a une coupe
en TPI à proximité d'une bleuetière, elle n'est pas reboisée
car la MRC désire conserver le potentiel agricole disponible
à un éventuel promoteur.
-
Potentiel nutraceutique des fibres de canneberges et de
bleuets.
112
DIAGNOSTIC - Foresterie en terres privées et en terres publiques
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
L'Agence ne finance
toutefois pas
d'intervention de
reboisement sur des
terres agricoles
abandonnées à moins
d'une entente
spécifique avec le
MAPAQ.
-
La filière des PFNL est encore peu
organisée.
-
Peu d'informations disponibles sur le
nombre de propriétaires forestiers /
producteurs forestiers en zone agricole
(aucune distinction sur leur localisation
en ZA ou non agricole). Il y aurait entre 50
à 100 producteurs forestiers qui mettent
en marché un volume de 40 000 à
50 000 m3.
-
Enjeu de cohabitation entre le secteur forestier
qui désire maintenir la possibilité forestière à
son plein potentiel, alors que certaines
superficies en TPI et TNO seraient propres à la
culture de petits fruits.
-
Insectes ravageurs pour le pin gris et le sapin -
peut causer des dommages aux producteurs
forestiers et aux boisés de fonds de champs.
-
Toute personne désireuse de faire la récolte de produits
forestiers non ligneux (ex. petits fruits qui poussent à l'état
sauvage) peuvent le faire actuellement sur les terres
publiques et les terres publiques intramunicipales : le
territoire est accessible, vaste et permet une certaine
sensibilisation et une certaine autonomie alimentaire pour
les petits fruits, en été.
-
Il y a actuellement des projets de recherche qui se font,
notamment via le centre de recherche spécialisé CEDFOB, à
Baie-Comeau et affilié au Cégep, en foresterie boréale, qui
travaille notamment sur des projets d'adaptation des
plants de chicoutai et pour augmenter le rendement
fruitier de l'airelle vigne d'Ida. Le centre travaille aussi sur
la propagation de masse de génotype d'intérêts, sur
l'aménagement et la densification de sites de production,
la pollinisation nordique efficace (dont les abeilles sauvages
et le développement de miels propres à la Côte-Nord) et la
valorisation des sous-produits locaux.
-
Potentiel de développement de la mycosylviculture.
113
DIAGNOSTIC - Mise en marché et distribution
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
Les producteurs et transformateurs effectuent souvent
leur propre distribution sur le territoire (formule panier
en Agriculture soutenue par la communauté, kiosque
libre-service, jusqu'aux restaurateurs, etc).
-
Quelques initiatives locales de production maraîchère
(essentiellement Tadoussac et Colombier) et de
cueillette des produits forestiers non ligneux (PFNL)
existent pour approvisionner la clientèle locale.
-
Il y a actuellement un seul marché public à Tadoussac.
La municipalité des Escoumins tient également des
marchés publics à quelques reprises dans l'année.
-
Les activités complémentaires à l'agriculture (outre la
transformation) sont le kiosque à la ferme et la vente
en marché public. Ces deux modes de mises en marché
connaissent une lente croissance :
-
Agrotourisme : la MRC est passée de 1 à 4 entreprises
faisant de l'agrotourisme.
-
Kiosque à la ferme : la MRC est passée de 2 à 8 fermes
ayant un kiosque à la ferme (sur un total de 49) ce qui
témoigne de l'intérêt pour l'achat de proximité
-
Événement de mise en valeur de l'agroalimentaire :
Fête du miel organisée annuellement par une
entreprise de Sacré-Cœur, depuis une dizaine
d'années.
-
Il existe un projet d'approvisionnement en produits
locaux des CPE chapeauté par la Table bioalimentaire.
En juin, 2 CPE seront accrédités Petits ambassadeurs et
ce pourrait bientôt être tous les CPE de la MRC qui le
seront.
-
La production agricole du territoire
est essentiellement vendue à
l'extérieur du territoire.
-
La production alimentaire faite par
les entreprises qui commercialisent
en circuits-courts est insuffisante
pour répondre aux besoins locaux:
les restaurateurs déplorent le
manque de variété et de
disponibilité des produits.
-
Malgré le caractère touristique de
Tadoussac, l'offre agrotouristique
est encore très restreinte.
-
Il existe un projet
d'approvisionnement en produits
locaux des CPE chapeauté par la
Table bioalimentaire. En juin, 2 CPE
seront accrédités Petits
ambassadeurs et ce pourrait bientôt
être tous les CPE de la MRC qui le
seront.
-
Les entreprises de transformation
de produits de la mer pourraient
favoriser plus amplement l'achat
local en mettant un tarif
préférentiel pour l'achat sur place,
car actuellement les produits se
vendent au même prix que chez les
détaillants.
-
Le marché institutionnel
ne représente pas une
part de marché
importante sur la
Haute-Côte-Nord.
-
Internet n'est pas
accessible sur tout le
territoire. L'accès à des
formations en ligne ou à
la vente en ligne est
donc limitée pour ceux
qui n'ont pas Internet à
leur domicile.
-
Un seul grossiste-
distributeur opère à
l'intérieur de la région -
il offre une quantité
limitée de produits
régionaux.
-
Inflation la plus forte
depuis 40 ans, peut
constituer un frein à
l'achat d'aliments
locaux, souvent
considérés comme plus
chers.
-
Faible bassin de
population.
-
La Table bioalimentaire de la Côte-Nord analyse actuellement
l'opportunité d'implanter un marché mobile pour la région au
complet.
-
Il y a un projet de commercialisation dans des CPE (Les petits
ambassadeurs), qui toucherait 6 CPE de la région qui auraient
des ententes avec des entreprises de la région.
-
Il existe un service alimentaire dans la région, situé à la
polyvalente. C'est l'entreprise GLR qui le dessert.
-
La Commission canadienne du lait (CCL) recommande une
hausse du prix du lait à la ferme de 6,31 $/hl sur les classes
régulières dès le 1er février 2022. Cet ajustement vise à
compenser en partie la hausse des coûts de production
entraînée par la pandémie de COVID-19, notamment en ce qui
a trait à l'alimentation animale, à l'énergie et aux engrais,
explique la CCL.
-
Selon Tourisme Côte-Nord, la Côte-Nord a connu un fort
achalandage durant la saison estivale 2021. Du 1er mai au 30
septembre, les Québécois ont parcouru la route 138 comme
jamais auparavant. Une comparaison avec la saison 2019 est
plus représentative de la réalité considérant la pandémie qui
nous frappe depuis 2020. Les 20 bureaux d'accueil touristique
de la région ont accueilli du 1er mai au 30 septembre 96 477
visiteurs, comparativement à 61 727 en 2020, et 75 774 en
2019. Les visiteurs provenaient essentiellement de Montréal,
de la Montérégie et de la Capitale-Nationale.
-
En 2019, la région s'est dotée d'une image de marque et d'une
stratégie de positionnement (Goût de la Côte-Nord).
114
DIAGNOSTIC - Agroenvironnement
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
L'absence de monoculture constitue une force pour le territoire.
-
Peu d'intrants utilisés car peu de fumier disponible - donc peu de
lessivage dans les cours d'eau - sauf dans le bleuet, qui est bien
fertilisé en général.
-
Les cendres des usines Boisaco et Sacopan sont valorisées depuis 2009.
La quantité de cendre varie selon l'activité forestière : entre 800 et
1500 T/an et entre 4 et 8 agriculteurs.
-
Superficies de cultures pérennes à la hausse
(réduction du travail du sol).
-
Présence d'entreprises intéressées aux bonnes pratiques (absence
d'utilisation de produits chimiques, aménagement de bandes
riveraines et de haies brise-vent, pollinisation stratégique).
-
87 projets en gestion intégrée des cultures, santé et conservation
des sols, gestion des matières fertilisantes ont été financés
entre 2018 et 2021.
-
Augmentation du nombre d'entreprises en régie biologique.
-
Qualité de l'eau : quelques rivières sous surveillance mais leur pollution
ne dépendrait pas nécessairement majoritairement de sources
agricoles. Il y a déjà eu des travaux d'aménagement pour interdire
l'accès du bétail au bassin versant de la rivière Moulin à Baude (par le
comité ZIP) avant la création de l'OBV.
-
Certaines pratiques comme
le labourage des bandes
riveraines ou des milieux
humides cultivés sont
parfois observées.
-
Absence de surveillance de
l'état des bandes riveraines
- absence de service
centralisé d'inspection (il en
existait un dans les années
1990).
-
Impact sur l'environnement
des monocultures comme
les céréales et
protéagineux, le bleuet nain
et la canneberge.
-
Destruction des cultures par
la faune, comme les
goélands, les bernaches et
les ours. Les producteurs
s'occupent souvent de
gérer la faune eux-mêmes
puisque l'effaroucheur
disponible est situé à Baie-
Comeau.
-
Les analyses de sol réalisées aux 5 ans révèlent
des niveaux majoritairement pauvres en
phosphore et en potassium. Le magnésium est
souvent bas également.
-
Manque d'intrants pour fertiliser les champs
(ex. grandes cultures/fourrages), ce qui limite
le potentiel de développement de l'agriculture
biologique, et l'implémentation des champs
déjà existants.
-
Engrais minéraux dispendieux.
-
Le compost est un produit haut de gamme en
agriculture, et le compost d'origine marine
n'est pas utilisé par les agriculteurs de la
région.
-
Une augmentation du cheptel animal aurait un
impact potentiel sur la qualité de l'eau (l'accès
des animaux aux cours d'eau pourrait devenir
un enjeu).
-
Des enjeux de cohabitation harmonieuse des
usages seront à considérer, par exemple avec
la protection de milieux humides ou la volonté
de reboiser certaines terres agricoles laissées
en friches.
-
Financement inclus dans
le Plan d'agriculture
durable 2020-2030 du
MAPAQ.
-
Projet Agri-Climat II par
l'UPA - étape de projet-
pilote pour tester des
méthodes d'adaptation
sur une ferme, qui
seraient éventuellement
reproduites sur d'autres
fermes.
-
Certains projets
d'irrigation collectifs
sont en cours pour
pallier aux besoins en
irrigation.
-
Présence d'un club en
agroenvironnement
(Agriboréal).
115
DIAGNOSTIC - Démarrage et relève agricole
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
Aucune entreprise ne prévoit vendre ou céder d'ici
5 ans.
-
15 entreprises ont une relève identifiée.
-
Il y a eu une augmentation du nombre de transferts
non-apparentés dans la région (il est passé de 6%
en 2011 à 11% en 2016). C'est une statistique plus
élevée que la moyenne québécoise, qui se chiffre à
9%. Le nombre de transferts établis par transfert
familial est stable, avec 53%.
-
Agriconseils a financé 6 plans de transfert et 2
démarrages entre 2019 et 2021 dans la MRC.
-
Il y a eu une diminution du nombre d'entreprises
en démarrage, du côté de la relève qui s'établit:
le taux était de 36% en 2016, alors qu'il était à
39% en 2011. C'est une statistique similaire à la
moyenne québécoise (35%) et comme il y a eu
plus de transferts non apparentés, et que les
transferts familiaux se sont maintenus, cela
s'explique.
-
Il y a peu de terres agricoles à vendre.
-
Absence de reconnaissance de l'expérience pour
bénéficier du financement pour l'établissement
de la relève agricole.
-
Il n'existe pas de service de
maillage pour la relève (ex.
l'Arterre) contrairement à
d'autres régions.
-
Difficulté à recruter de la main-
d'œuvre : peu d'entreprises de la
région font appel à des
producteurs agricoles étrangers.
-
Modification au régime fiscal
canadien pour le transfert de fermes,
qui est plus avantageux pour les
cédants qui font un transfert familial.
-
Présence de séjours exploratoires
par l'organisation Place aux jeunes.
DIAGNOSTIC - Transformation alimentaire (à la ferme et hors ferme)
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
La transformation agroalimentaire
(essentiellement le domaine des pêches) génère
17% du PIB régional, ce qui est considérablement
plus que le PIB de la production agricole.
-
Il existe une variété intéressante de
transformateurs alimentaires (12), mais la plus
importante activité de transformation est celle
des deux transformateurs de produits marins.
-
Absence d'équipement de transformation et d'abattage, dont
l'absence d'abattoir.
-
Peu d'accompagnement pour la transformation alimentaire.
-
Il y a encore peu de transformation à la ferme: seulement 3/49
entreprises en font (marge peut être plus intéressante sur les
produits). En 2010, il n'y avait qu'une seule entreprise qui faisait de
la transformation à la ferme.
-
-
Certaines entreprises de la MRC mettent
en valeur les produits issus de la
cueillette en forêt et de la récolte au bord
de l'eau, par le biais de la transformation
alimentaire. Cela permet de faire
rayonner la diversité des saveurs de la
Côte-Nord (ex. entreprise de production
de sel marin).
116
DIAGNOSTIC - Soutien aux entrepreneurs
FORCES
FAIBLESSES
MENACES
OPPORTUNITÉS
-
Il y a déjà une mutualisation de certains équipements agricole, grâce à la
présence d'une Coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA) (la seule
de la région) - Sacré-Coeur, au sein de laquelle 10 membres utilisent une
machinerie de protection des récoltes et un équipement agricole
(immobilisation de 56 000$).
-
Au niveau du soutien de la MRC en matière de prêts pour les entreprises, il y a
eu un total de 6 prêts depuis 2016, dont la moitié ont été faits en 2020 : 2
démarrages, 1 expansion et 3 prêts COVID pour un total de 6 prêts. Cela
représente une somme de 369 572 $ en investissements.
-
La COVID ayant permis à l'offre de formation en ligne de se développer, les
conseillers de la région (ex. AgriBoréal) ont pu en bénéficier. Il n'a cependant
pas été mentionné que les producteurs agricoles avaient suivi de la formation à
distance pendant la pandémie. L'accès à Internet et l'utilisation d'ordinateur
n'est pas généralisée sur le territoire.
-
Création de 4 programmes d'attestations d'études collégiales (AEC) liés à
l'agriculture, à l'agroalimentaire et à la forêt par le Centre de services de
l'Estuaire qui seront disponibles à l'automne (PFNL, Soins animaliers, Travaux
agricoles et opérateur d'équipements en transformation alimentaire
-
Soutien à la santé mentale par la formation obligatoire Sentinelles de plusieurs
intervenants du SCF (service de comptabilité et de fiscalité de l'UPA Saguenay et
Capitale-Nationale, club-conseil en agroenvironnement).
-
Présence d'une travailleuse de rang (Capitale-Nationale et Côte-Nord) qui
effectue des séjours sur la Côte-Nord.
-
Présence d'un club en agroenvironnement (à titre de comparaison, la Capitale-
Nationale a aussi un seul club en agroenvironnement pour 1000 producteurs).
-
Les services du SEMO (placement de main-d'œuvre avec limitations variées,
avec subvention salariale) sont bien connus par les agrotransformateurs.
-
Présence d'un agent de développement dans chaque municipalité du territoire,
qui soutient les municipalités dans le développement de l'agriculture
communautaire.
-
Il n'y a pas de dispositions particulières pour les fermettes hors du périmètre
urbain.
-
Elles se rapportent aux dispositions touchant aux activités agricoles du RCI 117-
2011 actuellement. Cela constitue donc un potentiel pour l'agriculture de
subsistance des citoyens (autonomie alimentaire).
-
Certains producteurs ont décrié un manque de
soutien agronomique, spécialisé notamment en
agriculture nordique OU un manque de
connaissance des ressources disponibles (ex.
réseau des centres collégiaux de transfert
technologique), tout comme un manque
d'outils et d'expertise en commercialisation de
produits.
-
Une lacune souvent observée est le manque de
connaissance de la mise en marché et de la
commercialisation. Les entrepreneurs
surestiment souvent leurs revenus et leur
connaissance du marché est très limitée.
-
Les producteurs agricoles décrient la lourdeur
de la tâche administrative pour obtenir du
soutien gouvernemental.
-
La région ne fait pas partie de l'entente
sectorielle en agriculture de la Capitale-
Nationale (qui s'arrête à Baie-Ste-Catherine) ni
de celle du Saguenay, et la MRC ne fait pas
partie du territoire considéré comme étant
dans le plan Nord. La MRC ne fait pas partie du
territoire admissible au programme que le
MAPAQ a annoncé, le 5 novembre, prévoyant
que d'ici 2023, près de 10 millions $ seront
versés par Québec pour encourager et
développer de nouveaux projets
bioalimentaires au nord du 49e parallèle.
L'objectif étant de soutenir 250 projets en
recherche, en aide au démarrage ou encore en
formation, c'est une force pour le Nord, mais
de laquelle pourrait aussi bénéficier la HCN.
-
Tous les
fournisseurs des
producteurs sont à
l'extérieur de la
région et plusieurs
doivent traverser le
Fjord pour desservir
la région.
-
Délais liés aux
demandes de
financement auprès
de la Financière
agricole.
-
Méconnaissance de
la réalité agricole
par les intervenants
qui sont
responsables des
dossiers agricoles
dans plusieurs
organisations.
-
Il y a un créneau qui se dessine
dans les cultures abritées: la
région a mentionné dans les
médias vouloir profiter de
l'engagement politique du
gouvernement du Québec de
doubler le volume de culture
en serre d'ici 5 ans.
-
Présence du Fonds de
développement régional pour
stimuler et consolider le
secteur agricole régional (UPA
Côte-Nord).
-
Le CEDFOB et Synergie 138
offrent des services aux
producteurs et
transformateurs pour valoriser
des résidus alimentaires.
-
Le Fonds Écoleader permet aux
producteurs et aux
agrotransformateurs d'obtenir
du financement pour réaliser
des études de faisabilité pour
devenir plus performants au
niveau environnemental et
économique.
-
Présence d'une large gamme
de programmes de subventions
pour les entreprises agricoles.
5
SECTION
Enjeux
et vision
concertée
118
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No
Enjeux identifiés :
1. La revitalisation des friches
2. La main-d'œuvre et la formation
3. La mutualisation d'infrastructures de conditionnement, de réfrigération,
de congélation et de transformation alimentaire
4. La plus-value à la viande élevée localement
5. L'établissement de nouvelles entreprises sur l'ensemble du territoire
Dans les sondages, voici les éléments que les citoyens, les élus, les directeurs généraux, les conseillers
municipaux et les intervenants ont indiqué avoir comme vision pour l'agriculture de la région :
-
DIVERSITÉ - UNE AGRICULTURE PLURIELLE :
Diversité du type de productions, visualisant même de nouvelles productions qu'on ne voit pas
encore sur la Côte-Nord. Diversité également dans la transformation alimentaire. De plus, il a été
proposé de créer une fromagerie (à partir du lait de la HCN), comme il en existait une anciennement
à Sacré-Cœur. Des céréales locales, transformées en farine. Des élevages d'animaux que l'on ne voit
pas vraiment ici ; notamment des races patrimoniales. Aquaponie, serres sous-terraines pour
cultiver à l'année, œufs. Abattoir de proximité pour la mise en marché de produits d'élevage avec
une appellation régionale. Encore plus d'aménagements comestibles dans les lieux publics.
-
ACCESSIBILITÉ :
Plus de moyens de s'approvisionner en produits locaux, partout sur le territoire - plus de marchés
publics, de kiosques à la ferme (bien signalisés), un meilleur accès économique aux produits de la
mer (notamment couteau de bank, homard, crabe araignée), autocueillette, présentoir de produits
frais dans les épiceries, recettes inédites dans les restaurants. Un accès désaisonnalisé aussi,
puisque plusieurs ont parlé de l'importance d'avoir une offre de produits frais pendant l'hiver.
Amener à un niveau de production commerciale ce qui se récoltait dans la nature ou autrement dit,
la domestication de certains fruits et animaux pour en produire des quantités suffisantes.
Accessibilité aux terres, surtout en friche. Accessibilité aux intervenants qui peuvent soutenir les
promoteurs ayant des projets d'entreprises.
-
DURABILITÉ :
Durabilité dans les choix de pratiques culturales, mais aussi dans la façon de construire des
bâtiments en harmonie avec l'environnement : bâtiments écoénergétiques, récupération de chaleur
(d'usines de cryptomonnaie par exemple), panneaux solaires.
119
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No
-
COMMUNAUTÉ - DES INITIATIVES COMMUNAUTAIRES :
Plusieurs reconnaissaient qu'il y avait déjà de belles initiatives communautaires et plusieurs autres
nommaient ce qu'ils aimeraient voir naître comme initiatives : poulailler communautaire, ruchers
chez des gens, production alimentaire en remplacement des pelouses, soutien aux initiatives
communautaires comme celles de Colombier et de Tadoussac, lieux de transformation des aliments
accessibles à la population (caveau communautaire, cannage, lactofermentation, séchage, serres,
etc.). En lisant la vision des répondants, on comprend que pour eux, tous les citoyens ont un rôle à
jouer dans l'autosuffisance alimentaire ; en achetant des produits locaux, en étant des
ambassadeurs de ces produits en région et à l'extérieur, en produisant eux-mêmes des aliments
pour leur consommation personnelle et en échangeant leurs surplus, en participant à des jardins
collectifs, en ayant des poules, en remplaçant le gazon par des plantes productives. Les répondants
voient bien le rôle de facilitateur des municipalités et des intervenants pour permettre le
développement de cette autosuffisance alimentaire.
o Communauté dans le sens d'« à qui sont destinés les produits » : autant la population locale
que les touristes ;
o Communauté dans le sens de raffermir les liens entre les gens et ceux qui cultivent leur
nourriture : il faut amener les jeunes sur les fermes, il faut éduquer la population à ce qu'elle
mange.
-
INNOVATION :
Innovation, mais pas dans le sens technologique du terme. Plutôt dans le sens d'innovations
agricoles résilientes et visant l'autosuffisance alimentaire. L'un des éléments qui revenaient dans le
sondage, c'était de réussir à domestiquer certaines espèces qui sont actuellement sauvages, pour en
faire la culture.
Les consultations réalisées dans le cadre du PDZA de la MRC de la Haute-Côte-Nord, ainsi que les
rencontres des comités technique et directeur, ont permis d'élaborer une vision commune pour le
développement de la zone agricole de la MRC pour les prochaines années. Cette vision a été présentée
lors du Sommet agroalimentaire de la Haute-Côte-Nord, le 18 mai 2022.
Une vision concertée, élaborée pour définir la vision de l'agriculture sur la Haute-Côte-Nord, vient
s'arrimer avec la vision du développement régional véhiculée dans les outils de planification régionale et
de développement économique.
La Haute-Côte-Nord, une nature généreuse à partager !
120
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No
Vision:
6
SECTION
Plan
d'action
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRES*
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 1
Mettre en place
un Réseau express
d'intervenants
Le Réseau Express est une formule existante dans quelques
régions: les intervenants qui font partie du Réseau Express, qui
sont définis dès le départ, sont invités à interpeller leurs pairs
du moment qu'une personne arrive à leur bureau pour qu'elle
puisse présenter son projet à tous en une seule rencontre.
Chaque intervenant est invité à indiquer ce qu'il peut faire
dans le cadre du projet. Il s'agit d'un réseau facilitant pour
les promotteurs de projets et on évite ainsi de décourager le
promotteur tout en diminuant les délais. C'est une porte
d'entrée unique.
MRC
UPA
Financière Agricole
MAPAQ
Agriconseils
CRFA
Pôle d'économie sociale
de la Côte-Nord
SADC
Automne
2022
Mise à jour
annuelle
- Mise en place
d'un Réseau Express**
- Nombre de projets/
promoteurs soutenus
ACTION 2
Faire connaître les
kiosques à la ferme
Mieux diffuser la localisation, les heures d'ouverture et les
produits disponibles à la ferme, notamment sur le Portail
Haute-Côte-Nord, mais également par d'autres outils (médias
sociaux, publications sur le site internet de la MRC, etc.). La
MRC développera un calendrier de publications pour sa page
facebook pour mieux faire connaître les kiosques à la ferme
présents sur le territoire.
MRC
Table bioalimentaire
Automne
2023
Mise à jour
annuelle
- Nombre de publications
annuelles réalisées par la
MRC - Objectif : 10
PLAN D'ACTION 2022-2027
1- Simplifier l'accès à l'information pour les promoteurs et futurs promoteurs
2- Faire la promotion du territoire comme lieu pour les métiers agricoles
3- Augmenter la superficie de territoire cultivé
4- Augmenter la transformation à la ferme
5- Conserver et améliorer la santé des sols et de l'eau dans un contexte
de développement agricole
Objectifs :
AXE 1 - MISE EN MARCHÉ ET TRANSFORMATION
*Liste non exhaustive... des partenaires pourraient s'ajouter en cours de route! ** Le choix du nom final m pourrait différer.
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRE
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 3
Réunir un comité
de partenaires et de
producteurs agricoles
pour identifier les pistes
d'action à mettre en place
pour stimuler la mise en
marché locale des viandes
produites dans la région
Il n'y aurait actuellement qu'un seul producteur qui fasse de la mise
en marché de proximité de ses viandes. Les autres producteurs les
commercialisent via le Plan conjoint. L'une des pistes d'action à envisager est
d'évaluer la possibilité de dédommager monétairement les producteurs de
viande qui désirent vendre leur viande localement (pour assumer une partie
des coûts liés au transport de la viande pour revenir en région puisqu'ils
constituent un frein à la mise en marché locale). Si le projet-pilote pour
l'abattage de poulets à la ferme est concluant, il pourrait être pertinent de
stimuler le développement de cette production animale sur le territoire.
MRC
UPA
Automne
2022
Automne
2027
- Mise en place d'au
moins une solution
pour stimuler le
développement de la
mise en marché de la
viande
- Nombre de producteurs
commercialisant leur
viande en circuits-courts
- objectif: 4
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRES
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 4
Soutenir l'appropriation
par les colllectivités des
projets de récupération
alimentaire, frigos
et congélateurs
communautaires, jardins
communautaires, etc.
Depuis que la MRC a la volonté d'être une MRC nourricière, plusieurs projets
ont été portés par l'agente de développement des communautés de la MRC,
en collaboration avec le CISSS et les agents de développement de chaque
municipalité. Les structures ont été installées et développées (frigos et
congélateurs communautaires, jardins, tables potagères, etc.). Par cette action,
la MRC entend soutenir la ressource en charge de la coordination du marché
public de Tadoussac, notamment en matière de financement (recherche
de subvention), afin de permettre la consolidation du marché ainsi que son
développement. Elle entend également continuer sa collaboration pour le
développement de la Serre de Colombier et le projet de colloque sur les
produits forestiers non-ligneux à Portneuf-sur-mer.
MRC
(Agent de
développement
des
communautés)
PAR-SHV
CISSS
SADC
Municipalités de
Tadoussac et de
Colombier
Ferme Hovington
Table bioalimentaire
En continu
- Nombre
de projets
soutenus
- Nombre
de projets
soutenus
- Nombre de
nouveaux
projets
développés
AXE 1 - MISE EN MARCHÉ ET TRANSFORMATION (suite et fin)
AXE 2 - DÉVELOPPEMENT SOCIAL
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRES
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 5
Stimuler les agriculteurs à offrir
des stages aux étudiants pour
combler leur équipe estivale et
à les aider à la diffusion de leurs
offres d'emploi sur les sites déjà
existants.
Le nombre de stages offerts sur les fermes de la
région est faible. L'idée est de permettre à des jeunes
des établissements d'enseignement qui offrent des
programmes en agriculture (Alma, Université Laval,
La Pocatière, Saint-Hyacinthe) de découvrir la région.
Les stages peuvent aider au recrutement de la main-
d'oeuvre, une fois les études complétées.
MRC
UPA (centre d'emploi
agricole)
Carrefour Jeunesse-
Emploi (Place aux
jeunes)
À déterminer
- Nombre de stages
offerts annuellement
dans la région -
objectif : 4
- Nombre de producteurs
accompagnés dans la
création de leur offre de
stage - objectif : 4
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRE
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 6
Bonifier l'affichage pour
témoigner de l'agriculture
sur le territoire
Mettre en valeur le caractère agricole de la municipalité en bonifiant
l'affichage à cet effet.
Municipalité
de Sacré-
Coeur
MRC
Été 2023
- Réalisation
de l'affichage
ACTION 7
Bonification du Portail
Haute-Côte-Nord
La MRC dispose d'un site internet mais aussi d'un Portail, Hautecotenord.com.
Celui-ci vise à présenter les différentes possibilités de la MRC: visiter, vivre, investir.
Dans la section Investir, il y a déjà une section Bioalimentaire. Le descriptif actuel
est: Vers une MRC nourricière: la Haute-Côte-Nord est reconnue pour la qualité
de ses produits de la terre et de la mer. C'est l'endroit idéal pour mettre en valeur
les produits du terroir québécois, que ce soit en les cultivant, en les pêchant, en
les chassant ou en les transformant. Du contenu a été développé sous forme
de questions/réponses, pour permettre aux agriculteurs actuels et aux futurs
agriculteurs de trouver quel intervenant peut les aiguiller.
MRC
Table
bioalimentaire
Automne
2023
n/a
- Bonification
du Portail
Haute-
Côte-Nord
AXE 3 - FORMATION ET MAIN-D'ŒUVRE
AXE 4 - VALORISATION DU TERRITOIRE, DU MÉTIER ET DES PRODUITS AGROALIMENTAIRES
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRE
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 8
Former les employés
de la MRC et les élus
municipaux à la santé
psychologique chez les
agriculteurs
L'action vise à maintenir et confirmer l'importance du dossier de la
santé psychologique, que ce soit par la formation des intervenants
ou en maintenant le service de travailleuse de rang auprès des
agriculteurs.
MRC
MRC
AFCA
Centre de
prévention du
suicide
Automne
2024
Hiver
2025
- Nombre d'employés
municipaux formés -
objectif: un (1) employé
par service
ACTION 9
Organiser un séjour
exploratoire Place aux
jeunes en lien avec
l'entreprenariat dans le
milieu agricole
À ce jour, il n'y a eu aucun séjour thématique organisé pour les
jeunes provenant de l'extérieur et désirant venir s'établir sur la Côte-
Nord, en agroalimentaire.
MRC
MRC
MAPAQ
Municipalités
ayant des
projets agricoles
communautaires
Hiver 2023
Automne
2024
- Tenir un séjour
exploratoire d'ici la fin de
l'année 2024
- Nombre de participants
visés - objectif : 8
ACTION 10
Impliquer la MRC dans
l'élaboration d'actions
de valorisation de
l'agrotourisme et le
tourisme gourmand
Tester une formule de paniers pique-nique aux bureaux
d'accueil touristique
MRC
Société de
développement
de Sacré-Cœur
Tourisme Côte-
Nord
Hiver 2023
Été 2023
- Réalisation du projet de
paniers pique-nique
- Degré de satisfaction des
producteurs participant
au projet
ACTION 11
Contacter les
propriétaires de friches
et répertorier les friches
disponibles à la vente
ou à la location sur le
territoire de la MRC
La première étape de ce projet est l'étude sur les friches pour
laquelle l'UPA a mandaté AgriBoréal, qui est actuellement en cours
de réalisation (2022). Par la suite, l'étape qui concerne la MRC
sera de contacter les propriétaires de terres en friches pour leur
demander s'ils sont intéressés à louer ou vendre leur terre. Une fois
cette information connue, la MRC pourra répertorier, via son site
internet, les terres à louer ou à vendre. Il y aura un lien d'établi entre
le Portail bioalimentaire (quand les gens demanderont quelles
sont les terres à louer ou à vendre) qui référera à la section du
développement économique sur le site de la MRC.
MRC
MRC
AgriBoréal
UPA Capitale-
Nationale-Côte-
Nord
Hiver 2023
Hiver 2025
- Nombre de terres
recensées comme étant
à vendre ou à louer -
objectif: 10
- Nombre de terres
recensées comme étant
à vendre ou à louer -
objectif: 10
AXE 4 - VALORISATION DU TERRITOIRE, DU MÉTIER ET DES PRODUITS AGROALIMENTAIRES (suite et fin)
AXE 5 - AGROENVIRONNEMENT
PROJET
DESCRIPTION DU PROJET
PORTEUR
PARTENAIRE
ÉCHÉANCIERS
Cible/indicateurs
Début
Fin
ACTION 12
Établir des normes justes
de compensation pour les
secteurs et les activités
impactés par la protection
des sources d'eau potable
L'objectif premier de projet est de réduire la vulnérabilité des
sources d'eau potable par l'établissement de compensation pour
les pertes financières subies par les activités impacteés par une
modification de leurs pratiques à l'intérieur des aires de protection
des sources d'eau potable. Ce projet se veut complémentaire au
Programme pour une protection accrue des sources d'eau potable
(PPASEP) du MELCC qui est en cours de renouvellement.
MRC
Municipalités
Hiver 2023
Hiver 2025
- Établissement
de normes de
compensation pour
l'ensemble des
secteurs impactés
ACTION 13
Mettre en place un projet
de plantation de fleurs pour
nourrir les abeilles
Concrètement, le projet vise à fournir plus de nourriture aux abeilles
qui sont actuellement carencées si elles n'ont que la saison du
bleuet. Il y a trop peu de fleurs sur le territoire, et une diversité de
fleurs trop restreinte. Évaluer la possibilité de déposer un projet de
création de corridors fleuris, pour valoriser le paysage et fournir de la
nourriture aux abeilles. Des bandes fleuries pourraient être plantées
en bordure de route pour améliorer la qualité du paysage tout en
favorisant les pollinisateurs. Le projet a aussi un double objectif,
celui d'amener le CEDFOB à travailler plus avec les producteurs de
la HCN pour les projets liés aux pollinisateurs.
MRC
Tourisme Côte-
Nord
CEDFOB
Automne
2024
Automne
2027
- Nombre de
producteurs de la MRC
impliqués dans un
projet du CEDFOB en
lien avec les abeilles -
objectif: 3
- Création d'un projet
de bandes fleuries
ACTION 14
Demander aux
municipalités d'adopter une
résolution pour interdire
la tonte de pelouse en mai
de chaque année (Défi
Pissenlits), pour favoriser la
nourriture pour les abeilles
Différentes actions de sensibilisation pour favoriser la plantation
d'espèces indigènes basses sur les terrains privés pourraient
favoriser l'alimentation des abeilles.
MRC
Municipalités
Printemps
2023
Mise à jour
annuelle
- Nombre de
municipalités ayant
adopté une résolution
- objectif: 6
Bibliographie
7
SECTION
128
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129
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No
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130
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131
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No
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encan-traverse-tadoussac-baie-sainte-catherine
RADIO-CANADA. ICI CÔTE-NORD. Le seul recul démographique au Québec s'est produit sur la Côte-Nord.
6 novembre 2021, [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1837763/statistiques-demographie-
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RADIO-CANADA. ICI CÔTE-NORD. Une saison de bleuets inégale sur la Côte-Nord, 20 septembre 2021, [En
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TABLE BIOALIMENTAIRE CÔTE-NORD. Stratégie de positionnement des aliments du Québec sur le marché
institutionnel. Projet pilote phase 1, rapport de projet.
TVA NOUVELLES. Un investissement de 10 M$ pour de nouveaux projets bioalimentaires. 5 novembre
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nouveaux-projets-bioalimentaires
Annexes
Cartographie
8
SECTION
Index des cartes
MRC DE LA HAUTE-CÔTE-NORD
Zones agricoles 1/2 | Zones agricoles 2/2
BERGERONNES
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
COLOMBIER
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
ESCOUMINS
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
FORESTVILLE
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
LAC-AU-BROCHET
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles 1/2 |
Affectations du territoire et contraintes naturelles 2/2
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
LONGUE-RIVE
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
PORTNEUF-SUR-MER
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
SACRÉ-COEUR
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
TADOUSSAC
Potentiel agricole de la municipalité
Affectations du territoire et contraintes naturelles
Cultures assurées par la Financière agricole
et limites du zonage agricole
133
PDZA - Plan de développement de la zone agricole MRC La Haute-Côte-No