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POLITIQUE CULTURELLE
ÉDITION 2017
Dundee
Elgin
Franklin
Godmanchester
Ormstown
Saint-Anicet
Saint-Chrysostome
Sainte-Barbe
Très-Saint-Sacrement
Havelock
Hinchinbrooke
Howick
Huntingdon
Adoptée le 8 février 2017
TABLE DES
MATIÈRES
1. Mot de la préfète
3
2. Préambule
4
Mise en contexte
4
Une vision de la culture
5
Méthodologie
6
3. Le territoire
7
Géographie physique
7
Géographie humaine
8
Portrait sociodémographique
9
De nature et de culture
10
4. Pistes de réflexion
13
Forces
13
Faiblesses
14
Les partenaires
16
Enjeux
18
5. Portrait des secteurs
20
6. Portée de la politique
42
7. Remerciements et crédits
44
8. Glossaire
46
9. Annexes
50
3
1. MOT DE
LA PRÉFÈTE
Cher citoyen,
Chère citoyenne,
Au nom de mes collègues, les maires et mairesses des treize municipalités
qui composent la MRC, et en mon nom personnel, j'ai l'immense plaisir
de vous présenter la deuxième édition de la politique culturelle de la
MRC du Haut-Saint-Laurent.
Cette deuxième édition représente une véritable actualisation de la
dynamique culturelle du Haut-Saint-Laurent. Revue et bonifiée, elle
s'adresse d'abord aux citoyens de la MRC du Haut-Saint-Laurent qui, non
seulement sont les premiers consommateurs, mais aussi les protecteurs
de notre patrimoine et de notre culture. Également, elle s'adresse à tous
les créateurs, les producteurs, les organismes et travailleurs culturels, et
bien sûr aux élus municipaux, les partenaires essentiels.
La réussite de la mise en œuvre de la politique culturelle ainsi que l'atteinte
de ses objectifs sont associées directement à l'implication citoyenne de
même qu'à celle des élus et des nombreux intervenants culturels. Son
adoption récente se veut pour tous un engagement d'avenir de la MRC
et une reconnaissance de la culture sous toutes ses formes.
Au nom du conseil des maires de la MRC du Haut-Saint-Laurent, je
désire remercier toutes les personnes qui ont contribué à la réflexion
et à l'écriture de cette politique culturelle modernisée. Grâce à tous
ces efforts, la planification du développement culturel de la MRC est à
nouveau tracée.
La préfète,
Louise Lebrun
4
2. PRÉAMBULE
Mise en contexte
Dans la foulée de l'adoption par le gouvernement provincial de la
Politique culturelle du Québec en 1992 et des pouvoirs que celle-ci
conférait au secteur municipal, la municipalité régionale de comté du
Haut-Saint-Laurent (MRC du Haut-Saint-Laurent) adoptait en 2001 sa
première politique culturelle.
Fruit d'une large concertation de son milieu culturel et bénéficiant du
support indéfectible des 13 municipalités locales, cette première politique
culturelle a eu une incidence remarquable sur la dynamique régionale.
Elle a permis l'instauration de ressources permanentes en culture, la
concertation des intervenants, l'augmentation et la diversification de l'offre
culturelle, l'appui à des projets structurants, l'accès à des fonds de soutien
et l'intégration à des plans de développement territoriaux plus larges.
Suivant une recommandation formulée dans cette première politique
culturelle, son comité d'élaboration s'est mué en comité de suivi
permanent. Sous la coordination de l'agent de développement culturel,
ce comité consultatif interdisciplinaire, suivant son mandat, s'est réuni
assidûment depuis 1998 afin de conseiller les élus, de stimuler leur
volonté d'inclure la dimension culturelle au développement régional et
de s'assurer que leurs décisions en culture sont conformes à la politique
culturelle et à son plan d'action.
Une politique culturelle reflète toujours son temps et si elle induit
des changements, elle doit aussi changer avec lui. La MRC du
Haut-Saint-Laurent a connu ces dernières années de nombreux
changements imposant de nouvelles contraintes, posant de nouveaux
défis et créant de nouvelles occasions : changements démographiques et
socioéconomiques; changements dans le monde des communications;
nouvelles infrastructures, changements plus spécifiques à son
secteur culturel comme les acquis de la politique culturelle de 2001;
concertation régionale au sein de la Conférence régionale des élus de la
Vallée-du-Haut-Saint-Laurent (CRÉ VHSL) de 2004 à 2014; mise en valeur
de nouveaux sites patrimoniaux; nouvelle loi provinciale sur le patrimoine
culturel; et adoption par le gouvernement provincial de l'Agenda 21 de la
culture du Québec. Il est devenu évident qu'il fallait actualiser la politique
culturelle, et le comité culturel fut mandaté à cet effet.
[
]
5
Une vision de la culture
Le monde municipal et ses élus sont proches des citoyens. Nul n'est
plus à l'écoute, au quotidien, de leurs besoins et de leurs attentes.
Sa capacité à organiser les fonctions courantes de la communauté
et à répondre à ses besoins pratiques est grande. Mais on oublie
parfois que tout aussi grand est son pouvoir, par des politiques bien
ciblées, d'infléchir des comportements, de provoquer des prises de
conscience et de soulever de nouvelles préoccupations communes.
C'est dans cette optique qu'une politique culturelle devrait puiser son
inspiration, car la culture, bien que primordiale, reste un domaine
sous-jacent. Pourtant, bien plus qu'un marché, qu'une industrie,
c'est un cadre de vie, un écosystème, un ensemble organisé
en
expansion
de
connaissances
qui
conditionne
nos
pensées, nos comportements et nos réactions et qui, in
fine, détermine notre pensée et notre écologie humaine.
Comme une politique culturelle donne lieu à des actions concrètes, il
importe d'inclure à la dimension philosophique de cette définition une
dimension pratique. Pour les besoins d'une politique culturelle, la culture
doit être aussi traitée sous l'angle des moyens d'y accéder et de l'exprimer,
à savoir les arts, l'éducation et la communication.
Par une politique culturelle municipale, les élus affirment leur pouvoir et
leur volonté de reconnaître la culture comme un élément constitutif de
leur communauté. Ils se donnent un outil d'orientation, de planification
et d'action qui leur permet d'intégrer la culture à leur mission générale et
à leurs secteurs d'intervention. Dans une perspective de développement
durable, le développement de chacun de ces secteurs va de pair avec
le développement culturel. Le territoire et son aménagement sont des
constructions humaines et culturelles. Le développement touristique
repose entre autres sur des paysages et une offre culturelle riches. L'accès
à la culture est un facteur de cohésion sociale et d'épanouissement
individuel. L'ensemble des activités culturelles est un apport économique
non négligeable pour une communauté. En prenant 2015 comme année
de référence, le rapport des retombées économiques directes aux coûts
qu'impose aux municipalités et à la MRC le maintien d'une politique
culturelle est de 1,6. C'est-à-dire que chaque dollar investi rapporte
1,60 $ dans la communauté.
{
}
6
Méthodologie
Premières discussions au comité culturel : 2011
Attribution du mandat par le conseil des maires : janvier 2012
Sessions de travail du comité culturel :
-
18/10/12 (inventaire des ressources)
-
30/08/12 (inventaire des ressources)
-
12/03/12 (adoption du plan de travail)
-
16/06/14 (validation des parties 2 et 3)
-
14/03/16 (planification de la consultation par questionnaires)
-
03/08/16 (validation du sondage et des sections 2, 3 et 4)
-
30/01/17 (validation des sections 5 et 6)
Consultation :
-
Questionnaires spécifiques à quatre groupes cibles
du 25 avril au 16 mai 2016
Participation à la consultation :
-
Citoyens
538/9 693 portes (5,55 %)
-
Artistes
19/69
-
Organismes culturels
14/21
-
Municipalités
13/13
7
3. LE TERRITOIRE
Géographie physique
Située à l'extrême sud-ouest du Québec, la MRC du Haut-Saint-Laurent
couvre un territoire de 1 174 km2 (Statistique Canada 2011) qui s'étend
d'est en ouest sur quelque 68 kilomètres. Ses limites sont la frontière de
l'État de New-York au sud, le fleuve Saint-Laurent au nord-ouest, et les
MRC de Beauharnois-Salaberry et des Jardins-de-Napierville au nord-est.
La plus grande partie (94 %) de ce territoire est en zone agricole. Environ
un tiers de cette zone agricole est sous couvert forestier. L'agriculture
constitue la trame du paysage et elle varie selon le potentiel et la qualité
des sols. Les grandes cultures des basses terres du Saint-Laurent se
déroulent du nord au sud jusqu'aux terrasses graveleuses de la Covey Hill,
piémont des Adirondacks, propices à l'acériculture et à la pomiculture.
C'est là, sur la frontière des États-Unis, que se dessine le mont Covey Hill,
point culminant de la MRC, à 340 mètres d'altitude.
Plusieurs cours d'eau abreuvent et drainent le sol de ce territoire, mais ce
sont surtout les rives du lac Saint-François et la rivière Châteauguay qui
en structurent la géographie.
8
Géographie humaine
La MRC du Haut-Saint-Laurent fait partie de la région administrative de la
Montérégie et regroupe 13 administrations municipales, dont les cantons
de Dundee, de Godmanchester et de Havelock; les municipalités
d'Elgin, de Franklin, de Hinchinbrooke, de Howick, d'Ormstown, de
Saint-Anicet, de Saint-Chrysostome et de Sainte-Barbe; la paroisse de
Très-Saint-Sacrement; et la ville de Huntingdon. Elle couvre aussi la
portion québécoise du territoire de la réserve amérindienne d'Akwesasne
et ses nombreuses îles du lac Saint-François.
Il est à noter qu'entre 2003 et 2014, le gouvernement du Québec
avait confié le développement régional aux instances qu'étaient les
Conférences régionales des élus (CRÉ). La MRC du Haut-Saint-Laurent
faisait partie de la CRÉ de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. À des fins
d'analyses comparatives entre régions, celles-ci sont souvent classées
en quatre types : centrales, périphériques, intermédiaires et éloignées
(Fernand Harvey et Andrée Fortin, 1995). La Montérégie est classée dans
la catégorie périphérique, c'est-à-dire à proximité des grands centres
urbains. En réalité, la MRC du Haut-Saint-Laurent, par le fait qu'elle soit
enclavée aux confins du territoire et privée de grands axes routiers,
présente beaucoup de caractéristiques d'une région intermédiaire. Quant
aux indices socio-économiques, ils tendent à placer la partie sud-ouest
du territoire dans la catégorie des régions éloignées.
9
Portrait sociodémographique
Haut-Saint-Laurent
Province de Québec
Brome-Missisquoi
Jardins-de-Napierville
Population totale
21 197
-
-
-
Densité
18,1 hab./km2
-
33,7 hab./km2
32,7 hab./km2
Évolution
-3,4 % (2006-2011)
+4,7 % (2006-2011)
-
-
Groupe 0-14 ans
14,3 %
15,85 %
-
-
Groupe 15-64 ans
66,2 %
67,9 %
-
-
Langue parlée le plus souvent à la maison
Français
67 %
Anglais
33 %
Source : Statistique Canada. 2012. Le Haut-Saint-Laurent, Québec (Code 2469) et Québec (Code 24) (tableau). Profil du recensement,
Recensement de 2011, produit nº 98-316-XWF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 24 octobre 2012.http://www12.
statcan.gc.ca/census-recensement/2011/dp-pd/prof/index.cfm ?Lang=F (site consulté le 16 juin 2016).
Pourcentage de la population active selon le plus haut diplôme obtenu
Aucun diplôme
31,2 %
Diplôme d'études secondaires
23,8 %
Diplôme d'une école de métiers
17,8 %
Diplôme collégial
14,1 %
Diplôme universitaire
11,5 %
Pourcentage de la population active par secteurs d'emploi
Secteur primaire
12,4 %
Services
66,2 %
Construction
7,6 %
Fabrication
10,5 %
Source : Statistique Canada. 2013. Le Haut-Saint-Laurent, MRC, Québec (Code 2469) (tableau). Profil de l'enquête nationale auprès
des ménages (ENM), Enquête nationale auprès des ménages de 2011, produit nº 99-004-XWF au catalogue de Statistique Canada.
Ottawa. Diffusé le 11 septembre 2013.http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/dp-pd/prof/index.cfm ?Lang=F (site consulté le
17 juin 2016).
10
De nature et de culture
Si on examine notre région sous le prisme de la géohistoire, elle n'a
connu que deux longues périodes : la préhistoire avec l'occupation
amérindienne et la colonisation avec les phases de défrichage,
d'agriculture de subsistance, d'agriculture familiale et enfin d'agriculture
extensive que nous connaissons aujourd'hui. Le peuplement francophone
a commencé sur les rives du fleuve à la fin du XVIIIe siècle. Les immigrants
d'origines écossaises et irlandaises colonisèrent l'intérieur des terres
après la guerre de 1812. À la faveur du transport sur le fleuve, de la force
hydrique de la rivière Châteauguay et plus tard du chemin de fer, des
pôles industriels donnant du travail à la main-d'œuvre locale se sont
développés et ont décliné au fil du temps. Parallèlement à l'agriculture,
l'exploitation forestière, la production de potasse, l'élevage, l'industrie
laitière, la fabrication d'équipements agricoles, les briqueteries et
l'industrie textile ont contribué à la prospérité du territoire. Cette dernière
activité, en déclin à la fin du XXe siècle, a complètement cessé en 2005.
L'agriculture reste le moteur économique de la MRC. Une importante
zone de villégiature et d'activités nautiques s'est développée sur les rives
du fleuve à partir du XXe siècle.
Le paysage est parsemé de petits hameaux, petites concentrations
d'habitations qui ont suivi le développement des différentes communautés.
Ces hameaux, ainsi que les maisons ancestrales de pierres, les fermes
centenaires, les nombreuses églises et les espaces naturels, sont autant
d'éléments qui constituent un patrimoine bâti et naturel bien conservé.
Qu'il soit occupé en majorité par des propriétaires fonciers est aussi pour
beaucoup dans la préservation de ce patrimoine, puisque, agriculteurs,
ils l'ont modelé en exploitant les ressources agricoles, et résidants, ils ont
pris soin de leur espace résidentiel. Il va sans dire que ce milieu exhale
une qualité de vie.
11
L'activité artistique et culturelle de ce territoire est conditionnée par
la ruralité et le biculturalisme. Occupé d'abord par des Iroquoiens
sédentaires, ensuite par des francophones catholiques et des anglophones
catholiques et protestants, le territoire est resté essentiellement agricole
et, à part le déboisement, a été peu altéré par le temps. Cela a permis
de garder à la région l'homogénéité de son paysage et sa richesse en
sites archéologiques et en patrimoine bâti, tant religieux qu'utilitaire. Une
bonne partie de sa population actuelle descend des premiers immigrants
défricheurs. Le sentiment d'appartenance et le sens communautaire
existent. L'absence de grands centres urbains a encouragé le maintien
de pratiques artistiques et culturelles teintées de tradition. Cette
persévérance est un gage de qualité. Bien sûr, les transports modernes et
les technologies de l'information ouvrent la région sur le monde, comme
partout ailleurs. Les nouveaux médias offrent une culture visuelle variée
et habituent le public à l'hybridation et au mélange des genres. Malgré
cela, l'art contemporain se manifeste peu dans le milieu local.
L'aspect terroir et tradition rurale est mis en valeur par le Circuit du
Paysan, premier circuit touristique balisé au Québec (1998). Il y a aussi
un bon bassin de musiciens, amateurs pour la plupart, qui maintiennent
vivante une tradition de musique anglo-américaine populaire métissée,
exception faite de cornemuseurs qui entretiennent un style pur. On
constate aussi, lors d'évènements collectifs, à quel point le caractère
éternel, rustique et naturel de l'environnement du Haut-Saint-Laurent est
célébré par les peintres et sculpteurs.
La faible occupation du sol a favorisé la conservation de sites à fort
potentiel archéologique, mis en valeur par des programmes spécifiques.
La difficulté de pénétration des nouveaux médias électroniques à cause
de contraintes géographiques est aussi une caractéristique à noter.
Cette situation s'améliore avec le temps, mais l'offre de services Internet
accuse un retard dans la MRC. Un sondage auprès des administrations
municipales a révélé que neuf d'entre elles jugent le service insatisfaisant,
les quatre autres le jugant satisfaisant. Aucune ne l'a jugé très satisfaisant
(Annexe 1).
12
En résumé, le milieu se caractérise par un attachement à l'histoire, la
tradition et la nature. Comme son offre s'exporte mal, le territoire est
dynamisé par la volonté d'attirer les visiteurs et les efforts vont en ce sens.
Depuis 2001, une politique culturelle est en vigueur, et un agent de
développement culturel, en fonction. Le secteur d'intervention culturel
privilégié de la MRC a toujours été l'archéologie. D'ailleurs, cas unique au
Québec, des ententes spécifiques en archéologie avec le ministère de la
Culture et des communications (MCC) se succèdent sans discontinuer
depuis 2006.
Le souci de stimuler la vie artistique a suivi avec la création d'un lieu de
diffusion, la salle culturelle Alfred-Langevin.
Le tourisme est actuellement en développement et devrait influencer la
vie culturelle.
13
4. PISTES DE RÉFLEXION
Les considérations de la section 2 et le portrait général de la section 3
permettent d'identifier les éléments qui constituent le substrat de la
culture dans la MRC du Haut-Saint-Laurent et les enjeux qui s'inscrivent
dans la dynamique de ce secteur.
Forces
Engagement indéfectible des élus - La MRC, avec le soutien des
13 municipalités qui la composent, porte attention aux éléments
patrimoniaux du territoire dans son schéma d'aménagement depuis
1987, développe son secteur archéologique depuis 1993, et maintient
une politique culturelle active depuis 2001.
Patrimoine archéologique et bâti - La faible occupation du sol, le
développement à cadence lente et les résidants propriétaires furent des
gages de conservation.
Paysage culturel imprégné d'histoire - Le paysage est probablement la
deuxième ressource territoriale après l'agriculture. Il représente l'histoire
illustrée de la MRC.
Cohésion du milieu artistique - La qualité de vie appelle les artistes, le
partage des mêmes ressources les rassemble.
Forte pratique en amateur - Est-ce l'absence de grands centres urbains,
l'inspiration que procure le milieu ou la tradition ? Toujours est-il qu'il
faut constater à l'occasion d'événements artistiques publics, festivals,
expositions collectives, concours, à quel point la pratique de l'art
est populaire. À ce chapitre, il faut souligner aussi une offre privée de
formations artistiques diverses assez riche.
Esprit communautaire - Une population majoritairement de souche ou
implantée de longue date et faiblement densifiée, l'absence de grands
centres et la tradition anglo-saxonne favorisent la débrouillardise et
l'esprit communautaire. Les OSBL et entreprises d'économie sociale sont
nombreuses et représentent autant de partenaires potentiels en culture.
14
Biculturalisme + 1 - La coexistence des communautés francophones
et anglophones est une caractéristique majeure du territoire. Ces
deux communautés linguistiques ont des approches différentes. Les
anglophones favorisent l'approche privée et communautaire, ainsi que
l'implication bénévole. Cette approche crée des liens, de l'appartenance
et de la cohésion. Elle procure de la souplesse dans la gestion et
exige peu en ressources publiques. Les francophones ont tendance à
institutionnaliser leurs structures d'opération, approche qui procure
stabilité, pérennité et accès objectif à l'expertise et aux programmes de
soutien.
Par osmose, par émulation, les deux cultures se sont influencées et
enrichies mutuellement.
Il faut mentionner aussi la présence autochtone historique qui, si elle
a légué à la culture locale des traditions et des vestiges, s'actualise
peu aujourd'hui à cause du resserrement des contrôles frontaliers. La
communauté Mohawk d'Akwesasne et la MRC du Haut-Saint-Laurent
sont maintenant partenaires dans des ententes en développement
culturel, ce qui tend à créer de nouveaux liens.
Ruralité - Caractéristique centrale du milieu, la ruralité en résume à elle
seule toutes les forces.
Faiblesses
Grand territoire à faible densité de population - La densité de population
de la MRC du Haut-Saint-Laurent est presque inférieure de moitié à celle
des MRC limitrophes comparables. Sur un territoire aussi grand, l'accès
aux services en général et à l'offre culturelle en particulier implique de
longs déplacements. La problématique du transport se pose dans tous
les champs d'activités.
Indices socioéconomiques inférieurs aux moyennes provinciales - Les
indices socioéconomiques démontrent des faiblesses tout comme les
indices sociodémographiques. Sans entrer dans le détail, le taux de
chômage est supérieur à ceux de la région et de la province. Le taux de
faible revenu également. Le revenu disponible par habitant est inférieur à
la moyenne régionale et provinciale.
15
Faibles ressources - La démographie et l'économie du territoire imposent
un constat : les ressources tant humaines que financières, en culture,
sont limitées. Si le maintien d'une politique culturelle permet à la MRC
d'avoir accès à de l'expertise et des fonds par divers partenariats, ce n'est
que toujours proportionnellement à sa propre capacité d'investir.
Mis à part leur quote-part à la MRC, sept municipalités sur treize
n'investissent pas en culture (Annexe 1).
Exode des jeunes diplômés - Non seulement la proportion du groupe
d'âge de 0 à 24 ans est moins importante dans la population que dans
celle de la région ou de la province, mais elle décline. Et les jeunes qui
font des études postsecondaires auront beaucoup plus d'occasions
d'emploi à l'extérieur de la MRC.
Biculturalisme - Si la fusion est parfaite au quotidien, il n'en va pas de
même sur le plan institutionnel. Les différences d'approches décrites plus
haut présentent des inconvénients, et leur convergence vers une vision
commune du développement culturel représente un défi.
L'accès aux services gouvernementaux, en culture, est difficile pour les
anglophones. La langue peut être pour eux un réel obstacle et provoquer
de la retenue. Il faut admettre aussi que l'approche institutionnelle produit
de la bureaucratie. L'approche communautaire, si elle est économe en
ressources publiques, voit par contre ses propres ressources et sa portée
limitées. Et surtout, elle prive toute structure de stabilité et de pérennité, car
elle repose sur l'engagement temporaire d'individus. L'usage généralisé
des deux langues pose aussi un défi à l'organisme public qu'est la MRC. En
effet, tout ce qui est publicisé doit être traduit. Cette dernière remarque
est vraie aussi pour ce qui provient des organismes anglophones qui, à
défaut de communications bilingues, se privent d'une partie du public.
Bref, en dépit de la bonne volonté de tous, des obstacles à la
communication et au partage subsistent.
Ruralité - Caractéristique centrale du milieu, la ruralité en résume à elle
seule toutes les faiblesses.
16
Les partenaires
Partenaires
Apports
Défauts
territoriaux
CRÉ VHSL
-
Dix ans de ressources
inestimables
-
Concertation, réseautage,
rayonnement, aide financière
-
Ententes importantes avec
d'autres partenaires
-
Distribution objective et équitable
de l'aide gouvernementale au
développement régional
-
Abolition en 2014
-
Le milieu culturel de la MRC
doit revoir en partie action et
stratégie de financement
-
Abandon de projets structurants
(tourisme culturel régional,
centre régional d'archives)
CLD HSL
-
Principaux champs d'intervention :
économie et entreprise
-
Gestion de plusieurs fonds de
soutien financier
-
Des organismes culturels en ont
bénéficié
-
Ressources sous-exploitées
en culture en raison du peu
d'organismes et de projets
structurants
-
Capacité insuffisante pour
structurer le tourisme culturel
régional
Commissions
scolaires
-
Deux écoles secondaires
desservent deux communautés
linguistiques
-
Accès privilégié à la jeunesse et à
des ressources pédagogiques
-
Milieux autarciques qui ont leurs
propres politiques culturelles
-
Collaboration directe avec
artistes et organismes culturels
professionnels
-
Rare implication de la MRC, qui
dépend d'un lien aléatoire avec
un enseignant
Les partenaires
Partenaires
Apports
Défauts
gouver-
nementaux
MCC
-
Soutien majeur au
développement culturel de la
MRC
-
Recherche et mise en valeur du
secteur archéologique depuis plus
de 20 ans
-
Entente en cours sur le
patrimoine
-
Ententes avantageuses pour la
MRC entre le MCC et d'autres
partenaires
-
Collaboration avec le Conseil
Mohawk d'Akwesasne grâce à une
entente entre le MCC et le SAA
-
Communiqués et documents
seulement en français
CALQ
-
Octroi de bourses et de
subventions à la création artistique
et à la formation des artistes
-
Le programme Mécénat
Placements Culture bonifie
considérablement le produit des
levées de fonds des organismes
-
Ne s'adresse qu'au milieu
professionnel et a peu d'impact
sur le territoire
-
Action régionale en Montérégie
où la MRC est marginale
-
La MRC correspond à une
région intermédiaire ou
éloignée bien plus que
périphérique
-
La MRC n'a obtenu que 7 % des
subventions octroyées entre
2010 et 2015 dans le cadre
d'ententes de développement
pour les arts et les lettres dans
la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent
-
Peu de communiqués et
documents traduits
Patrimoine
canadien
-
Plusieurs programmes d'aide à la
vie culturelle et communautaire
-
La Société historique de la
Vallée-de-la-Châteauguay et le
Festival de musique Branches et
Racines y font appel avec succès
-
Bourses aux artistes
professionnels
-
Accès aux programmes
difficile pour nos organismes
peu structurés et faibles en
ressources
-
Cadre de références strict et
exigences administratives
-
Longue planification
-
Milieu professionnel faiblement
représenté dans la MRC
18
Les partenaires
Partenaires
Apports
Défauts
associatifs
CMCC
-
Aide technique, formation,
information, promotion et
représentation pour les membres
-
Interlocuteur privilégié du CALQ
en Montérégie
-
La MRC est membre ainsi que
quelques acteurs culturels de
son territoire
-
Communiqués et documents
seulement en français
Culture pour
tous
-
Appui et promotion des Journées
de la culture sur le territoire de la
MRC depuis 2002
-
Les programmes et évènements
conviennent mieux à des
milieux denses et à un secteur
culturel bien structuré
-
Succès local mitigé
-
Retrait de la MRC en 2016
malgré les efforts consentis
pendant plus de 10 ans
-
Communiqués et documents
seulement en français
corporatifs
associations et
entreprises
-
Cas par cas
-
Les commanditaires locaux
peuvent contribuer à des activités
ou projets locaux
-
Peu de commanditaires
potentiels et qui
sont sursollicités
Enjeux
Les conditions idéales pour maintenir l'impulsion du développement
culturel produite par 30 ans d'efforts et 15 ans de politique culturelle dans
la MRC du Haut-Saint-Laurent se déclinent en quatre enjeux. Les voici :
Le soutien :
-
Soutien des élus au secteur des arts, de la culture et des
communications dans le développement local;
-
Soutien financier des différentes sources (partenariats, programmes
d'aide financière...);
-
Soutien aux organismes culturels;
-
Soutien à la pratique professionnelle incluant la relève.
19
La préservation :
-
Préservation du patrimoine bâti, paysager, archéologique, immatériel;
-
Préservation de la qualité de vie;
-
Préservation des archives;
-
Préservation des infrastructures culturelles existantes (salle
Alfred-Langevin, bibliothèques, Grove Hall, salles communautaires
municipales, site Droulers);
-
Préservation des activités existantes récurrentes qui ont fait leurs
preuves;
-
Préservation de l'effort en action culturelle pour maintenir
l'engagement des intervenants et l'intérêt du public.
La participation :
-
Participation et accès du public à une offre culturelle de qualité;
-
Participation des acteurs culturels (artistes, organismes, structures,
bibliothèques);
-
Participation des municipalités;
-
Participation aux initiatives de concertation afin de favoriser un
meilleur dialogue et une complémentarité entre les différents
acteurs du milieu, ainsi qu'avec les instances territoriales;
-
Participation du milieu de l'éducation;
-
Participation du milieu culturel au développement durable et à la
vitalité des territoires;
-
Participation du milieu des affaires à des projets culturels.
Le rayonnement :
-
Rayonnement de la MRC pour attirer visiteurs et nouveaux résidants;
-
Rayonnement des acteurs culturels (artistes, organismes,
structures, bibliothèques);
-
Rayonnement de l'action culturelle;
-
Rayonnement de l'identité territoriale.
20
5. PORTRAIT DES SECTEURS
(dans l'ordre de priorité suivant le sondage par questionnaires [Annexe 1])
Histoire et patrimoine
L'identité culturelle d'un milieu se compose d'une multitude de repères
affectifs liés à l'histoire locale et régionale. Connaître l'histoire constitue le
premier pas vers une meilleure compréhension du territoire et le meilleur
moyen de développer un sentiment de fierté et d'identité régionale. Ce
sentiment représente la base essentielle pour prendre des décisions
et faire des choix éclairés pour les générations futures. L'héritage
culturel de la MRC du Haut-Saint-Laurent est le résultat de plus de deux
cents ans de rencontres et d'échanges culturels entre Amérindiens,
Écossais, Irlandais, Canadiens français et Américains. Que ce soit pour
ses paysages, pour son architecture, ou encore pour son patrimoine
ethnologique ou archéologique, la MRC possède une richesse unique
qui la distingue des autres régions du Québec. La faible occupation du
sol, le développement à cadence lente, les résidants propriétaires ont été
des gages de conservation. Le paysage est probablement la deuxième
ressource territoriale après l'agriculture. Il représente l'histoire illustrée de
la MRC.
La MRC est active dans la mise en valeur et la diffusion de son histoire et
de son patrimoine. Les sites d'intérêt patrimonial sont reconnus dans le
schéma d'aménagement. En partenariat avec le MCC, la MRC soutient la
recherche et la mise en valeur de son potentiel archéologique depuis plus
de 25 ans. Ce travail a donné lieu à la création du site Droulers, reconnu
par les deux ordres de gouvernement, et a permis la découverte de
13 autres sites. Il donne également lieu à la publication de monographies
et de bulletins d'information.
En 1996, à la suite d'une étude commandée par le MCC qui porte sur
les confessions religieuses autres que catholiques, la MRC produit un
guide destiné à faire connaître le patrimoine religieux de la région. Au
printemps 2000, un article paru dans la revue Continuité fait connaître à
l'échelle provinciale quelques facettes de son patrimoine.
21
Plus récemment, des événements publics majeurs sont produits pour
commémorer le 150e anniversaire du pont couvert de Powerscourt, celui
du journal The Gleaner et le bicentenaire de la Bataille-de-la-Châteauguay.
Reconstitutions historiques sur les sites et expositions thématiques à
la salle Alfred-Langevin sont au programme. Les activités entourant
la commémoration de la bataille sont de loin les plus retentissantes
et le fruit de la collaboration de la MRC, de la Société historique de la
Vallée-de-la-Châteauguay (SHVC), de Parcs Canada et de Patrimoine
canadien.
En 2013, l'aménagiste de la MRC et l'agent de développement culturel
rédigent un devis d'appel d'offres pour la caractérisation du paysage culturel
patrimonial. La MRC n'obtient pas le financement pour mener à bien ce
projet, mais les documents sont accessibles pour toute occasion future.
La même année, la MRC appuie l'initiative conjointe d'un enseignant de
l'école secondaire Arthur-Pigeon et d'un créateur multimédia de la région
pour la réalisation d'un audioguide historique sur Huntingdon.
En 2015 et 2016, une subvention du Centre local de développement du
Haut-Saint-Laurent (CLD HSL) et l'aide technique de la MRC permettent au
propriétaire du site de l'Église Unie de l'ancien village de Godmanchester
d'en stabiliser et préserver les ruines.
Un film documentaire portant principalement sur le patrimoine bâti est
réalisé en 2004. Un court métrage de mise en valeur du patrimoine
culturel en général est en cours de réalisation.
Dernièrement, à la demande des propriétaires, la municipalité de
Très-Saint-Sacrement a entrepris des démarches en vue d'accorder à la
Maison Morrison un statut officiel, à savoir une citation municipale.
Un projet d'envergure est actuellement en cours : il s'agit de la création
d'un musée et centre d'histoire du Haut-Saint-Laurent, incluant un centre
d'archives. Le projet est porté par la SHVC avec l'aide technique de la MRC.
L'étude de faisabilité a été effectuée grâce à une subvention du CLD HSL.
Photo : Peter Cyril Dahms
Photo : Save the Laguerre Ruins
(Facebook page)
Photo : Peter Cyril Dahms
22
Les ressources
Nous l'avons vu, le secteur est très riche et les ressources sont nombreuses.
Elles sont constituées principalement de sites d'intérêt et d'événements
passés ou actuels. En publier ici la liste serait trop long et hors propos.
En résumé, le territoire de la MRC compte 32 lieux de cultes, 12 biens à
statut officiel (Annexe 3) et au moins une quinzaine de lieux, de bâtiments
ou d'événements qui méritent une attention particulière. Cela sans
compter les nombreuses maisons anciennes à caractère patrimonial. Les
deux sociétés historiques de la région sont des ressources précieuses
et probablement les organismes culturels les plus structurés à part les
bibliothèques. La Société historique de Saint-Anicet (SHSA), fondée en
1983, et la Société historique de la Vallée-de-la-Châteauguay (SHVC)
fondée en 1968, se consacrent à la documentation, la conservation et la
diffusion de l'histoire locale et régionale.
Le patrimoine autochtone, lié historiquement au nôtre, est mis en
valeur par la communauté Mohawk d'Akwesasne. Bien qu'elle soit de
culture différente de celle des Iroquoiens qui peuplaient jadis la MRC,
cette communauté collabore à nos recherches archéologiques. Ses
propres événements, lieux d'intérêt et organismes, notamment le Pow-
Wow annuel, le Musée d'Akwesasne, le Thompson Island Cultural
Camp et le Native North American Travelling College, enrichissent notre
connaissance du passé. La Loi sur le patrimoine du Québec confère aux
municipalités des pouvoirs de reconnaissance et de protection de biens
culturels. Une politique culturelle active permet à la MRC de conclure
des ententes avec le MCC.
Ces ententes sont essentielles au financement des projets d'envergure
comme les recherches archéologiques, l'édition de publications ou la
réalisation de films. Une de ces ententes triennales est en cours. Une autre,
mettant à contribution la MRC comme partenaire, est en négociation
avec le Conseil Mohawk d'Akwesasne (CMA) et comprend un important
volet éducatif et de transmission de patrimoine immatériel.
23
Constat
En dépit de la richesse, du potentiel de développement et des efforts
conjugués des intervenants, il existe plusieurs lacunes quant aux moyens
de sauvegarde et de mise en valeur de notre patrimoine ainsi que de
diffusion de notre histoire. La région ne possède pas de centre de
documentation ni de lieu consacré à la diffusion et à l'interprétation
de l'histoire et du patrimoine, encore moins de centre d'archives. Cela
explique toute l'importance du projet de musée et centre d'histoire de la
Vallée-du-Haut-Saint-Laurent
Actuellement il n'existe aucune étude ni document qui pourrait servir
d'assise à une démarche de reconnaissance et de mise en valeur de nos
paysages. Pourtant, la menace de l'industrialisation, bien qu'effacée, est
toujours présente. On pourrait s'inquiéter pour la sauvegarde de certains
bâtiments ou lieux historiques. Des témoins architecturaux et symboliques
se détériorent par manque de sensibilisation et d'investissements. En
général, il n'existe pas de mesures incitatives ou de réglementation établies
par les municipalités pour sensibiliser la population à la conservation
et la mise en valeur de l'héritage culturel. Les municipalités disposent
de pouvoirs, mais manquent peut-être de ressources pour en user. Le
bâti résidentiel est moins à risque que l'on pourrait croire car, même
si les interventions qu'il subit se font rarement dans les strictes normes
patrimoniales, il est du moins maintenu. La conservation du patrimoine
religieux pose un problème plus aigu. Des reconversions comme celles
des églises de Saint-Anicet ou de Sainte-Barbe sont citées en exemple,
mais elles imposent de lourdes charges à la collectivité. Les églises plus
modestes de confessions protestantes semblent plus faciles à entretenir
tant qu'il y a suffisamment de fidèles pour les maintenir actives et
s'en occuper. Le bâti le plus menacé est le bâti agricole. Les quelques
exemplaires de bâtiments agricoles à caractère patrimonial qui subsistent
sont devenus vétustes depuis longtemps, présentent peu ou pas d'intérêt
fonctionnel et échappent à l'attention.
24
Une attention particulière devra également être portée à la conservation
du patrimoine archivistique régional. Qu'elles soient publiques ou
privées, les archives sont de précieux documents à valeur inestimable qui
constituent la matière première des historiens de demain. Actuellement,
chaque organisme se débrouille avec les moyens du bord, qui ne
présentent que des solutions temporaires et risquées.
Malgré le travail d'une poignée de spécialistes, certaines parties de notre
patrimoine restent encore mal ou pas documentées; tel est le cas du
patrimoine immatériel qui comprend les légendes, les savoirs et les
savoir-faire. Ce patrimoine est d'autant plus fragile que, pour rester vivant,
il doit être transmis par des porteurs de traditions. À titre d'exemple,
mentionnons le travail de la pierre naturelle, si caractéristique de notre
région et perpétué aujourd'hui par une seule famille d'artisans.
25
Lignes directrices pour un plan d'action
-
Maintenir les ressources humaines, la concertation, et les partenariats
organisationnels et financiers qu'a permis l'édition d'une première
politique culturelle.
-
Maintenir les recherches et le développement en archéologie. Maintenir
les ententes en développement culturel avec le MCC.
-
Faire aboutir le projet d'entente avec le MCC et le CMA.
-
Assurer une veille stratégique de l'information pertinente au secteur.
-
Documenter et caractériser les lieux d'intérêt esthétique et historique,
les noyaux architecturaux et les hameaux.
-
Favoriser la création d'un centre de documentation ou d'un lieu
consacré à la diffusion et à l'interprétation de l'histoire et du patrimoine.
-
Favoriser la création d'un centre d'archives.
-
Assurer une veille stratégique des menaces au patrimoine bâti
et paysager.
-
Assurer une veille stratégique quant au financement d'une étude de
caractérisation du paysage culturel et patrimoine paysager.
-
Favoriser l'émergence d'une conscience paysagère dans la collectivité.
-
Présenter aux conseils municipaux les outils et la réglementation dont
ils disposent pour préserver le patrimoine de leur municipalité.
-
Identifier avec les conseils municipaux les biens à protéger en priorité
sur leur territoire.
-
Présenter occasionnellement des expositions thématiques en histoire
et patrimoine à la salle Alfred-Langevin.
-
Appuyer les organismes dans leurs demandes aux conseils
municipaux. Assurer l'aide technique aux organismes pour l'accès
au financement.
26
Arts de la scène
Le spectacle vivant est le lieu même de la médiation culturelle. Le public
y est invité à partager une œuvre qui n'existe que dans cet échange.
Expérience magique et éphémère. Mais combien de travail et de
ressources diverses pour en arriver là!
Les artistes et organismes du Haut-Saint-Laurent, actifs dans ce secteur,
enrichissent ainsi la vie culturelle de la région par leur présence et leur
implication, et contribuent à l'amélioration de la qualité de vie de la
collectivité. Ils jouissent d'une grande reconnaissance locale. Le théâtre,
la danse et la musique sont des arts qui se pratiquent le plus souvent en
groupe, chacun contribuant au résultat de l'ensemble. Cette méthode de
travail favorise les échanges, et il en résulte une dynamique de partage
d'expériences et d'émulation.
L'intervention de la MRC dans ce secteur a commencé par la mise
en œuvre de la première politique culturelle et s'est traduite par la
concertation du milieu, la promotion des artistes, des organismes et
des évènements, et la production occasionnelle de spectacles intimes
dans la salle Alfred-Langevin. Depuis 2013, un partenariat avec le Grove
Hall, diffuseur privé, permet à la MRC de produire des spectacles de plus
grande envergure et de participer à des événements à portée régionale.
La MRC soutient un festival annuel de musique folk, le Festival folklorique
Branches et Racines, dont la scène principale est à Ormstown.
27
Les ressources
En complémentarité de la salle Alfred-Langevin, la MRC promeut ses
artistes et organismes par son site Internet, ses réseaux sociaux et ses
publications dans les médias régionaux.
La MRC est un médiateur efficace pour faciliter l'accès des artistes
et organismes professionnels aux programmes d'aide financière et
technique offerts par ses partenaires gouvernementaux et associatifs
(Section 4, Les partenaires).
La MRC offre aussi son aide technique sous forme de services divers aux
organismes et groupes qui la sollicitent.
La MRC abrite de nombreux artistes amateurs, musiciens, conteurs,
acteurs, quatre troupes de théâtre, des cornemuseurs réputés et groupes
folkloriques, et au moins deux chorales. Quelques artistes professionnels
qui font carrière à l'extérieur y vivent aussi et sont toujours heureux de
venir rencontrer leur public local.
Au nombre des lieux de diffusion, la région compte un ou deux cafés
culturels, deux auditoriums d'écoles secondaires et une salle privée, le
Grove Hall. Plusieurs municipalités possèdent un centre culturel ou des
loisirs, ou une salle communautaire. Ce sont des lieux polyvalents où
la présentation de spectacles est possible. Les meilleurs exemples sont
Sainte-Barbe et Saint-Anicet. Un important lieu de diffusion reconnu
se trouve non loin, dans la MRC voisine, la salle Albert-Dumouchel à
Salaberry-de-Valleyfield. Seuls deux organismes professionnels locaux
y ont accès pour présenter un spectacle annuel. Il s'agit de L'École de
danse Neva Shelton et de la troupe de théâtre Les Caméléons du
Haut-Saint-Laurent.
Le Festival folklorique Branches et Racines existe depuis 2003 et s'est
donné pour mission de promouvoir la musique folklorique populaire
dans la région et d'attirer des artistes de haut calibre tout en mettant en
valeur la richesse des talents locaux.
Au chapitre de l'éducation et des loisirs culturels, mentionnons que
plusieurs artistes offrent des cours privés au public. Le directeur artistique
du Théâtre de la rivière noire en fait autant. La Chateauguay Valley
Regional High School (CVR) offre à ses étudiants un programme axé sur
les arts de la scène. Le Grove Hall offre des camps d'été artistiques, et
l'École de danse Neva Shelton, comme son nom l'indique, se consacre
essentiellement à la transmission de l'art de la danse.
Constat
Deux éléments sont indispensables à l'essor des arts de la scène : le
public et les ressources. Les réalités démographiques, géographiques
et sociales en privent la MRC du Haut-Saint-Laurent. Les productions
professionnelles nécessitent beaucoup de ressources humaines et
financières. Il n'y a sur le territoire aucun diffuseur reconnu admissible
à l'aide gouvernementale. Les moyens de communication modernes
accentuent la fragmentation de l'offre et drainent le public local vers les
grands centres les plus près. Ces considérations s'appliquent à la scène
professionnelle sur laquelle l'action de la MRC a peu d'influence. Par
contre, la MRC peut intervenir sur la scène amateur où les talents et
l'implication fleurissent. Le territoire abrite de nombreux artistes, artisans,
groupes et organismes passionnés et actifs surtout en musique, en
théâtre et en chant choral. Leur travail est mis en valeur à l'occasion
d'événements locaux. Leur appartenance à la communauté et leurs liens
personnels avec ses membres favorisent une grande participation du
public. Un facteur de succès dans cette forme de pratique est le maintien
de l'équilibre entre rayonnement et surexposition.
Quelques artistes professionnels habitent la région, mais ne font pas appel
aux ressources locales, car ils évoluent dans d'autres structures. Pourtant,
à la faveur d'un lien d'appartenance, ils se produisent volontiers dans la
MRC quand les circonstances s'y prêtent. La MRC est l'organisme le mieux
placé pour créer ces circonstances, et elle tend à produire au moins deux
spectacles de qualité annuellement. Le succès est toujours au rendez-vous.
Les salles de diffusion les plus adéquates sont les auditoriums des deux écoles
secondaires. Celui de la CVR est le mieux équipé. Répondre aux besoins
publics n'est pas leur vocation première, et il est difficile de les exploiter pour
des événements extérieurs à leur milieu scolaire bien que les Caméléons du
Haut-Saint-Laurent présentent leur spectacle à la CVR annuellement, cette
salle convenant mieux que Grove Hall à leurs besoins spéciaux. Organisme
professionnel de diffusion doté de sa propre salle, le Grove Hall est en
émergence au prix de beaucoup de travail de ses promoteurs.
L'enseignement des disciplines des arts de la scène sur le territoire
repose en partie sur l'offre privée de quelques artistes. Comme structures
institutionnelles, il faut mentionner une école de danse classique
et le programme de théâtre de CVR, qui a lancé plusieurs carrières
professionnelles. Dans les autres écoles, l'initiation et l'éveil de vocations
reposent sur les activités parascolaires.
La promotion offerte aux artistes et organismes par la MRC est limitée. Elle
s'en tient à l'actualité des événements, comme un concert par exemple,
et au répertoire qui n'est plus à jour.
29
Lignes directrices pour un plan d'action
-
Maintenir les ressources humaines, la concertation et les partenariats
organisationnels et financiers qu'a permis l'édition d'une première
politique culturelle.
-
Maintenir la programmation de la salle Alfred-Langevin.
-
Maintenir le partenariat avec le Grove Hall et le soutenir
dans ses démarches pour devenir un centre d'animation
et un diffuseur reconnu.
-
Maintenir le soutien au Festival folklorique Branches et Racines.
-
Collaborer étroitement à la mise à jour des nouveaux outils de diffusion
de la MRC (nouveau site Internet, réseaux sociaux, infolettre).
-
Renouveler le répertoire culturel dans un format plus complet, plus
contemporain et plus interactif.
-
Assurer une veille stratégique de l'information pertinente.
-
Présenter périodiquement au public un artiste, un groupe ou un
organisme dans les médias.
-
Structurer et publiciser l'offre en formation et en loisirs culturels.
-
Maintenir une tarification basse pour les spectacles de la MRC afin de
favoriser l'accès du public.
30
Arts visuels et métiers d'art
La pratique des arts et de l'artisanat est présente comme dans toute
collectivité. Une cinquantaine d'artistes et artisans ont été ciblés lors
de la consultation par questionnaires. La pratique amateur est la plus
répandue, mais le territoire compte aussi quelques professionnels, et
de grands talents s'expriment à tous les niveaux d'exercice. Plusieurs
amateurs pourraient prétendre à la classe supérieure, et plusieurs
professionnels mériteraient une reconnaissance beaucoup plus large. Le
style est souvent figuratif ou abstrait, académique ou moderne, rarement
contemporain. L'aspect traditionnel du territoire se traduit peut-être dans
l'art qui s'y pratique. L'artisanat est aussi de facture traditionnelle sauf dans
les domaines de la verrerie et des bijoux.
La consultation par questionnaires a révélé que les artistes et artisans
participent majoritairement aux activités de la MRC. Les autres déclarent
manquer d'information ou avoir des raisons personnelles pour ne pas y
participer (Annexe 1).
La jeune relève en arts visuels et en métiers d'art est présente, mais
proportionnellement en dessous du poids démographique des jeunes
sur le territoire.
La grande majorité des artistes et artisans qui ont répondu à la consultation
par questionnaires ont entre 45 et 64 ans (Annexe 1).
31
Les ressources
La salle Alfred-Langevin fut créée en 2001 pour pallier un manque de
lieu régional de diffusion. Gérée par la MRC, elle offre maintenant un
programme annuel d'expositions mettant en valeur le travail de ses
artistes et artisans.
Les autres lieux de diffusion sont rares, et la promotion des arts visuels
n'est pas leur vocation première. Il s'agit des bibliothèques, des salles
communautaires municipales et d'autres lieux publics, comme les cafés,
qui ont des activités culturelles occasionnelles.
La photographie étant un médium populaire, la MRC organise
annuellement une exposition concours ouverte à tous.
Un club de photo est actif sur le territoire pour stimuler cette pratique.
Plusieurs artistes et artisans offrent au public de la formation.
Des organismes communautaires offrent des loisirs créatifs aux aînés.
Le Cercle des fermières est la seule structure locale vouée à la pérennité
de l'artisanat traditionnel.
Les quelques artistes professionnels présents sur le territoire sont une
ressource précieuse quand un besoin d'expertise survient dans le cadre
d'une activité communautaire.
En complémentarité de la salle Alfred-Langevin, la MRC promeut
ses artistes et artisans par son site Internet, ses réseaux sociaux et ses
publications dans les médias régionaux.
La MRC est un médiateur efficace pour faciliter l'accès des artistes
professionnels aux programmes d'aide financière et technique offerts par
ses partenaires gouvernementaux et associatifs (Section 4, Les partenaires).
Les programmes TRACE et Vocation en art favorisent l'émergence de la
jeune relève artistique.
32
Constat
Le milieu partage les mêmes ressources, mais il est peu structuré. Le
territoire ne compte pas d'association ou d'organisme regroupant des
artistes en arts visuels. Ceux-ci se tournent parfois vers des structures
extérieures pour l'appui et la diffusion. À l'inverse, des artistes de l'extérieur
font parfois appel à nos ressources.
Les artistes professionnels font peu appel aux ressources du territoire, car
ils évoluent dans d'autres structures. Cela est particulièrement vrai pour
les quelques artistes en arts contemporains.
La promotion offerte aux artistes et artisans par la MRC est limitée.
Elle s'en tient à l'actualité des événements, comme une exposition par
exemple, et au répertoire qui n'est plus à jour.
La jeune relève manifeste sa présence par sa participation aux programmes
TRACE ou Vocation en art ainsi qu'aux expositions collectives de la MRC.
Cependant, elle est mal encadrée. Nous savons que l'apprentissage des
arts et l'acquisition de culture générale ne sont pas priorisés dans les
programmes scolaires. En dehors de l'école, milieu fermé, les jeunes
artistes sont livrés à eux-mêmes. Pour les plus motivés, un programme
en arts visuels existe au Collège de Valleyfield.
Certains lieux publics, comme les salles municipales, les hôtels de ville,
les centres de services et les bureaux de la MRC, pourraient participer à la
reconnaissance de nos artistes et artisans. Ces lieux potentiels de diffusion
sont sous-exploités.
33
Lignes directrices pour un plan d'action
-
Maintenir les ressources humaines, la concertation, les activités
récurrentes et les partenariats organisationnels et financiers qu'a
permis l'édition d'une première politique culturelle.
-
Collaborer étroitement à la mise à jour des nouveaux outils de
diffusion de la MRC (nouveau site Internet, réseaux sociaux,
infolettre).
-
Renouveler le répertoire culturel dans un format plus complet, plus
contemporain et plus interactif.
-
Assurer une veille stratégique de l'information pertinente.
-
Assurer l'aide technique aux professionnels pour l'accès au
financement.
-
Présenter périodiquement au public un artiste dans les médias.
-
Explorer la possibilité d'utiliser des espaces publics comme lieux de
diffusion (ex. : politique d'emprunt d'œuvres d'art à la MRC).
-
Susciter la création d'un important événement public récurrent ou y
participer (ex. : festival, symposium).
-
Explorer avec les municipalités la possibilité d'atténuer l'impact fiscal
pour les ateliers d'artistes qui s'affichent comme commerce.
-
Structurer et publiciser l'offre en formation et en loisirs culturels.
34
Lettres, littérature et communication
Ce secteur comprend les créateurs de contenu et les moyens de diffusion :
écrivains, journalistes, correspondants, organismes de domaines divers
et, à la rigueur, chacun d'entre nous qui sommes devenus éditeurs sur les
réseaux sociaux. Une politique culturelle de la MRC n'aura pas beaucoup
d'influence sur les pratiques individuelles. La MRC s'efforce, dans la
mesure de ses moyens, d'aider ces créateurs comme elle le fait pour ceux
des autres secteurs. Par contre, elle peut intervenir plus efficacement
auprès des organismes, principalement les bibliothèques, mais aussi tout
organisme culturel qui organise des conférences, un salon du livre ou
d'autres activités en lien avec le monde des lettres.
Le sondage par questionnaires a placé ce secteur en quatrième position
sur six dans l'ordre d'intervention prioritaire (Annexe 1). En fait, une
pondération par nombre de répondants plutôt que par groupes cibles
l'aurait placé en troisième position, ce qui traduit bien sa place centrale.
C'est un secteur hybride et primordial en culture, car il concerne
les contenus, mais aussi, dans son aspect pratique, la façon dont ces
contenus sont diffusés, publiés, proposés à l'attention du public. C'est
donc un secteur transversal qui recoupe tous les autres tant l'information
est liée au monde de la culture et en conditionne toute l'activité. Sans
information, les intervenants n'auraient pas accès aux ressources.
Sans information, il n'y aurait ni participation, ni public, ni échange, ni
concertation, ni développement.
Promotion, rayonnement, accès sont des préoccupations communes
à trois groupes cibles qui ont participé au sondage par questionnaires
(Annexe 2). Ce sont tous des enjeux tributaires de la communication.
35
Les ressources
La région est couverte par un hebdomadaire bilingue : Le Suroît régional/
The Southwest News, avec son supplément Le Suroît agricole. La région
est couverte aussi par deux journaux francophones, Le Journal d'Affaires
du Sud-Ouest et le Journal Saint-François, lequel comprend un encart
en anglais, The Gleaner. Seul The Gleaner se consacre essentiellement
au territoire de la MRC. Les autres couvrent plus largement la Montérégie
Ouest. Ces journaux sont publiés sur papier et en format numérique.
Deux autres véhicules d'information n'existent que sur Internet : InfoSuroît
et C'est ma ville/It's my Town. Ce dernier, bilingue, n'a pas de rédacteur
attitré et transmet du contenu d'intérêt local provenant de multiples
sources. La MRC utilise la majorité de ces médias pour transmettre son
actualité culturelle.
Les sites Internet de la MRC et des municipalités ainsi que les bulletins
municipaux sont de précieuses sources d'information.
En 2015, la MRC a mis en place une plateforme de diffusion à la disposition
des Correspondants bénévoles du Haut-Saint-Laurent. Ce réseau est
ouvert à tous, la participation est bénévole, et les correspondants/
journalistes bénéficient d'un service de mentorat professionnel et de
traduction. Les articles d'intérêt général portant sur le territoire ou
d'opinion sont publiés dans Le Suroît régional et C'est ma ville/It's my
Town.
Cinq municipalités de la MRC ont une bibliothèque sur leur territoire, à savoir
Saint-Anicet, Sainte-Barbe, Ormstown, Saint-Chrysostome et Huntingdon.
Les trois premières sont affiliées au Réseau Biblio de la Montérégie.
Le Musée de Société des Deux-Rives de Valleyfield organise un salon du
livre annuel auquel les auteurs de la MRC peuvent participer.
36
Constat
Le secteur des lettres, de la littérature et des communications étant
transversal à tous les autres, il convient d'aborder le bilinguisme dans
la présente section. La grande majorité des répondants au sondage par
questionnaires (Annexe 1) déclarent vivre dans un milieu biculturel. Quoi
de plus culturel que la langue ? Quoi donc de plus présent dans notre
collectivité que le bilinguisme ? Ce sujet est rarement abordé tant la
présence des deux langues est naturelle dans notre quotidien. Toutefois,
pour les services culturels de la MRC, il prend toute son importance. Nous
sommes en relation avec deux communautés de cultures et de langues
différentes. La publication de nos communiqués et documents dans les
deux langues et les efforts supplémentaires fournis pour répondre dans
celle de nos interlocuteurs sont pratiques courantes. Pourrions-nous
faire plus ? Deux états de fait peuvent orienter notre réflexion. D'abord,
l'accès aux programmes de soutien du gouvernement provincial est
plus difficile pour les artistes, organismes et intervenants anglophones,
ce qui entraîne chez eux désintérêt et non-participation. Ils se privent
ainsi de ressources. Deuxièmement, une division des auditoires sur un
territoire qui en compte déjà peu n'est pas idéale. Les organismes qui
négligent de bien traduire leurs communiqués se privent d'une partie
de leur public potentiel. L'agent de développement culturel de la
MRC agit en tant qu'agent de liaison dans son domaine d'activité. Par
ailleurs, la problématique est semblable dans le domaine des services
communautaires. Des organismes culturels ont souligné le fait qu'il est
difficile d'obtenir de l'information sur l'aide offerte à l'extérieur du champ
strictement culturel comme le bénévolat, les organismes caritatifs, les
partenaires corporatifs potentiels, l'aide à l'économie sociale, etc. Une
collaboration plus étroite entre l'organisateur communautaire du Centre
intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO)
et l'agent de développement culturel serait souhaitable.
37
Afin de concrétiser une recommandation de la première politique
culturelle, qui demande la diffusion périodique de toute l'information
culturelle en une seule publication, la MRC a créé un calendrier culturel
ouvert à tous, en lien avec son site Internet. Utile en son temps, cet outil
est rapidement devenu obsolète. Les sources se sont multipliées, et
l'interface peu conviviale a éloigné peu à peu les utilisateurs. Le secteur
des communications est en mutation profonde et rapide. Il faut tenir
compte aujourd'hui de la multiplication des plateformes et en tirer profit.
Centraliser toute l'information à contenu culturel dans un seul média à
l'attention des intervenants et du public est devenu impossible. L'actualité
est trop rapide, et les sources sont trop nombreuses. Autre constat : le
format traditionnel, sur papier, perd sa place prédominante au profit du
numérique. Le journal The Gleaner/La Source, journal régional le plus
ancien au Québec, a perdu son siège et son équipe locale à la suite
d'un regroupement avec d'autres journaux régionaux francophones qui
lui a été imposé. Il a perdu une grande partie de son identité. La MRC
tient compte de ces réalités. Elle s'est adjoint les services d'une agente
des communications à plein temps. Celle-ci met les outils de diffusion à
jour. Également active sur les réseaux sociaux, elle alimente les journaux
numériques qui couvrent la région.
38
Tout comme les médias, les bibliothèques sont un élément central du
présent secteur. Elles ont soulevé des préoccupations non seulement lors
de l'élaboration de la première politique culturelle, mais également de la
présente. De plus, récemment, les trois bibliothèques affiliées au Réseau Biblio
de la Montérégie, soit celles de Sainte-Barbe, de Saint-Anicet et d'Ormstown,
ont dû refuser leurs services aux personnes résidant dans les municipalités
voisines, ces dernières n'ayant pas consenti à s'inscrire au Réseau et à
payer la quote-part. Le resserrement des règles de ces bibliothèques a
entraîné des discussions au sein des municipalités moins peuplées, dont
les conseils municipaux ne veulent pas imposer aux contribuables une
charge supplémentaire au profit d'une très petite minorité d'utilisateurs.
On peut considérer les bibliothèques comme des centres de diffusion et
des lieux de culture importants. Mais il faut reconnaître que le maintien
de ce service représentant un gros budget pour les municipalités les plus
peuplées, il devient tout simplement inabordable pour celles comptant peu
de résidants. D'autre part, Bibliothèque et archives nationales du Québec
(BAnQ) propose à tous l'emprunt de livres numériques en ligne. Quant à
la Petite bibliothèque verte de Huntingdon (PBVH), OSBL privé, elle est très
dynamique et s'efforce de maintenir ses services à jour. Elle est accessible à
toute la population de la MRC et, dans les faits, elle dessert principalement des
résidants de Huntingdon, Dundee, Elgin, Godmanchester, Hinchinbrooke
et Franklin, municipalités avec lesquelles elle a une entente de service.
Le quart (25 %) de ses membres provient des autres municipalités de la MRC
(Sainte-Barbe, Saint-Anicet et Ormstown) et de Salaberry-de-Valleyfield,
ceux-ci étant surtout attirés par sa collection en langue anglaise. Une
subvention du CLD HSL lui a permis en 2015 de mettre en œuvre un
programme axé sur les outils numériques, la littératie numérique et
l'éducation. Même accessible à toute la population, la PBVH ne dessert pas
la totalité de la MRC, et sa pérennité dépend du soutien de la ville et de
l'implication bénévole d'une relève qui s'avère quasi absente. Force est de
constater que des services existent, mais inégalement à l'échelle du territoire.
Doter la MRC de son propre réseau de bibliothèques, recommandation
émise dans la première politique culturelle et souhait exprimé lors du
sondage en lien avec l'élaboration de celle-ci, est un projet irréalisable.
Si la situation des bibliothèques a évolué depuis quinze ans, elle l'a fait
en dehors de toute intervention de la MRC. L'époque des bibliothèques
de village est révolue. Répondre aux caractéristiques de la bibliothèque
du 21e siècle, ou même tendre vers cet idéal défini par le milieu comme
« Troisième lieu de vie », demande des ressources hors de portée de
notre collectivité. L'adhésion au Réseau Biblio par un plus grand nombre
de municipalités du territoire est-elle envisageable ? Tous ces éléments
constituent une équation difficile à résoudre. La MRC est bien placée pour
intervenir, mais en quoi ces interventions consisteraient-elles ?
39
Lignes directrices pour un plan d'action
-
Maintenir les ressources humaines, la concertation et les
partenariats organisationnels et financiers qu'a permis l'édition d'une
première politique culturelle.
-
Collaborer étroitement à la mise à jour des nouveaux outils de diffusion
de la MRC (nouveau site Internet, réseaux sociaux, infolettre).
-
Tirer profit de la multiplication des plateformes numériques en
ciblant les contenus et les publics.
-
Renouveler le répertoire culturel dans un format plus complet, plus
contemporain et plus interactif.
-
Assurer une veille stratégique de l'information pertinente.
-
Lancer et coordonner un dialogue entre les représentants du
Réseau Biblio et les municipalités.
-
Sensibiliser les intervenants des deux langues à l'importance de la
traduction et de sa qualité.
-
Instaurer une meilleure collaboration avec l'organisateur
communautaire du CISSSMO.
40
Formation, éducation, loisirs culturels
Les premiers lieux d'enculturation sont la famille et l'école, mais apprendre
et créer tout au long de la vie sont un désir et une nécessité dans un
monde aussi complexe que le nôtre. La MRC comporte beaucoup de
contraintes sociales et géographiques, mais elle a des ressources et,
surtout, regroupe des collectivités attentives à la jeunesse et soucieuses
de développer le plein potentiel de celle-ci.
Les ressources
Les deux écoles secondaires du territoire, à savoir Arthur-Pigeon et CVR,
participent à l'éveil et au développement de talents créatifs.
Les cinq bibliothèques du territoire proposent des activités éducatives
à l'intention des jeunes. Aux adultes aussi, si l'on songe au soutien à
l'utilisation de l'informatique offert par la PBVH. Elles proposent aussi des
expositions et des conférences.
La MRC participe à deux programmes régionaux destinés à favoriser
l'émergence d'artistes de la relève et à soutenir leurs démarches de
professionnalisation. Il s'agit de Vocation en art, porté par le Carrefour
jeunesse-emploi de Huntingdon, et de Traquer la relève artistique et
culturelle en émergence (TRACE) porté par quatre lieux de diffusion
régionaux dont la salle Alfred-Langevin.
La MRC est partenaire du Gala de reconnaissance jeunesse rurale qui met
en valeur chaque année l'implication bénévole des jeunes du territoire.
L'action culturelle est une des cinq catégories ouvertes aux candidatures.
Une institution privée et reconnue enseigne la danse, l'École de danse
Neva Shelton.
Nous l'avons mentionné dans la description des autres secteurs, plusieurs
artistes offrent des cours particuliers dans leur discipline.
Les loisirs créatifs sont présents dans les programmes de La Maison
des jeunes de Huntingdon (MJH) ainsi que dans ceux d'organismes
communautaires.
41
Constat
Les écoles sont les lieux d'intervention privilégiés auprès des jeunes, mais
ce sont des milieux qui reposent surtout sur leurs ressources internes. Un
échange fructueux pour développer des activités ou des projets communs
avec la MRC dépend souvent de l'implication d'un seul enseignant au
sein de l'établissement. Ce lien est fragile, et les approches sont souvent
à recommencer. La participation à des programmes comme le Gala de
reconnaissance jeunesse rurale qui rassemblent plusieurs organismes
communautaires et des représentants des commissions scolaires aide à
créer des liens plus solides.
L'offre en loisirs culturels et formation artistique existe, mais n'est pas
structurée. Cette lacune a été relevée lors de la consultation par
questionnaires (Annexe 2).
Lignes directrices pour un plan d'action
-
Structurer et publiciser l'offre en formation et en loisirs culturels.
-
Maintenir la participation au programme TRACE.
-
Maintenir la participation au programme Vocation en art.
-
Maintenir le partenariat avec le Gala de reconnaissance
jeunesse rurale.
42
Arts médiatiques
À moins que des représentants de ce secteur aient échappé à notre attention,
ils sont peu nombreux dans la MRC du Haut-Saint-Laurent. Le secteur
compte quelques artistes, professionnels et créateurs de sites Internet.
Les ressources
-
Une entreprise de production multimédia et cinématographique,
Le Matou Noir.
-
Un technicien de son actif dans la sonorisation de scènes,
Bernard Leduc.
-
Une entreprise d'édition de musique, Piglet Records, disposant de
son studio d'enregistrement, propriété de Christopher Pennington.
-
Un ciné-club soutenu par la municipalité de Saint-Anicet, et un autre
à Huntingdon soutenu par la PBVH.
Constat
La MRC fait appel à l'une ou l'autre de ces ressources pour ses
besoins spécifiques.
À moyen terme, nous voyons peu d'évolution possible dans ce secteur
sur notre territoire.
Lignes directrices pour un plan d'action
-
Maintenir les collaborations occasionnelles.
-
Participer à la promotion des ciné-clubs.
-
Participer à la promotion des entreprises du secteur.
-
Renouveler le répertoire culturel dans un format plus complet, plus
contemporain et plus interactif.
-
Assurer une veille stratégique de l'information pertinente.
-
Présenter périodiquement au public un artiste ou un professionnel
dans les médias.
43
6. PORTÉE DE LA POLITIQUE
Dans le contexte géographique et social de la MRC du Haut-Saint-Laurent,
vu la faible densité de population, les nombreuses obligations courantes
représentent déjà un défi pour les municipalités qui la composent. Malgré
tout l'intérêt et toute la bonne volonté des élus, le secteur culturel n'y
est pas priorisé dans la majorité d'entre elles. Neuf municipalités sur
treize n'attribuent pas de ressources humaines en culture au sein de leur
administration. Les autres confient les dossiers culturels et de loisirs à leurs
élus et comptent autant que possible sur le bénévolat.
Hormis leur quote-part à la MRC, huit municipalités attribuent moins
de 10 000 $ annuellement aux loisirs et à la culture. Les cinq autres y
consacrent entre 40 000 $ et 100 000 $. Il est à noter que ces cinq
municipalités soutiennent des bibliothèques qui absorbent la majeure
partie de ces budgets.
Lors du sondage par questionnaires, de 51,7 % à 80 % des répondants,
selon le groupe, ont estimé que la compétence en développement
culturel sur le territoire incombe à la MRC (Annexe 1). La MRC prend acte
de ces données et affirme son rôle de mandataire et de leader en matière
de développement culturel.
La MRC du Haut-Saint-Laurent intervient auprès des personnes
(résidants ou artistes), des OSBL, professionnels ou non, et des
municipalités de son territoire dans le cadre d'activités ou de projets
culturels. Elle leur reconnaît le statut de maître d'œuvre et s'engage
à assumer son rôle d'appui, de soutien technique, de concertation et
de coordination. La MRC du Haut-Saint-Laurent peut aussi agir en
tant que promoteur ou producteur d'activités ou de projets culturels
à portée régionale recueillant un large consensus dans la collectivité
et pour lesquels les ressources sont insuffisantes.
La MRC du Haut-Saint-Laurent représente les intérêts des municipalités
de son territoire auprès de ses partenaires gouvernementaux et
associatifs en matière de culture.
44
Aspect financier
La MRC n'a pas de fonds culturel et peu de latitude quant aux budgets
annuels adoptés chaque automne pour l'année suivante. Chaque dépense
pour ses activités récurrentes est prévue, et les activités plus importantes,
comme les recherches et la diffusion en archéologie, les projets de mise
en valeur du patrimoine ou le soutien aux artistes, sont financées par des
ententes de partenariat avec des organismes gouvernementaux (MCC,
CALQ, ...) en vertu desquelles toute activité est planifiée à moyen terme
(2, 3, 4 ans). Cela ne laisse aucune place pour les demandes ponctuelles
que les organismes locaux ne manquent pas de lui faire, si grande soit la
valeur de ces organismes et de leurs projets.
Pour le soutien financier, les artistes et organismes culturels professionnels
peuvent s'adresser au MCC, au CALQ et à Patrimoine canadien.
Pour du soutien technique au fonctionnement et pour de la formation,
ils peuvent devenir membres du Conseil montérégien de la culture et des
communications (CMCC).
Les organismes municipaux, le Conseil de bande d'Akwesasne, les
coopératives et les OSBL peuvent faire appel au Fonds de développement
des territoires (FDT) pour de l'aide au financement de projets culturels.
45
7. REMERCIEMENTS ET CRÉDITS
La MRC du Haut-Saint-Laurent exprime sa reconnaissance envers les
élus des treize municipalités locales pour leur soutien indéfectible à la
recherche et à la mise en valeur de son patrimoine archéologique depuis
plus de 25 ans, et pour leur volonté de maintenir une politique culturelle
depuis 2001.
La MRC du Haut-Saint-Laurent remercie tous les intervenants du secteur
culturel au sens le plus large qui, au quotidien et souvent dans l'ombre,
œuvrent à la préservation, à l'enrichissement et au rayonnement de notre
bien-aimé territoire.
La MRC du Haut-Saint-Laurent remercie les résidants, les artistes,
les représentants des municipalités et des organismes qui ont participé
à l'enquête sur laquelle s'est appuyée l'élaboration de la présente
politique culturelle.
46
Elle remercie aussi les membres de son Comité culturel, bénévoles
compétents, dévoués et combien utiles, qui ont encadré la démarche
entre 2012 et 2017.
-
Robert Anderson, représentant du secteur histoire et patrimoine
-
Daniel Beaudin, représentant du secteur histoire et patrimoine
-
Alain Boisvert, représentant du milieu professionnel ou multidisciplinaire
-
Agathe Brisebois, représentante du secteur histoire et patrimoine
-
Alain Castagner, représentant des élus municipaux
-
Louise Charlebois, représentante du secteur lettres et communication
-
Ronald Critchley, représentant du milieu scolaire anglophone
-
Hélène D'Amours, représentante du milieu professionnel ou
multidisciplinaire
-
André de Bellefeuille, représentant du secteur arts visuels
-
Philippe Decloitre, représentant du milieu scolaire francophone
-
Nathalie Fournier, représentante du secteur lettres et communication
-
Nancy Houvert, représentante du secteur arts visuels
-
Marc Lacroix, représentant du milieu professionnel ou multidisciplinaire
-
Patrice Laflamme, représentant du secteur lettres et communication
-
Gerry Leroux, représentant du secteur histoire et patrimoine
-
Anna Potapova, représentante du milieu des affaires
-
Sarah Rennie, représentante du secteur arts visuels
-
John Ryan, président, représentant du secteur arts visuels
-
Anne-Marie Samson, représentante du secteur lettres et
communication
-
Neva Shelton, représentante du secteur arts de la scène
-
Éric van Zuiden, représentant du secteur arts visuels
-
Martin Verrier, archiviste
Coordination et rédaction :
Luc De Tremmerie, agent de développement culturel
Révision :
Nancy Brunelle, gestionnaire de la salle Alfred-Langevin
Anick Lacroix, coordonnatrice aux communications
Mise en page et montage graphique :
Anick Lacroix, coordonnatrice aux communications
47
8. GLOSSAIRE
Agenda 21 de la culture du Québec : Cadre de référence dévoilé
par le ministère de la Culture et des Communications en 2011. Ce
document établit les principes et les objectifs pour faire de la culture une
composante majeure et essentielle de la société, intégrée aux dimensions
sociale, économique et environnementale du développement durable.
(agenda21c.gouv.qc.ca)
BAnQ : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
CALQ : Conseil des arts et des lettres du Québec.
CISSSMO : Centre intégré de santé et de services sociaux de la
Montérégie-Ouest.
CLD HSL : Centre local de développement du Haut-Saint-Laurent.
CMA : Conseil Mohawk d'Akwesasne.
CMCC : Conseil montérégien de la culture et des communications.
CRÉ VHSL : Conférence régionale des élus de la
Vallée-du-Haut-Saint-Laurent.
Culture pour tous : Organisme à but non lucratif, porteur des Journées
de la culture, et dont le financement de base provient du ministère de la
Culture et des Communications.
Intervenant : Personne qui intervient au cours d'un processus (Office
québécois de la langue française, par exemple). Par extension, personne
ou organisme compétent dans un champ d'intervention donné, et qui
participe à un processus.
Loi sur le patrimoine culturel : Loi qui encadre la protection et la mise en
valeur du patrimoine, adoptée à l'Assemblée nationale le 19 octobre 2011.
MCC : Ministère de la Culture et des communications.
Montérégie : Une des 17 régions administratives du Québec, occupant
le sud-ouest de la province.
MRC : Municipalité régionale de comté. Corporation municipale vouée à
la concertation et à la planification régionale.
Offre culturelle : Toute production, médiation, tout site, lieu, à contenu
culturel, offert à l'attention du public.
48
OSBL : Organisme sans but lucratif.
Patrimoine canadien : Ministère du gouvernement fédéral du Canada
responsable de la politique en matière de culture, de communications
et des sports.
Politique culturelle : Texte de référence qui encadre le service public, en
matière de culture, qu'une instance territoriale offre aux intervenants et
à la population.
Projet structurant : Projet qui répond aux principes de cohérence, de
pertinence, de concertation et de pérennité.
Ressources : Moyens humains, organisationnels, matériels ou financiers
dont on dispose pour atteindre un objectif ou pour accomplir une action.
Secteur arts de la scène : Dans le contexte de la présente politique
culturelle, ce secteur comprend tout individu, groupe ou organisme qui
crée, produit ou diffuse des œuvres ou des spectacles de théâtre, de
théâtre lyrique, de musique, de danse ou de variétés. Ce secteur comprend
aussi tout individu, groupe ou organisme qui fournit les compétences
artistiques, créatrices ou techniques requises pour la présentation des
spectacles, et les compétences en formation en arts de la scène. (Adapté
de : Observatoire de la culture et des communications du Québec)
Secteur arts médiatiques : Secteur d'activité de création et de diffusion
d'œuvres d'art dont le fonctionnement fait appel à la technologie. Par
exemple, les disciplines artistiques pouvant se rattacher à cette catégorie
comptent l'art vidéo, l'art cinétique, l'art informatique, l'art numérique, l'art
électronique, l'art interactif, l'art multimédia, le cyberart, l'art en réseau,
l'art biotechnologique, l'art robotique, l'art sonore, l'art technologique et
l'art spatial. (Réseau canadien d'information sur le patrimoine, RCIP)
Secteur arts visuels et métiers d'art : Dans le contexte de la présente
politique culturelle, ce secteur comprend tout individu, groupe ou
organisme qui crée, diffuse ou expose des œuvres originales d'expression
artistique, ou décoratives, ou utilitaires, relevant des arts visuels (peinture,
sculpture, estampe, dessin, photographie, arts textiles, installation,
performance, vidéo d'art) ou de toute autre forme d'expression de même
nature, ainsi que des œuvres originales qui sont issues de l'exercice d'un
métier relié à la transformation du bois, du cuir, des textiles, des métaux,
des silicates ou de toute autre matière. (Adapté de : Observatoire de la
culture et des communications du Québec)
49
Secteur formation, éducation, loisirs culturels : Dans le contexte de la
présente politique culturelle, ce secteur comprend toutes les ressources,
tant institutionnelles que privées, qui, suivant une approche méthodique,
tendent à transmettre des connaissances ou à développer des habiletés
dans le domaine des arts, de l'histoire et du patrimoine, des lettres, des
sciences et de la technologie.
Secteur histoire et patrimoine : Dans le contexte de la présente politique
culturelle, ce secteur comprend tout ce qui concerne la gestion, la
protection, la conservation, la diffusion, la promotion et la mise en valeur
de l'héritage culturel de la MRC, à savoir l'ensemble des biens, matériels
ou immatériels, et les paysages culturels, ayant une importance artistique
ou historique, à dimension collective, et transmis de génération en
génération.
Secteur lettres, littérature et communication : Dans le contexte de
la présente politique culturelle, ce secteur comprend les activités et
les ressources en création, production, édition, diffusion et distribution
de documents imprimés ou numériques. Ce secteur comprend aussi
les écrivains et les artistes indépendants, les journalistes, les créateurs
de contenus, qui participent à réalisation des documents, livres et
périodiques.
TRACE : Traquer la relève artistique et culturelle en émergence. Initiative
de soutien à la professionnalisation des jeunes artistes de la relève en
arts visuels. Projet porté par quatre lieux de diffusion, à savoir la salle
Alfred-Langevin de Huntingdon, le Musée de société des Deux-Rives de
Salaberry-de-Valleyfield, le Musée régional de Vaudreuil-Soulanges et la
Maison Trestler de Vaudreuil-Dorion.
Vocation en art : Tribune et formation offertes aux jeunes artistes en
arts visuels par plusieurs Carrefours jeunesse-emploi régionaux, dont
celui de Huntingdon.
50
Annexe 1 : Politique culturelle, édition 2017
Consultation par questionnaires du 25 avril au 16 mai 2016
Tableau synthèse
538 citoyens/9693 portes (5,55 %) (296 papier, 189 webfr, 53 webang)
19/69 artistes
15/21 organismes
13/13 municipalités
questions
citoyens
artistes
Fréquentation
Jamais
Rarement
Occasionnellement
Régulièrement
9,2 %
24,3 %
55,3 %
14,3 %
Jamais
Rarement
Occasionnellement
Régulièrement
0 %
15,8 %
26,3 %
57,9 %
Non-fréquentation
raisons
Pas d'intérêt personnel
Pas de temps
Éloignement
Pas d'information
Pas intéressant
Autre
31,1 %
25 %
5,6 %
18,3 %
16,5 %
3,2 %
Pas d'intérêt personnel
Pas de temps
Éloignement
Pas d'information
Pas intéressant
Autre
0 %
0 %
0 %
33,4 %
0 %
66,6 %
Secteurs
fréquentés
Arts visuels métiers
Arts de la scène
Lettres et comm.
Histoire et patr.
Arts médiatiques Formation,
loisirs
24 %
23,3 %
17,8 %
16,5 %
8 %
10,5 %
Arts visuels métiers
Arts de la scène
Lettres et comm.
Histoire et patr.
Arts médiatiques
Formation, loisirs
100 %
50 %
26 %
26 %
31,6 %
26 %
questions
citoyens
artistes
organismes
municipalités
Secteurs
d'intervention
priorisés
1 Histoire et patr.
2 Arts visuels
métiers d'art
3 Lettres et comm.
4 Arts de la scène
5 Formation, loisirs
6 Arts médiatiques
1 Arts visuels
métiers d'art
2 Arts de la scène
3 Lettres et comm.
4 Histoire et patr.
5 Formation, loisirs
6 Arts médiatiques
1 Histoire et patr.
2 Arts de la scène
3 Arts visuels
métiers d'art
4 Lettres et comm.
5 Formation, loisirs
6 Arts médiatiques
1 Histoire et patr.
2 Arts de la scène
3 Formation, loisirs
4 Lettres et comm.
5 Arts visuels
métiers d'art
6 Arts médiatiques
Compétence en
développement
culturel
Municipalité
23 %
MRC
51,7 %
Région1
16,9 %
Autre2 :
Municipalité 5,3 %
MRC
73,6 %
Région1
5,3 %
Autre :
15,8 %
Municipalité
7,1 %
MRC
57,2 %
Région1
14,3 %
Autre3 :
21,4 %
Municipalité
0 %
MRC
80 %
Région1
10 %
Autre4 : Tous 10 %
1 Région : Montérégie § 2 Autre : Pas MRC (1); OSBL (2); Tous (15); Bénévoles (3); Personne (1) § 3Autre : Tous/Privé § 4Autre : Tous
51
questions
citoyens
artistes
municipalités
Accès Internet
Oui (répondants papier)
80 %
Oui (répondants en ligne) 100%
Non (situés en zone rurale) 80 %
Oui
100 %
En zone rurale
84,2 %
Insatisfaisant
69,2 %
Satisfaisant
30,8 %
Très satisfaisant
0 %
Type de connexion Basse v
4,1 %
Interm. v
44,4 %
Haute v
51,7 %
Basse v
0 %
Interm. v
55 %
Haute v
45 %
Fréquentation
Internet
Inexistante
2,7 %
Occasionnelle
5 %
Hebdom.
6,3 %
Quotidienne
87 %
Occasion.
5,5 %
Quotidienne
94,5 %
Usages Internet
priorisés
1 Correspondance
2 Divertissement
3 Information
4 Connaissances
5 Consommation
6 Travail
1 Travail
2 Information
3 Correspondance
4 Connaissances
5 Consommation
6 Divertissement
Lien à votre
communauté
changé par
fréquentation
nouveaux médias
Pas du tout
45,5 %
Un peu
31,3 %
Beaucoup
15,1 %
Ne sais pas
8,3 %
Pas du tout
22,2 %
Un peu
38,9 %
Beaucoup
33,3 %
Ne sais pas
5,6 %
Perception du
milieu
Homogène
26,4 %
Biculturel
56,3 %
Multiculturel
17 %
Homogène
0 %
Biculturel
84,2 %
Multiculturel
15,8 %
Groupe d'âge
15-24
8,2 %
25-44
16,7 %
45-64
47,2 %
65 +
33 %
15-24
0 %
25-44
5,3 %
45-64
63,1 %
65 +
31,6 %
questions
organismes
Secteur
d'appartenance
Arts de la scène
57,1 %
Lettres et comm.
21,4 %
Histoire et patr.
14,3 %
Arts visuels métiers
7,1 %
questions
municipalités
Ressources
humaines en
culture
Oui
Non
4
9
Investissements
en culture (hors
quote-part)
2 000 $ et -
10 000 $ et -
40 000 $ et +
50 000 $ et +
80 000 $ et +
7
1
1
2
2
52
Annexe 2 : Politique culturelle, édition 2017
Consultation par questionnaires du 25 avril au 16 mai 2016
Tableau synthèse des services et apports souhaités
Groupe cible
Services souhaités
Apports à la pratique, à la carrière, aux objectifs
Artistes
Dans l'ordre d'occurrence pour
les 3 premiers
-
Promotion générale
-
Aide financière pour organismes
bénévoles et productions
culturelles
-
Création d'un lieu d'échanges
littéraires ou soutien de ce lieu
-
Alimentation des réseaux sociaux
avec événements artistiques
-
Diffusion des œuvres
-
Rétablissement des JC sur territoire
-
Aide dans la recherche de lieux
d'exposition
-
Festivals
-
Aide à la création d'organismes
culturels et au développement
d'infrastructures
-
Création de liens avec les écoles et
les lieux d'apprentissage artistique
-
Service de diffusion
communautaire (radio ?)
-
Dans le cas d'un concours, que la
MRC puisse faire don du prix à un
organisme au choix de l'artiste
Dans l'ordre d'occurrence pour les 3 premiers
-
Promotion générale
-
Plus de rayonnement local et dans d'autres
MRC
-
Promotion de la littérature et du théâtre
francophone
-
Exposition annuelle consacrée à des
photographes professionnels ou amateurs
avancés
-
Sensibilisation et mobilisation des élus et des
citoyens pour prioriser ce secteur comme
axe de développement régional
-
Soutien à ma pratique et diffusion
-
Sélection de mon dossier pour la salle A-L
alors que j'expose à Montréal
-
Maintien des acquis (salle A-L)
-
En théâtre et musique, échanges avec
d'autres MRC
-
Large diffusion du répertoire culturel
-
Aide financière directe
-
Aide technique sous forme d'ateliers pour
publiciser les programmes de bourses et
subventions et pour y expliquer les formalités
d'application
-
Possibilité d'exposer mes œuvres
53
Annexe 2 : Politique culturelle, édition 2017
Consultation par questionnaires du 25 avril au 16 mai 2016
Tableau synthèse des services et apports souhaités
Groupe cible
Services souhaités
Apports à la pratique, à la carrière, aux objectifs
Organismes
Dans l'ordre d'occurrence
-
Plus d'appui à la promotion
-
Soutien financier direct aux OSBL
-
Répertoire culturel et calendrier
culturel actifs et conviviaux sur site
-
Intervention proactive des services
ou organismes existants envers
nouveaux groupes d'intérêt ou
organismes (agent de liaison ?
organisation et intervention
communautaire CISSSMO ?)
-
Forums sectoriels de réseautage
-
Diffusion des ressources humaines
en culture pour reconnaissance
publique
Ordre aléatoire
-
Sensibilisation-mobilisation des conseils
municipaux autour enjeux culturels
-
Accès accompagné à un bassin de bénévoles
aux intérêts ciblés
-
Appui pour les organismes auprès des
conseils municipaux
-
Accès à une concertation régionale
-
Vision culturelle concertée et partagée
-
Accès aux programmes d'aide
-
Accès pour tous à une bibliothèque / Appui
à l'alphabétisation et littératie numérique via
plan d'action
-
Production d'événements culturels dans les
centres communautaires des municipalités
-
Accès égal aux services pour anglophones
Municipalités
-
Soutien et promotion d'activités
locales porteuses pour les
communautés locales
-
Promotion de l'offre en loisirs
culturels et cours d'arts pour
les jeunes
-
Propre réseau de bibliothèques
si possible
54
Annexe 3 : Politique culturelle, édition 2017
Liste des biens patrimoniaux à statut légal
Registre du patrimoine culturel du Québec
Bureau d'enregistrement de Huntingdon
Huntingdon
Édifice de comté de Huntingdon
Huntingdon
Édifice O'Connor
Huntingdon
Pont couvert de Powerscourt
Elgin et Hinchinbrooke
Pont Turcot
Très-Saint-Sacrement
Site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha
Saint-Anicet
Désignations patrimoniales fédérales
Lieu historique national du Canada de la
Bataille-de-la-Châteauguay (LHN)
(Allan's Corners)
Très-Saint-Sacrement
1920
Événement historique national du Canada de la
Défense du gué de Châteauguay
Très-Saint-Sacrement
1920
Plaque 1928/1977
Événement historique national de la Première
beurrerie du Canada (LHN)
Créée en 1873, et suivie par la création d'écoles de
laiterie pour développer l'industrie
(Athelstan)
Hinchinbrooke
1943
Lieu historique national du Canada de la
Mairie-de-Havelock (LHN)
Havelock
1984
Lieu historique national du Canada du
Pont-Couvert-de-Powerscourt (LHN)
(Powerscourt)
Elgin et Hinchinbrooke
1984
Édifice de la douane de l'immigration (ÉFP)
(Trout River) Godmanchester
1991
Lieu historique national du Canada du
Droulers-Tsiionhiakwatha (LHN)
Saint-Anicet
2007
ISBN 978-2-9816669-2-5
Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada
Politique culturelle de la MRC du Haut-Saint-Laurent Édition 2017 (format PDF)