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Adoptée par le conseil de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine le 8 novembre 2016
Novembre 2016
POLITIQUE ENVIRONNEMENTALE
Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine
Crédits photos : Agglomération des Îles-de-la-Madeleine (pages 4, 6, 7, 9, 17, 18); Marie Aubin (pages 3, 13); Benoit Boudreau
(pages 5, 12), Guylaine Coderre (page1-2); Séverine Palluel (page 1-1).
Mot du président de la Communauté maritime ........................................................................................ 2
Acronymes et définitions .......................................................................................................................... 2
Préambule ............................................................................................................................................... 2
La démarche ............................................................................................................................................ 2
Les fondements ....................................................................................................................................... 2
La Vision .................................................................................................................................................. 2
Enjeux et orientations .............................................................................................................................. 2
Engagements .......................................................................................................................................... 2
Suivi et évaluation ................................................................................................................................... 2
Table des matières
5
Citoyens, citoyennes
En tant que président de la Communauté maritime, je suis heureux de dévoiler la
toute première Politique environnementale des Îles-de-la-Madeleine. C'est un
honneur pour moi de représenter une collectivité fière de son environnement
unique, une collectivité consciente du caractère exceptionnel, mais vulnérable de
la nature qui l'entoure, une collectivité engagée dans la protection des
écosystèmes et des ressources naturelles sur laquelle s'appuie en bonne partie
sa vie socioéconomique.
La présente Politique marque la volonté du milieu d'affirmer sa détermination à agir à l'égard des
enjeux environnementaux, ce qui sera d'ailleurs confirmé par l'adoption prochaine d'une première
stratégie énergétique territoriale et d'une charte des paysages. Dans ce cadre, la Politique
environnementale nous positionne concrètement sur la voie du développement durable. Elle nous offre
également l'opportunité d'assumer notre rôle de leader politique, en mobilisant les forces vives du
milieu autour d'une vision novatrice, rassembleuse et qui tient compte des particularités
environnementales de notre territoire.
Je suis persuadé que la mise en œuvre de cette Politique constituera une avancée essentielle dans le
maintien et l'amélioration de la qualité de l'environnement de l'archipel, au bénéfice de tous ses
résidents actuels et futurs.
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué à cette vaste démarche de concertation,
amorcée en 2010 par l'élaboration du Plan stratégique d'intervention en environnement. Le lancement
de la Politique environnementale est également pour moi l'occasion de saluer les visionnaires de notre
communauté, qui ont vu l'importance, il y a déjà plusieurs décennies, de protéger et de mettre en
valeur cet environnement exceptionnel dont nous sommes si fiers aujourd'hui, et qui constitue
incontestablement la pierre d'assise de notre avenir collectif.
Jonathan Lapierre
Président de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine
Mot du président de la Communauté maritime
des Îles-de-la-Madeleine
6
Agglomération
Agglomération des Îles-de-la-Madeleine
AMSÉE
Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale
CCTPE1
Comité consultatif sur les terres publiques et l'environnement
CÉGEP
Centre d'études collégiales des Îles-de-la-Madeleine
CERMIM
Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes
Communauté maritime
Entité administrative regroupant la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine et la Municipalité
de Grosse-Île et remplaçant l'agglomération par décret gouvernemental en 2016
CRCD
Conseil régional de concertation et de développement
CRÉGÎM
Conférence régionale des élus de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine
CRNT
Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire
FIRT1
Forum intersectoriel sur les ressources et le territoire
GRE1
Groupe de référence en environnement
ICI
Industries, commerces et institutions
MAPAQ
Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec
MDDELCC
Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques du Québec
MRC
Municipalité régionale de comté des Îles-de-la-Madeleine
MTQ
Ministère des Transports du Québec
PARE
Plan d'action et de réhabilitation écologique
PASL
Plan d'action Saint-Laurent
PRDIRT
Plan régional de développement intégré des ressources et du territoire
PSIE
Plan stratégique d'intervention en environnement
SCÎM
Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine
TCR
Table de concertation régionale
ZIP
Zone d'intervention prioritaire
1 GRE : composé de l'Agglomération des Îles, Attention FragÎles, CERMIM, CÉGEP, Comité ZIP, et SCÎM. Dissout en 2014 et intégré au FIRT.
FIRT : composé des membres du GRE + Bon goût frais des Îles, CRÉGÎM, CRNT, MAPAQ, MTQ et Tourisme Îles-de-la-Madeleine. Dissout en
2015 et intégré au CCTPE.
CCTPE : composé des membres du FIRT + Association des chasseurs et pêcheurs sportifs, Club de VTT des Îles, Municipalité des Îles-de-la-
Madeleine, Municipalité de Grosse-Île, et des représentants des villégiateurs, des cueilleurs et de la société civile.
Acronymes et définitions
7
Une politique environnementale aux Îles-de-la-Madeleine
Pourquoi et pour qui?
Aux Îles-de-la-Madeleine, la nature fait partie intégrante de la vie des citoyens. La mer et ses
innombrables ressources, les lagunes, les falaises, les buttes, la forêt, les dunes et les plages sont
autant d'éléments qui fondent la richesse et la qualité exceptionnelle de l'environnement madelinot.
Pourquoi donc une politique environnementale quand on a le privilège de vivre dans un tel milieu? Pour
le préserver d'abord et pour le mettre en valeur ensuite. C'est du moins la volonté qui pousse la
Communauté maritime à mettre en place une première politique environnementale.
La Politique environnementale est une initiative qui trouve sa cohérence dans l'omniprésence de
l'environnement dans la vie socioéconomique des Madelinots. Elle découle du Plan stratégique
d'intervention en environnement (PSIE)2 réalisé entre 2010 et 2012 dans le cadre d'une importante
démarche concertée, entre de nombreux acteurs du milieu.
La Politique environnementale est le fruit d'un vaste travail de recherche, de réflexion et de
concertation mettant à contribution une quarantaine d'organisations interpellées par les questions
d'ordre environnemental. En effet, l'environnement est incontestablement devenu une grande
préoccupation pour la communauté madelinienne. Lorsqu'il est question de protection des milieux
naturels, de qualité de l'eau douce ou d'adaptation au phénomène des changements climatiques, la
conscientisation fait son chemin, et le palier municipal se doit de prendre en considération l'ensemble
des préoccupations des citoyens.
En adoptant la présente Politique, la Communauté maritime reconnaît qu'elle a un rôle important à
jouer pour contribuer à préserver l'environnement dans une perspective de développement durable.
Elle manifeste ici son intention d'agir concrètement dans ses propres champs d'intervention, mais aussi
sa volonté de guider ses partenaires et ses citoyens par ses politiques d'occupation, d'utilisation, de
développement et de protection du territoire.
2 Attention FragÎles / Groupe de référence en environnement des Îles-de-la-Madeleine (2012), Plan stratégique d'intervention en
environnement pour le territoire des Îles-de-la-Madeleine en ligne http://psie-tim.attentionfragiles.org
Préambule
8
Un peu d'histoire
La fascination pour la nature généreuse de l'archipel des Îles-de-la-Madeleine ne date pas d'hier. En
1534 déjà, Jacques Cartier s'étonnait, en parlant des Isles Margaux3, du fait que « Ces Isles estoyent
plus remplies d'oiseaux que ne seroit un pré d'herbe .... » Il s'enthousiasmait également devant l'île
Brion « Cette Isle est environnée de sablon, et ... de meilleure terre que nous eussions oncques
veuë, en sorte qu'un champ d'icelle vaut plus que toute la terre-Neufue .... » En plus des oiseaux,
phoques, et morses, il dépeint dans son journal de bord les grands arbres, les riches prairies et les
grands marais.
Les particularités environnementales de l'archipel ont, en outre, suscité l'intérêt de plusieurs éminents
scientifiques, dont le plus connu est sans aucun doute le frère Marie-Victorin, qui a joué au Québec un
rôle de premier plan. On doit également plusieurs études au gouvernement provincial, menées
notamment dans le cadre de recherches sur le potentiel d'exploitation des ressources minières et
forestières ou encore sur le développement de l'industrie touristique. Le gouvernement fédéral a quant
à lui réalisé d'importants travaux sur les milieux marins et lagunaires, par l'intermédiaire, entre autres,
du biologiste de renom Paul Montreuil. Finalement, ce territoire a inspiré dans leurs recherches, bon
nombre d'universitaires canadiens et même étrangers qui trouvent aux Îles-de-la-Madeleine un
laboratoire aussi riche que complexe.
Les organismes dédiés à l'environnement
Au plan local, la prise de conscience de la nécessité de protéger ces particularités de l'environnement
a graduellement fait son chemin. En 1988, un groupe de citoyens inquiets des pressions subies par les
milieux naturels mène à la création d'un premier organisme environnemental : le Mouvement pour la
valorisation du patrimoine naturel des Îles-de-la-Madeleine, devenu par la suite Attention FragÎles. Une
dizaine d'années plus tard, deux autres organismes œuvrant dans le même domaine voient le jour : la
Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine (1997) et le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine
(1998). Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine fait partie d'un réseau de 12 comités ZIP répartis sur le
fleuve, l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. La création de ce dernier dans le cadre du Programme
Saint-Laurent Vision 2000 d'Environnement Canada et du MDDELCC, constitue une reconnaissance
gouvernementale, à l'échelle interrégionale et nationale, de l'importance de l'archipel dans la diversité
des écosystèmes du golfe du Saint-Laurent.
3 Les trois Isles Margaux citées par Jacques Cartier correspondent à l'actuel Rocher-aux-Oiseaux ainsi qu'à deux ilots de petite
taille situés à proximité de ce dernier.
La démarche
9
Plus récemment, en septembre 2015, une nouvelle instance de gouvernance et de concertation a été
officiellement constituée. Découlant de la Loi sur l'eau du Québec, la Table de concertation régionale
(TCR) des Îles-de-la-Madeleine a pour but de favoriser la concertation entre les divers intervenants
locaux concernés par le Saint-Laurent et de concilier à la fois le développement économique et la
protection et la mise en valeur du milieu naturel et de ses ressources en eau (douce et salée). Plus
d'une quarantaine d'acteurs locaux de différents secteurs d'activités, concernés par la ressource en
eau, ont participé à la constitution de la TCR.
La création de la TCR des Îles-de-la-Madeleine s'inscrit dans la démarche de gestion intégrée du
Saint-Laurent et l'implantation de 12 tables de concertation régionales au Québec. Ces TCR découlent
d'une volonté fédérale-provinciale, dans le cadre de la 5e phase du Plan d'action Saint-Laurent (PASL),
de travailler avec les communautés côtières et riveraines du Golfe, de l'estuaire et du fleuve Saint-
Laurent afin d'en arriver à une meilleure gestion de la ressource en eau.
Finalement, également en 2015 est née l'Association madelinienne pour la sécurité énergétique et
environnementale (AMSÉE).
Le monde municipal
Au plan municipal, la vulnérabilité des milieux naturels des Îles est connue et documentée depuis fort
longtemps. Dès 1987, le premier schéma d'aménagement et de développement de la MRC faisait
distinctement ressortir cette particularité territoriale dominante. Toutefois, les modes de gestion et la
réglementation ne commencent à prendre en compte les enjeux environnementaux que
progressivement; d'abord en 1994 par la mise en place des premiers règlements d'urbanisme locaux,
et plus concrètement à partir du regroupement municipal en une entité administrative unique en 2002.
À titre d'exemple, citons l'adoption du Règlement concernant l'utilisation de l'eau potable par les
usagers des réseaux d'aqueduc de la municipalité (2003), ou encore l'adoption du Règlement sur le
contrôle de la circulation des véhicules sur les plages, les dunes, le littoral et dans les milieux humides
(2009). En 2010, l'Agglomération adopte son schéma d'aménagement et de développement de
deuxième génération et réaffirme clairement sa volonté de protéger les milieux naturels de l'archipel.
C'est également à cette période qu'Attention FragÎles réunit différents partenaires et amorce
l'élaboration du Plan stratégique d'intervention en environnement (PSIE), une démarche d'envergure
appuyée par les instances municipales.
En effet, une dizaine d'années après les derniers exercices de planification en environnement 4,
l'apparition de nouveaux enjeux, notamment ceux liés aux exigences du développement durable et aux
impacts des changements climatiques, justifient que l'on réévalue les priorités d'intervention et de
développement.
4 1999 - Plan d'action stratégique pour le territoire déposé par la Commission sectorielle sur l'environnement des Îles, associée au
CRCD. 1999 - Plan d'Action et de Réhabilitation écologique (PARE) par le Comité ZIP (lancé en 2002).
10
L'objectif de la démarche du PSIE était de permettre aux acteurs locaux et régionaux d'ancrer leurs
travaux et politiques dans une vision cohérente, partagée et stratégique du territoire, en tenant compte
des risques environnementaux à prévoir et des niveaux de vulnérabilité des milieux naturels, sociaux et
économiques. Au total, participent à la démarche 35 organisations, provenant des secteurs
économiques, sociaux, culturels ou environnementaux, et œuvrant au niveau local, territorial, régional,
provincial ou fédéral. C'est sur une vision commune du territoire et une évaluation consensuelle des
risques environnementaux que s'appuient l'action politique en matière d'environnement. Ainsi, le PSIE
constitue un précieux outil de développement durable sur lequel reposent les principaux éléments de la
présente Politique environnementale.
Le projet de territoire Horizon 2025
En février 2012, le conseil d'agglomération lance un vaste chantier s'échelonnant sur une période de
plus de 18 mois, afin d'élaborer son projet de territoire Horizon 2025. S'appuyant sur une démarche
participative, ce projet de territoire présente une vision citoyenne partagée d'un futur souhaitable, en
formulant des objectifs clairs et en créant un consensus fort sur la façon de les atteindre.
L'environnement y tient une place importante puisqu'il constitue la base d'un développement durable
de l'archipel. On y recommande entre autres l'élaboration et la mise en place d'une première politique
environnementale (action 33).
11
La Communauté maritime appuie sa démarche sur les fondements suivants :
1.
La reconnaissance du caractère exceptionnel et vulnérable du territoire madelinot
Les Îles-de-la-Madeleine sont reconnues pour la richesse et la qualité de leur environnement. Comme
cela arrive dans des cas similaires, l'isolement a favorisé la préservation de la faune et de la flore
locales. En outre, les conditions géomorphologiques et climatiques spécifiques dans lesquelles a
évolué l'archipel ont engendré la formation d'habitats naturels très caractéristiques et souvent
exceptionnels. De fait, la reconnaissance du caractère touristique de l'archipel est internationale, tant
pour ses paysages extraordinaires que pour ses trois cents kilomètres de plages, parmi les plus belles
en Amérique du Nord.
Toutefois, l'exiguïté de l'archipel et sa forte densité d'occupation entraînent également une vulnérabilité
importante du territoire face aux risques anthropiques et naturels. Dans ce cadre, en 1987, la MRC
précisait déjà dans son premier schéma d'aménagement et de développement que :
« Avant de traiter des impacts de l'habitat et des diverses activités économiques, il convient de
prendre conscience d'un élément fondamental ... qui doit guider nos choix en matière
d'aménagement. Cet élément fondamental, c'est la fragilité du milieu naturel de l'archipel. »
L'importance de cette caractéristique particulière qu'est la fragilité de l'environnement de l'archipel est
réaffirmée dans le schéma d'aménagement et de développement révisé de l'Agglomération en 2010.
La présente Politique se fonde donc en premier lieu sur la reconnaissance par la Communauté
maritime du caractère exceptionnel de l'environnement madelinot, ainsi que de la vulnérabilité de ses
milieux et de ses ressources naturels.
1.
La reconnaissance du caractère exceptionnel et vulnérable du territoire madelinot.
2.
La reconnaissance des services que la nature rend à la collectivité madelinienne sur le
plan socioéconomique.
3.
L'importance d'assumer les responsabilités collectives et individuelles afin de garantir la
qualité et la pérennité de l'environnement naturel madelinot, au bénéfice des générations
actuelles et futures.
Les fondements
12
2.
La reconnaissance des services que la nature rend à la collectivité madelinienne sur le plan
socioéconomique
La Communauté maritime reconnaît les quatre grandes catégories de biens et services
écosystémiques5 rendus par la nature, soit :
Services d'approvisionnement : biens prélevés pour se nourrir, s'abriter, se vêtir ou se
soigner. Sur le territoire, on pense notamment aux ressources de la mer et de la terre qui
soutiennent l'économie locale, ainsi qu'à l'eau potable, à la pierre, au sable, aux sols, à
l'énergie potentielle du vent, de la biomasse et du soleil.
Services de régulation : ces services permettent de maintenir les conditions propices à la vie
humaine soit la régulation du climat et des crues, la purification de l'eau, le traitement des
déchets, la pollinisation, la régulation des ravageurs et des maladies.
Services socioculturels : ces services procurent des bénéfices esthétiques, éducatifs,
culturels, spirituels et récréatifs. Parmi les éléments qui marquent l'identité des Madelinots, on
peut citer notamment l'insularité, les paysages, la qualité de l'eau, la beauté des plages, la vie
maritime.
Services d'auto entretien : ces services sont nécessaires à l'octroi des services décrits plus
haut soit la constitution des sols, le cycle nutritionnel, la production primaire, etc.
La présente Politique se fonde donc en second lieu sur la reconnaissance des services essentiels et
souvent irremplaçables que la nature rend à la collectivité madelinienne.
3. L'importance d'assumer les responsabilités collectives et individuelles afin de garantir la
qualité et la pérennité de l'environnement naturel madelinot, au bénéfice des générations
actuelles et futures
En tant que premier palier de gouvernement, la Communauté maritime a comme priorité de fournir des
services publics de base permettant de maintenir les éléments nécessaires à la qualité de vie de ses
citoyens. Après avoir reconnu (i) le caractère exceptionnel et vulnérable de l'environnement madelinot
et (ii) les services essentiels et souvent irremplaçables qu'il rend à la collectivité, la Communauté
maritime reconnaît que la protection de l'environnement constitue une condition sine qua non au
respect de cette priorité. En conséquence, la Communauté maritime souhaite assumer son rôle
décisionnel et administratif en matière de protection environnementale.
5 Selon la définition de l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (ÉÉM) (Millenium Ecosystems Assessment, 2005), utilisée
par le Consortium Ouranos. (Ouranos, 2013. L'évaluation économique des biens et services écosystémiques dans un contexte de
changements climatiques en ligne http://www.ouranos.ca/media/publication/273_RapportReveret2013.pdf
13
Puisqu'il est manifeste que la seule responsabilisation municipale ne saurait suffire à couvrir l'ensemble
des risques de dégradation de l'environnement, la Communauté maritime souhaite également se
positionner comme leader en matière de protection environnementale. Dans ce cadre, elle reconnaît
d'une part l'importance de susciter l'implication de l'ensemble de la collectivité locale, tant au niveau
institutionnel que chez les citoyens, et d'autre part l'importance de faire valoir auprès des autres paliers
gouvernementaux les objectifs de la communauté madelinienne en terme de préservation et de mise
en valeur de son environnement.
La présente Politique se fonde donc en troisième lieu sur la reconnaissance par la Communauté
maritime de la nécessité d'assumer ses responsabilités institutionnelles, de manière à garantir la
qualité et la pérennité de l'environnement naturel madelinot, au bénéfice des générations actuelles et
futures.
14
Lors de la démarche de planification stratégique Horizon 2025, l'Agglomération s'est dotée d'une vision
concertée d'un futur souhaitable pour le territoire et la communauté des Îles-de-la-Madeleine. Cette
vision constitue la base du projet de développement de l'archipel, car elle rassemble les citoyens et les
oriente dans une direction commune pour l'avenir. Son énoncé est le suivant :
La présente Politique contribue à la mise en œuvre de cette vision, en assurant la protection de la
pierre d'assise de ce développement souhaitable : l'environnement.
Ainsi, la réalisation de la vision doit s'appuyer sur le fait que :
La Vision
« Une communauté maritime et insulaire, fière de son identité, solidaire, jalouse de son
environnement naturel, maîtresse de son développement, confiante en sa jeunesse et
partageant avec celle-ci un même horizon. »
Les Madelinots sont protecteurs et fiers de leur territoire et de leurs paysages. Un
environnement sain est à la fois partie intrinsèque de leur identité et condition sine qua non du
développement économique de l'archipel. La protection et la sensibilisation sont au cœur du
quotidien.
15
De façon globale, la mise en œuvre de la présente Politique doit se traduire par la pratique d'une
gestion durable du territoire et de ses richesses. Plus spécifiquement, la Politique se décline en
8 enjeux stratégiques, représentant les grands défis à relever par la collectivité madelinienne et dont
découlent de grandes orientations. Ces enjeux sont essentiellement basés sur le diagnostic territorial
établi dans le Plan stratégique d'intervention en environnement (PSIE)
ENJEU 1 - CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Orientation :
Atténuer les impacts directs dus aux changements climatiques, tout en visant l'amélioration graduelle
des capacités d'adaptation du milieu.
ENJEU 2 - MILIEUX NATURELS ET BIODIVERSITÉ
Orientation :
Protéger et mettre en valeur, selon les principes du développement durable, les milieux naturels qui
soutiennent la vie socioéconomique de l'archipel.
ENJEU 3 - EAU SOUTERRAINE
Orientation :
Étant donné le caractère irremplaçable de l'eau souterraine pour l'économie et le tissu social, protéger
et préserver la qualité et le potentiel des nappes exploitables, en évitant le gaspillage et en optimisant
les systèmes de production et de distribution de l'eau potable.
ENJEU 4 - AGRICULTURE
Orientation :
Préserver les terres à potentiel agricole afin de pouvoir bénéficier des biens et services engendrés par
l'agriculture, aujourd'hui et dans les années à venir.
Enjeux et orientations
16
ENJEU 5 - ÉNERGIE
Orientation :
Assurer la sécurité énergétique, accroître l'autonomie énergétique et réduire les émissions de gaz à
effet de serre sur le territoire.
ENJEU 6 - QUALITÉ DE L'AIR
Orientation :
Réduire ou lorsque possible éliminer les sources de nuisances pouvant affecter la qualité de l'air et par
conséquent la qualité de vie des citoyens.
ENJEU 7 - QUALITÉ DES SOLS
Orientation :
Réduire ou lorsque possible éliminer les sources de pollution des sols qui risquent d'affecter la qualité
des milieux naturels, des nappes souterraines et des terres agricoles.
ENJEU 8 - PAYSAGES
Orientation :
Préserver les paysages à caractère identitaire de l'archipel, qui contribuent à la qualité de vie des
Madelinots et qui sont à la base du produit offert aux visiteurs.
17
La présente Politique constitue pour la Communauté maritime un engagement à :
intégrer la prise en compte des enjeux environnementaux dans les processus de décision, dans la
gestion, ainsi que dans l'élaboration et la mise en œuvre de ses politiques, programmes et
règlements;
assurer le rayonnement de la présente Politique auprès de son personnel, de ses partenaires, de la
population et des visiteurs afin de créer une synergie dans l'ensemble de la communauté;
se fixer des objectifs réalisables d'amélioration de sa performance environnementale; produire et
diffuser les résultats;
promouvoir la mise à jour du PSIE et tenir une rencontre de l'ensemble des partenaires, tous les
5 ans, afin d'actualiser les objectifs en matière de protection de l'environnement.
Engagements
18
La Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine par son rôle de leader assurera le suivi de la mise
en œuvre de la présente Politique environnementale. Des rencontres avec les différents partenaires
permettront de dresser un bilan des actions posées et d'évaluer, le cas échéant, le degré
d'avancement associé à chacune des orientations retenues. Pour se faire, le Plan stratégique
d'intervention en environnement (PSIE), qui constitue une source d'information inestimable, devra
passer par une mise à jour, avec la participation active de l'ensemble des organismes
environnementaux et de tout autre acteur concerné.
Suivi et évaluation