Plan d'adaptation aux changements climatiques (PACC) - Rapport final
Les Laurentides, Quebec
This is the exact embedded text of the captured official document.
Snapshot 0395570f4b58 · verified 2026-06-13 ·
original document ·
archived snapshot ·
unofficial consolidation, the official version is held by the municipal clerk.
Crédit photo : MRC des Laurentides
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
RÉF. WSP : 211-12355-00
DATE : 13 MARS 2024
CONFIDENTIEL
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS
CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
CONFIDENTIEL
REF. WSP : 211-12355-00
DATE : 13 MARS 2024
RAPPORT FINAL
WSP CANADA INC.
11E ÉTAGE
1600, BOULEVARD RENÉ-LÉVESQUE OUEST
MONTRÉAL (QUÉBEC) H3H 1P9
CANADA
T : +1-514-340-0046
F : +1-514-340-1337
WSP.COM
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
i
GESTION DE LA QUALITÉ
VERSION
DATE
DESCRIPTION
00
2023-11-15
Version préliminaire
01
2024-03-13
Version finale
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
iii
SIGNATURES
Les soussignés attestent que la première étape de l'analyse de risques climatiques présentée dans ce rapport répond
aux exigences formulées par le Programme de soutien à l'adaptation aux changements climatiques à la planification
municipale (PIACC). La méthodologie utilisée se base sur les meilleures pratiques, les lignes directrices des standards
ISO 31000 en gestion des risques et ISO 14091 en adaptation aux changements climatiques et les guides du Conseil
international pour les initiatives écologiques locales et de la Fédération des municipalités canadiennes. Elle suit les
fondements conceptuels et méthodologiques recommandés par le ministère de la Sécurité publique du Québec tout en
adaptant son cadre aux exigences des MRC participantes.
PRÉPARÉ PAR
Laurent Da Silva, M.Sc., M.Env.
Économiste en changements climatiques
Nicolas Sbarrato, M.Sc., ing.
Chef de projet administratif
Conseiller senior changements climatiques et
sols contaminés
RÉVISÉ PAR
Dr Guy Félio, P.Eng.
Expert en résilience climatique
APPROUVÉ PAR
Geneviève Brin, Ing., MBA
Directrice, Conseil stratégique
Changements climatiques, résilience et
développement durable
Référence à citer :
WSP 2024. Plan d'adaptation aux changements climatiques, Volet 2 - Plan d'adaptation - Rapport Final. Rapport
produit pour la Municipalité régionale de comté des Laurentides. Réf. WSP : 211-12355-00.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
iv
WSP Canada Inc. (« WSP ») a préparé ce rapport uniquement pour son destinataire la MRC des Laurentides,
conformément à la convention de consultant convenue entre les parties. Advenant qu'une convention de consultant
n'ait pas été exécutée, les parties conviennent que les Modalités Générales à titre de consultant de WSP régiront leurs
relations d'affaires, lesquelles vous ont été fournies avant la préparation de ce rapport. Ce rapport est destiné à être
utilisé dans son intégralité. Aucun extrait ne peut être considéré comme représentatif des résultats de l'évaluation.
Les conclusions présentées dans ce rapport sont basées sur le travail effectué par du personnel technique, entraîné et
professionnel, conformément à leur interprétation raisonnable des pratiques d'ingénierie et techniques courantes et
acceptées au moment où le travail a été effectué.
Le contenu et les opinions exprimées dans le présent rapport sont basés sur les observations et/ou les informations à
la disposition de WSP au moment de sa préparation, en appliquant des techniques d'investigation et des méthodes
d'analyse d'ingénierie conformes à celles habituellement utilisées par WSP et d'autres ingénieurs/techniciens
travaillant dans des conditions similaires, et assujettis aux mêmes contraintes de temps, et aux mêmes contraintes
financières et physiques applicables à ce type de projet.
WSP dénie et rejette toute obligation de mise à jour du rapport si, après la date du présent rapport, les conditions
semblent différer considérablement de celles présentées dans ce rapport ; cependant, WSP se réserve le droit de
modifier ou de compléter ce rapport sur la base d'informations, de documents ou de preuves additionnels. WSP ne
fait aucune représentation relativement à la signification juridique de ses conclusions.
La divulgation de tout renseignement faisant partie du présent rapport relève uniquement de la responsabilité de son
destinataire. Si un tiers utilise, se fie, ou prend des décisions ou des mesures basées sur ce rapport, ledit tiers en est le
seul responsable. WSP n'accepte aucune responsabilité quant aux dommages que pourrait subir un tiers suivant
l'utilisation de ce rapport ou quant aux dommages pouvant découler d'une décision ou mesure prise basée sur le
présent rapport.
WSP a exécuté ses services offerts au destinataire de ce rapport conformément à la convention de consultant convenue
entre les parties tout en exerçant le degré de prudence, de compétence et de diligence dont font habituellement preuve
les membres de la même profession dans la prestation des mêmes services ou de services comparables à l'égard de
projets de nature analogue dans des circonstances similaires. Il est entendu et convenu entre WSP et le destinataire de
ce rapport que WSP n'offre aucune garantie, expresse ou implicite, de quelque nature que ce soit. Sans limiter la
généralité de ce qui précède, WSP et le destinataire de ce rapport conviennent et comprennent que WSP ne fait aucune
représentation ou garantie quant à la suffisance de sa portée de travail pour le but recherché par le destinataire de ce
rapport.
En préparant ce rapport, WSP s'est fié de bonne foi à l'information fournie par des tiers, tel qu'indiqué dans le rapport.
WSP a raisonnablement présumé que les informations fournies étaient correctes et WSP ne peut donc être tenu
responsable de l'exactitude ou de l'exhaustivité de ces informations.
L'original du fichier électronique que nous vous transmettons sera conservé par WSP pour une période minimale de
dix ans. WSP n'assume aucune responsabilité quant à l'intégrité du fichier qui vous est transmis et qui n'est plus sous
le contrôle de WSP. Ainsi, WSP n'assume aucune responsabilité quant aux modifications faites au fichier électronique
suivant sa transmission au destinataire.
Ces limitations sont considérées comme faisant partie intégrante du présent rapport.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
v
CLIENT
Directeur, Service de la planification et de l'aménagement du
territoire
Jean-Pierre Dontigny
Spécialiste en environnement
Pierre Morin
Spécialiste en aménagement et développement du territoire
Raphaëlle Poulin-Gagné
Directeur du service environnement et parcs
Jérémie Vachon
L'équipe de projet souhaite remercier toutes les personnes qui ont participé aux cinq rondes de consultations dans le
cadre de ce projet. Leurs connaissances sur le territoire et leur expertise dans leurs domaines respectifs ont
généreusement enrichi l'analyse réalisée dans le cadre du projet. Les résultats présentés dans ce rapport n'auraient
pu être atteints sans l'étroite collaboration de la MRC et la participation précieuse de l'ensemble des parties
prenantes.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
vi
ÉQUIPE DE RÉALISATION
WSP CANADA INC. (WSP)
Relation client et gestion de la qualité
Geneviève Brin
Chargé de projet administratif
Nicolas Sbarrato
Co-chargé de projet technique, économiste en changements
climatiques et conseiller en adaptation aux changements
climatiques
Laurent Da Silva
Co-chargée de projet technique et conseillère en adaptation aux
changements climatiques
Virginie Provençal
Expert en changements climatiques et adaptation
Guy Félio
Analyste en adaptation aux changements climatiques
Sarah Pinel
Urbaniste et spécialiste en aménagement du territoire
Mathieu Langlois
Ingénieur, spécialiste en génie municipal
Simon Amiot
Cartographe et spécialiste en géomatique
Félix-Antoine Audet
Processus qualité de la cartographie
Michèle Laflamme
INSTITUT DES TERRITOIRES
Experte en consultations publiques, médiatrice accréditée
Isabelle Marcoux
Aménagiste des territoires naturels, médiateur accrédité
André Goulet
Professionnelle en ressources renouvelables et en changements
climatiques
Marie-Claude Bonneville
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
vii
Synthèse ....................................................................................................... 1
Lexique ........................................................................................................ 4
Liste des acronymes ...................................................................................... 7
1
INTRODUCTION .......................................................... 9
Contexte et objectif de la démarche .............................................................. 9
Démarche d'élaboration du PACC ............................................................... 12
2
PORTRAIT DE LA MRC ............................................. 15
Aménagement du territoire .......................................................................... 15
Organisation régionale ................................................................................. 16
Population ................................................................................................. 17
Cadre bâti et infrastructures publiques essentielles ..................................... 19
Développement et activités économiques .................................................... 19
Activités récréotouristiques .......................................................................... 20
Écosystèmes naturels et environnement ..................................................... 21
Ressources naturelles ................................................................................. 22
3
ÉVOLUTION DU CLIMAT .......................................... 24
Climat actuel
...................................................................................... 24
Augmentation générale des températures ................................................... 25
Conditions hivernales changeantes ............................................................. 26
Précipitations extrêmes ................................................................................ 26
Glissements de terrain ................................................................................. 27
Inondations riveraines .................................................................................. 27
Sécheresses et feux de forêt ....................................................................... 28
Vents violents et tempêtes avec activité orageuse ...................................... 28
4
IMPACTS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ..... 30
Impacts actuels
...................................................................................... 30
Impacts potentiels ...................................................................................... 31
Processus d'analyse du risque .................................................................... 31
Profil de risque
...................................................................................... 32
5
PRINCIPES DIRECTEURS ........................................ 47
Principaux constats et enjeux découlant du profil de risque ........................ 47
Vision du PACC
...................................................................................... 48
Orientations et objectifs ............................................................................... 48
6
MESURES D'ADAPTATION ...................................... 50
Description des critères de sélection et de priorisation ................................ 50
Description des paramètres de mise en œuvre ........................................... 51
Liste des mesures retenues ......................................................................... 51
TABLE DES
MATIÈRES
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
viii
7
MISE EN ŒUVRE DU PACC ..................................... 52
Calendrier de mise en œuvre ...................................................................... 52
Communication et diffusion .......................................................................... 56
Liens avec les parties prenantes ................................................................. 57
8
CONCLUSION ........................................................... 59
RÉFÉRENCES ...................................................................... 60
ANNEXES
A Projections climatiques
B Coûts de l'inaction
C Barème des critères de priorisation
D Évaluation des scores de priorisation
TABLEAUX
Tableau 1
Statistiques démographiques ............................... 17
Tableau 2
Indicateurs économiques de la population ........... 18
Tableau 3
Données climatiques moyennes pour la MRC
des Laurentides (1981-2010) ................................ 24
Tableau 4
Répartition des impacts des changements
climatiques par dimension d'intérêt ...................... 31
Tableau 5
Échelle des niveaux de risque .............................. 32
Tableau 6
Impacts potentiels des changements
climatiques sur l'aménagement du territoire ......... 33
Tableau 7
Impacts potentiels des changements
climatiques sur l'organisation régionale ................ 34
Tableau 8
Impacts potentiels des changements
climatiques sur la population ................................ 36
Tableau 9
Impacts potentiels des changements
climatiques sur le cadre bâti et les
infrastructures publiques essentielles ................... 38
Tableau 10
Impacts potentiels des changements
climatiques sur le développement et les
activités économiques .......................................... 39
Tableau 11
Impacts potentiels des changements
climatiques sur les activités
récréotouristiques ................................................. 41
Tableau 12
Impacts potentiels des changements
climatiques sur les écosystèmes naturels et
l'environnement .................................................... 42
Tableau 13
Impacts potentiels des changements
climatiques sur les ressources naturelles ............. 43
Tableau 14
Sommaire des coûts de l'inaction pour
certains aléas et impacts pour la MRC des
Laurentides ........................................................... 46
Tableau 15
Objectifs d'adaptation aux changements
climatiques de la MRC des Laurentides ............... 49
Tableau 16
Paramètres de mise en œuvre ............................. 51
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
ix
FIGURES
Figure 1
Exemples de mesures d'atténuation et
d'adaptation aux changements climatiques
(adapté de Ville de Calgary, 2018) ....................... 11
Figure 2
Démarche d'élaboration du PACC ....................... 13
Figure 3
Localisation de la MRC des Laurentides .............. 16
Figure 4
Exemple d'application de la méthodologie
d'appréciation du risque - Augmentation de
la morbidité et de la mortalité chez les
personnes vulnérables aux vagues de
chaleur .................................................................. 31
Figure 5
Répartition des impacts potentiels par
dimension selon leur niveau de risque
présent et futur ...................................................... 32
Figure 6
Nombre de mesures par phase de
déploiement et par dimension ............................... 52
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 1
SYNTHÈSE
La hausse des températures, le changement des régimes de précipitations et l'augmentation de la fréquence et de
l'intensité des événements météorologiques extrêmes engendrent une multitude d'impacts sur les communautés,
l'environnement et l'économie. Le territoire de la MRC des Laurentides n'y fait pas exception. Les dernières années
ont été marquées par de nombreux événements météorologiques extrêmes, dont les inondations de 2019, le derecho
de 2022 ainsi que les feux de forêt de 2023. Le derecho ainsi que les feux de forêt ont impacté particulièrement le
territoire de la MRC en causant des dommages importants sur le territoire, mais également en perturbant les activités
récréotouristiques, comme le Ironman Mont-Tremblant. Ces événements ont eu des effets sur les activités, les
infrastructures et les municipalités de la MRC et ont exposé la grande vulnérabilité du territoire et des citoyens aux
changements climatiques qui sont en cours.
La MRC des Laurentides, située dans la région des Laurentides au Québec, inclut 20 municipalités. Abritant les plus
hauts sommets de la région, la MRC des Laurentides constitue le cœur de la principale destination de villégiature
quatre saisons au Québec. Son territoire accueille une population de 50 777 résidents permanents, en plus des résidents
temporaires (chalets), des nombreux excursionnistes et des touristes qui viennent profiter tant des nombreux sentiers
de sports extérieurs que des circuits culturels et agrotouristiques qu'offre la MRC (Statistique Canada, 2022). Ceux-
ci sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à venir s'installer définitivement dans la MRC. L'économie de cette MRC,
de la sous-région du Cœur des Laurentides, est largement tributaire du secteur du tourisme, avec notamment la
présence du Parc national du Mont-Tremblant et de sa station de ski, qui constitue une destination touristique de
calibre international.
Devant la menace que posent les changements climatiques à l'intégrité de son territoire, à la santé de sa population et
au dynamisme de son économie, la MRC s'est engagée dans une démarche d'adaptation aux changements climatiques
en collaboration avec trois autres MRC dans les Laurentides (MRC d'Argenteuil, d'Antoine-Labelle et des Pays-d'en-
Haut). Ce travail collaboratif visait à définir une feuille de route en matière d'adaptation aux changements climatiques
(CC) à l'échelle de la MRC afin de faire face aux principaux risques sur le territoire.
Ce travail a conduit à la définition d'une vision d'adaptation pour la MRC pour les 10 prochaines années.
Dès 2023, la MRC des Laurentides démontre un leadership rassembleur dans la mise en œuvre de son
plan d'adaptation aux changements climatiques, où la collaboration et le soutien aux municipalités
sont indissociables de l'atteinte de ses objectifs. Au cours des dix prochaines années, la réalisation
d'actions concertées, pertinentes et audacieuses renforcera la capacité des systèmes municipal,
économique, social et environnemental à s'adapter aux défis climatiques et à saisir les opportunités,
tout en poursuivant les efforts d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.
La démarche
Initiée en octobre 2021, l'élaboration du Plan d'adaptation aux changements climatiques de la MRC des Laurentides
s'est structurée autour de cinq grandes étapes et s'est déroulée en deux volets. Le volet 1, qui était commun aux MRC
d'Antoine-Labelle, d'Argenteuil, des Laurentides et des Pays-d'en-Haut, visait à évaluer les risques que représentent
les changements climatiques pour la MRC, et ce, autant en climat actuel qu'en climat futur. Le volet 2, spécifique à
la MRC des Laurentides, a permis de construire le cadre de référence sur lequel s'appuie le PACC, à savoir la vision
et les principes directeurs qui encadrent l'action climatique de la MRC, de même que d'identifier les mesures
d'adaptation qui permettront de mitiger les risques climatiques jugés prioritaires et ainsi contribuer à accroître la
résilience sur le territoire de la MRC. L'approche retenue pour l'élaboration du PACC suit les fondements conceptuels
et méthodologiques en gestion des risques du MSP (2009), s'appuie sur le guide d'accompagnement publié par
Ouranos (2010) et suit les meilleures pratiques issues des normes internationales en matière d'adaptation aux
changements climatiques, tout en respectant les exigences de la MRC. Son dépôt à la fin de 2023 marque le début de
la phase de déploiement qui s'échelonnera sur une période de 10 ans.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 2
Le climat
Le climat de la MRC des Laurentides est déjà en transformation rapide. La température moyenne s'est déjà réchauffée
de plus de 1°C et continuera de se réchauffer au cours des prochaines décennies de 3 à 6 °C à l'horizon 2080 par
rapport à la période 1981-2010. Cela mènera à une augmentation de vagues de chaleur et des températures extrêmes
sur le territoire. On pourrait assister à plus de 47 journées de plus de 30 °C durant certaines années. Quant aux
précipitations, elles seront globalement en augmentation durant toutes les saisons (+20 %), favorisant par le fait même
les événements extrêmes de précipitations. La fréquence et l'intensité des précipitations liquides en été seront
également modifiées, avec de plus grandes périodes sans précipitation, compensées par des épisodes de précipitations
abondantes lors d'épisodes orageux. Cela va également se traduire par davantage de journées de vents violents ainsi
qu'une activité orageuse plus fréquente et plus intense. L'augmentation de la fréquence et de la durée des sécheresses
augmentera la probabilité de feu ainsi que les superficies brûlées. Les conditions hivernales seront également plus
variables avec davantage de redoux, des épisodes de pluie sur neige ainsi que des températures globalement plus
douces en hiver. L'ensemble de ces changements favoriseront une augmentation des épisodes d'inondation
(particulièrement en été lors des crues éclair) ainsi que des conditions favorables aux glissements de terrain. En hiver,
les précipitations neigeuses pourraient diminuer de 42 % par rapport à l'historique, affectant la qualité des conditions
nécessaires à la pratique des sports hivernaux, dont les sports de glisse.1
Profil de risque
L'analyse des impacts des principaux aléas climatiques pertinents au territoire sur les différentes dimensions de la
MRC a fait ressortir 112 impacts d'intérêt pour la MRC des Laurentides. De ces 112 impacts, 61 sont jugés comme
affichant un niveau de risque élevé ou extrême en climat futur, alors que 46 sont associés à un niveau de risque élevé
sous les conditions climatiques déjà en vigueur sur le territoire de la MRC. Il en ressort ainsi que l'adaptation aux
1 Ces projections viennent de calculs réalisés par WSP à partir de modélisations produites par différents centres de modélisation
climatique, dont Ouranos.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 3
changements climatiques est un enjeu pressant qui doit s'attaquer à réduire des impacts significatifs qui se manifestent
déjà sur le territoire. Sommairement, l'analyse de risque a permis de faire ressortir les enjeux suivants :
─
Des risques à la fois aigus et chroniques provoqués par une multitude d'aléas : la MRC fait autant face à
des impacts qui sont générés par des événements extrêmes (aigus) que par la transformation graduelle du climat
(chroniques). Les risques les plus importants ne sont pas associés à un aléa climatique en particulier ; ils
peuvent découler de plusieurs aléas ou d'une combinaison d'aléas.
─
Un secteur récréotouristique menacé : l'économie de la MRC est fortement dépendante du secteur
récréotouristique, notamment en ce qui concerne l'offre pour le ski alpin, le ski de fond et la motoneige, et d'un
climat stable et prévisible, particulièrement en période hivernale.
─
Une population de plus en plus vulnérable : les citoyens sont ceux qui subissent en premier lieu les impacts
des changements climatiques, tant au niveau de la sévérité des conséquences subies que du nombre d'impacts
qui les touchent.
─
Une gestion durable de l'eau nécessaire : plusieurs des risques analysés sont associés à la gestion de la
ressource en eau, tant au niveau des manques d'eau potentiels que des excès (surplus). L'accès à des sources
d'eau en quantité et en qualité suffisantes est menacé et le territoire de la MRC est vulnérable face aux
inondations riveraines.
─
Disparité climatique et équité : il existe une grande variabilité entre les moyens dont disposent les citoyens,
les organisations et les municipalités de la MRC pour faire face aux changements climatiques.
Principes directeurs
Afin de répondre à ces enjeux, le plan d'adaptation de la MRC des Laurentides a été
développé autour de quatre orientations stratégiques dans lesquelles 48 mesures ont été
identifiées.
Ces orientations sont :
A.
Mettre en place une gouvernance climatique
B.
Favoriser la résilience économique
C.
Accroître la qualité de vie des communautés et favoriser la solidarité
D.
Pérenniser les milieux naturels et leurs services écosystémiques
Le PACC de la MRC des Laurentides se veut un outil de planification qui permet de fédérer
et de stimuler les efforts de l'ensemble des parties prenantes impliquées dans l'adaptation
aux changements climatiques sur le territoire. En démontrant un leadership et une
exemplarité via la mise en œuvre des mesures prévues au PACC, la MRC désire créer un
effet d'entraînement permettant d'accroître la résilience du territoire.
La MRC des Laurentides, ses 20 municipalités ainsi que toutes les autres organisations
peuvent se référer à ce plan d'adaptation aux changements climatiques pour orienter leurs
actions futures afin d'accroître la résilience de la population, des infrastructures et de
l'environnement naturel.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 4
LEXIQUE
Les termes suivants sont utilisés tout au long du PACC. Les définitions proposées ci-dessous ont été adaptées au
contexte de la MRC des Laurentides.
Adaptation aux changements climatiques Processus d'ajustement au climat actuel ou futur et à ses conséquences.
Aléa climatique
Événement climatique à court ou à long terme, ponctuel ou qui dure
dans le temps, ayant le potentiel de causer des dommages aux humains,
à l'environnement bâti et aux systèmes naturels. Les aléas climatiques
surviennent habituellement lorsque plusieurs variables climatiques
(température, précipitations, vent) interagissent en même temps.
Atténuation des changements climatiques Regroupe l'ensemble des actions visant à réduire les sources
d'émissions de GES dans l'atmosphère.
Bassin versant
Ensemble du territoire, habituellement défini par des frontières
naturelles (montagne, vallée, etc.) dont toutes les précipitations sont
recueillies et drainées vers le même endroit. Les limites d'un bassin
versant ne sont donc pas les mêmes que les limites administratives
(municipalité, MRC, région) auxquelles nous sommes habitués lorsque
nous parlons du territoire.
Canicule
Période
relativement
longue
de
chaleur
extrême.
D'après
Environnement et Changement climatique Canada, pour la région des
Laurentides il faut deux jours où la température diurne maximale est
supérieure ou égale à 30°C et un indice humidex maximal supérieur à
40, ou bien au moins une heure de température diurne maximale
supérieure ou égale à 40°C.
Capacité d'adaptation
Capacité d'une collectivité, d'un service, d'un bien ou d'un milieu
naturel à s'adapter aux changements climatiques pour atténuer les
dommages potentiels, pour tirer profit des occasions à saisir ou pour
faire face aux impacts les plus sévères.
Chablis
Arbre ou groupe d'arbres déracinés ou rompus dans le bas du tronc sous
l'effet d'événements climatiques ou de l'âge
Changements climatiques
Ensemble des modifications à long terme des caractéristiques
climatiques, à l'échelle de la planète ou à un endroit donné, au fil du
temps. Ces modifications peuvent se traduire par des changements de
température, de précipitations, de vent et du niveau des eaux, ainsi que
par une plus grande fréquence et une intensité accrue d'événements
climatiques extrêmes.
Climat
Tendances générales à long terme (30 ans et plus) des conditions
météorologiques. À ne pas confondre avec « météo ».
Cycle de gel-dégel
Jour pendant lequel la température maximale est au-dessus de 0 °C et
la température minimale est en dessous de 0 °C.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 5
Embâcle
Obstruction du lit d'un cours d'eau par un amas de glace flottante.
Érosion
Processus naturel de perte graduelle et lente des matériaux (sédiments
et roches) qui composent la côte, entraînant un recul de celle-ci et un
abaissement des plages. Elle est principalement provoquée par l'action
des vagues, les courants marins, les précipitations et le vent, ainsi que
par les crues lorsqu'elle survient aux abords d'une rivière.
Évapotranspiration
Phénomène inverse des précipitations. Autrement dit, processus par
lequel l'eau remonte dans l'air, soit par l'évaporation naturelle de l'eau,
soit par la transpiration des plantes.
Exposition
Présence de personnes, de moyens de subsistance, de ressources, de
services environnementaux, d'infrastructures ou d'actifs économiques,
sociaux et culturels dans un endroit qui pourrait être affecté par un ou
plusieurs aléas climatiques.
Frasil
Fines plaquettes de glace en suspension dans l'eau. Le frasil se forme
lorsque la surface d'un cours d'eau, d'un lac ou de la mer perd
rapidement sa chaleur à une température inférieure au point de
congélation, faisant en sorte que l'eau ne se congèle pas immédiatement
et reste dans un état de surfusion. La turbulence provoquée par les vents
ou le courant mélange les eaux de surface avec les eaux en profondeur,
ce qui permet aux gouttes de rencontrer des noyaux de congélation et
de former des cristaux de glace qui s'agglutinent en une masse qu'on
appelle frasil.
Gaz à effet de serre (GES)
Gaz qui emprisonnent de façon temporaire la chaleur qui permet de
réchauffer l'air et le sol. Les principaux GES sont la vapeur d'eau (H20),
le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux
(N2O).
Îlot de chaleur urbain
Zone où l'on observe des températures moyennes significativement
plus élevées par rapport à celles des secteurs aux alentours ou des
secteurs plus naturels (parcs, boisés, milieux ruraux ou forestiers, etc.)
de la ville.
Impact
Effet des aléas météorologiques et climatiques extrêmes et des
changements climatiques sur le milieu humain, l'environnement et
l'économie.
Jour de canicule
Pour la région des Laurentides, jour où les températures journalières
maximales et minimales dépassent 31 °C et 18 °C respectivement,
selon la définition de l'Institut national de santé publique du Québec.
Météo
Conditions atmosphériques à un moment précis (le temps qu'il fait) et
aux variations à court terme (quelques heures, quelques jours) de celles-
ci. À ne pas confondre avec « climat ».
Niveau relatif de la mer
Différence entre le changement du niveau moyen des océans et le
mouvement vertical du sol à la suite du retrait des glaciers continentaux
depuis la dernière grande période de glaciation.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 6
Probabilité
Mesure représentant la chance qu'un événement se produise. Dans le
PACC, deux probabilités distinctes sont abordées : la probabilité qu'un
aléa climatique se produise, appelée probabilité d'occurrence, et la
probabilité que cet aléa ait un impact sur l'une ou l'autre des dimensions
analysées (basée sur le niveau de vulnérabilité de ces dimensions).
Réchauffement climatique
Hausse à long terme de la température moyenne de la planète. C'est un
des multiples changements climatiques observés.
Résilience
Manière de s'adapter, de réagir aux perturbations ou de se transformer
en fonction de l'évolution de l'environnement.
Risque
Mesure des conséquences sur la santé et la sécurité des personnes, des
dommages matériels, des dégâts environnementaux et des pertes
économiques que pourrait subir une collectivité par un impact potentiel
d'un aléa climatique.
Sensibilité
Mesure représentant le niveau avec lequel une collectivité, un service,
un bien ou un milieu naturel est affecté, de manière défavorable ou
avantageuse, par un aléa ou par les changements climatiques.
Séquestration des GES
Processus de capture et de stockage à long terme des GES
atmosphériques dans les océans, les sols, la végétation et les formations
géologiques.
Sévérité
Mesure
représentant
le
niveau
des
dommages
humains,
environnementaux et économiques que pourrait provoquer un impact
climatique.
Submersion côtière
Inondation temporaire, parfois récurrente, des basses terres en bordure
de la mer, provoquée soit par la hausse du niveau marin, soit par une
onde de tempête.
Valeur à risque
Frais de matériaux et de main-d'œuvre pour chaque type
d'infrastructure engendrés par sa perte et sa reconstruction totale.
Volis
Partie supérieure du tronc rompu d'un arbre qui se retrouve encrouée
ou au sol.
Vulnérabilité
Degré de perturbation ressenti et capacité à faire face à ces
perturbations. La vulnérabilité est donc le résultat de la combinaison de
la sensibilité et de la capacité d'adaptation.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 7
LISTE DES ACRONYMES
ACA
Analyse coûts-avantages
CC
Changements climatiques
CISSS
Centre intégré de santé et de services sociaux
CLD
Centre local de développement
CLSC
Centre local de services communautaires
COVID-19
COronaVIrus Disease 2019 - maladie au coronavirus 2019
CRE
Conseil régional de l'environnement
DG8
Regroupement des directeurs généraux des MRC de la région des Laurentides
DSP
Direction régionale de santé publique
ECCC
Environnement et changement climatique Canada
ESG
Environnement, social et gouvernance
ETP
Équivalent temps complet
FECC
Fonds d'électrification et de changements climatiques
FRR
Fonds région et ruralité
GES
Gaz à effet de serre
GIEC
Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat
IDF
Intensité-durée-fréquence
INSPQ
Institut national de santé publique du Québec
IRDA
Institut de recherche et de développement en agroenvironnement
ISQ
Institut de la statistique du Québec
LAU
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
MAMH
Ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (Québec)
MELCCFP
Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs (Québec)
MRC
Municipalité régionale de comté
MSP
Ministère de la Sécurité publique (Québec)
MTMD
Ministère des Transports et de la Mobilité durable
OBV
Organisme de bassin versant
PACC
Plan d'adaptation aux changements climatiques
PDZA
Plan de développement de la zone agricole
PGMR
Plan de gestion des matières résiduelles
PIACC
Programme de soutien à l'intégration de l'adaptation aux changements climatiques
PMU
Plan de mesure d'urgence
PPCMOI
Projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble
PPI
Plan particulier d'intervention
PPP
Plans, politiques et programmes
PRAFI
Programme de résilience et d'adaptation face aux inondations
PRMHH
Plan régional des milieux humides et hydriques
SAD
Schéma d'aménagement et de développement
SCRSI
Schéma de couverture de risque en sécurité incendie
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 8
SOPFEU
Société de protection des forêts contre les feux
SQ
Sûreté du Québec
SSI
Service de sécurité incendie
TACAL
Transport adapté et collectif Antoine-Labelle
TPI
Terre publique intramunicipale
ZEC
Zone d'exploitation contrôlée
ZIS
Zone d'intervention spéciale
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 9
1
INTRODUCTION
CONTEXTE ET OBJECTIF DE LA DÉMARCHE
Aujourd'hui, la communauté scientifique est unanime : les activités humaines et la hausse constante des émissions de
gaz à effet de serre (GES) qui y sont associées depuis le début de l'industrialisation sont les principales responsables
du réchauffement climatique. Cette augmentation de la température moyenne mondiale perturbe le climat planétaire
et provoque les changements climatiques que nous observons : températures plus élevées, modification des régimes
de précipitations, hausse du niveau de la mer, fonte accélérée des glaciers, événements météorologiques extrêmes. Ces
perturbations se font déjà sentir dans le monde entier et engendrent une multitude d'impacts sur les communautés,
l'environnement naturel et l'économie, affectant particulièrement les populations et les régions les plus vulnérables.
Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est sans équivoque : le
réchauffement planétaire survient à un rythme plus rapide que ce qui avait été anticipé, toutes les régions font face à
des changements d'une ampleur croissante, et la gravité des impacts potentiels de ces changements n'a jamais été
considérée aussi alarmante (GIEC, 2021, 2022). Le Canada et le Québec n'y font pas exception : au pays,
l'augmentation moyenne prévue des températures sera deux fois plus importante que celle anticipée à l'échelle de la
planète. Aussi, on peut s'attendre à une multiplication des catastrophes comme celles des feux de forêt qui ont forcé
l'évacuation de plusieurs municipalités au Québec en 2023, des inondations printanières sans précédent qui ont touché
plusieurs régions du Québec en 2017 et 2019, ou encore le derecho de mai 2022 causant des dommages importants au
réseau de distribution d'électricité et à plusieurs infrastructures et bâtiments.
Certains des changements climatiques observés, tels que le réchauffement planétaire ou encore la hausse du niveau de
la mer, sont considérés comme irréversibles pour des centaines, voire de milliers d'années à venir. Il est donc
indéniable que des mesures doivent être prises afin de s'adapter collectivement à ces nouvelles conditions climatiques
et ainsi accroître la résilience de tout un chacun face aux impacts qui en découlent. Bien que des démarches visant à
sécuriser les investissements futurs et à réduire les risques liés aux changements climatiques soient en cours à tous les
paliers de gouvernement, le plus grand effort d'adaptation revient sans nul doute aux municipalités, qui sont aux
premières loges des changements climatiques et qui en subissent déjà les impacts. Cependant, un tel effort commande
que les municipalités dont les territoires sont voisins se concertent ; en effet, l'adaptation aux changements climatiques
au niveau local exige une planification, une coordination et un partage du financement à l'échelle régionale.
C'est pourquoi la MRC des Laurentides s'est associée à ses voisines les MRC d'Argenteuil, d'Antoine-Labelle et des
Pays-d'en-Haut ainsi qu'à la firme WSP afin d'élaborer le présent Plan d'adaptation aux changements climatiques
(PACC). Face aux impacts actuels et futurs des changements climatiques sur son territoire, la MRC des Laurentides a
décidé de passer à l'action. En effet, l'inaction pourrait réduire significativement la qualité de vie des citoyens et
engendrer des coûts considérables pour la MRC si des mesures d'adaptation ne sont pas mises en œuvre dès
maintenant. De façon plus précise, il est même estimé que chaque dollar investi dans l'adaptation aux changements
climatiques (en prévention et en préparation) peut représenter une économie allant jusqu'à 15 dollars sur les coûts
ultérieurs (ECCC, 2022). À titre de gouvernements de proximité, la MRC et ses municipalités constituantes jouent un
rôle clé dans l'adaptation aux changements climatiques. Le principe de subsidiarité imbriqué dans la Loi sur le
développement durable encourage d'ailleurs une répartition adéquate des lieux de décision, en ayant le souci de les
rapprocher le plus possible des citoyens et des communautés concernés (Gouvernement du Québec, 2023). Le pouvoir
d'action des MRC, notamment en aménagement du territoire, en développement économique ainsi qu'en sécurité
civile, leur offre l'occasion d'être de véritables vecteurs de changement. Le PACC leur permettra ainsi de prendre les
décisions appropriées et cohérentes afin de réaliser une planification régionale adaptée au climat changeant. Parmi les
avantages de se doter d'un PACC, notons entre autres :
─
Maintenir les écosystèmes en santé et garantir les services qu'ils offrent à la population ;
─
Préserver la santé et la qualité de vie des citoyens ;
─
Protéger les infrastructures publiques et les services aux citoyens;
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 10
─
Limiter les interventions d'urgence.
Ce PACC a notamment pu être réalisé grâce au Programme de soutien à l'intégration de l'adaptation aux changements
climatiques (PIACC), élaboré par les ministères des Affaires municipales et de l'Habitation (MAMH) et de la Sécurité
publique (MSP) du Québec, ainsi qu'au Fonds d'appui au rayonnement des régions (FARR) du MAMH.
En travaillant conjointement son PACC avec les MRC voisines d'Antoine-Labelle, d'Argenteuil et des Pays-d'en-
Haut, la MRC des Laurentides s'engage à développer une approche collaborative et de solidarité territoriale en matière
d'adaptation aux changements climatiques. Elle reconnaît ainsi que les impacts des changements climatiques ne
s'arrêteront pas aux frontières de sa MRC et que l'adaptation doit également être réfléchie et coordonnée à une échelle
qui dépasse ses frontières administratives. Cela se traduit par un engagement au niveau de la gouvernance pour
favoriser les collaborations entre les MRC et par l'adoption d'intentions communes à travers les quatre plans. Cette
conviction prend d'ailleurs forme dès l'élaboration des PACCs, ces derniers étant les résultats d'un projet commun
entre les MRC.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 11
ATTÉNUATION OU ADAPTATION ?
Dans le domaine de l'action climatique, il existe deux approches complémentaires pour réduire l'ampleur des
impacts des changements climatiques (Figure 1).
L'atténuation se concentre sur la réduction de la quantité de GES dans l'atmosphère. Ceci comprend à la fois
les mesures visant à réduire les sources d'émission de GES et celles permettant une augmentation de la captation
des GES déjà contenus dans l'atmosphère. Un plan d'atténuation présente donc des actions visant à réduire la
quantité de GES émise par un bâtiment, une organisation ou une communauté.
L'adaptation vise à modifier les comportements, le cadre bâti et tous les écosystèmes (naturels et humains) pour
modérer ou éviter les effets néfastes des changements climatiques, tout en profitant des avantages connexes
qu'ils peuvent apporter. Ainsi, un plan d'adaptation permet aux communautés de faire face aux impacts et aux
risques liés au dérèglement du climat.
Figure 1
Exemples de mesures d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques
(adapté de Ville de Calgary, 2018)
Bien que la démarche actuelle de la MRC vise l'adaptation aux changements climatiques et non l'atténuation
des phénomènes qui en sont la source, il importe de mentionner que ces deux approches sont étroitement liées. En
effet, les mesures qui encouragent à la fois l'atténuation et l'adaptation se révèlent particulièrement efficaces dans
la lutte aux changements climatiques.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 12
DÉMARCHE D'ÉLABORATION DU PACC
Initiée en octobre 2021, l'élaboration du PACC (Figure 2) est composée de cinq grandes étapes et s'est déroulée en
deux volets. Le volet 1, qui était commun aux MRC d'Antoine-Labelle, d'Argenteuil, des Laurentides et des Pays-
d'en-Haut, visait à évaluer les risques que représentent les changements climatiques pour la MRC et ce, autant en
climat actuel qu'en climat futur. Le volet 2, spécifique à la MRC des Laurentides, a permis de construire le cadre de
référence sur lequel s'appuie le PACC, à savoir la vision et les principes directeurs qui encadrent l'action climatique
de la MRC, de même que d'identifier les mesures d'adaptation qui permettront de gérer les risques climatiques jugés
prioritaires et ainsi contribuer à accroître la résilience sur le territoire de la MRC. L'approche retenue pour
l'élaboration du PACC suit les fondements conceptuels et méthodologiques en gestion des risques du MSP (2009),
s'appuie sur le guide d'accompagnement publié par Ouranos (2010) et suit les meilleures pratiques issues des normes
internationales en matière d'adaptation aux changements climatiques, tout en respectant les exigences de la MRC.
Élaborer un PACC pour un territoire aussi vaste et comprenant une grande diversité d'acteurs représente un défi. C'est
pourquoi, dans une optique de co-construction, la MRC des Laurentides et WSP se sont associées à l'Institut des
territoires afin de mener des activités de consultation auprès des parties prenantes issues du milieu local. En effet, les
employés de la MRC et de ses municipalités constituantes ainsi que les organismes œuvrant sur le territoire de la MRC
connaissent mieux que quiconque les vulnérabilités du territoire et les impacts climatiques qui y sont subis. Cette
approche participative a été maintenue tout au long du processus d'élaboration du PACC, à travers divers sondages et
ateliers. Les résultats de ces activités ont permis d'évaluer les vulnérabilités territoriales perçues par les acteurs locaux
et d'identifier leurs principales préoccupations quant aux impacts des changements climatiques, de valider les résultats
des analyses menées par WSP, de raffiner le profil de risques de la MRC et de concentrer les efforts d'adaptation sur
les risques jugés prioritaires par la bonification de la liste des mesures d'adaptation en fonction de la réalité vécue sur
le territoire de la MRC.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP: 211-12355-00
PAGE 13
Figure 2
Démarche d'élaboration du PACC
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 14
QU'EST-CE QU'UN RISQUE CLIMATIQUE ?
Lorsqu'un aléa climatique survient, il peut entraîner des impacts sur les êtres vivants, les ressources, les
entreprises, les biens immobiliers, les activités ou sur toute autre composante présente sur le territoire de la MRC.
On peut associer un niveau de risque à ces impacts potentiels, en fonction de la probabilité qu'ils se produisent et
de la sévérité des conséquences qu'ils engendreront.
La probabilité qu'un impact climatique se concrétise dépend de deux facteurs : le niveau d'exposition à l'aléa
climatique qui générera l'impact et le niveau de vulnérabilité de la dimension qui sera touchée par l'impact.
L'exposition correspond essentiellement au fait qu'un aléa climatique puisse survenir ou non à un endroit où on
retrouve une ou plusieurs composantes d'une dimension donnée. La vulnérabilité représente quant à elle le degré
de perturbation qui sera ressenti par les différentes composantes (sensibilité) et la capacité de celles-ci à faire face
à ces perturbations (capacité d'adaptation). La sévérité des conséquences représente tout simplement le niveau
des dommages humains, environnementaux et économiques que pourrait provoquer l'impact climatique.
Autrement dit, un risque climatique est la mesure des conséquences d'un impact provoqué par un aléa
climatique sur la santé et la sécurité des personnes, des dommages matériels, des dégâts environnementaux
et des pertes économiques que pourrait subir l'une ou l'autre des dimensions étudiées, en fonction de
l'exposition, de la sensibilité et de la capacité d'adaptation de cette dernière.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 15
2
PORTRAIT DE LA MRC
Pour réaliser l'analyse des risques que représentent les changements climatiques pour le territoire de la MRC des
Laurentides, il faut tout d'abord s'assurer d'avoir une bonne compréhension des enjeux qui lui sont spécifiques. Ceux-
ci ont été regroupés selon huit dimensions d'intérêt pour le PACC :
─
L'aménagement du territoire
─
Le développement et les activités économiques
─
L'organisation régionale
─
Les activités récréotouristiques
─
La population
─
Les écosystèmes naturels et l'environnement
─
Le cadre bâti et les infrastructures publiques
essentielles
─
Les ressources naturelles
Le portrait sommaire de la MRC présenté aux sections suivantes a été brossé à partir d'une revue de la documentation
fournie par la MRC, des informations pertinentes trouvées dans les publications gouvernementales de même que celles
des diverses organisations œuvrant sur le territoire de la MRC, et a été raffiné grâce aux discussions qui ont eu lieu
durant les activités de consultation avec les parties prenantes.
AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
Abritant les plus hauts sommets de la région des Laurentides, la MRC des Laurentides constitue un des pôles de
villégiature quatre-saisons les plus importants au Québec. Son territoire, d'une superficie de 2 458 km2, représente
12 % de la superficie totale de la région des Laurentides et accueille une population de 50 777 résidents permanents
(Statistique Canada, 2022), en plus des nombreux excursionnistes et touristes qui viennent profiter autant des
nombreux sentiers de sports extérieurs que des circuits culturels et agrotouristiques qu'offre la MRC.
Le territoire est largement couvert par la forêt, dont près du quart est en terres publiques. Combinée à la topographie
particulière de la MRC, qui abrite le mont le plus haut de la région des Laurentides, la couverture forestière domine
ainsi le paysage et constitue un patrimoine naturel important intimement lié à l'attrait récréotouristique de la MRC.
Le territoire de la MRC des Laurentides est situé sur le Bouclier canadien et le relief connaît d'importantes variations.
Ce territoire est également caractérisé par la présence de nombreux lacs, cours d'eau et milieux humides. Les deux
plus grands lacs sont le lac Tremblant, qui chevauche 3 municipalités ainsi que le lac Labelle. Le territoire est
également sillonné par les rivières Rouge, du Nord et du Diable.
Le territoire municipalisé, qui représente environ 50 % de la MRC, abrite 20 municipalités, dont deux principaux
centres urbains qui sont situés sur l'axe routier de la 117 et de l'autoroute 15, soit Mont-Tremblant et Sainte-Agathe-
des-Monts. C'est d'ailleurs cet axe routier qui assure les déplacements vers le nord-ouest, alors que la 15 qui débute
dans la région de Montréal rejoint Sainte-Agathe-des-Monts, devient ensuite la route 117 ; cette dernière se prolonge
au-delà de Val-d'Or et constitue l'unique lien d'accès routier à la région de l'Abitibi-Témiscamingue à partir de la
région métropolitaine de Montréal.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 16
Figure 3
Localisation de la MRC des Laurentides
La croissance de la population permanente, de 16 % entre 2011 et 2021, combinée à l'attrait grandissant de la MRC
comme lieu de tourisme et de villégiature, exerce déjà une pression sur les infrastructures de transit et sur le
développement du territoire, particulièrement en dehors des périmètres d'urbanisation. Cette dispersion de la
population représente un enjeu non seulement en matière d'aménagement du territoire, mais aussi pour l'offre de
services publics. L'étendue du territoire de la MRC fait également en sorte que la population est fortement dépendante
à l'automobile, ce qui est un enjeu majeur lorsqu'il est question d'atténuation et d'adaptation aux changements
climatiques.
ORGANISATION RÉGIONALE
Au Québec, la gestion municipale est partagée entre les paliers national, régional, supralocal et local. Au fil du temps,
le gouvernement du Québec a délégué une partie de ses compétences en matière de gestion municipale aux MRC et
aux municipalités. Ainsi, la MRC des Laurentides s'est vu octroyer certains rôles et responsabilités bien définis,
notamment dans les domaines de l'aménagement et du développement du territoire, de la sécurité civile, du
développement économique, de la gestion du cadre bâti et des infrastructures, de la protection des milieux naturels,
de même que sur les questions de gouvernance du territoire (MAMH, 2019).
Afin de remplir adéquatement ces rôles et responsabilités, la MRC a élaboré au fil des années de nombreux plans,
politiques et programmes (PPP), dont au moins une quinzaine concernent de près ou de loin l'adaptation aux
changements climatiques. Parmi ceux-ci, les principaux outils dont dispose la MRC sont le schéma d'aménagement
ACTIONS EXISTANTES POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Intégration de mesures de lutte et d'adaptation aux changements climatiques dans le SAD
─
Projet de cartographie des zones inondables
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 17
et de développement du territoire (SAD), le plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH) ainsi que le
plan de développement de la zone agricole (PDZA), qui peuvent agir comme mécanisme d'encadrement et de mise en
œuvre de nombreuses mesures d'adaptation aux changements climatiques.
La MRC des Laurentides favorise la collaboration avec et entre ses municipalités constituantes en offrant une gamme
de services partagés, entre autres au niveau administratif, en urbanisme, en environnement, en matières résiduelles et
en sécurité publique. Ces services permettent d'optimiser les ressources et de fournir une offre de qualité à l'ensemble
de la région. La MRC joue également un rôle dans l'obtention de financement et de subventions pour des projets
régionaux via la Corporation de développement économique. Elle aide les municipalités à identifier les sources de
financement appropriées, à préparer des demandes de subventions et à coordonner les projets régionaux afin de
maximiser les chances de succès de ceux-ci.
En matière de sécurité civile, les services policiers sont assurés par la Sûreté du Québec (SQ), qui possède deux postes
sur le territoire de la MRC des Laurentides ; aucune des municipalités constituantes ne dispose de son propre service
de police. Quant aux services de sécurité incendie (SSI), seule la ville de Mont-Tremblant peut compter sur des
pompiers présents en tout temps dans une caserne ; en effet, la très grande majorité des pompiers sont volontaires et
sur appel. Notons que la Régie des Monts coordonne la sécurité incendie sur les territoires de Sainte-Agathe-des-
Monts, Val-David Val-Morin, Sainte-Lucie-des-Laurentides, Lantier et Ivry-sur-le-Lac et dispose de 4 casernes. D'un
point de vue de sécurité civile, l'étendue du territoire, la topographie de celui-ci et la faible densité de population pour
certaines municipalités ont une incidence à la fois sur la disponibilité des ressources d'intervention d'urgence et sur
la rapidité de réponse de celles-ci. Malgré ce qui précède, aucun protocole d'entraide n'est signé entre les municipalités
ni entre les MRC. De rares ententes existent pour le prêt de salles pour installer un centre de coordination.
POPULATION
En 2021, la population de la MRC des Laurentides s'élevait à 50 777 résidents permanents, avec une croissance
enregistrée de 10,6 % au cours des cinq années précédentes. Avec un âge médian de 53,6 ans, la population y est
beaucoup plus âgée que la moyenne laurentienne et québécoise. Bien que la proportion de la population âgée de 15 à
64 ans soit similaire à celle retrouvée à l'échelle de la région et du Québec, on remarque que les personnes de 65 ans
et plus occupent un poids démographique plus élevé que la moyenne régionale et provinciale (Tableau 1).
Tableau 1
Statistiques démographiques
Indicateur
MRC
des Laurentides
Région
des Laurentides
Ensemble
du Québec
Population 2021 (habitants)
50 777
636 083
8 501 833
Population 2016 (habitants)
45 902
589 400
8 164 361
Variation de population 2016-2021 (%)
+10,6
+7,9
+4,1
Âge médian (ans)
53,6
44,8
43,2
Population 0 à 14 ans (%)
12,9
16,7
16,4
Population 15 à 64 ans (%)
59,5
62,8
63,0
Population 65 ans et plus (%)
27,6
20,5
20,6
Source: Statistique Canada (2021, 2022)
ACTIONS EXISTANTES POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Table régionale sur l'énergie et les changements climatiques
─
Démarche de concertation sur la gestion des barrages anthropiques
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 18
La quasi-totalité de la population de la MRC des Laurentides possède une connaissance adéquate du français, dont
une forte proportion est unilingue francophone (53,6 %). Quant au niveau de scolarisation, la population de la MRC
compte 22,2 % de la population âgée de 15 ans et plus qui ne détient aucun certificat, diplôme ou grade,
comparativement à 21,0 % pour la région des Laurentides et 19,9 % pour l'ensemble du Québec (Statistique Canada,
2021).
Concernant le niveau de vie de sa population, la MRC affichait en 2023 un taux d'activité inférieur à ceux enregistrés
à l'échelle régionale et à l'échelle provinciale ; à l'inverse, le taux de chômage y était beaucoup plus élevé. De plus,
la MRC des Laurentides présente une proportion de personnes à faible revenu plus importante que la région des
Laurentides et l'ensemble du Québec tant pour la population en général que pour la population de 65 ans et plus.
Néanmoins, le revenu disponible par habitant a crû de façon très importante dans les dernières années, rattrapant et
dépassant celui de la région des Laurentides et de l'ensemble du Québec (Tableau 2).
Tableau 2
Indicateurs économiques de la population
Indicateur
MRC
des Laurentides
Région
des Laurentides
Ensemble
du Québec
Taux d'activité - 2021 (%)
57,4
64,3
64,1
Taux de chômage - 2021 (%)
11,1
7,0
7,6
Faible revenu - population totale - 2020 (%)
14,2
9,9
11,9
Faible revenu - population de 65 ans et plus - 2020 (%)
20,6
18,0
19,8
Revenu disponible par habitant - 2020 ($)
33 973
33 927
33 093
Revenu disponible par habitant - 2014 ($)
23 048
27 023
26 586
Variation du revenu disponible par habitant 2014-2020 (%)
+47,4
+25,5
+24,4
Source : ISQ (2021a), Statistique Canada (2021)
D'ici 2041, il est projeté que la population de la MRC des Laurentides continuera à croître à une vitesse similaire à
celle des dernières années (+18,6 %). Cependant, le vieillissement de la population de la MRC, déjà en cours, se
poursuivra au fil des décennies à venir. En effet, les personnes âgées de 65 ans et plus représenteront 35,5 % de la
population totale de la MRC (ISQ, 2021b). Une population vieillissante représente un facteur accru de vulnérabilité à
certains aléas climatiques, tels que les canicules et les conditions hivernales changeantes.
Le territoire de la MRC des Laurentides localise la seule réserve autochtone de la région reconnue officiellement par
le gouvernement du Canada sous le nom de Doncaster 17 ou par les conseils mohawks de Kahnawà:ke et d'Akwesasne
sous le nom de Tioweró:ton. C'est une terre réservée kanienʼkehá꞉ka (mohawk) qui est inhabitée, mais utilisée entre
autres pour différentes activités de villégiature (ex. chasse et pêches) (Statistique Canada, Recensement de la
population 2021). Par ailleurs, le territoire des quatre MRC (Laurentides, Pays-d'en-Haut, Argenteuil, Antoine
Labelle) pourrait faire l'objet d'une revendication territoriale de la part d'une ou plusieurs des 10 Premières Nations
Anishinaabek.
ACTIONS EXISTANTES POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Plan régional en cas de chaleur accablante de la Direction régionale de santé publique des
Laurentides
─
Projet d'évaluation de la vulnérabilité régionale aux changements climatiques et plan d'adaptation
régional aux changements climatiques (VRAC-PARC) de la Direction régionale de santé publique
des Laurentides
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 19
CADRE BÂTI ET INFRASTRUCTURES PUBLIQUES ESSENTIELLES
Le cadre bâti et les infrastructures publiques constituent une dimension primordiale dans l'adaptation aux changements
climatiques puisqu'ils fournissent les services essentiels à une bonne qualité de vie non seulement pour les résidents
de la MRC, mais également pour les gens qui y sont de passage.
Le cadre bâti de la MRC des Laurentides peut être qualifié de vieillissant. En fait, 52 % des bâtiments retrouvés sur
son territoire ont été construits avant 1980, soit une proportion légèrement inférieure à celle à l'échelle de la province.
Environ 7 % des bâtiments nécessitent des réparations majeures, comparativement à 6 % pour l'ensemble du Québec
(Statistique Canada, 2021). La MRC des Laurentides compte 32 éléments du patrimoine culturel auxquels des statuts
légaux ont été attribués par le gouvernement du Québec, le ministre, les municipalités locales, les MRC et les
communautés autochtones en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel ou des lois antérieures, notamment l'ancien
presbytère de Sainte-Lucie-des-Laurentides (ministère de la Culture et des Communications, 2022).
En matière d'infrastructures routières, la MRC affiche près de 400 km de routes sous juridiction provinciale et plus
de 900 km de routes locales de niveaux 1 et 2. L'autoroute 15 et la route 117 agissent comme charpente du système
routier de la région, permettant de rejoindre l'Abitibi-Témiscamingue vers le nord et la grande région de Montréal
vers le sud ; le flux de circulation est-ouest est quant à lui structuré par plusieurs axes routiers, dont les principaux
sont les routes 323, 327 et 329. La proportion des chaussées du réseau local considérées en mauvais ou très mauvais
état se situe à 37 %. L'importance du tourisme induit une utilisation ponctuelle accrue sur le réseau routier local de la
MRC en raison des nombreux visiteurs qu'elle accueille sur son territoire.
En matière d'infrastructures de gestion des eaux, 15 des 20 municipalités sont pourvues en tout ou en partie d'un
réseau d'aqueduc, alors que seulement 10 sont pourvues d'un réseau d'égout et donc d'une usine de traitement des
eaux. Il y a 23 installations de production d'eau potable (20 en eau souterraine et 3 en eau de surface). Le territoire
abrite également 44 barrages à forte contenance, dont la digue Ludger (MELCC, 2022).
Les établissements de soins de santé et le milieu éducatif (écoles, milieux de garde) font partie intégrante des
infrastructures essentielles de la MRC. Il faut être en mesure de protéger non seulement ces établissements ainsi que
les populations vulnérables qui les utilisent, et de répondre efficacement à certains aléas climatiques d'envergure
auxquels ils pourraient faire face. La distribution de ceux-ci sur le territoire permet d'évaluer une partie de la sensibilité
de la population et de sa capacité à réagir rapidement et de façon coordonnée. Outre les nombreux milieux de garde
et scolaires, la plupart des établissements « sensibles » sont situés à Sainte-Agathe-des-Monts, à Mont-Tremblant ou
à Labelle, dont un hôpital, trois centres d'hébergement et trois CLSC (Centre local de services communautaires).
DÉVELOPPEMENT ET ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
L'économie de la MRC des Laurentides repose en grande partie sur le secteur récréotouristique et la villégiature. La
région est réputée pour ses paysages naturels magnifiques, ses stations de ski, ses lacs, ses sentiers de randonnée et
ses activités de plein air. De nombreux visiteurs affluent chaque année pour profiter des installations touristiques, des
hébergements, des restaurants et des attractions, ce qui stimule l'économie locale. L'industrie du tourisme hivernal y
est d'ailleurs absolument vitale avec la présence de stations de ski d'envergure internationale, dont le site du mont
Tremblant. On estime que 50 % de l'économie de la MRC des Laurentides est directement ou indirectement reliée à
l'industrie touristique, notamment avec l'attrait de la grande région de Mont-Tremblant.
Autrefois centrale au développement économique de la MRC, la foresterie occupe une place un peu moins importante
depuis les dernières années. Néanmoins, avec une unité d'aménagement forestier de 574 km² en terres publiques, la
foresterie demeure un secteur économique non négligeable sur le territoire (MRC des Laurentides, 2023).
ACTION EXISTANTE POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Mise à jour du plan de relève informatique de la MRC en cas de pannes de courant.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 20
Enfin, le secteur des services, y compris le commerce de détail, les services professionnels, les services de santé et les
services publics, contribue également à l'économie de la MRC des Laurentides.
Le portrait des entreprises de la MRC des Laurentides est caractérisé par une constellation de plus de 1800 entreprises,
la grande majorité étant des petites ou moyennes entreprises (PME). Celles-ci emploient plus de 17 000 travailleurs
(MRC des Laurentides, 2023).
En matière de vitalité économique, la MRC des Laurentides affiche un indice de vitalité économique négatif, ce qui
signifie que la MRC accuse un retard en matière de vitalité économique par rapport à la majorité des MRC québécoises.
À l'échelle de la province, elle se situe dans le troisième quintile des MRC (ISQ, 2021c).
Globalement, l'économie de la région est assez peu diversifiée et dépend lourdement du climat (récréotourisme et
foresterie notamment), ce qui constitue un important facteur de vulnérabilité face aux changements climatiques.
ACTIVITÉS RÉCRÉOTOURISTIQUES
La MRC des Laurentides constitue une destination de choix pour les touristes et villégiateurs du Québec, mais
également internationaux. La MRC offre différents attraits permettant de mettre en valeur et de profiter de la nature
exceptionnelle de la région. D'ailleurs, 72 % des attraits touristiques de la MRC sont liés au plein air et à la nature.
Par exemple, le parc national du Mont-Tremblant est le plus grand parc national du Québec. Les visiteurs peuvent
profiter de nombreuses activités de plein air telles que la randonnée, le camping, le canotage, le vélo, l'observation de
la faune et bien plus encore.
Évidemment, le centre de villégiature du Mont-Tremblant est une destination de choix pour pratiquer divers sports.
En été, la station offre des activités telles que la randonnée, le vélo de montagne, un Ironman et la luge. Au pied de la
montagne, le village piétonnier attire les touristes et villégiateurs et abrite de nombreux magasins, restaurants, bars,
galeries d'art et propose des activités telles que des concerts en plein air et des festivals.
En dehors du Centre de villégiature Tremblant, la MRC est dotée de plusieurs autres destinations et infrastructures à
portée régionale, voire provinciale, dont la Réserve faunique Papineau Labelle, les parcs régionaux linéaires le P'tit
Train du Nord et le Corridor aérobique, le Domaine St-Bernard, le Sentier des cimes Laurentides, le Parc Éco-
Laurentides, la base de plein air L'Interval, la station de ski Mont-Blanc, le parc régional Val-David-Val-Morin et le
parc d'escalade et de randonnée de la montagne d'Argent.
Les activités et événements culturels ne sont pas en reste. En toute saison, des festivals et événements ont lieu en
abondance sur tout le territoire ; amateurs de musique, de danse, de culture et d'art vibrent au rythme de multiples
rendez-vous, dont le Festival international du blues de Tremblant, le Festi Jazz Mont-Tremblant, Les Rythmes
Tremblant, les concerts sur le lac, le Festi-bière, le Festival de cirque des Laurentides, la Route des Belles-Histoires
et 1001 pots.
Déjà bien positionnée au sein de l'industrie québécoise du tourisme, la MRC des Laurentides a pour objectif de
consolider ce positionnement en augmentant la diversité et la qualité de l'offre de services récréotouristiques sur son
territoire, particulièrement en bonifiant son offre 4 saisons. Cependant, les activités offertes sont largement tributaires
des conditions météorologiques. Or, en raison du climat changeant, une redistribution saisonnière des activités est à
prévoir. De plus, la pression pour construire de nouvelles infrastructures d'hébergement touristique dans des zones
fortement exposées à certains aléas climatiques, notamment en bordure des cours d'eau, pourrait s'accentuer, ce qui
représenterait un facteur de vulnérabilité accrue.
ACTIONS EXISTANTES POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Étude de Tourisme Laurentides sur les impacts économiques des changements climatiques sur
l'industrie touristique
─
Mise en place du Living Lab Laurentides en adaptation aux changements climatiques en tourisme
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 21
ÉCOSYSTÈMES NATURELS ET ENVIRONNEMENT
La richesse des écosystèmes fait partie des enjeux les plus importants en lien à l'évolution des conditions climatiques.
Comme les activités économiques de la MRC des Laurentides dépendent en grande partie de la santé et de l'intégrité
de ces écosystèmes, l'adaptation aux changements climatiques de la MRC nécessite la préservation de ces écosystèmes
naturels, particulièrement en lien avec le réseau hydrographique de la région, la conservation des milieux humides et
la protection des espèces floristiques et fauniques les plus en danger par rapport aux conditions climatiques
changeantes.
Deux régions naturelles sont présentes sur le territoire de la MRC, à l'ouest, la dépression de Mont-Laurier, et à l'est,
le massif du mont Tremblant. Le territoire est composé de monts et de collines, où le pic Johannson sur le massif du
mont Tremblant culmine avec ses 931 mètres d'altitude. Ce relief accidenté avec ses lacs, rivières, monts et vallées,
est caractéristique des paysages des Laurentides.
Faisant partie de la région hydrographique de l'Outaouais, le territoire de la MRC des Laurentides est traversé par
trois bassins versants majeurs, soit ceux de la rivière Rouge, de la rivière Petite Nation et de la rivière du Nord. Le
réseau hydrographique de la MRC est constitué de plusieurs milliers de lacs et de milliers de kilomètres de cours
d'eau. La topographie du territoire oriente le ruissellement de l'eau du nord-est vers le sud-ouest, signifiant ainsi que
de façon générale, tous les cours d'eau qui traversent la MRC rejoignent éventuellement la rivière des Outaouais, que
ce soit directement ou en se déversant dans un de ses affluents. Un peu moins de 9 % du territoire de la MRC, soit 230
km2, est désigné comme des milieux humides (MRC des Laurentides, s.d.).
La diversité des composantes physiques du territoire de la MRC offre des habitats naturels variés aux espèces
fauniques et floristiques qui y vivent. Cette multitude d'espèces vivantes dans la région peut varier énormément entre
les secteurs plus au nord et ceux plus au sud. Cependant, ces espèces sont confrontées à la pression exercée par
l'accroissement des activités humaines, que ce soit par l'urbanisation du territoire, le développement de la villégiature
et du récréotourisme ou encore l'exploitation des vastes ressources forestières de la région. À ce sujet, plusieurs
espèces à statut particulier ont été recensées dans les habitats naturels au sein de la MRC, dont le faucon pèlerin
(CDPNQ, 2021). De plus, le territoire de la MRC abrite des habitats fauniques protégés, notamment pour le cerf de
Virginie, le grand héron et la tortue des bois (Gouvernement du Québec, 2022). Les changements climatiques
accentueront la pression déjà exercée par les activités humaines sur les espèces menacées, en plus de mettre à risque
la pérennité de certains écosystèmes. La hausse généralisée des températures favorisera également la migration de
parasites ravageurs et de divers animaux, dont des vecteurs de maladies (rage, Maladie de Lyme, Virus du Nil
occidental, etc.) et de certaines espèces exotiques envahissantes, ce qui représente plusieurs enjeux pour la population
de la MRC, ses paysages, les fonctions écologiques de ses forêts, ainsi que pour les activités économiques et
récréatives qui dépendent des milieux naturels.
Il est impérieux de protéger les milieux forestiers des feux (qui sont appelés à augmenter en fréquence) et de les
préserver pour leurs innombrables qualités (lieu de fraîcheur, bien-être, d'activités de loisirs, séquestrant de polluants
de l'air, écosystème préservant la biodiversité, etc.). Mais aussi parce que la forêt est l'un des meilleurs outils pour
lutter contre les changements climatiques (formidable puits de carbone ayant un puissant pouvoir d'atténuation des
émissions de gaz à effet de serre).
ACTIONS EXISTANTES POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Plan régional des milieux humides et hydriques
─
Plan de connectivité des Laurentides 2020-2025 d'Éco-corridors laurentiens
─
Projet de lutte au roseau commun
─
Travaux de contrôle du myriophylle à épis et de la renouée japonaise
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 22
RESSOURCES NATURELLES
Le milieu forestier a été sollicité tôt dans l'histoire de la région des Laurentides et a grandement contribué au
développement du territoire de la MRC des Laurentides. Vers le milieu du 19e siècle, l'exploitation forestière domine
alors l'activité économique de la région alors que les premiers chantiers de coupe s'installent le long de la rivière
Rouge et de la rivière du Diable à partir de 1862. Encore aujourd'hui, les ressources forestières représentent une
richesse économique, paysagère et sociale significative pour la MRC des Laurentides. Avec une occupation de près
de 22 % du territoire (hormis le parc national du Mont-Tremblant et la réserve écologique Jackrabbit), la forêt publique
joue un rôle capital dans le développement du territoire et l'intégrité des paysages. L'arrivée de la ligne de chemin de
fer viendra faciliter le développement de l'industrie forestière.
Le sous-sol laurentien contient des gisements à la fois de minéraux industriels (graphite et silice) et de matériaux de
construction (pierre concassée, pierre architecturale, sable et gravier). Sur le territoire de la MRC, les principales
activités d'extraction concernent les matériaux de construction.
L'activité agricole se concentre principalement dans la vallée de la rivière Rouge. Elle représente 6 % (15
163 hectares) du territoire de la MRC. L'agriculture sur le territoire de la MRC est multifonctionnelle avec un secteur
dynamique important dans le secteur centre. Il y a une plus grande variété de productions végétales qu'animales, des
entreprises actives dans des secteurs où la saison est courte et un noyau dur d'entreprises biologiques se développent
dans une diversité de production.
Au niveau des ressources fauniques, les principales activités concernent la pêche, la chasse, l'observation et, dans une
moindre mesure, le piégeage.
ACTIONS EXISTANTES POUR L'ADAPTATION CLIMATIQUE
─
Aménagements forestiers pour aider la résilience des forêts, notamment à travers l'enrichissement
de régénération naturelle avec des essences plus tolérantes aux sécheresses
─
Travaux expérimentaux pour contrer la maladie corticale du hêtre
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 23
À RETENIR
─
Depuis quelques décennies, le territoire de la MRC des Laurentides est soumis à de fortes
pressions de développement en dehors des périmètres d'urbanisation, pressions accentuées
par les effets de la pandémie de Covid. La croissance de la population permanente,
juxtaposée à l'attrait grandissant de la MRC comme lieu de tourisme et de villégiature,
exerce déjà une pression sur les infrastructures de transit et sur le développement du
territoire, ce qui représente un enjeu non seulement en matière d'aménagement du territoire,
mais également pour l'offre de services publics.
─
Le vieillissement de la population, déjà en cours, se poursuivra au fil des décennies à venir.
Une population vieillissante constitue un facteur accru de vulnérabilité à certains aléas
climatiques, comme les épisodes de chaleur extrême ou les conditions hivernales
changeantes.
─
La MRC des Laurentides est déjà bien positionnée au sein de l'industrie québécoise du
tourisme. Cependant, les activités récréotouristiques offertes sur le territoire sont largement
tributaires des conditions météorologiques. Les attraits touristiques qui dépendent
grandement des conditions hivernales favorables et à la formation de neige de qualité
devront vraisemblablement diversifier leur offre de services pour maintenir l'intérêt des
visiteurs à leur égard. Dans ce contexte, une redistribution saisonnière et une diversification
de l'offre de services sont à prévoir.
─
La croissance de la population permanente de la MRC des Laurentides et du nombre de
villégiateurs qui la visitent exerce une pression sur les écosystèmes naturels et
l'environnement. En effet, une certaine proportion des nouvelles constructions et des
résidences secondaires reconverties en résidences principales sont situées hors des
périmètres d'urbanisation, à proximité d'attraits naturels, particulièrement les milieux
riverains qui sont sensibles sur le plan environnemental, ce qui représente en enjeu du point
de vue de la vulnérabilité des écosystèmes naturels. De plus, les changements climatiques
accentueront cette pression sur les espèces menacées, en plus de mettre à risque la pérennité
de certains écosystèmes. Le développement de la MRC devra se faire en fonction de
préserver la connectivité écologique de la région.
─
Les principaux secteurs économiques de la MRC des Laurentides, soit les secteurs du
récréotourisme, des services et de la construction, sont largement tributaires de conditions
climatiques favorables. Ces secteurs seront affectés par les changements climatiques et
devront s'adapter à une nouvelle réalité climatique.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 24
3
ÉVOLUTION DU CLIMAT
Afin de bien évaluer les impacts des changements climatiques qui pourraient survenir sur le territoire de la MRC des
Laurentides, il est primordial d'identifier les aléas climatiques auxquels cette dernière est exposée et la façon dont
ceux-ci évolueront dans le temps. Pour ce faire, WSP a analysé les données historiques recueillies par les stations
météorologiques pour la période de 1981 à 2010, avec comme objectif de dégager les tendances observées dans
l'évolution récente du climat. À cette analyse se sont ajoutés les témoignages des acteurs locaux à propos des
événements climatiques marquants survenus au courant des dernières décennies sur le territoire de la MRC, ce qui a
permis de brosser un portrait étoffé du climat actuel qui caractérise la MRC des Laurentides. Par la suite, les données
projetées à court terme (2021-2050) et à long terme (2051-2080) ont été extraites de portails de projections climatiques
fiables et reconnus scientifiquement, et ce, pour une série d'indicateurs (ou variables) climatiques qui, lorsque pris en
compte simultanément, permettent d'évaluer objectivement l'évolution anticipée pour un aléa climatique. Lorsque les
données pour un indicateur climatique n'étaient pas disponibles sur un de ces portails, une revue de la littérature
scientifique a permis de combler les informations manquantes.
CLIMAT ACTUEL
À l'échelle de la MRC des Laurentides, la température annuelle moyenne est de 3,7 °C. Cette moyenne cache
cependant une grande variabilité entre les saisons (Tableau 3) : en effet, la température moyenne quotidienne est de
16,6 °C en été, contre -10,1 °C durant les mois d'hiver. En moyenne, les précipitations totales reçues chaque année
sont de 1 175 mm, dont 28 % tombent sous forme de neige, et sont réparties de façon quasi uniforme tout au long de
l'année. La période d'enneigement s'étend de l'automne au printemps, avec une forte concentration de précipitations
solides entre décembre et février (80 % du total des précipitations sous forme de neige).
Tableau 3
Données climatiques moyennes pour la MRC des Laurentides (1981-2010)
Indicateur climatique
Hiver
Printemps
Été
Automne
Annuel
Température quotidienne moyenne (°C)
-10,1
4,1
16,6
4,3
3,7
Température quotidienne maximale (°C)
-16,5
-2,7
11,1
1,2
-1,4
Température quotidienne minimale (°C)
-4,9
10,0
23,9
11,0
9,9
Précipitations totales (mm)
276
251
329
319
1 175
Précipitations sous forme de neige (%)
74 %
29 %
0 %
15 %
28 %
Source : ECCC (2021)
La vitesse annuelle moyenne du vent, dont la direction dominante est de l'ouest vers l'est, est d'environ 11,2 km/h sur
l'ensemble du territoire ; en été, les vents sont plus calmes, avec une vitesse moyenne qui varie autour de 10,1 km/h,
soit environ 2 km/h moins élevés que durant les autres saisons. Lors de la journée la plus venteuse de l'année, la
vitesse moyenne du vent est de 32,6 km/h. Cependant, ces données historiques varient grandement à l'échelle locale,
notamment en raison de la topographie montagneuse du territoire qui influence le comportement du vent (CS3, 2020 ;
ECCC, 2021).
Selon Ouranos (2015), la température moyenne annuelle à l'échelle du sud du Québec montre une tendance à la hausse
d'environ 1 à 3 °C pour la période de 1950 à 2011. Cette tendance est cohérente avec les tendances observées pour
les températures minimales et maximales, qui sont elles aussi à la hausse. Il est à noter également que les températures
minimales ont connu des augmentations légèrement supérieures à celles des températures maximales, et que les
augmentations de température sont plus marquées en hiver que pour les autres saisons. Pour la MRC des Laurentides,
les tendances observées entre 1981 et 2010 montrent une augmentation de la température quotidienne moyenne de
+0,27°C par décennie, de +0,24 °C par décennie pour la température quotidienne minimale et de +0,27 °C par
décennie pour la température quotidienne maximale (ECCC, 2021). Les précipitations annuelles totales ont également
enregistré une hausse durant la même période : +28 mm par décennie, dont une forte proportion (+14 cm par décennie)
est sous forme de neige (ECCC, 2021).
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 25
Sur la base du portrait climatique actuel de la MRC des Laurentides, les aléas climatiques ayant des implications en
matière d'adaptation aux changements climatiques et qui ont été retenus sont les suivants :
─
Augmentation générale des températures
─
Inondations riveraines
─
Conditions hivernales changeantes
─
Sécheresses et feux de forêt
─
Précipitations extrêmes
─
Vents violents et tempêtes avec activité orageuse
─
Glissements de terrain
QU'EST-CE QU'UN ALÉA CLIMATIQUE ?
Un aléa se définit comme « un phénomène, une manifestation physique ou une activité humaine susceptible
d'occasionner des pertes en vies humaines ou des blessures, des dommages aux biens, des perturbations sociales et
économiques ou une dégradation de l'environnement » (MSP, 2009). Un aléa climatique est donc un événement
climatique à court ou à long terme ayant le potentiel de causer des dommages aux humains, à
l'environnement bâti et aux systèmes naturels. Les aléas climatiques surviennent habituellement lorsque
plusieurs variables climatiques interagissent simultanément. Certaines caractéristiques telles que l'intensité, la
probabilité d'occurrence ou de récurrence ainsi que la localisation spatiale permettent l'identification des aléas
susceptibles d'avoir un impact dans un contexte donné.
AUGMENTATION GÉNÉRALE DES TEMPÉRATURES
L'une des premières manifestations des changements climatiques est l'augmentation générale des températures en
toute saison. En effet, cette tendance est à l'origine de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité de la plupart
des aléas climatiques ayant des impacts sur le territoire de la MRC des Laurentides. Dans les Laurentides, la
température annuelle moyenne a déjà augmenté d'environ 1,8 °C entre 1981 et 2010 (Ouranos, 2015). Les
températures minimales et maximales ont également suivi cette tendance. Cette hausse a été influencée notamment
par une hausse de +2,9 °C pour les températures hivernales, ce qui est deux fois plus que l'augmentation observée
pour la période estivale (ECCC, 2021).
Comme mentionné à la section précédente, la MRC des Laurentides n'est pas épargnée par ce phénomène, qui ira en
s'amplifiant dans le futur. D'ici 2080, les températures moyennes de même que les extrêmes de température
augmenteront de +2,6 °C à +4,2 °C. Cela pourrait se traduire par exemple en un nombre annuel de jours où la
température dépasse les 30°C qui passera de 5 actuellement à 30, voire 47 jours dans le pire des cas (CCSC, 2021).
Ces événements de chaleur extrême pourraient notamment entraîner des conséquences importantes pour la population
des municipalités de Mont-Tremblant, Mont-Blanc, Sainte-Agathe-des-Monts, Val-David et Val-Morin, qui sont déjà
aux prises avec le phénomène d'îlots de chaleur urbain (INSPQ, 2020).
La longueur de la saison de croissance et de la saison sans gel sera affectée par l'augmentation moyenne des
températures dans les Laurentides. Selon le scénario retenu, une augmentation de +12 % à +18 % est projetée d'ici
2080 pour la longueur de la saison de croissance et de la saison sans gel.
Probabilité d'occurrence actuelle :
Modérée
-----
Probabilité d'occurrence future :
Haute
-----
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 26
CONDITIONS HIVERNALES CHANGEANTES
Les conditions hivernales au Québec provoquent certains phénomènes météorologiques qui, en plus d'être des aléas
climatiques en soi, peuvent exacerber d'autres aléas et entraîner des conséquences tant sur l'environnement bâti que
sur l'environnement naturel et la population. Parmi ces phénomènes, ceux causant le plus de problèmes sont les cycles
de gel-dégel, l'accumulation et la fonte de neige, ainsi que les épisodes de verglas. Les conditions hivernales seront
directement affectées par l'augmentation générale des températures dans les prochaines décennies.
Pour la région des Laurentides, il est projeté que le nombre de cycles gel-dégel durant la saison hivernale augmentera
en moyenne de +28 % à +40 % d'ici 2080. Dans le climat futur, l'intensification des redoux hivernaux ainsi que la
réduction du nombre de jours de gel seront expliquées par une augmentation importante des températures hivernales,
ce qui engendra une augmentation du nombre de jours avec des températures positives (CCSC, 2021).
Pour la MRC des Laurentides, il est projeté que les précipitations totales (pluie et neige) hivernales seront de +12 %
à +18 % plus importantes d'ici à 2080, mais que les précipitations annuelles sous forme de neige diminueront entre
-12 % et -21 %, indiquant qu'une proportion plus importante des précipitations pourraient tomber sous forme de pluie
durant la saison hivernale (CCSC, 2021).
Les épisodes de pluie verglaçante sont difficiles à modéliser, ce qui a poussé Ouranos (2015) à conclure qu'ils ne
semblent pas évoluer de façon significative. Une étude réalisée à l'échelle de l'est du Canada a néanmoins conclu que
pour la région des Laurentides, on prévoit une augmentation pouvant aller jusqu'à +35 % des épisodes de verglas vers
la fin du siècle pour les mois les plus froids de l'année (Cheng et al., 2011).
Probabilité d'occurrence actuelle :
Modérée
-----
Probabilité d'occurrence future :
Haute
-----
PRÉCIPITATIONS EXTRÊMES
Les précipitations extrêmes sont définies comme des précipitations de courte durée (24 heures ou moins) et de forte
intensité. Ces épisodes provoquent généralement un ruissellement accru des eaux pluviales qui peuvent causer des
inondations, le refoulement des infrastructures privées et publiques de gestion des eaux, ainsi que l'érosion prématurée
des sols et des talus. Lorsque cela se produit, les probabilités de glissements de terrain et de ruptures de digues et
d'autres ouvrages anthropiques augmentent de façon significative.
Au cours des prochaines décennies, les épisodes récurrents de précipitations extrêmes dans les Laurentides devraient
enregistrer une faible augmentation en fréquence et en intensité. Pour la MRC des Laurentides, les projections
montrent une augmentation se situant entre +10 mm et +29 mm pour les épisodes de précipitations journalières
extrêmes ayant 1 % de chance de se produire chaque année. Notons que la moyenne historique se situe à 107 mm par
période de 24h. En ce qui concerne les valeurs maximales des précipitations cumulées sur 1 et 5 jours, la MRC devrait
voir à long terme une faible augmentation d'environ +7 mm (Simonovic et al., 2016 ; Sandink et al., 2016 ; Schardong
et al., 2020).
D'un indicateur à l'autre, il est possible d'observer une augmentation sur les cumuls de précipitations liés aux
événements extrêmes.
Probabilité d'occurrence actuelle :
Haute
-----
Probabilité d'occurrence future :
Très haute
-----
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 27
GLISSEMENTS DE TERRAIN
Les glissements de terrain, bien qu'associés aux risques géomorphologiques et non climatiques, sont tout de même
susceptibles d'être affectés par les changements climatiques. En effet, les facteurs déclencheurs ou aggravants des
glissements de terrain comprennent, entre autres, les précipitations extrêmes ainsi que l'augmentation des
précipitations annuelles totales (MTQ, 2018). Autrement dit, l'eau joue un rôle déterminant à deux niveaux dans les
épisodes de glissements de terrain : (1) les précipitations augmentent l'espace entre les particules constituant le sol et
réduisent la résistance de ce dernier ; et (2) l'érosion vient ronger et déstabiliser le pied du talus. Les glissements de
terrain se produisent le plus souvent dans les sols argileux, communément appelés « glaise », et au bord des cours
d'eau.
Des indicateurs climatiques liés aux précipitations extrêmes et les périodes de redoux hivernal peuvent être utilisés
pour évaluer les conditions propices à l'occurrence de glissements de terrain dans un climat futur : les cycles de gel-
dégel hivernaux, le cumul de précipitations liquides, de même que le maximum de précipitations cumulées sur 5 jours
entre avril et septembre. Pour la MRC des Laurentides, il est projeté que les cycles de gel-dégel hivernaux passeront
de 8 à 11 à long terme. Toujours pour la période 2051-2080, les précipitations annuelles sous forme de pluie pourraient
être de 14 % à 19 % plus importantes qu'aujourd'hui. Une tendance à la hausse est également anticipée dans les
prochaines décennies pour le cumul maximal de précipitations sur 5 jours entre avril et septembre (CCSC, 2021).
Probabilité d'occurrence actuelle :
Basse
-----
Probabilité d'occurrence future :
Modérée
-----
INONDATIONS RIVERAINES
Les inondations dans le sud du Québec sont souvent dues à une multitude de facteurs qui se produisent simultanément :
fonte d'un épais couvert de neige dans les milieux montagneux à la tête des bassins versants, importantes quantités de
précipitations printanières, épisodes ponctuels de précipitations extrêmes et présence d'un sol gelé et saturé en eau.
Les épisodes d'inondations observés dans les Laurentides entre 1986 et 2020, dont au moins 117 ont été enregistrés
sur le territoire de la MRC des Laurentides (Données Québec, 2021), ont eu lieu principalement entre les mois d'avril
et septembre ; ces événements, liés à la fonte de neige et aux fortes pluies d'été, correspondent à 95 % de toutes les
inondations dans la région. De plus, parmi ces épisodes, la plupart ont eu lieu durant les mois d'avril et mai, ce qui
représente environ 87 % du total des cas observés. Durant les mois de printemps et d'été, les données de précipitations
historiques ont montré que les valeurs maximales cumulées sur 5 jours sont à la hausse depuis 1981, indiquant une
intensification des événements de pluies printanières et estivales. En ce qui concerne les débits journaliers maximaux
annuels des rivières présentes sur le territoire de la MRC des Laurentides, une tendance à la hausse a été observée en
été, alors qu'une relative stabilité, voire une baisse des débits, est observée au printemps en raison de la concurrence
de l'augmentation des précipitations et d'une diminution du couvert de neige à la fin de l'hiver.
L'évolution de l'occurrence des inondations causées par des eaux libres dépend de plusieurs facteurs dont les
tendances évoluent à l'opposé. En ce qui concerne les valeurs cumulées de précipitations, les projections pour
l'horizon à long terme présentent une tendance à la baisse du cumul de précipitations solides. En revanche, les
projections montrent une augmentation des précipitations totales printanières vers la fin du siècle. Ces changements
laissent présager que le cumul de précipitations liquides sera plus important durant la saison de fonte du manteau
neigeux, ce qui est assez fidèle à ce qui a été vécu sur le territoire au cours des dernières années. Malgré l'augmentation
des précipitations printanières, les projections indiquent une légère réduction des débits journaliers maximaux durant
cette saison (entre -1 % et -6 %). Au contraire, une hausse de +3 % à +15 % est projetée durant l'été et l'automne pour
les rivières de la région (MDDELCC, 2022).
Probabilité d'occurrence actuelle :
Haute
-----
Probabilité d'occurrence future :
Très haute
-----
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 28
SÉCHERESSES ET FEUX DE FORÊT
Les conditions favorables au développement des sécheresses sont étroitement liées aux températures extrêmes et à un
manque de précipitations sur une période prolongée. Les projections pour les prochaines décennies montrent non
seulement une réduction des précipitations en été, mais aussi une augmentation exponentielle du nombre de jours très
chauds (température maximale > 30 °C). Sur le territoire de la MRC des Laurentides, ce nombre pourrait passer en
moyenne de 5 à 30 jours d'ici 2080 (CCSC, 2021). Bien qu'aucune tendance significative n'ait été observée pour la
longueur maximale des périodes sèches, l'intensification des événements de chaleur extrême pourrait contribuer à
aggraver les épisodes de sécheresses.
En matière de sécheresse, les projections suggèrent également une augmentation du déficit hydrique favorisant la
création de conditions propices aux feux de forêt. Plus de 350 feux de forêt ont été répertoriés au courant des
20 dernières années sur le territoire de la MRC (Journal Le Nord, 2021). Avec l'intensification des périodes de
sécheresse, il est également possible que les cas de feux de forêt soient plus récurrents. Une grande partie de ces cas
sont provoqués par la foudre, qui est considérée comme un élément déclencheur des incendies forestiers. En climat
futur, l'occurrence de la foudre sera plus fréquente dans la région des Laurentides, puisqu'il est projeté qu'il y aura
une augmentation de 12 % du nombre annuel d'impacts de foudre pour chaque degré de plus que gagnera la
température annuelle moyenne (Romps et al., 2014). Cet accroissement de la fréquence de la foudre et donc des
épisodes de feux de forêt pourrait être particulièrement dommageable pour la MRC des Laurentides, dont la forêt
occupe 82 % du territoire (Carte écoforestière, 2019). Cette forêt est constituée à 54 % par des peuplements feuillus,
à 35 % par des peuplements mélangés et à 11 % par des peuplements résineux.
Probabilité d'occurrence actuelle :
Modérée
-----
Probabilité d'occurrence future :
Haute
-----
VENTS VIOLENTS ET TEMPÊTES AVEC ACTIVITÉ ORAGEUSE
Le vent affecte le degré de confort des êtres vivants en été et d'inconfort en hiver. Il transporte des pollens, des insectes
et des polluants, en plus de causer de la poudrerie en hiver. Le vent est une source d'énergie, mais aussi de destruction.
Les vents forts peuvent détruire ou endommager les bâtiments et les infrastructures, renverser les arbres, créer des
vagues qui produisent de l'érosion et aggravent des inondations, en plus d'augmenter les risques dans le secteur des
transports.
Entre 1988 et 2019, 44 événements de vents violents ont été répertoriés dans la région des Laurentides, dont 11 sur le
territoire de la MRC des Laurentides (Données Québec, 2021). Les modélisations récentes de l'évolution du régime
des vents pour le Canada prévoient une augmentation de 250 % d'ici 2080 de l'occurrence de vents avec une vitesse
horaire supérieure à 90 km/h au Québec. Ces mêmes modélisations prévoient également une augmentation d'environ
27 % de la fréquence des rafales supérieures à 90 km/h, ce qui permet de supposer qu'il y aura une tendance à la
hausse pour les épisodes de vents violents (Cheng et al., 2014).
Plusieurs des grandes trajectoires de cyclones traversant l'Amérique du Nord affectent le Québec, amenant des cellules
convectives orageuses qui provoquent des tempêtes accompagnées de vents violents et de foudre. Des projections
régionales montrent qu'il pourrait y avoir une intensification des cyclones qui remontent à l'intérieur des terres le long
de la côte est américaine jusqu'au sud du Québec et des provinces atlantiques pendant la première moitié du 21e siècle,
suivie d'une diminution dans la seconde moitié (Colle et al., 2013). Tel que déjà présenté, le nombre d'impacts de
foudre semble évoluer en fonction de l'augmentation de la température moyenne, laissant présager une hausse des
tempêtes avec activité orageuse.
Probabilité d'occurrence actuelle :
Haute
-----
Probabilité d'occurrence future :
Très haute
-----
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 29
À RETENIR
─
La hausse de la température annuelle moyenne, qui pourrait se situer entre +2.8 °C et
+5,6 °C d'ici 2080, est à l'origine de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité de la
plupart des aléas climatiques ayant des impacts sur le territoire de la MRC des Laurentides.
Le nombre de jours très chauds, où la température dépasse les 30 °C, pourrait grimper
jusqu'à 47 par année, comparativement à la moyenne historique de 5. En hiver, les cycles
de gel-dégel pourraient être jusqu'à deux fois plus nombreux qu'actuellement.
─
Pour la MRC des Laurentides, il est projeté que les précipitations hivernales seront de
+11 % à +18 % plus importantes d'ici 2080. Cependant, les précipitations sous forme de
neige pourraient diminuer de jusqu'à -25 %, indiquant que les épisodes de pluie sur neige
seraient plus nombreux dans le futur. Les précipitations extrêmes seront également plus
intenses, avec un cumul maximal sur un jour jusqu'à 50 % plus important.
─
Le nombre de jours avec des vents violents est prévu d'augmenter significativement dans
le futur, ce qui, combiné à la hausse des températures et des précipitations, pourrait mener
à une plus grande fréquence des tempêtes avec activité orageuse.
─
Tous les aléas climatiques qui ont été retenus présentent une probabilité d'occurrence future
supérieure à leur probabilité d'occurrence actuelle. Les glissements de terrain, les
sécheresses et les feux de forêt de même que les vents violents et les tempêtes avec activité
orageuse sont les aléas climatiques qui présentent une très haute probabilité d'occurrence
future, suivis par les conditions hivernales changeantes et les inondations riveraines
(probabilité d'occurrence future élevée), puis par l'augmentation générale des températures
et les précipitations extrêmes (probabilité d'occurrence future modérée).
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 30
4
IMPACTS DES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES
Le climat changeant génère déjà des impacts qui se font sentir sur le territoire de la MRC des Laurentides. Ces impacts
peuvent entraîner des conséquences de nature diverse et de différents degrés de sévérité tant sur le milieu humain que
sur l'environnement et l'économie. Pour les communautés, les impacts des changements climatiques peuvent mener
à une perte de la qualité de vie et représenter une menace pour la santé et la sécurité des personnes. Des modifications
à la qualité de l'air, de l'eau et des sols représentent le principal défi pour la protection des écosystèmes et de
l'environnement. Quant à l'économie, les changements climatiques engendrent des répercussions sur plusieurs
secteurs tels que le tourisme, l'agriculture et l'industrie forestière, sans oublier qu'ils provoquent des dommages aux
infrastructures et peuvent porter atteinte à l'intégrité de celles-ci. L'évolution anticipée du climat de la MRC des
Laurentides viendra exacerber ces impacts et pourrait mener à l'apparition de nouveaux impacts.
IMPACTS ACTUELS
Les vagues de chaleur ou même les jours très chauds peuvent avoir des impacts négatifs significatifs sur la santé de la
population, notamment des coups de chaleur, des troubles cardiovasculaires et même des décès (Hajat et al., 2007).
Durant l'occurrence d'une vague de chaleur, il est également possible d'observer une augmentation du nombre
d'hospitalisations, des transports ambulanciers et des admissions à l'urgence. Le Québec a connu des conséquences
sanitaires majeures en lien avec des vagues de chaleur en 2010 et en 2018 particulièrement. La période estivale de
2018 était d'ailleurs la plus chaude enregistrée en 146 ans dans le sud du Québec. Conséquence liée directement à ces
vagues de chaleur, la province du Québec a enregistré 291 décès en 2010, 86 en 2018 et 149 en 2020 (Lebel et al.,
2019 ; Poitras et al., s.d. ; Bustinza et Dubé, 2021).
En lien direct avec l'augmentation des températures, une redistribution des besoins en énergie pour le chauffage et la
climatisation est déjà en cours, menant à davantage de sollicitations des unités de climatisation. En parallèle, la saison
de croissance des végétaux tend à s'allonger durant les dernières décennies.
Les enjeux liés à l'eau sont également particulièrement importants sur le territoire. L'approvisionnement en eau
potable ainsi que la protection des eaux souterraines et des eaux de surface sont des enjeux face aux changements
climatiques. Des enjeux d'approvisionnement apparaissent depuis quelques années sur le territoire, notamment en
2020, une année particulièrement chaude et sèche. La municipalité de Val-Morin a dû intervenir pour limiter l'usage
de l'eau auprès de ses citoyens.
De plus, plusieurs secteurs subissent année après année les conséquences des inondations. D'ailleurs, des zones
d'inondation sont identifiées sur plusieurs rivières : du Nord, du Diable, Rouge, Le Boulé, Maskinongé, Doncaster et
Noire. En 2023, les municipalités de La Conception, de Brébeuf, de Mont-Tremblant, de Sainte-Agathe-des-Monts,
de Val-David et de Val-Morin ont été touchées. Les inondations de 2017 et 2019 sont celles qui ont eu le plus d'impact
sur le territoire dans les dernières années. En 2019, Amherst, La Conception, Montcalm, Mont-Tremblant, Val-Morin,
Arundel, Brébeuf, Huberdeau, Sainte-Agathe-des-Monts et Val-David étaient éligibles au Programme général
d'indemnisation et d'aide financière lors de sinistres.
La tendance à long terme pourrait mener à une diminution de l'intensité des crues printanières, mais une augmentation
des pluies diluviennes en été ayant le potentiel de générer des dommages sur le territoire. C'est notamment ce qui s'est
passé en juin 2021 alors que plusieurs secteurs ont été touchés par une crue éclair, provoquant glissements de terrain,
dommages aux infrastructures et ruptures de barrages de castors.
Les vents violents et les tempêtes avec activité orageuse ont également eu d'importantes conséquences sur le territoire
de la MRC. En mai 2022 un derecho a frappé le Québec et l'Ontario. Cette ligne d'orage violent, se déplaçant à des
vitesses records, a été la sixième catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire du pays. Le Bureau de l'assurance
du Canada (BAC) a estimé le coût des dommages au Québec à 155 millions de dollars. Dans la MRC, cet événement
avait causé des pannes de courant pour plus de 80 % de la population sur le territoire, des dommages substantiels à la
canopée et des impacts subséquents sur le réseau de distribution et les infrastructures. Le fardeau additionnel pour les
municipalités se chiffrait au-delà du million de dollars.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 31
IMPACTS POTENTIELS
Le portrait général de la MRC des Laurentides, combiné à l'analyse des tendances climatiques récentes et futures, a
permis d'identifier plus d'une centaine d'impacts potentiels des changements climatiques sur l'une ou l'autre des huit
dimensions d'intérêt du PACC (Tableau 4).
Tableau 4
Répartition des impacts des changements climatiques par dimension d'intérêt
Dimension
Nombre d'impacts
Aménagement du territoire
8
Organisation régionale
10
Population
22
Cadre bâti et infrastructures publiques essentielles
24
Développement et activités économiques
11
Activités récréotouristiques
5
Écosystèmes naturels et environnement
13
Ressources naturelles
19
Total
112
Ces impacts, qui sont énumérés aux sections suivantes, ont été caractérisés en vue de l'appréciation des risques qu'ils
représentent sur le territoire de la MRC.
PROCESSUS D'ANALYSE DU RISQUE
L'évaluation du risque constitue une composante clé du développement d'un PACC. Elle permet de mettre en lumière
les secteurs, les infrastructures, les activités et les populations les plus susceptibles d'être affectés par la transformation
du climat, en déterminant à quel degré ils sont vulnérables aux aléas climatiques, de même que leur capacité
intrinsèque à s'adapter aux nouvelles conditions climatiques et à faire face aux effets négatifs engendrés. En combinant
ces deux dimensions avec l'évolution anticipée de la probabilité d'occurrence des aléas ainsi que la sévérité des
conséquences des impacts attendus, il est possible de faire ressortir les composantes pour lesquelles il serait important
de mettre en place des mesures d'adaptation rapidement afin de réduire le risque (Figure 4).
Figure 4
Exemple d'application de la méthodologie d'appréciation du risque - Augmentation de la
morbidité et de la mortalité chez les personnes vulnérables aux vagues de chaleur
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 32
Pour le PACC de la MRC des Laurentides, une échelle à cinq niveaux de risque a été utilisée (Tableau 5).
Tableau 5
Échelle des niveaux de risque
-
Risque négligeable
Des conséquences négligeables sont à prévoir.
-
Risque faible
L'intégrité des services et infrastructures n'est pas menacée et des coûts ou actions
supplémentaires sont peu probables.
-
Risque modéré
Risque ne remettant pas en question l'intégrité des services et des infrastructures, mais des
coûts supplémentaires et des actions pourraient être nécessaires pour remédier à la
situation.
-
Risque élevé
Des actions de plus grande ampleur pourraient devoir être entreprises pour remédier à la
situation. Cela pourrait, dans certains cas, affecter l'intégrité des services et des
infrastructures ; des impacts significatifs sur les milieux naturel et humain sont à prévoir.
-
Risque extrême
L'intégrité des services et des infrastructures peut être remise en question. Cela s'applique
également aux événements où le risque pour la protection de l'environnement est grand et
qui pourraient avoir des impacts à long terme sur les milieux naturel et humain.
La section suivante présente le profil de risque de la MRC et ce, tant en climat actuel qu'en climat futur.
PROFIL DE RISQUE
Actuellement, 76 des 112 impacts potentiels analysés présentent un risque modéré, élevé ou extrême, soit environ
68 %. À l'avenir, cette proportion passera à environ 82 % (92 impacts). Bien que le cadre bâti et les infrastructures
publiques essentielles de même que la population soient les dimensions qui subiront le plus d'impacts en nombre
absolu, les ressources naturelles ainsi que le développement économique et les activités qui y sont associées sont les
dimensions qui présentent le plus haut pourcentage de risques modérés ou plus élevés dans le futur (Figure 5).
Figure 5
Répartition des impacts potentiels par dimension selon leur niveau de risque présent et
futur
L'évaluation complète du profil de risque découlant des 112 impacts peut être consultée dans le rapport du Volet 1.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 33
AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
L'accroissement des zones à risque, notamment en raison des glissements de terrain et des inondations, est le principal
facteur de vulnérabilité pour l'aménagement du territoire de la MRC des Laurentides. La capacité d'adaptation passe
en partie par une meilleure compréhension, cartographie et gestion des zones à risque via le schéma d'aménagement
et de développement de la MRC.
Au-delà du potentiel restrictif sur les nouveaux développements, différents aléas climatiques majeurs peuvent détruire
ou rendre autrement inaccessibles les infrastructures de transport et ainsi complètement isoler certains quartiers ou
secteurs. En raison de la vastitude de son territoire, la MRC des Laurentides est particulièrement sujette à l'isolement
de certains secteurs. Des cas particuliers d'isolement de certaines personnes à la suite d'épisodes de vents violents et
de précipitations extrêmes ont d'ailleurs été répertoriés sur le territoire. Mentionnons à cet effet qu'en 2021, plusieurs
affaissements de route ont affecté le territoire dans les secteurs de Labelle, Mont-Blanc et Mont-Tremblant, dont
certains ont isolé des résidences à la suite de pluies diluviennes dans le secteur. Ces événements témoignent que cet
impact est déjà un enjeu important sur le territoire et qu'il devrait être adressé prioritairement.
Pour plusieurs des impacts potentiels sur l'aménagement du territoire, l'évolution des conditions climatiques mènera
inévitablement à des conséquences fiscales, financières ou économiques à court ou moyen terme qui pourraient
s'avérer importantes pour la MRC, ses municipalités constituantes et les citoyens. En plus des impacts sur la
population (coûts de santé, traumatismes, conséquences psychologiques) les coûts économiques de ce genre
d'événements peuvent être très importants, tant pour les résidents isolés qui peuvent subir des dommages à leurs biens
qu'au niveau de la perturbation de l'activité économique dans la région. Ceci sans compter les coûts de nettoyage et
de services d'intervention d'urgence assumés par les municipalités locales dans un contexte de ressources financières
et humaines limitées, bien qu'une partie des coûts peut ensuite être récupérée auprès des autres paliers de
gouvernement par le biais de certaines mesures d'indemnisation.
À terme, ces événements pourraient aussi entraîner des conséquences sur les interactions entre les humains et la nature
et, par conséquent, sur la perception et donc l'évaluation de la valeur des attraits naturels, particulièrement dans les
zones à risque. En d'autres termes, dans certains secteurs, ce qui pouvait être un atout important pour une propriété
(bord de l'eau, terrain isolé, etc.) et qui en augmentait la valeur pourrait s'avérer un point négatif lors d'une éventuelle
transaction en raison de l'augmentation du risque direct sur le terrain et le bâtiment, des perturbations de l'habitat
naturel et de l'incapacité d'assurer la propriété.
La MRC des Laurentides affiche un profil de risque qui se dégrade sur la dimension aménagement du territoire. Trois
impacts affichent un niveau de risque élevé ou extrême.
Tableau 6
Impacts potentiels des changements climatiques sur l'aménagement du territoire
Impact
Aléa(s) climatique(s)
responsable(s)
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Dégradation accélérée et maladaptation des
aménagements paysagers
Augmentation générale des températures
Sécheresses et feux de forêt
Précipitations extrêmes
Faible
Modéré
Augmentation des coûts d'entretien de la
végétation urbaine
Augmentation générale des températures
Conditions hivernales changeantes
Vents violents et activité orageuse
Faible
Faible
Accélération de l'ajustement morphologique des
cours d'eau
Précipitations extrêmes
Modéré
Modéré
Augmentation du ruissellement accompagnée par
la minéralisation grandissante des surfaces
Précipitations extrêmes
Élevé
Élevé
Perte de territoire en lien avec les glissements de
terrain
Glissements de terrain
Faible
Modéré
Perte de territoire pour les nouveaux espaces de
liberté des cours d'eau
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Augmentation des dommages aux aménagements
publics liée aux inondations
Inondations riveraines
Faible
Faible
Isolement de certaines régions en lien à
l'occurrence d'aléas climatiques majeurs
Tous aléas confondus
Élevé
Extrême
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 34
ORGANISATION RÉGIONALE
Considérant le rôle que joue la MRC en sécurité civile, l'augmentation des événements climatiques extrêmes
sollicitera davantage d'interventions de la part des premiers répondants. Avec l'augmentation de la fréquence et de
l'intensité des événements extrêmes sur le territoire de la MRC des Laurentides, il est inévitable que les intervenants
de première ligne soient appelés à répondre à des situations qui dépassent leur champ d'expertise, ce qui pourrait
mener à l'absence d'actions rapides et à une augmentation des interventions du personnel en mesure de les soutenir
(ex. : génie, travaux publics, entrepreneurs en construction, intervenants en santé, etc.). Plus largement, considérant
que les champs de compétences de la MRC et de ses municipalités constituantes concernent plusieurs éléments qui
seront impactés par les changements climatiques (dont la sécurité civile, l'aménagement du territoire et la gestion des
milieux naturels), il est attendu que la transformation du climat aura comme conséquence une augmentation des
besoins en ressources humaines et financières.
Dans le contexte financier et fiscal particulier des municipalités et des MRC au Québec, la capacité de ces entités à
recueillir les fonds nécessaires pour faire face à cette crise est relativement limitée. Il importe donc d'établir une
planification budgétaire rigoureuse tenant compte des multiples incertitudes liées à l'évolution du climat. Bien que la
prévision budgétaire puisse être facilitée par les mécanismes proposés lors de l'élaboration du PACC, les
budgets additionnels requis seront substantiels. La vulnérabilité de la MRC des Laurentides est également fonction
des caractéristiques spécifiques de son organisation régionale, dont les ressources disponibles pour répondre à
l'augmentation des coûts et de la mobilisation des ressources.
Au niveau social, la transformation des conditions climatiques aura un impact sur les ressources humaines qui œuvrent
sur le territoire. Par exemple, les impacts des épisodes de chaleur extrême sur la santé et la perte de productivité des
travailleurs accroîtront notamment les délais des chantiers et augmenteront leurs coûts de réalisation, en plus
d'augmenter le stress thermique sur les travailleurs et potentiellement mener à des coups de chaleur, de la
déshydratation, des hospitalisations et autres enjeux de santé. Sans ignorer le risque de sécheresse, de pénurie d'eau,
de difficultés à combattre les feux, de mauvaise qualité de l'air, de perte de récoltes et les conséquences pour la
sécurité alimentaire, la nutrition et la santé tant physique que psychologique. Parallèlement, lors des épisodes
climatiques aigus, les complications et l'augmentation des interventions de sécurité civile pourraient mener à un
surmenage des équipes d'intervention, pouvant mettre en danger la population et accroître les dommages matériels.
Plus spécifiquement, la MRC des Laurentides présente trois impacts avec un niveau de risque élevé en climat futur,
en augmentation d'un risque de plus par rapport au climat actuel. L'augmentation de la demande en mobilisation des
employés municipaux et des MRC pour offrir des services supplémentaires en cas de canicule passe d'un niveau de
risque modéré à élevé. Les deux autres impacts à niveau de risque élevé sont liés à l'augmentation des ressources
financières et humaines pour la gestion d'événements climatiques extrêmes et pour l'adaptation.
Tableau 7
Impacts potentiels des changements climatiques sur l'organisation régionale
Impact
Aléa(s) climatique(s)
responsable(s)
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Perturbation des périodes de travaux extérieurs et
des échéanciers prévus en période estivale
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Perturbation des périodes de travaux extérieurs et
des échéanciers prévus en période hivernale
Augmentation générale des
températures
Faible
Faible
Augmentation de la demande en mobilisation des
employés municipaux et des MRC pour offrir
des services supplémentaires en cas de canicule
Augmentation générale des
températures
Sécheresses et feux de forêt
Modéré
Élevé
Augmentation de la consommation d'eau potable
et diminution de la quantité d'eau brute qui
limite la capacité des services incendie
Augmentation générale des
températures
Conditions hivernales changeantes
Inondations riveraines
Modéré
Modéré
Complication et augmentation des interventions
de sécurité civile
Conditions hivernales changeantes
Faible
Faible
Augmentation généralisée des besoins en
personnel et en harmonisation des mesures de
planification et d'intervention entre les
différentes entités
Tous aléas confondus
Faible
Faible
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 35
Impact
Aléa(s) climatique(s)
responsable(s)
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Augmentation de la mobilisation des
intervenants en sécurité civile et autres parties
prenantes les soutenant pour intervenir au-delà
de leur domaine d'expertise
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
Coûts additionnels liés à la mise en place de
mesures d'adaptation
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
Augmentation des délais de réponse des services
aux citoyens
Tous aléas confondus
Faible
Faible
Augmentation des réclamations et recours
judiciaires contre les différents paliers de
gouvernement
Tous aléas confondus
Modéré
Modéré
POPULATION
Il y a essentiellement trois types d'impacts causant une vulnérabilité haute pour la population de la MRC des
Laurentides. Le premier comprend les atteintes à l'intégrité physique et psychologique des individus exposés à certains
aléas climatiques. L'augmentation des blessures corporelles potentielles liées aux conditions hivernales changeantes,
de même qu'aux glissements de terrain est un enjeu important sur le territoire. Il en va de même pour les inondations,
qui en plus d'avoir le potentiel de générer des blessures physiques, voire des décès dans certains cas, peuvent
engendrer des impacts majeurs sur la santé mentale des populations affectées. Et pour la chaleur extrême, alors que
les citoyens les plus vulnérables risquent de se retrouver davantage à l'urgence, de séjourner à l'hôpital ou de décéder
lors de canicules.
Le second type d'impacts comprend les atteintes à l'intégrité des résidences et bâtiments privés, plus particulièrement
lorsqu'il s'agit de l'augmentation des dégâts d'eau aux propriétés privées se trouvant en zones inondables ainsi que
de la nécessité grandissante de relocaliser certaines propriétés privées situées dans des zones à risque. Sur le territoire
de la MRC des Laurentides, le nombre de résidences situées l'intérieur ou à proximité (< 50 m) de zones à haut ou
très haut niveau d'exposition aux inondations riveraines est de 3 920. Mentionnons également la plus grande fréquence
des pannes d'électricité prolongées provoquées par les conditions hivernales changeantes de même qu'en raison des
vents violents. La MRC des Laurentides est hautement sensible à ces impacts, en raison de l'importance de son couvert
forestier et d'un réseau de distribution électrique particulièrement étendu. Le derecho (ligne de grain orageuse
particulièrement intense) de mai 2022 en a été une preuve éloquente.
Le troisième type d'impacts concerne l'accroissement des inégalités sociales entre les différents groupes de
populations. Certaines personnes ont un risque plus élevé d'exposition à plusieurs aléas, une plus grande vulnérabilité
et une capacité moindre à faire face aux changements climatiques. Par exemple, des personnes âgées qui peuvent vivre
des problèmes de santé ou des incapacités peuvent constituer un groupe plus vulnérable, et ce, pour plusieurs aléas
climatiques. La MRC des Laurentides abrite une population particulièrement âgée, l'âge médian étant supérieur de
presque 10 ans par rapport à la médiane québécoise et à celle de la grande région des Laurentides. Les personnes
âgées, surtout si elles vivent seules, sont plus à risque de subir les impacts des changements climatiques et sont
potentiellement moins à même d'adapter leur domicile, leurs activités aux conditions et leurs habitudes de vie aux
conditions changeantes.
Les conséquences des impacts des changements climatiques touchant la santé de la population sont évidemment
sociales, mais concernent de multiples facettes. Les conséquences directes sur la santé physique des populations
peuvent être très graves, particulièrement lorsqu'il est question de l'augmentation de la morbidité et de la mortalité
liées aux changements climatiques. L'effet de cascades que peuvent causer les événements climatiques extrêmes peut
également s'avérer très nocif pour la santé psychologique des populations, notamment en raison de leur caractère
traumatique pouvant laisser des séquelles importantes à plus long terme. De plus, puisque les groupes de population
plus vulnérables au niveau socioéconomique s'avèrent souvent être les plus touchés par la transformation du climat,
l'impact différencié entre les différents groupes de la population pourrait mener à un effritement de la cohésion sociale
et à une possible agitation sociale pouvant affecter de façon plus ou moins significative le fonctionnement normal des
communautés.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 36
Tableau 8
Impacts potentiels des changements climatiques sur la population
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Augmentation de la morbidité et de la mortalité chez les
personnes vulnérables aux vagues de chaleur
Augmentation générale des
températures
Modéré
Élevé
Augmentation des nuisances (poussières et odeurs) à
proximité des parcs industriels et des zones agricoles
Augmentation générale des
températures
Sécheresse et feux de forêt
Faible
Faible
Multiplication des épisodes de smog et mauvaise qualité
de l'air
Augmentation générale des
températures
Sécheresse et feux de forêt
Faible
Faible
Migration des espèces ayant un impact sur la santé de la
population (ex., maladie de Lyme)
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Baisse saisonnière plus marquée de la qualité de l'eau en
lien avec les épisodes de cyanobactéries pouvant affecter
la santé de la population
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Dommages accrus aux propriétés privées en lien au
verglas et à l'accumulation de neige
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Modéré
Augmentation des blessures potentielles liées aux
conditions hivernales changeantes
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Modéré
Pannes d'électricité prolongées plus fréquentes en lien
aux conditions hivernales changeantes
Conditions hivernales
changeantes
Élevé
Élevé
Déplacements compromis lors de conditions routières
dangereuses
Conditions hivernales
changeantes
Modéré
Élevé
Augmentation des refoulements d'égouts et des réseaux
pluviaux, des infiltrations dans les propriétés privées liées
aux précipitations extrêmes et des ruptures de barrages ou
de digues
Précipitations extrêmes
Modéré
Modéré
Dégradation de la qualité de l'eau due au ruissellement
(ex., coliformes fécaux) et aux étiages
Précipitations extrêmes
Sécheresses et feux de forêt
Élevé
Élevé
Dommages structurels sur les propriétés privées
Glissements de terrain
Modéré
Modéré
Blessures potentielles liées aux glissements de terrain
Glissements de terrain
Élevé
Élevé
Augmentation des entraves à la circulation des personnes
Glissements de terrain
Modéré
Élevé
Augmentation des impacts liés aux inondations sur la
santé et la sécurité des personnes
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Augmentation des dégâts d'eau aux propriétés privées se
trouvant en zone inondable
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Nécessité grandissante de relocaliser certaines propriétés
privées
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Restrictions d'usage de l'eau potable pour usage privé
Sécheresses et feux de forêt
Faible
Faible
Blessures potentielles liées aux tempêtes
Vents violents et activité orageuse
Élevé
Élevé
Pannes d'électricité prolongées plus fréquentes en lien
avec les vents violents
Vents violents et activité orageuse
Élevé
Élevé
Inégalité grandissante de moyens entre les différents
groupes de population pour faire face aux changements
climatiques
Tous aléas confondus
Élevé
Extrême
Augmentation des cas de détresse psychologique
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 37
CADRE BÂTI ET INFRASTRUCTURES PUBLIQUES ESSENTIELLES
Les caractéristiques particulières du territoire de la MRC des Laurentides représentent le principal facteur de
vulnérabilité pour le cadre bâti et les infrastructures publiques essentielles. Ce territoire, vaste et comportant une faible
densité de population, compte un réseau important d'infrastructures routières, de même qu'un réseau de distribution
électrique tout aussi étendu. Les changements climatiques mèneront inévitablement à une dégradation accélérée de
ces infrastructures, qui sont particulièrement sensibles aux épisodes de chaleur extrême, aux inondations, aux
conditions hivernales changeantes et aux vents violents.
De même, les inondations riveraines génèrent des impacts évidents sur le territoire, qui est à la fois sensible à ce
phénomène et relativement peu équipé pour s'y adapter, du moins à l'intérieur des leviers réglementaires mis à la
disposition de la MRC. Les inondations des infrastructures publiques dans les milieux plats, bâtis et non cartographiés
à proximité des milieux humides pourraient causer des enjeux de continuité de services publics sur le territoire.
Les principales conséquences associées aux impacts des changements climatiques sur le cadre bâti et les infrastructures
publiques essentielles concernent la gestion de l'eau potable, des routes, du réseau électrique et des bâtiments publics
et privés. La sévérité des conséquences est essentiellement liée au facteur économique, puisque l'on s'attend à une
augmentation générale des dommages et des coûts d'exploitation et d'entretien. Aux conséquences directes sur
l'économie s'ajoutent des effets sur la santé et la vitalité économiques de la région, alors que plusieurs événements
climatiques extrêmes peuvent générer des fermetures d'usines et de commerces, impactant ainsi l'économie locale
pendant plusieurs jours, voire quelques semaines.
À ces conséquences économiques s'ajoutent des conséquences d'ordre social liées à certains des impacts potentiels
analysés. À titre d'exemple, les impacts des changements climatiques entraînant une modification à l'accès à une eau
potable de qualité et en quantité suffisante entraîneraient des conséquences principalement liées à l'augmentation des
coûts d'exploitation et à ceux associés aux nouvelles infrastructures requises pour répondre à la demande. D'autres
conséquences sont également à prévoir sur la santé des populations (ex. gastro-entérites, déshydratation), de même
que sur des enjeux liés à la sécurité incendie.
En matière d'évolution du profil de risque, le cadre bâti et les infrastructures de la MRC des Laurentides voient le
nombre d'impacts à risque élevé ou extrême augmenter, avec quatre impacts qui s'ajoutent, entre le climat actuel et
futur. Trois de ces quatre impacts sont liés à la détérioration des conditions hivernales qui causeront des dommages
accrus aux bâtiments et aux infrastructures linéaires de même que des pannes d'électricité prolongées plus fréquentes.
La sensibilité de la MRC face à la dégradation des infrastructures linéaires s'explique notamment par son réseau
routier relativement important (1304 km) et une population (et donc un usage) en croissance de 15 % entre 2021 et
2041. Des scénarios plus extrêmes peuvent aussi être projetés : on pourrait avoir à faire face aux oscillations de
températures avec redoux et gels, qui peuvent amener la formation de frasil et causer des inondations. Le verglas peut
tomber de façon extensive et ensuite une période de froid intense peut survenir. On pourra alors avoir d'importantes
pannes électriques et des difficultés à circuler. Avec le froid, les inondations, l'absence de possibilités de se chauffer,
on pourrait avoir un nombre considérable d'habitations humides en détérioration, avec refoulements d'égouts, des
gens exposés aux moisissures, au monoxyde de carbone, à des traumatismes, infections, de l'hypothermie, etc. Les
dépôts à sel peuvent être compromis, les usines d'épuration contraintes de rejeter les effluents au cours d'eau, la
contamination de ces derniers, etc.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 38
Tableau 9
Impacts potentiels des changements climatiques sur le cadre bâti et les infrastructures
publiques essentielles
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Redistribution des besoins en climatisation, chauffage et
ventilation des bâtiments publics et privés
Augmentation générale des
températures
Faible
Faible
Augmentation de la demande de production d'eau
potable
Augmentation générale des
températures
Faible
Faible
Dégradation accélérée des infrastructures routières
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Dommages accrus aux bâtiments en lien au verglas et à
l'accumulation de neige
Conditions hivernales
changeantes
Modéré
Élevé
Pannes d'électricité prolongées plus fréquentes en lien
aux conditions hivernales changeantes
Conditions hivernales
changeantes
Modéré
Élevé
Augmentation des refoulements d'égouts, des surverses
et des infiltrations dans les infrastructures liées à une
fonte éclair du manteau neigeux
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Faible
Changements des conditions propices à la génération de
frasil pouvant causer l'obstruction des prises d'eau de
surface
Conditions hivernales
changeantes
Modéré
Modéré
Augmentation de la quantité de fondants et d'abrasifs et
changement des équipements et techniques utilisées
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Modéré
Augmentation des dommages liés à la variabilité accrue
des températures sur la dégradation des infrastructures
linéaires (aqueduc, égout, gazoduc, oléoduc)
Conditions hivernales
changeantes
Modéré
Élevé
Dégradation accélérée des routes et des ponceaux due
aux cycles de gel-dégel
Conditions hivernales
changeantes
Élevé
Élevé
Fermeture des liens routiers plus fréquents en lien avec
les conditions hivernales changeantes
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Modéré
Obstruction des puisards et des grilles par la glace
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Faible
Augmentation des refoulements d'égout et des réseaux
pluviaux et infiltrations dans les infrastructures liée aux
précipitations extrêmes
Précipitations extrêmes
Modéré
Modéré
Augmentation du nombre de bris de ponceaux
Précipitations extrêmes/
inondations
Faible
Modéré
Augmentation des coûts de traitement de l'eau potable
en cas de dégradation de sa qualité
Précipitations extrêmes
Sécheresses et feux de forêt
Modéré
Modéré
Dommages structurels majeurs sur les infrastructures
essentielles
Glissements de terrain
Modéré
Modéré
Fermeture des liens routiers et des pistes cyclables en
zone inondable
Inondations riveraines
Modéré
Élevé
Inondation des infrastructures publiques dans les milieux
plats, bâtis et non cartographiés à proximité des milieux
humides sans bande riveraine
Inondations riveraines
Faible
Faible
Manque d'approvisionnement en eau pour les services
municipaux essentiels
Sécheresses et feux de forêt
Élevé
Élevé
Dégradation des bâtiments et des infrastructures due à la
dessiccation des argiles
Sécheresses et feux de forêt
Faible
Faible
Pannes d'électricité prolongées plus fréquentes en lien
avec les vents violents
Vents violents et activité orageuse
Élevé
Élevé
Endommagement des infrastructures par des débris ou
par la pression du vent
Vents violents et activité orageuse
Élevé
Élevé
Obstruction des puisards municipaux par des feuilles et
des débris
Vents violents et activité orageuse
Faible
Faible
Augmentation des coûts impliqués pour les critères de
conception des nouveaux bâtiments et infrastructures et
pour l'entretien des bâtiments et infrastructures existants
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 39
DÉVELOPPEMENT ET ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
La vulnérabilité aux changements climatiques du développement économique de la MRC des Laurentides et des
activités qui y sont liées découle de la nature du tissu économique présent sur le territoire de la MRC, de même que
de son exposition aux principaux aléas retenus. L'activité économique de la MRC est fortement ancrée dans le secteur
récréotouristique et on estime que les principaux attraits, comme le centre de villégiature du Mont-Tremblant,
supportent une large part de l'économie régionale en attirant des touristes et villégiateurs qui profitent de l'offre de
commerces, restaurants et hébergement. La foresterie joue encore un rôle, quoique moins important, dans l'activité
économique de la région. Elle peut être particulièrement vulnérable aux impacts des changements climatiques. Les
autres entreprises peuvent également être vulnérables face aux autres impacts possibles, dont ceux liés aux
inondations, aux conditions hivernales changeantes ou encore à une pénurie en eau, ainsi qu'à tout autre impact
pouvant avoir un effet sur leurs opérations.
Les effets des changements climatiques pourraient entraîner des conséquences sur la vitalité économique de la MRC
des Laurentides, sur son potentiel d'épanouissement économique et, par le fait même, sur le bien-être des populations
qui habitent son territoire. De nombreux événements climatiques auront pour effet de perturber temporairement ou de
façon permanente les activités économiques sur le territoire. Les perturbations à court terme causées par exemple par
des événements de vents violents, d'inondations ou de feux de forêt, pourraient menacer la continuité des affaires, les
chaînes d'approvisionnement, ainsi que la capacité à tenir des événements dans le secteur récréotouristique. Elles
pourraient mener à des retards dans la livraison des projets, accroître le stress thermique des travailleurs et engendrer
une perte de revenus possiblement importants pour les entreprises. À plus long terme, certaines industries très
dépendantes des ressources naturelles pourraient subir des contrecoups sévères des changements climatiques : pensons
au secteur récréotouristique, très présent dans la MRC des Laurentides, mais également aux secteurs forestier et
agricole, même s'ils sont plus marginaux.
Dans une perspective plus large, la transformation du climat pourrait mener à des dynamiques de développement
différentes et modifiées, perturbant potentiellement les projets de développement prévus, mais qui doivent être remises
en question en raison de l'accroissement des risques climatiques auxquels ils font face. Ces éléments peuvent à la fois
mener à des conséquences négatives à court terme au niveau économique et, à l'inverse, générer des retombées
positives à moyen et long terme sur les interactions entre les systèmes humains et naturels, augmentant les bénéfices
sociaux et environnementaux d'un développement plus respectueux des dynamiques naturelles.
En climat futur, l'ensemble des impacts sont considérés comme des risques élevés ou extrêmes, témoin d'une grande
vulnérabilité, d'une grande exposition et de conséquences potentiellement sévères sur ce territoire.
Tableau 10
Impacts potentiels des changements climatiques sur le développement et les activités
économiques
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Baisse de productivité des travailleurs en extérieur et retard
dans la livraison de certains projets d'envergure
Augmentation générale des
températures
Modéré
Élevé
Pannes d'électricité prolongées plus fréquentes en lien aux
conditions hivernales changeantes
Conditions hivernales
changeantes
Élevé
Élevé
Perte de certains lieux stratégiques pour le développement
Glissements de terrain
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Augmentation des dégâts d'eau dans les infrastructures privées
se trouvant en zone inondable
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Réduction, voire arrêt de certaines activités dans les zones
commerciales et industrielles
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Restrictions d'usage d'eau provenant des infrastructures
municipales pour les entreprises
Sécheresses et feux de forêt
Modéré
Élevé
Pannes d'électricité prolongées plus fréquentes en lien avec les
vents violents
Vents violents et activité
orageuse
Élevé
Élevé
Augmentation des contestations publiques face aux projets de
développement en raison de l'importance de la protection de
l'environnement
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 40
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Transformation du potentiel de développement en lien aux
nouvelles normes en vigueur
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
Perturbation des chaînes d'approvisionnement en lien à des
arrêts de services de certaines infrastructures essentielles
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
Perturbations économiques grandissantes en lien à la forte
dépendance aux ressources naturelles
Tous aléas confondus
Élevé
Élevé
ACTIVITÉS RÉCRÉOTOURISTIQUES
Occupant une place prépondérante dans l'offre touristique et de villégiature au Québec, la MRC des Laurentides attire
les amateurs de plein air, les touristes et les villégiateurs de partout depuis des décennies. Le cœur de l'offre
récréotouristique des Laurentides est centré sur ses attraits naturels, qui ont mené au développement d'une offre
récréotouristique quatre-saisons diversifiée, mais davantage reconnue pour son offre hivernale. La MRC des
Laurentides abrite de nombreuses stations de ski et des attraits récréotouristiques d'envergure qui se verront impactés
par les changements climatiques.
La transformation des conditions hivernales, dont la hausse des températures moyennes, la diminution des
précipitations neigeuses, les événements de pluie sur neige et les redoux hivernaux pourraient mener à un report du
début de la saison des sports d'hiver, à des conditions de pratique de moins en moins optimales ainsi qu'à un
rétrécissement général de la durée de la saison.
Plus largement, l'augmentation des événements météorologiques extrêmes tels que les vents violents, les
précipitations extrêmes, les sécheresses et les feux de forêt menacent les événements culturels et sportifs extérieurs,
qui pourraient être reportés ou annulés en cas de conditions météorologiques défavorables. Les événements récents de
feux de forêt montrent également la sensibilité des festivals et des activités sportives à la qualité de l'air qui peut se
voir lourdement affectée par les feux de forêt même si ceux-ci ne sont pas sur le territoire de la MRC. En 2023, le
Ironman 70.3 de Mont-Tremblant a d'ailleurs été annulé en raison de la piètre qualité de l'air dû aux feux de forêt qui
sévissaient plus au nord.
La MRC des Laurentides est particulièrement sensible à cet impact en raison de la plus forte proportion de ses attraits
touristiques qui sont liés aux activités de nature et plein air. La capacité d'adaptation actuelle demeure basse étant
donné que les événements extérieurs sont implicitement très dépendants de conditions météorologiques favorables et
que leur logistique d'organisation est somme toute complexe. La MRC comporte également de nombreux sentiers
pédestres et de vélo de montagne qui peuvent se détériorer après des événements pluvieux extrêmes ou d'autres
événements climatiques extrêmes (par exemple les vents violents), ce qui demanderait un entretien supplémentaire
selon les changements climatiques anticipés.
La transformation du contexte climatique mènera inévitablement à des conséquences importantes au niveau
économique, dont des pertes de revenus pour les entreprises, les organisations et les municipalités qui structurent
l'offre touristique sur le territoire de la MRC. La transformation radicale des conditions climatiques menace ainsi la
vitalité de ces communautés et la nordicité du territoire. En effet, les coûts d'entretien des infrastructures et des lieux
de pratique de loisirs augmenteront dans les prochaines années. Même en contexte estival, les perturbations causées
par des événements violents peuvent mener à l'augmentation des coûts d'entretien des infrastructures, dont celles du
parc linéaire du P'tit Train du Nord.
La MRC des Laurentides affiche un profil de risque stable sur la dimension des activités récréotouristiques.
L'augmentation des annulations ou reports d'événements culturels et sportifs en extérieur et l'augmentation des coûts
et de la complexité pour l'entretien et l'aménagement des infrastructures de loisirs hivernaux constituent les deux
impacts ayant un niveau de risque élevé tant en climat actuel que futur.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 41
Tableau 11
Impacts potentiels des changements climatiques sur les activités récréotouristiques
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Augmentation des annulations ou reports
d'événements culturels et sportifs en extérieur
Augmentation générale des températures
Conditions hivernales changeantes
Sécheresses et feux de forêt
Élevé
Élevé
Augmentation des coûts et de la complexité pour
l'entretien et l'aménagement des infrastructures de
loisirs hivernaux
Conditions hivernales changeantes
Élevé
Élevé
Dégradation accélérée des sentiers de randonnée
et de vélo de montagne
Précipitations extrêmes
Modéré
Modéré
Dégradation des infrastructures matérielles et
naturelles liées au tourisme
Glissements de terrain
Faible
Faible
Inaccessibilité temporaire des lieux touristiques et
patrimoniaux
Inondations riveraines
Vents violents et activité orageuse
Modéré
Modéré
ÉCOSYSTÈMES NATURELS ET ENVIRONNEMENT
La grande région des Laurentides est reconnue pour la beauté de ses paysages, de son environnement naturel et pour
la richesse de ses écosystèmes. Or, les changements climatiques impacteront inévitablement et de multiples façons les
milieux naturels de la MRC des Laurentides.
Mentionnons que la MRC abrite une biodiversité importante comportant une grande variété d'espèces végétales et
animales. Cependant, cette richesse rend les écosystèmes plus sensibles aux perturbations, car de nombreuses espèces
ont des exigences spécifiques en matière d'habitat et de climat. Les variations de température, telles que les hivers
plus doux ou les étés plus chauds, peuvent perturber les cycles biologiques, les migrations et les interactions entre les
espèces, dont l'émergence d'espèces exotiques envahissantes.
La présence de nombreux lacs, rivières et zones humides dans la MRC des Laurentides confère une importance critique
à l'eau pour les écosystèmes. Les variations dans les précipitations, telles que les sécheresses ou les inondations,
peuvent altérer les habitats aquatiques et affecter la faune et la flore qui en dépendent. Mentionnons également la
modification de la stratification thermique des lacs, l'augmentation du transport de contaminants et de sédiments vers
les cours d'eau et les lacs et l'érosion accélérée des cours d'eau, qui sont trois impacts sur les écosystèmes naturels
affichant une vulnérabilité modérée.
La MRC des Laurentides est caractérisée par une importante couverture forestière. Les écosystèmes forestiers sont
sensibles aux impacts des changements climatiques, tels que l'augmentation des infestations d'insectes ravageurs, les
incendies plus fréquents, les perturbations dans les cycles de régénération des arbres ainsi que les épisodes de chablis
et de volis. Les forêts de conifères se verront impactées également au niveau de la composition des espèces, favorisant
par exemple la migration de certaines espèces vers le nord ou l'arrivée de nouvelles espèces adaptées à des climats
plus chauds. Les écosystèmes de la MRC des Laurentides sont interconnectés, formant un réseau complexe d'habitats
et de corridors écologiques. Les perturbations dans un écosystème peuvent entraîner des répercussions sur les autres,
compromettant la résilience de l'ensemble du système.
Au cœur de cette dimension se trouvent les conséquences sur les services rendus par les écosystèmes. Il est maintenant
reconnu et quantifié que les écosystèmes rendent des services aux populations, services qui ont une valeur sociale et
économique importante. L'atteinte au capital naturel réduira inévitablement les flux de services, et pourrait mener à
une augmentation des maladies, à une réduction du bien-être, à des rendements plus faibles des cultures et à une moins
bonne qualité de l'eau et de l'air, pour ne nommer que ceux-ci. Mentionnons également que la réserve de Doncaster,
qui constitue essentiellement un lieu de chasse, de pêche et de piégeage pour la communauté mohawk subira les
conséquences des changements climatiques, ce qui diminuerait les possibilités d'utiliser et de jouir d'un territoire
naturel intègre où elle peut y pratiquer des activités traditionnelles. Les espèces exotiques envahissantes nuisent aux
populations animales et végétales, qui sont à la base de leurs activités traditionnelles. Mentionnons également
l'augmentation des floraisons de cyanobactéries et la dégradation générale de la qualité de l'eau des lacs, ce qui
affectera négativement les sphères environnementale et sociale à long terme. La baignade, les activités aquatiques
peuvent être compromises; les gens peuvent développer des symptômes au contact de cette eau dégradée : dermatite,
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 42
otite, gastro-entérite, etc. La transformation du milieu forestier en réponse aux feux de forêt, sécheresses et maladies
implique une perte de beauté du paysage pour la population (conséquence sociale) et la perte d'un élément du territoire
qui attire les gens (conséquence économique).
Tableau 12
Impacts potentiels des changements climatiques sur les écosystèmes naturels et
l'environnement
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Migration et prolifération des espèces exotiques
envahissantes
Augmentation générale
des températures
Modéré
Élevé
Déplacement de l'habitat des espèces fauniques et floristiques
et extinction de certaines espèces ne pouvant migrer
Augmentation générale
des températures
Modéré
Élevé
Modification de la stratification thermique des lacs
Augmentation générale
des températures
Élevé
Élevé
Mortalité accrue des espèces fauniques (terrestres et
aquatiques)
Conditions hivernales
changeantes
Élevé
Élevé
Érosion accélérée des cours d'eau
Précipitations extrêmes
Glissements de terrain
Modéré
Modéré
Augmentation du transport de contaminants et de sédiments
vers les cours d'eau et les lacs
Précipitations extrêmes
Élevé
Élevé
Obstruction partielle ou totale des cours d'eau
Glissements de terrain
Faible
Faible
Perte d'écosystèmes et de l'intégrité des bandes riveraines
Glissements de terrain
Faible
Faible
Contamination de l'eau provenant des installations septiques
riveraines
Inondations riveraines
Modéré
Modéré
Manque d'eau pour le maintien du débit écologique dans les
milieux humides et hydriques
Sécheresses et feux de
forêt
Faible
Modéré
Végétalisation des cours d'eau lors des étiages
Sécheresses et feux de
forêt
Faible
Faible
Diminution de l'occurrence de vieilles forêts, des forêts
anciennes et des espèces qui y sont associées
Sécheresses et feux de
forêt
Élevé
Élevé
Augmentation du nombre d'épisodes de chablis et de volis
Vents violents et activité
orageuse
Élevé
Élevé
RESSOURCES NATURELLES
La MRC des Laurentides est vulnérable aux impacts liés aux ressources naturelles, puisque son économie en est en
grande partie dépendante. Rappelons que les secteurs principalement couverts par cette dimension sont le secteur
forestier, le secteur agricole, la chasse et la pêche.
Au niveau du secteur forestier, la migration et prolifération des espèces exotiques envahissantes constitue un impact
générant une grande vulnérabilité sur le territoire, suivie de près par l'appauvrissement de la santé et de la biodiversité
des peuplements forestiers. Cette vulnérabilité élevée découle de la nature même du territoire laurentien, où la forêt y
est omniprésente. La maladie corticale du hêtre et l'agrile du frêne déciment de plus en plus ces espèces dans la MRC
des Laurentides. Quant à la livrée des forêts, elle revient de façon cyclique. Bien qu'il existe des mesures d'adaptation
à ces problématiques, celles-ci sont en général coûteuses en ressources financières et humaines.
Plus largement, les changements climatiques vont influencer la disponibilité et la qualité des ressources forestières.
En plus des ravageurs forestiers, les conditions météorologiques extrêmes telles que des tempêtes plus fréquentes ou
des sécheresses prolongées peuvent endommager les arbres et affecter la productivité des forêts. De plus,
l'augmentation des feux de forêt peut entraîner des pertes importantes de bois d'œuvre. Un autre impact important,
également lié au secteur forestier, est l'augmentation de l'imprévisibilité de la fin de l'hiver et de la durée de période
de dégel, qui a de sérieuses implications pour la planification et le suivi des interventions sylvicoles. Plusieurs
techniques peuvent être mises en place pour mieux prévoir la fin de la période hivernale, mais les coûts associés seront
relativement élevés, ce qui fait que la capacité d'adaptation de la MRC est limitée pour le moment. Certaines mesures
pourraient être considérées, telles que le déplacement de la fenêtre d'intervention vers l'hiver, l'encouragement des
interventions dans les couverts irréguliers (types de récoltes), l'adaptation des interventions dans les pentes (par
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 43
exemple au niveau de la voirie), ou encore la surveillance accrue des conditions météorologiques aux moments clés.
La dégradation accélérée des chemins forestiers est également un impact auquel la MRC des Laurentides affiche une
vulnérabilité élevée.
Le déplacement de l'aire de répartition des espèces chassées et pêchées va inévitablement impacter la pratique des
activités de prélèvement sur le territoire.
Les conséquences vécues sur le territoire de la MRC sont directement liées aux effets des changements climatiques
sur le maintien des conditions propices à l'exploitation des ressources naturelles. Les impacts économiques sont
multiples, mais concernent entre autres les pertes financières pour les entreprises œuvrant dans différents secteurs.
Dans le secteur agricole, plusieurs impacts généreront une potentielle baisse de rendement en raison de l'augmentation
du stress hydrique ou de l'arrivée de ravageurs des cultures. Si les conditions climatiques y sont propices et que les
mesures d'adaptation ne sont pas déployées, il est probable qu'on observe une augmentation significative des pertes
agricoles et une diminution des revenus pour les producteurs. À titre d'exemple, l'augmentation de la morbidité et de
la mortalité animale auront des impacts sur la productivité et donc, des répercussions financières pour les éleveurs.
D'un point de vue plus macroéconomique, ces effets pourraient entraîner des conséquences néfastes sur l'économie
locale, tout en diminuant l'autonomie alimentaire du Québec.
Tableau 13
Impacts potentiels des changements climatiques sur les ressources naturelles
Impact
Aléas
responsables
Niveau
de risque actuel
Niveau
de risque futur
Déplacement de l'aire de répartition des espèces chassées et
pêchées
Augmentation générale des
températures
Modéré
Élevé
Migration et prolifération des espèces exotiques
envahissantes
Augmentation générale des
températures
Élevé
Élevé
Augmentation des incidences de parasites chez les animaux
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Dommages aux cultures dus à une meilleure survie des
ravageurs
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Augmentation du stress thermique et des besoins en eau sur
les animaux d'élevage
Augmentation générale des
températures
Faible
Modéré
Appauvrissement de la santé et de la biodiversité des
peuplements forestiers
Augmentation générale des
températures
Élevé
Élevé
Pertes agricoles liées au débourrement hâtif des cultures (ex.,
petits fruits)
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Faible
Survie plus difficile des plantes pérennes (fourrages et petits
fruits)
Conditions hivernales
changeantes
Modéré
Élevé
Augmentation des problématiques d'humidité et de maladies
pulmonaires pour les animaux lors des périodes de redoux
Conditions hivernales
changeantes
Faible
Modéré
Imprévisibilité de la fin de l'hiver et de la durée de période de
dégel pour la planification et le suivi des interventions
sylvicoles
Conditions hivernales
changeantes
Élevé
Élevé
Augmentation du lessivage des terres agricoles
Précipitations extrêmes
Modéré
Modéré
Dégradation accélérée des chemins forestiers
Précipitations extrêmes
Élevé
Élevé
Perte de superficie cultivable
Glissements de terrain
Faible
Faible
Dépassement de la capacité des barrages
Inondations riveraines
Élevé
Élevé
Retard du début des activités agricoles en cas de crue
printanière
Inondations riveraines
Modéré
Élevé
Baisse du rendement et augmentation de la demande en eau
des terres agricoles
Sécheresses et feux de forêt
Élevé
Élevé
Grands territoires forestiers exposés à davantage de feux de
forêt
Sécheresses et feux de forêt
Extrême
Extrême
Pertes agricoles en hausse liée aux forts vents et aux orages
Vents violents et activité
orageuse
Modéré
Modéré
Augmentation du nombre d'épisodes de chablis et de volis
Vents violents et activité
orageuse
Élevé
Élevé
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 44
CONSÉQUENCES ET COÛTS DE L'INACTION
Les changements climatiques génèrent déjà et généreront dans les prochaines décennies de nombreux coûts monétaires
que les particuliers, les entreprises, les municipalités et les gouvernements devront payer si des mesures d'adaptation
ne sont pas mises en place de façon efficace. Au Canada, le coût des dommages associés aux événements
hydroclimatiques et météorologiques extrêmes a augmenté considérablement depuis les années 1970 et s'est accéléré
depuis 2010. Au courant de la décennie 2010, les coûts des catastrophes ont été de 14,5 milliards de dollars, soit 1,45
G$ par année alors qu'ils représentaient environ 500 M$ au courant des quatre décennies précédentes (Institut canadien
des choix climatiques, 2021). Le coût, l'ampleur et la fréquence des catastrophes météorologiques et climatiques se
sont accrus au cours de la dernière décennie.
Les experts s'attendent à un accroissement continuel de ces coûts dans les années à venir. Par ailleurs, ces montants
représentent uniquement la valeur assurée des dommages2 et excluent, par exemple, les événements mineurs, les
dommages aux résidences secondaires, la détérioration prématurée des infrastructures et les impacts sur la santé
physique et mentale des populations. Une évaluation plus exhaustive des coûts actuels des changements climatiques
tenant compte de davantage de critères devrait mener à des coûts beaucoup plus élevés (Boyd, R. et A. Markandya
(2021)).
2 La valeur des dommages assurée couvre les réclamations faites aux assureurs privés de dommages ainsi qu'aux mécanismes
d'indemnisation des gouvernements fédéral et provincial. Ils représentent typiquement la moitié des dommages économiques
totaux.
À RETENIR
─
En analysant le profil de risque de la MRC des Laurentides, il en ressort que 68 % des
impacts potentiels analysés présentent actuellement un risque modéré, élevé ou extrême, et
que cette proportion passera à 82 % en climat futur. Ainsi, bien que l'évolution du climat
mènera à une détérioration de la situation actuelle, il y a déjà une proportion importante
des impacts des changements climatiques qui sont jugés comme présentant un niveau de
risque nécessitant la mise en place de mesures d'adaptation.
─
Bien que le cadre bâti et les infrastructures publiques essentielles de même que la
population soient les dimensions qui subiront le plus d'impacts en nombre absolu, les
ressources naturelles ainsi que le développement économique et les activités qui y sont
associées sont les dimensions qui présentent le plus haut pourcentage de risques modérés
ou plus élevés dans le futur.
─
En s'attardant aux aléas climatiques à l'origine des impacts potentiels identifiés, on
remarque que l'augmentation générale des températures, les conditions hivernales
changeantes et les inondations riveraines sont les trois aléas les plus générateurs de risques
sur le territoire de la MRC des Laurentides.
─
Néanmoins, ce sont les sécheresses et les feux de forêt, les inondations riveraines de même
que les conditions hivernales changeantes et l'augmentation générale des températures qui
sont responsables des impacts jugés comme représentant le plus haut niveau de risque pour
la MRC.
─
Plus de 22 % des impacts potentiels recensés et caractérisés pour le territoire de la MRC
des Laurentides peuvent découler de plusieurs aléas climatiques. Dans cette optique, il est
important de réfléchir à l'adaptation de manière systémique afin de développer des
stratégies d'adaptation qui permettent de se prémunir contre les impacts de tous les aléas
susceptibles d'entraîner des conséquences négatives sur le territoire de la MRC.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 45
La présente section s'intéresse aux divers coûts additionnels supportés par le territoire de la MRC des Laurentides en
raison des changements climatiques. Elle s'appuie sur une revue de la littérature des impacts économiques des
changements climatiques au Québec et au Canada. Les résultats issus de ces études ont ensuite été appliqués aux
caractéristiques du territoire de la MRC et de ses municipalités constituantes. Il importe de mentionner que les coûts
présentés ne sont en aucun cas exhaustifs et doivent également être interprétés avec prudence puisqu'ils ont été
extrapolés en vertu d'approches simplifiées à partir d'études ayant couvert le Québec ou le Canada.
Le Tableau 14 présente un sommaire du coût de l'inaction pour la MRC des Laurentides pour les principaux aléas
dont il a été possible d'estimer le coût. Le choix des aléas et des impacts couverts n'est pas fonction du profil de risque
spécifique à la MRC, mais plutôt de la disponibilité des informations quantitatives permettant de produire une
évaluation des coûts en climat futur. Notons ainsi que cette analyse sommaire couvre une vingtaine des 112 impacts
retenus dans l'analyse du profil de risque. Il faut voir ces estimations comme la pointe de l'iceberg des coûts subis sur
le territoire au cours des prochaines décennies en l'absence de mesures d'adaptation.
Les coûts liés à l'inaction sont multiples et peuvent constituer des sommes très importantes. Pour la MRC, deux des
coûts importants sont liés aux impacts des changements climatiques sur les infrastructures publiques ainsi que les
valeurs monétaires des décès associés aux vagues de chaleur. Dans le premier cas, ce sont des coûts financiers assumés
principalement par les municipalités locales qui devront faire face à une détérioration accélérée de leurs infrastructures
(gestion de l'eau, voirie, bâtiments, etc.), la nécessité d'investir davantage en maintenance et en opérations, le
remplacement des infrastructures ainsi que leur mise à niveau en raison des changements climatiques.
Les impacts sur la santé des populations généreront des coûts économiques importants en raison de la surmortalité
lors des vagues de chaleur, mais également de l'impact des zoonoses sur le territoire, notamment l'augmentation
possible de la prévalence de la maladie de Lyme transmise par les tiques.
L'annexe B fournit de plus amples explications et détaille la méthodologie employée pour obtenir les valeurs indiquées
au Tableau 14.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 46
Tableau 14
Sommaire des coûts de l'inaction pour certains aléas et impacts pour la MRC des
Laurentides
Dimensions
Impacts couverts
Description des impacts attendus
Valeur à
risque
Population
Augmentation de la morbidité et de la
mortalité chez les personnes
vulnérables aux vagues de chaleur
Surmortalité entre 2021 et 2050*
144 vies
Valeur économique des vies humaines perdues
entre 2021 et 2050
926 M$
Coûts de gestion des plans de chaleur extrême
entre 2021 et 2050
0,6 M$
Migration des espèces ayant un impact
sur la santé de la population (p. ex.,
maladie de Lyme)
Nombre de cas de maladie de Lyme détectés sur
le territoire entre 2021 et 2050
351 cas
Coût additionnel de traitement et autres coûts
indirects entre 2021 et 2050
15,6 M$
Organisation
régionale
Complications et augmentation des
interventions de sécurité civile
Augmentation temporaire moyenne des dépenses
en sécurité l'année du sinistre suivant un épisode
d'inondation sur le territoire de la MRC à
l'horizon 2050 (120$/habitant)
7,6 M$
Cadre bâti et
infrastructures
essentielles
Augmentation des coûts impliqués
pour les critères de conception des
nouveaux bâtiments et infrastructures
et pour l'entretien des bâtiments et
infrastructures existantes
Augmentation de la demande de
production d'eau potable
Dégradation accélérée des
infrastructures routières
Dégradation accélérée des routes et des
ponceaux due aux cycles de gel-dégel
Coût additionnel total (entre 2021 et 2050) sur les
infrastructures en lien avec 1) la détérioration
prématurée, 2) l'opération et la maintenance, 3) le
remplacement et 4) la mise à niveau découlant des
impacts des CC entre 2021 et 2050
578 M$
Développement
et activités
économiques
Perturbations économiques
grandissantes en lien à la forte
dépendance aux ressources naturelles
Variation de l'emploi à l'horizon 2050 par rapport
à un scénario de stabilité climatique
725
emplois
(-2,7 %)
*La statistique sur la surmortalité doit être interprétée avec grande prudence. En effet, cette donnée est estimée en assumant une relation constante à travers le temps, le
taux de mortalité et la température ambiante. Ce résultat sert à illustrer les conséquences graves pouvant survenir chez les populations vulnérables lors d'événements de
canicules.
OPPORTUNITÉS LIÉES AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Les changements climatiques peuvent présenter des défis importants pour le territoire de la MRC des Laurentides,
mais ils peuvent également créer des opportunités pour des initiatives de développement durable et de résilience.
Certains secteurs pourraient également bénéficier de conditions climatiques plus favorables pour leurs activités et
transformer les défis liés aux changements climatiques en opportunités. Par exemple, avec l'augmentation des
températures, le secteur récréotouristique pourrait profiter d'une saison estivale plus longue tout en misant toujours
sur un tourisme hivernal mettant de l'avant la nordicité du territoire, favorisant ainsi le tourisme quatre saisons. En
parallèle, des efforts de conservation permettraient de protéger la biodiversité, attirant ainsi les amateurs
d'écotourisme.
Afin de saisir ces opportunités, il est crucial que la MRC des Laurentides adopte une approche proactive en matière
de planification et d'adaptation, tout en atténuant les impacts négatifs des changements climatiques sur la région. Des
politiques efficaces et une collaboration entre les parties prenantes locales, y compris les gouvernements, les
entreprises et la société civile, seront essentielles pour maximiser ces opportunités et assurer la durabilité à long terme
de la région.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 47
5
PRINCIPES DIRECTEURS
Comme toute planification stratégique, l'élaboration d'un plan d'adaptation aux changements climatiques est une
démarche propre à chaque organisation. Pour son PACC, la MRC des Laurentides, appuyée par ses parties prenantes,
s'est construit un cadre de référence tenant compte de ses besoins, de ses préoccupations et des défis et opportunités
qui lui sont spécifiques. Ancré dans le profil de risque présenté au Chapitre 4 et inspiré des valeurs chères à la MRC
des Laurentides de même que des orientations contenues dans les autres planifications stratégiques de cette dernière,
ce cadre de référence contient les principes directeurs qui encadrent l'action climatique de la MRC.
PRINCIPAUX CONSTATS ET ENJEUX DÉCOULANT DU PROFIL DE RISQUE
Afin d'avoir une compréhension la plus complète qui soit des risques que représentent les changements climatiques
sur le territoire de la MRC des Laurentides, le profil de risque de cette dernière a été analysé selon quatre lentilles
différentes, soit (1) par aléa climatique, (2) par grande thématique liée à l'adaptation, (3) en fonction des principales
parties prenantes impactées et (4) par priorité d'adaptation.
Cette analyse à 360 degrés a permis de dégager certains grands constats et enjeux :
─
Des risques à la fois aigus et chroniques provoqués par une multitude d'aléas : la MRC fait autant face à
des impacts qui sont générés par des événements extrêmes (aigus) que par la transformation graduelle du climat
(chroniques). Les risques les plus importants ne sont pas associés à un aléa climatique en particulier ; ils
peuvent découler de plusieurs aléas ou d'une combinaison d'aléas.
─
Un secteur récréotouristique menacé : l'économie de la MRC est fortement dépendante du secteur
récréotouristique, notamment en ce qui concerne l'offre pour le ski alpin, le ski de fond et la motoneige, et d'un
climat stable et prévisible, particulièrement en période hivernale.
─
Une population de plus en plus vulnérable : les citoyens sont ceux qui subissent en premier lieu les impacts
des changements climatiques, tant au niveau de la sévérité des conséquences subies que du nombre d'impacts
qui les touchent. Le contexte socioéconomique de la MRC accroît le risque pour la population.
─
Une gestion durable de l'eau nécessaire : plusieurs des risques analysés sont associés à la gestion de la
ressource en eau, tant au niveau des manques d'eau potentiels que des excès (surplus). L'accès à des sources
d'eau en quantité et en qualité suffisantes est menacé par la vulnérabilité du territoire de la MRC face aux
inondations riveraines.
─
Disparité climatique et équité : il existe une grande variabilité entre les moyens dont disposent les citoyens,
les organisations et les municipalités de la MRC pour faire face aux changements climatiques.
L'adaptation aux changements climatiques est également liée à des enjeux plus généraux, et ce, peu importe la nature
ou la taille de l'organisation concernée :
─
Gouvernance : L'ouverture, la responsabilité, la transparence, la collaboration et la participation des parties
prenantes dans la prise de décision sont tous des principes fondamentaux à la base d'une bonne gouvernance. La
nature même des changements climatiques, qui concernent à la fois le domaine privé et le domaine public et qui
font appel à des compétences de divers niveaux (individuel, municipal, régional, provincial, fédéral), peut mener
à l'apparition de certains enjeux au niveau de la gouvernance.
─
Transversalité et transformation organisationnelle : L'adaptation aux changements climatiques dépend d'une
multitude d'acteurs venant de secteurs variés, ce qui lui confère un caractère transversal. La résilience de tout un
chacun repose donc sur la capacité des acteurs à travailler de manière multidisciplinaire, ce qui nécessite une
certaine transformation organisationnelle et implique d'apporter des changements importants dans la façon d'agir
et de penser, dans le but de faire mieux, autrement.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 48
─
Incertitude scientifique : Tout processus scientifique est accompagné d'une certaine part d'incertitude. Au fil
de l'acquisition de nouvelles connaissances, les scientifiques ajustent leurs hypothèses et précisent notre
compréhension du monde. Le domaine de la science du climat n'échappe pas à cette réalité : bien qu'il existe
certaines sources d'incertitudes quant à l'évolution anticipée du climat, nous savons que celui-ci se réchauffe et
que cela entraînera des conséquences importantes sur la population, l'environnement et l'économie.
─
Maladaptation: Il a été démontré que si aucune action n'est prise pour s'adapter aux changements climatiques
et réduire les conséquences des impacts qu'ils engendrent, les coûts sociaux, environnementaux et monétaires
associés aux événements climatiques extrêmes augmenteront de façon considérable. Cependant, il ne faut pas
mettre de côté qu'il existe un certain danger associé à toute démarche d'adaptation. En effet, certaines prises de
décisions peuvent ouvrir la voie à la maladaptation, c'est-à-dire à une hausse de la vulnérabilité de certaines
parties prenantes provoquée par le désir de réduire la vulnérabilité d'un autre groupe de parties prenantes.
Ces constats et enjeux ont tous été pris en considération dans l'élaboration de la vision, des orientations et des objectifs
du PACC.
VISION DU PACC
L'énoncé de vision représente ce que la MRC des Laurentides désire devenir à moyen/long terme dans un monde qui
est en changement, son idéal à atteindre ; elle lui sert d'inspiration et lui permet d'orienter son action climatique au-
delà du quotidien :
Dès 2023, la MRC des Laurentides démontre un leadership rassembleur dans la mise en
œuvre de son plan d'adaptation aux changements climatiques, où la collaboration et le
soutien aux municipalités sont indissociables de l'atteinte de ses objectifs. Au cours des dix
prochaines années, la réalisation d'actions concertées, pertinentes et audacieuses renforcera
la capacité des systèmes municipal, économique, social et environnemental à s'adapter aux
défis climatiques et à saisir les opportunités, tout en poursuivant les efforts d'atténuation des
émissions de gaz à effet de serre.
ORIENTATIONS ET OBJECTIFS
Afin d'adresser les enjeux mentionnés précédemment, la MRC des Laurentides a retenu les quatre grandes orientations
suivantes :
A. Mettre en place une gouvernance climatique
B. Favoriser la résilience économique
C. Accroître la qualité de vie des communautés et favoriser la solidarité
D. Pérenniser les milieux naturels et leurs services écosystémiques
Ces orientations, ou chantiers d'interventions sont accompagnés d'objectifs qui aideront la MRC et ses parties
prenantes à concrétiser la vision retenue pour le PACC (Tableau 14). L'atteinte de chacun de ces objectifs se réalisera
par la mise en place de mesures (ou actions) d'adaptation, qui sont présentées au Chapitre 6.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 49
Tableau 15
Objectifs d'adaptation aux changements climatiques de la MRC des Laurentides
Orientation A
Mettre en place une gouvernance climatique
Objectif A1
Instaurer une culture du changement à l'échelle de la région des Laurentides en lien avec les changements
climatiques
Objectif A2
Sensibiliser les citoyens et les organisations aux changements climatiques
Objectif A3
Mettre en œuvre un plan de continuité des opérations et adapter la planification des services municipaux
Objectif A4
Effectuer une veille informationnelle et technologique sur les vulnérabilités et les opportunités liées à
l'évolution du climat
Objectif A5
Considérer les répercussions actuelles et projetées des changements climatiques dans la planification, la
gestion et l'aménagement du territoire
Orientation B
Favoriser la résilience économique
Objectif B1
Augmenter et pérenniser le financement des mesures d'adaptation associées aux changements climatiques
Objectif B2
Identifier et appuyer les secteurs viables, tout en aidant la transition des secteurs vulnérables
Objectif B3
Favoriser la collaboration et la diversification intra et intersectorielle
Orientation C
Accroître la qualité de vie des communautés et favoriser la solidarité
Objectif C1
Assurer une saine gestion du territoire basée sur un équilibre entre la vitalité socioéconomique, la qualité de
vie et l'intégrité des écosystèmes
Objectif C2
Mettre en valeur et accroître le déploiement des espaces et infrastructures verts et bleus sur le territoire
Objectif C3
Améliorer les services afin d'assurer la sécurité, la santé et la qualité de vie des citoyens
Orientation D
Pérenniser les milieux naturels et leurs services écosystémiques
Objectif D1
Soutenir la protection, la restauration, la création et la gestion durable des milieux naturels pour atteindre un
objectif de protection de 30 % du territoire d'ici à 2030
Objectif D2
Assurer une meilleure protection et gestion de l'eau souterraine et de surface
Objectif D3
Encourager la lutte contre des espèces exotiques envahissantes (prévention, contrôle et élimination)
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 50
6
MESURES D'ADAPTATION
Pour chacun des objectifs présentés au Chapitre 5, un certain nombre de mesures d'adaptation a été retenu. Ces
mesures, inspirées par ce qui se fait de mieux en matière d'adaptation climatique à la fois ici et ailleurs, ont été choisies
de concert avec une multitude d'acteurs œuvrant sur le territoire de la MRC des Laurentides, et ce, en fonction de
certains critères présentés dans cette section.
DESCRIPTION DES CRITÈRES DE SÉLECTION ET DE PRIORISATION
Afin de guider le choix de la MRC des Laurentides quant aux mesures qui lui permettront d'atteindre ses objectifs
d'adaptation aux changements climatiques et de concrétiser sa vision, les critères suivants ont été considérés :
─
Coût monétaire : Quel est l'ordre de grandeur du coût monétaire associé à la mise en œuvre de la mesure ?
─
Pertinence : La mesure est-elle en adéquation avec l'objectif visé ? Permet-elle de solutionner un risque
spécifique ?
─
Faisabilité : Quelle est la faisabilité de la mise en place de la mesure ? Est-elle simple à réaliser ? Les conditions
de succès de la mesure sont-elles en place ?
─
Investissement en ressources : Est-ce que la mise en place de la mesure nécessite du personnel supplémentaire ?
Quel est l'ordre de grandeur du coût monétaire associé à la mise en œuvre de la mesure ?
─
Équité : La mesure permet-elle de soutenir les parties prenantes les plus vulnérables aux impacts des changements
climatiques (ex., les populations défavorisées) ?
─
Horizon temporel de la mise en œuvre : Quel est l'horizon de temps requis pour que la mesure soit mise en
œuvre ?
Ces critères ont été évalués pour chaque mesure du plan d'adaptation de la MRC. Leurs valeurs ont été additionnées
pour obtenir le score de priorisation de la mesure (annexe D). Les scores de priorisation du PACC de la MRC des
Laurentides varient entre 17 et 26. Plus le score est élevé, plus la mesure est évaluée comme efficace : peu coûteuse,
applicable rapidement, etc. Une mesure avec un score de priorisation faible reste une mesure pertinente pour favoriser
la résilience du territoire de la MRC des Laurentides, sa mise en place pourrait en revanche être plus complexe :
coûteuse, besoin élevé en personnel, horizon temporel long, etc. Ces résultats de priorisation ont donc comme objectif
d'aiguiller la MRC sur l'efficacité de la mise en œuvre de la mesure afin de l'aider à construire son calendrier de
déploiement.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 51
DESCRIPTION DES PARAMÈTRES DE MISE EN ŒUVRE
Des paramètres de mise en œuvre ont été définis pour accompagner la MRC et les co-porteurs dans le déploiement
des mesures. Ils complètent les libellés des mesures pour permettre une compréhension plus fine des objectifs, étapes
et responsabilités associées.
Tableau 16
Paramètres de mise en œuvre
Paramètre de mise en
œuvre
Définitions
Symbole
Porteur privilégié
Le porteur de la mesure est responsable de son déploiement. Son rôle peut être
comparable à celui d'un chargé de projet, il est garant de l'atteinte des objectifs de
l'action.
Collaborateurs pour
l'application de la mesure
Les collaborateurs participent à la mesure. Leur implication peut prendre diverses
formes et niveaux de responsabilité.
Chemin critique
Le chemin critique trace les étapes de réalisation de la mesure.
Calendrier de déploiement Phase de déploiement de la mesure identifiée par la MRC à l'aide des résultats de
priorisation.
Horizon temporel de
réalisation
L'horizon temporel identifie le délai hypothétique de mise en œuvre de la mesure en
fonction du chemin critique et des différentes étapes anticipées.
Niveau d'effort
Le niveau d'effort indique le niveau d'expertise nécessaire et le nombre de ressources
humaines approximatif pour la réalisation de la mesure.
Coûts
Les coûts de mise en œuvre de la mesure sont évalués sommairement
Occasions de financement
pour la mesure, si possible Des sources de financement connues ont été indiquées pour aider à financer la mesure.
Conséquences de
l'inaction
Les conséquences de la non-réalisation de la mesure sont précisées de façon non
exhaustive. Elles font le lien avec l'évaluation des risques et l'analyse des coûts de
l'inaction.
Indicateur de suivi
L'(Les) indicateur(s) de suivi le(s) plus approprié(s) pour suivre l'évolution de la mise
en œuvre de la mesure.
LISTE DES MESURES RETENUES
La liste des mesures avec l'ensemble de leurs paramètres de mise en œuvre constitue le plan d'action du PACC de la
MRC. Ce dernier se trouve dans un fichier joint indépendant au rapport afin de faciliter son utilisation. Les 48 mesures
y sont listées et décrites.
Le plan d'action synthétise les initiatives qui devront être entreprises par la MRC et ses collaborateurs afin d'améliorer
la résilience du territoire face aux changements climatiques. Le(s) porteur(s) privilégié(s) ainsi que les collaborateurs
associés à sa mise en œuvre ont été identifiés dès les activités de sélection des mesures du PACC afin de s'assurer que
les actions à entreprendre soient alignées avec les responsabilités des acteurs du territoire. La MRC communiquera
les conclusions de ce premier travail stratégique et officialisera les rôles de chacun dans le déploiement à l'issue de la
diffusion du PACC.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 52
7
MISE EN ŒUVRE DU PACC
CALENDRIER DE MISE EN ŒUVRE
Le plan d'adaptation de la MRC des Laurentides contient 48 mesures participant à l'atteinte de sa vision, établie pour
une durée de 10 ans. Dans ce cadre, le calendrier de déploiement des mesures a été construit pour étaler la mise en
œuvre en trois phases :
1. 2024-2025 - correspond aux 12 mois suivants l'adoption du PACC par la MRC.
2. Entre 2026-2029- échéance médiane associée aux actions qui viendront dans un second temps.
3. 2030-2033- échéance finale associée à la dernière phase de déploiement des actions.
Les années associées aux phases de déploiement peuvent être ajustées lors de la mise en œuvre pour correspondre aux
réalités organisationnelles de la MRC. En effet, elles symbolisent principalement l'intention d'échelonner le
déploiement.
Afin de rattacher le plan d'action aux analyses du profil de risques, les mesures ont été réparties à travers les huit
dimensions définies dans le volet 1 de cette étude. La Figure 6 ci-dessous visualise la répartition dans le temps et par
dimension de la mise en œuvre des mesures. À travers les discussions du comité de travail, l'Organisation régionale
est ressortie comme une dimension majeure, car les actions sont à l'échelle de responsabilité de la MRC. C'est
pourquoi les mesures associées sont majoritaires en nombre et surtout prioritaires.
Figure 6
Nombre de mesures par phase de déploiement et par dimension
Les figures suivantes détaillent la répartition des mesures du PACC pour les phases de déploiement 2024, 2025-
2030 et après 2030.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 53
Déploiement en 2024-2025
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 54
Déploiement entre 2026 et 2029
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 55
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 56
Déploiement entre 2030 et 2033
COMMUNICATION ET DIFFUSION
De façon générale, la MRC devra s'assurer que les informations relatives à l'adaptation aux changements climatiques
puissent être accessibles à toutes les personnes et organisations concernées par le PACC. À cet effet, l'élaboration
d'un plan de communication spécifique au PACC pourrait s'avérer utile afin de structurer le développement et le
déploiement d'outils et de stratégies de communication et de diffusion diversifiées, adaptés à la réalité de la MRC, qui
facilitera le partage d'informations et les suivis nécessaires auprès des principales parties prenantes touchées par les
mesures d'adaptation. C'est d'ailleurs une des mesures identifiées à même le plan (Mesure A2.1). Les activités de
communication et de diffusion relatives au PACC sont essentielles à la fois pour démontrer l'exemplarité et l'ambition
de la MRC en matière d'adaptation aux changements climatiques, mais aussi pour développer la solidarité des
collectivités et stimuler la collaboration et l'engagement de la population et des autres acteurs.
Quelques lignes directrices peuvent guider les activités de communication à prévoir par la MRC tant à l'interne qu'à
l'externe, par exemple.
Dès l'adoption du PACC
-
Formation de la personne-ressource à la MRC et création d'un comité de pilotage du PACC. Organisation
d'une première rencontre pour planifier et lancer la mise en œuvre des mesures.
-
Suivi auprès des parties prenantes (organisations et personnes) qui ont participé au processus de consultation
pour les volets 1 et 2. Ceci représente une première opportunité d'encourager la mobilisation de certains
acteurs clés pour la mise en œuvre des mesures d'adaptation.
-
Rencontres ciblées pour présenter plus en détail le PACC et favoriser son appropriation transversale, ainsi
que la coordination et la concertation nécessaire à la mise en œuvre :
o
Présentation aux élus de la MRC
o
Présentation aux différents services de la MRC
o
Présentation aux municipalités locales
o
Présentation aux autres acteurs identifiés comme collaborateurs à la mise en œuvre
De façon périodique
-
Rencontres du comité de pilotage : trois ou quatre fois par année. Ces rencontres régulières permettront de
faire le suivi de la mise en œuvre, d'identifier et de recommander, le cas échéant, les ajustements à apporter
et de faciliter la planification budgétaire pour la mise en place des mesures. Il s'agit également d'une
opportunité de consulter les membres du comité et de coordonner les actions pour optimiser la mise en œuvre.
Préalablement aux rencontres, des communications seront nécessaires avec les partenaires impliqués pour
obtenir un suivi à jour des mesures mises en place. Évidemment, la ressource embauchée par la MRC
préparera ces rencontres du comité de pilotage.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 57
-
Bilan des réalisations : présenté ou diffusé annuellement. Ce bilan permettra de maintenir la mobilisation des
acteurs, de cibler les besoins d'accompagnement et d'arrimage, de développer des opportunités de
collaboration et d'assurer une amélioration continue du PACC selon les besoins et basée sur les nouvelles
technologies, recherches et avancées :
o
Présentation du bilan des réalisations aux élus de la MRC
o
Présentation du bilan des réalisations aux différents services de la MRC selon les besoins et
préoccupations de chacun des services
o
Présentation du bilan des réalisations aux municipalités locales et autres acteurs pertinents
o
Diffusion du bilan des réalisations auprès de la population et autres acteurs, en diversifiant les outils
-
Rencontre des MRC voisines : annuellement. Ces rencontres permettront d'arrimer certaines mesures, de
tenir compte des enjeux territoriaux partagés et de communiquer les bons coups et les défis de mise en œuvre.
Pour soutenir la communication et la diffusion
-
La création d'une image signature du PACC, pouvant servir de fil conducteur pour les activités de
communication et de diffusion
-
La conception de documents sommaires destinés à différents publics (ex. « one-pager » pour les élus, plan
d'action abrégé pour les municipalités et partenaires)
Ces lignes directrices devront être mises à jour de façon régulière afin de tenir compte des priorités, imprévus et autres
besoins et préoccupations qui pourraient émerger au cours de la mise en œuvre du PACC. Une collaboration étroite
des responsables du PACC et des communications de la MRC sera essentielle, et la contribution des municipalités
locales pourrait également être nécessaire (à préciser dans un plan de communication).
LIENS AVEC LES PARTIES PRENANTES
L'adaptation aux changements climatiques ne peut se faire en silo. Elle s'effectue en collaboration avec toutes les
parties prenantes, autant à l'interne qu'à l'externe. Elle doit également tenir compte des impacts des décisions de la
MRC en dehors de ses frontières administratives ainsi que des décisions des autres MRC sur son territoire. Dans ce
contexte, une solidarité climatique doit s'installer non seulement entre les acteurs d'un même territoire, mais
également avec ceux à l'extérieur de celui-ci.
Pour ce faire, la MRC doit collaborer étroitement avec les MRC et municipalités voisines, ainsi qu'avec des
organismes régionaux, pour plusieurs des mesures prévues dans son PACC. Ces mesures sont :
Inclure à un comité existant des objectifs visant des interventions au-delà des limites de la MRC selon les
enjeux territoriaux jugés prioritaires et ayant des implications régionales.
Établir une structure de gestion des risques à l'échelle de la région des Laurentides.
Instaurer une stratégie de solidarité amont/aval relative aux impacts subis par bassin versant pour la région
des Laurentides.
Augmenter les synergies à l'échelle de la région des Laurentides afin de profiter de la capacité de
production de biens et services plus élevée des autres MRC. S'assurer que le Plan de protection et de mise
en valeur (PPMV) de la forêt privée des Laurentides, malgré sa centralisation, permette d'accroître la
résilience des boisés ainsi que leur capacité à séquestrer du carbone.
Créer une stratégie régionale de conservation des milieux naturels à l'échelle des Laurentides incluant les
enjeux des territoires publics.
Afin d'adéquatement définir et déployer ces mesures, il est nécessaire qu'une gouvernance se mette en place afin que
les décisions d'adaptation, ainsi que leur suivi puissent être effectués à la bonne échelle territoriale et en impliquant
les acteurs pertinents. La collaboration instaurée dans le cadre de ce projet, où les MRC ont travaillé étroitement
ensemble notamment sur l'évaluation du risque, s'installe de façon pérenne pour permettre un lieu et un moment de
discussion sur les actions conjointes, ainsi que pour faire le point sur les avancées respectives en matière d'adaptation
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 58
au sein des territoires adjacents. Ces échanges pourraient également favoriser le partage d'expériences et
l'apprentissage entre les MRC des bons coups et moins bons coups réalisés sur chacun des territoires. Des discussions
ont eu lieu quant à différentes instances pouvant possiblement accueillir ces échanges, soit la Table Énergie et
changements climatiques, le conseil des préfets ou une des conférences administratives régionales (comme la
Conférence administrative régionale (CAR) aménagement par exemple). Ces entités couvrent l'échelle régionale
(région des Laurentides) dont les sept MRC et la Ville de Mirabel (qui exerce certaines compétences habituelles des
MRC) ne sont pas toutes au même degré de maturité quant à l'adaptation aux changements climatiques et ne partagent
pas nécessairement les mêmes préoccupations et enjeux. Il pourrait s'avérer pertinent alors de former un comité
regroupant les quatre MRC qui ont élaboré leur stratégie d'adaptation de façon conjointe et d'évaluer la pertinence
d'inclure d'autres MRC voisines.
Par ailleurs, la mise en œuvre de l'adaptation sur le territoire de la MRC doit permettre également de poursuivre la
mobilisation de l'ensemble des parties prenantes dans un but commun, soit celui de rendre plus résilient le territoire.
Il importe de mobiliser les acteurs qui n'ont pas été exposés à la démarche ou qui n'ont pas participé aux différentes
activités de consultation. Plusieurs mesures prévues au plan d'action vont en ce sens. Il est également important de
poursuivre la consultation avec certaines parties prenantes clés présentes sur le territoire. C'est notamment le cas des
communautés autochtones de la région qui utilisent le territoire de la MRC des Laurentides afin de mener des activités
traditionnelles et dont certains lieux sacrés pourraient se trouver sur le territoire. Il pourrait par exemple être pertinent
de collecter des informations sur les connaissances autochtones liées aux événements et aux tendances climatiques
historiques ainsi que sur les impacts sur les collectivités locales, la population et l'environnement. Il serait également
judicieux d'inclure des représentants des communautés autochtones dans les discussions entourant les mesures
d'adaptation afin d'intégrer les connaissances et le savoir de ces communautés dans la définition des meilleures
stratégies pour s'adapter. Pour ce faire, il serait bénéfique de mettre en place des mécanismes spécifiques afin de
faciliter la mise en commun des connaissances des communautés autochtones du territoire de la MRC et de favoriser
leur participation aux processus de planification de l'adaptation (via le comité par exemple)
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 59
8
CONCLUSION
La MRC des Laurentides, située dans la région des Laurentides au Québec, inclut 20 municipalités. Abritant les plus
hauts sommets de la région, la MRC des Laurentides constitue le cœur de la principale destination de villégiature
quatre saisons au Québec. Son territoire accueille une population de 50 777 résidents permanents en plus des résidents
temporaires (chalets), des nombreux excursionnistes et des touristes qui viennent profiter tant des nombreux sentiers
de sports extérieurs que des circuits culturels et agrotouristiques qu'offre la MRC (Statistique Canada, 2022). Ceux-
ci sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à venir s'installer définitivement dans la MRC. L'économie de cette MRC
de la sous-région du Cœur des Laurentides est largement tributaire du secteur du tourisme, avec notamment la présence
du Parc national du Mont-Tremblant et de sa station de ski, qui constitue une destination touristique de calibre
international.
Devant la menace que posent les changements climatiques à l'intégrité de son territoire, à la santé de sa population et
au dynamisme de son économie, la MRC s'est engagée dans une démarche d'adaptation aux changements climatiques
en collaboration avec trois autres MRC dans les Laurentides (MRC d'Argenteuil, d'Antoine-Labelle et des Pays-d'en-
Haut).
Ce premier Plan d'adaptation aux changements climatiques trace la feuille de route des dix prochaines années afin de
rendre le territoire et ses communautés plus résilientes aux impacts des CC. En s'appuyant sur une démarche
collaborative visant à mobiliser les différents acteurs du territoire, ce PACC cherche à profiter de l'impératif
d'adaptation afin d'améliorer la qualité de vie des communautés de la MRC. Le plan d'action se veut ambitieux et
inspirant tout en étant pragmatique. Il tient compte des spécificités du territoire, tant au niveau des risques identifiés
que de la capacité d'action de la MRC et de ses municipalités constituantes. Les mesures ciblées permettront d'atténuer
les effets néfastes des changements climatiques sur les écosystèmes, les infrastructures et les communautés. En
adoptant une approche holistique qui intègre la participation des parties prenantes, la sensibilisation du public,
l'innovation technologique et la réglementation efficace, le PACC permet de paver la voie à un avenir plus résilient
et durable pour les générations à venir sur le territoire de la MRC.
La réussite de ce plan nécessitera une collaboration continue entre les gouvernements, les entreprises, la société civile
et les individus. Ce plan permet d'offrir une feuille de route d'adaptation pour le territoire et pas seulement pour la
MRC. En ce sens, il est nécessaire que tous les acteurs s'engagent pleinement dans sa mise en œuvre. Afin d'assurer
son déploiement, les prochaines étapes à court terme sont la diffusion et la formalisation de la structure de gouvernance
du PACC. Des actualisations du plan d'adaptation se feront à moyen terme au gré des collaborations et des réalisations.
Dans 10 ans, une nouvelle planification sera nécessaire pour reconduire les intentions d'adaptation du territoire de la
MRC des Laurentides.
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 60
RÉFÉRENCES
Boyd, R. et A. Markandya (2021). Costs and Benefits of Climate Change Impacts and Adaptation, Chapitre 6 dans
Canada in a Changing Climate : National Issues Report, (Eds.) F.J. Warren et N. Lulham, Gouvernement du
Canada, Ottawa, Ontario. PDF disponible sur :
https://www.nrcan.gc.ca/sites/nrcan/files/GNBC/Chapter%206_Costs%20and%20Benefits%20of%20Climate%
20Change%20Impacts%20and%20Adaptation_Final_EN.pdf
Bustinza, R. et M. Dubé (2021). Bilan des impacts des vagues de chaleur extrême sur la mortalité au Québec à
l'été 2020 dans un contexte de COVID-19.
Récupéré le 15 février 2022 de : https://www.inspq.qc.ca/bise/bilan-impacts-vagues-chaleur-extreme-sur-
mortalite-quebec-ete-2020-contexte-covid19.
CCSC - Portail de données climatiques Canada (2021). Scénarios climatiques quotidiens pancanadiens à réduction
d'échelle statistique CMIP5 version 2 (BCCAQv2).
Récupéré de : https://pavics.ouranos.ca/datasets_fr.html#d
CDPNQ - Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (2021). Occurrences d'espèces floristiques et
fauniques à statut pour les MRC d'Antoine-Labelle, des Laurentides, des Pays-d'en-Haut et d'Argenteuil.
Demande envoyée le 14 décembre 2021 par WSP et obtenue le 21 décembre 2021.
Cheng, C.S., G. Li et H. Auld (2011). Possible impacts of climate change on freezing rain using downscaled future
climate scenarios: updated for eastern Canada. Atmosphere-Ocean, 49(1), 8-21.
DOI: 10.1080/07055900.2011.555728
Cheng, C.S., E. Lopez, C. Fu et Z. Huang (2014). Possible impacts of climate change on wind gusts under
downscaled future climate conditions: Updated for Canada. Journal of Climate, 27, 1255-1270.
CISSS des Laurentides (2020). Coordonnées de nos installations.
Site Internet: https://www.santelaurentides.gouv.qc.ca/nous-joindre/. Consulté le 21 janvier 2022.
Colle, B.A., Z. Zhang, K.A. Lombardo, E. Chang, P. Liu et M. Zhang (2013). Historical Evaluation and Future
Prediction of Eastern North American and Western Atlantic Extratropical Cyclones in the CMIP5 Models
during the Cool Season. Journal of Climate, 26(18), 6882-6903.
CRNTL - Commission des Ressources naturelles et du Territoire des Laurentides (2010). Portrait synthèse et
encadrement des ressources naturelles et du territoire des Laurentides. 67 p.
CS3 (2020). Near surface meteorological variables from 1979 to 2018 derived from bias corrected reanalysis. DOI:
10.24381/cds.20d54e34
Données Québec (2021). Portail de données ouvertes. Jeux de données téléchargés : Historique des événements de
sécurité civile (MSP)
ECCC - Environnement et Changement climatique Canada (2021). Données climatiques historiques.
Site Internet : https://climat.meteo.gc.ca/climate_normals/index_f.html
ECCC - Environnement et Changement climatique Canada (2022). La Stratégie nationale d'adaptation du Canada
protégera les collectivités et bâtira une économie forte.
Site Internet: https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/nouvelles/2022/11/la-strategie-
nationale-dadaptation-du-canada-protegera-les-collectivites-et-batira-une-economie-forte.html
GIEC -- Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (2021, 9 août). Climate change
widespread, rapid, and intensifying - IPCC.
Site Internet : https://www.ipcc.ch/2021/08/09/ar6-wg1-20210809-pr/. Consulté le 9 décembre 2021.
GIEC - Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (2022). Climate Change 2022. Impacts,
Adaptation and Vulnerability. Summary for Policymakers. Working Group II contribution to the Sixth
Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. 35 p.
PDF disponible sur : https://report.ipcc.ch/ar6wg2/pdf/IPCC_AR6_WGII_SummaryForPolicymakers.pdf
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 61
Gouvernement du Québec (2022). Forêt ouverte. Portail interactif de données écoforestières. Jeux de données
téléchargés : Habitats fauniques, Peuplements écoforestiers, Municipalité régionale de comté, Terres privées,
Zonage agricole
Site Internet : https://www.foretouverte.gouv.qc.ca/.
Gouvernement du Québec (2023). Loi sur le Développement Durable.
https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/d-8.1.1. Consulté le 12 mars 2024.
Hajat, S., R.S. Kovats et K. Lachowycz (2007). Heat-related and cold-related deaths in England and Wales: who is
at risk? Occupational and environmental medicine. 64(2), 93-100. DOI: 10.1136/oem.2006.029017
INSPQ -- Institut de Santé publique du Québec (2020). Îlots de chaleur/fraîcheur urbains et température de
surface 2012.
Site Internet : https://www.donneesquebec.ca/recherche/fr/dataset/ilots-de-chaleur-fraicheur-urbains-et-
temperature-de-surface. Consulté le 16 février 2022.
ISQ - Institut de la statistique du Québec (2021a). Panorama des régions du Québec. Édition 2021. 187 p.
PDF disponible sur : https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/panorama-des-regions-du-quebec-edition-2021.pdf
ISQ - Institut de la statistique du Québec (2021b). Mise à jour 2021 des perspectives démographiques des MRC du
Québec, 2020-2041.
Tableau disponible sur : https://statistique.quebec.ca/fr/document/projections-de-population-mrc-municipalites-
regionales-de-comte. Consulté le 24 janvier 2022.
ISQ - Institut de la statistique du Québec (2021c). Indice de vitalité économique des territoires.
Données récupérées de : https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-de-vitalite-economique-des-territoires.
Consulté le 26 janvier 2022.
Journal Le Nord (2021, 17 août). Feux de forêts : Les Laurentides sont-ils à risque ?
Récupéré le 20 décembre 2021 de : https://www.journallenord.com/feux-de-forets-les-laurentides-sont-ils-a-
risque/
Lebel, G., Dubé, M. et Bustinza, R. (2019). Surveillance des impacts des vagues de chaleur extrême sur la santé au
Québec à l'été 2018.
Récupéré le 14 décembre 2021 de : https://www.inspq.qc.ca/bise/surveillance-des-impacts-des-vagues-de-
chaleur-extreme-sur-la-sante-au-quebec-l-ete-2018.
MAMH - Ministère des Affaires municipales et de l'Habitation du Québec (2019). La municipalité régionale de
comté, Compétences et responsabilités. Gouvernement du Québec. 69 p.
PDF disponible sur :
https://www.mamh.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/amenagement_territoire/documentation/competences_mr
c.pdf
MAPAQ - Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (2014). Portrait de l'industrie
bioalimentaire des Laurentides, Édition 2014.
PDF disponible sur :
https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/PortraitindustriebioalimentaireLaurentides.pdf
MEI - Ministère de l'Économie et de l'Innovation du Québec (2021). Portrait économique des régions du Québec,
Édition 2021.
PDF disponible sur :
https://www.economie.gouv.qc.ca/fileadmin/contenu/documents_soutien/regions/portraits_regionaux/PERQ_20
21.pdf
MELCC - Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (2022). Installations
municipales de distribution d'eau potable - Laurentides. Site internet :
https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/potable/distribution/index.asp#categories. Consulté le 22 juin 2022.
MDDELCC - Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements
climatiques (2022) Atlas hydroclimatique du Québec méridional. Site Internet :
https://www.cehq.gouv.qc.ca/atlas-hydroclimatique
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DES LAURENTIDES
PLAN D'ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
VOLET 2 - PLAN D'ADAPTATION - RAPPORT FINAL
WSP.COM
RÉF. WSP : 211-12355-00
PAGE 62
Ministère de la Culture et des Communications (2022). Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Site Internet :
https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/accueil.do?methode=afficher. Consulté le 16 août 2022.
MRC des Laurentides (2023) Second projet du schéma d'aménagement et de développement du territoire. PDF
disponible sur : https://mrclaurentides.qc.ca/pdf/P2_SADT_Complet_400-223.pdf
MRNF - Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (2006). Portrait territorial, Laurentides.
PDF disponible sur : https://mern.gouv.qc.ca/documents/territoire/portrait-laurentides.pdf
MSP - Ministère de la Sécurité publique du Québec (2009). Concepts de base en sécurité civile.
Site Internet : https://www.securitepublique.gouv.qc.ca/securite-civile/publications-et-statistiques/concepts-
base/en-ligne.html
MTQ -- Ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports du Québec, Direction
de la sécurité civile (2018, septembre). Synthèse des impacts appréhendés des changements climatiques sur les
infrastructures de transports et les services du Ministère. 38 p.
Ouranos (2010). Élaborer un plan d'adaptation aux changements climatiques. Guide destiné au milieu municipal
québécois, Montréal, Québec : Ouranos, 40 p. et annexes
Ouranos (2015). Vers l'adaptation. Synthèse des connaissances sur les changements climatiques au Québec.
Édition 2015. Partie 1 : Évolution climatique du Québec. Montréal, Québec : Ouranos, 80 p. et annexes
Poitras, A. et coll. (n. d.). Les vagues de chaleur extrême au Québec.
Site Internet : https://donneesclimatiques.ca/etude-de-cas/les-vagues-de-chaleur-extreme-au-quebec/. Consulté
le 14 décembre 2021.
Romps, D.M., J.T. Seeley, D. Vollaro et J. Molinari (2014). Projected increase in lightning strikes in the United
States due to global warming, Science, 346(6211), 851-854. DOI 10.1126/science.1259100
Sandink, D., S.P. Simonovic, A. Schardong et R. Srivastav (2016). A Decision Support System for Updating and
Incorporating Climate Change Impacts into Rainfall Intensity-Duration-Frequency Curves: Review of the
Stakeholder Involvement Process, Environmental Modelling & Software Journal, 84:193-209.
Schardong, A., S. P. Simonovic, A. Gaur et D. Sandink (2020). Web-based Tool for the Development of Intensity
Duration Frequency Curves under Changing Climate at Gauged and Ungauged Locations, Water, Special Issue
Extreme Value Analysis of Short-Duration Rainfall and Intensity-Duration-Frequency Models, 12, 1243 ; DOI:
10.3390/w12051243
PDF disponible sur : https://www.mdpi.com/2073-4441/12/51243/pdf
Sécurité publique Canada (2021). Base de données canadienne sur les catastrophes.
Site Internet : https://www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/cndn-dsstr-dtbs/index-fr.aspx. Consulté le
16 décembre 2021.
Simonovic S.P., A. Schardong, D. Sandink et R. Srivastav (2016). A web-based tool for the development of Intensity
Duration Frequency curves under changing climate. Environmental Modelling and Software 81:136-153.
Statistique Canada. (2021). Profil du recensement, Recensement de la population de 2016.
Site Internet : https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2016/dp-pd/prof/index.cfm?Lang=F. Consulté
le 9 décembre 2021.
Statistique Canada (2022). Profil du recensement, Recensement de la population de 2021. Produit nº 98-316-
X2021001 (tableau) au catalogue de Statistique Canada. Ottawa. Diffusé le 9 février 2022. Consulté le
17 février 2022.
TVA Nouvelles (2019, 22 août). La région de Mont-Laurier frappée par une microrafale.
Récupéré le 15 février 2022 de : https://www.tvanouvelles.ca/2019/08/22/une-tornade-aurait-frappe-a-mont-
laurier
Ville de Calgary (2018). Climate Resilience Strategy, Mitigation & Adaptation Action Plans. PDF disponible sur :
https://www.calgary.ca/content/dam/www/uep/esm/documents/esm-documents/climate-resilience-plan.pdf
ANNEXE
A PROJECTIONS
CLIMATIQUES
Projections climatiques des indicateurs représentant l'augmentation générale des températures selon le
scénario actif (RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-2050)
et à long terme (2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-
2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Température annuelle moyenne (°C)
3,8
[2,9 ; 4,8]
5,5
[4,3 ; 6,7]
5,8
[4,6 ; 7,0]
6,5
[5,2 ; 8,0]
8,0
[6,7 ; 9,4]
↑
Température estivale moyenne (°C)
17,0
18,5
[17,2;19,7]
18,8
[17,5 ; 20,0]
19,5
[17,9 ; 20,9]
21,0
[19,2 ; 22,5]
↑
Température journalière la plus élevée de
l'année (°C)
32,0
[29,9 ; 34,0]
33,8
[31,4 ; 36,6]
33,9
[31,5 ; 36,4]
34,8
[32,2 ; 37,5]
36,4
[33,5 ; 39,7]
↑
Nombre annuel de jours très chaud (Tmax
> 30 ˚C) (jours)
5
[1,9]
11
[3 ; 20]
13
[4 ; 22]
17
[6 ; 29]
30
[13 ; 47]
↑
Nombre annuel de canicules
(≥ 3 jours consécutifs ; Tmax ≥ 33 °C et Tmin
≥ 20 °C) (jours)
0
[0 ; 0]
0
[0 ; 0]
0
[0 ; 0]
0
[0 ; 0]
1
[0 ; 3]
↑
Nombre annuel de degrés-jours de
chauffage (Tmoy < 18 ˚C) (°C jours)
5276
[4950 ;
5588]
4748
[4333 ;
5148]
4681
[4270 ;
5087]
4457
[3974 ;
4880]
4053
[3591 ;
4451]
↓
Nombre annuel de degrés-jours de
climatisation (Tmoy ≥ 18 ˚C) (°C jours)
112
[69 ; 163]
196
[122 ; 274]
218
[139 ; 297]
262
[163 ; 367]
394
[254 ; 535]
↑
Longueur de la saison de croissance
(jours)
181
[162 ; 200]
195
[174 ; 218]
197
[176 ; 220]
203
[180 ; 228]
214
[191 ; 239]
↑
Longueur de la saison sans gel (jours)
176
[155 ; 197]
193
[169 ; 219]
197
[173 ; 223]
204
[176 ; 234]
218
[191 ; 248]
↑
Note :
Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
Tendance : ↑ à la hausse (positive) et ↓ à la baisse (négative)
Projections climatiques des indicateurs représentant les conditions hivernales changeantes selon le
scénario actif (RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-2050) et à long terme
(2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Température moyenne hivernale (°C)
-11
-8,9
[-11,5 ; -6,5]
-8,7
[-11,2 ; -6,2]
-7,7
[-10,3 ; -5,1]
-6,0
[-8,5 ; -3,6]
↑
Température journalière la plus basse de
l'année (°C)
-35,5
-32,6
[-36,7 ; -
28,5]
-32,1
[-35,9 ; -
27,9]
-30,4
[-34,5 ; -
25,8]
-27,5
[-31,9 ; -
22,8]
↑
Nombre annuel de jours de gel (jours)
187
169
[152 ; 184]
166
[150 ; 182]
159
[139 ; 177]
145
[126 ; 163]
↓
Nombre de cycles de gel-dégel hivernaux
8
10
[6 ; 13]
10
[6 ; 14]
10
[7 ; 14]
11
[8 ; 15]
↑
Précipitations totales en hiver (mm)
242
261
[197 ; 326]
266
[202 ; 334]
270
[207 ; 336]
286
[217 ; 359]
↑
Cumul annuel de précipitations solides
(mm)
301
281
[209 ; 355]
280
[209 ; 358]
268
[193 ; 348]
248
[173 ; 327]
↓
Nombre annuel de jours avec pluie
verglaçante (jours)
8,2
Entre +5 % et +30 %
Entre 0 % et +35 %
↑
Note :
Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
Tendance : ↑ à la hausse (positive) et ↓ à la baisse (négative)
Projections climatiques des indicateurs représentant les précipitations extrêmes selon le scénario actif
(RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-2050) et à long terme (2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Courbe IDF -- 15 minutes, période de
retour de 10 ans* (mm
21
22
[21 ; 23]
23
[21 ; 24]
24
[22 ; 27]
26
[24 ; 27]
↑
Courbe IDF -- 24 heures, période de
retour de 100 ans* (mm)
107
118
[108 ; 130]
117
[101 ; 134]
128
[106 ; 142]
136
[123 ; 161]
↑
Nombre de jours les plus pluvieux (≥
20 mm) (jours)
8
9
[5 ; 12]
9
[5 ; 13]
9
[6 ; 13]
10
[6 ; 14]
↑
Maximum des précipitations cumulées
sur 1 jour (mm)
44
46
[32 ; 65]
47
[33 ; 67]
49
[33 ; 71]
51
[34 ; 73]
↑
Maximum des précipitations cumulées
sur 5 jours (mm)
77
78
[57 ; 103]
80
[59 ; 106]
83
[60 ; 111]
84
[60 ; 115]
↑
Note : Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
Tendance : ↑ à la hausse (positive)
Projections climatiques des indicateurs représentant les glissements de terrain selon le scénario actif
(RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-2050) et à long terme (2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Cumul annuel de précipitations liquides
(mm)
775
839
[693 ; 997]
851
[708 ; 1008]
886
[728 ; 1048]
924
[764 ; 1089]
↑
Nombre de cycles de gel-dégel hivernaux
8
10
[6 ; 13]
10
[6 ; 14]
10
[7 ; 14]
11
[8 ; 15]
↑
Maximum des précipitations cumulées
sur 5 jours - avril à septembre (mm)
70
71
[50 ; 95]
72
[51 ; 98]
75
[51 ; 104]
75
[52 ; 103]
↑
Note :
Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
Tendance : ↑ à la hausse (positive)
Projections climatiques des indicateurs représentant les inondations riveraines selon le scénario actif
(RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-2050) et à long terme (2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-
2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Cumul annuel de précipitations solides
(mm)
301
281
[209 ; 355]
280
[209 ; 358]
268
[193 ; 348]
248
[173 ; 327]
↓
Cumul de précipitations printanières (mm)
236
249
[182 ; 322]
255
[183 ; 327]
259
[191 ; 331]
272
[200 ; 348]
↑
Maximum des précipitations cumulées sur
5 jours - avril à septembre (mm)
70
71
[50 ; 95]
72
[51 ; 98]
75
[51 ; 104]
75
[52 ; 103]
↑
Débit journalier
maximal annuel de
récurrence de 20 ans
au printemps (m3/s)
Rivière Gatineau
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
Rivière du Nord
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
Rivière Rouge
263
246
[186 ; 333]
253
[193 ; 334]
244
[183 ; 330]
244
[182 ; 338]
↓
Rivière du Lièvre
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
Débit journalier
maximal annuel de
récurrence de 20 ans
à l'été et à l'automne
(m3/s)
Rivière Gatineau
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
Rivière du Nord
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
Rivière Rouge
134
156
[112 ; 211]
159
[115 ; 216]
151
[112 ; 204]
151
[110 ; 206]
↑
Rivière du Lièvre
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
n/a
Note :
Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
Tendance : ↑ à la hausse (positive) et ↓ à la baisse (négative)
Projections climatiques des indicateurs représentant les épisodes de sécheresses et feux de forêt selon le
scénario actif (RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-2050) et à long terme
(2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Nombre annuel de jours très chauds
(Tmax > 30 ˚C) (jours)
5
11
[3 ; 20]
13
[4 ; 22]
17
[6 ; 29]
30
[13 ; 47]
↑
Minimum annuel de SPEI -- Indice
normalisé d'évapotranspiration des
précipitations (3 mois)±
-1,4
-1,5
[-2,3 ; -0,6]
-1,5
[-2,3 ; -0,7]
-1,5
[-2,4 ; -0,7]
-1,7
[-2,7 ; -0,8]
↑
Maximum annuel de jours secs
consécutifs (P < 1 mm) (jours)
13
13
[9 ; 18]
13
[9 ; 18]
13
[9 ; 17]
13
[9 ; 18]
=
Nombre annuel d'impacts de foudre
1447
1751
[1695 ;
1808]
1799
[1742 ;
1856]
1956
[1865 ;
2077]
2321
[2209 ;
2444]
↑
Note :
Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
± Le SPEI est un indice de sécheresse basé sur la différence entre les précipitations et l'évapotranspiration potentielle, une valeur
négative indique un déficit en eau.
Tendance : ↑ à la hausse (positive) et = invariable ou non identifiée
Projections climatiques des indicateurs représentant les épisodes de vents violents et tempêtes avec activité
orageuse selon le scénario actif (RCP4.5) et passif (RCP8.5) dans l'horizon temporel à court terme (2021-
2050) et à long terme (2051-2080)
Indicateur climatique*
Historique
(1981-2010)
Court terme
(2021-2050)
Long terme
(2051-2080)
Ten-
dance
RCP4.5
RCP8.5
RCP4.5
RCP8.5
Laurentides
Nombre annuel de jours avec vents
horaires > 90 km/h (jours)
1
+180 %
+250 %
↑
Nombre annuel de jours avec rafales de
vent > 90 km/h (jours)
1
+15 %
+27 %
↑
Nombre annuel d'impacts de foudre+
1447
1751
[1695 ;
1808]
1799
[1742 ;
1856]
1956
[1865 ;
2077]
2321
[2209 ;
2444]
↑
Note :
Les nombres entre crochets représentent le 10e et le 90e quantile de la distribution des modèles climatiques.
+Les projections sont basées sur la probabilité de changement en considérant une augmentation de +12 % par °C de
réchauffement
Tendance : ↑ à la hausse (positive)
ANNEXE
B MÉTHODOLOGIE
D'ÉVALUATION DES
COÛTS DE L'INACTION
POPULATION
Vague de chaleur
Il a été démontré que le taux de mortalité des personnes vulnérables augmentait significativement. En cas de canicule,
La valeur statistique d'une vie humaine a été estimée à 3,9 M$ en 2021 par le ministère des Transports du Québec
(MTQ) dans son guide de réalisation des analyses coût-avantage. Cette valeur a été déterminée par le MTQ en se
basant sur la méthode de la disposition à payer3. En se basant sur les projections de la population de l'Institut de la
statistique du Québec4 pour la MRC des Laurentides et sur les résultats de Doyon, Bélanger et Gosselin5, il a été
déterminé que le nombre annuel de cas de surmortalité associés à la chaleur sur le territoire de la MRC des Laurentides
varierait de 3 en 2020 à plus de 7 en 2050. Cumulée sur 30 ans, la valeur des vies humaines perdues en raison des
épisodes de canicule s'élèverait ainsi à 144 vies, soit 926 M$ (144 x 3.9 = 561.6 M$????). La Figure 1 présente la
tendance attendue du nombre annuel de cas de surmortalité liés à la chaleur sur le territoire de la MRC des Laurentides.
Figure 1
Projection du nombre annuel moyen de cas de surmortalité liés à la chaleur pour la période
2021 à 2050
En dehors des cas de surmortalité, les événements de vague de chaleur entraînent également des coûts pour le
gouvernement provincial en matière de prévention puis de traitement, notamment le déploiement des plans de chaleur
accablante et les consultations chez le médecin. En tenant compte du taux d'inflation et de l'augmentation projetée de
la population, les coûts cumulés assumés par le Gouvernement du Québec qui administre le plan de chaleur accablante
via les directions régionales de santé publique s'élèveraient à 0,6 M$ d'ici à 2050 sur l'ensemble de la période.
Maladie de Lyme
La maladie de Lyme est transmise par la morsure de tiques à pattes noires qui sont infectées par la bactérie responsable
de la maladie. Les symptômes varient de la fatigue à la fièvre et de troubles du système nerveux. Dans certains cas
plus rares, lorsque la maladie n'est pas traitée, elle peut provoquer la mort.
3 De façon générale, la disposition ou propension à payer dans le domaine de la santé représente le montant qu'un individu est
prêt à payer pour améliorer son état de santé. Dans le cas de la disposition à payer pour la valeur statistique d'une vie, c'est le
montant dont la société est généralement prête à payer pour éviter qu'une personne décède.
4 Institut de la statistique du Québec (2022). Projections de population - Municipalités (500 habitants et plus).
Récupéré de : https://statistique.quebec.ca/fr/document/projections-de-population-municipalites-500-habitants-et-plus
5 Doyon, B., D. Bélanger et P. Gosselin (2006). Effets du climat sur la mortalité au Québec méridional de 1981 à 1999 et
simulations pour des scénarios climatiques futurs. Institut national de santé publique, Gouvernement du Québec, 95 p.
0,00
1,00
2,00
3,00
4,00
5,00
6,00
7,00
8,00
L'Agence canadienne de santé publique a beaucoup documenté le phénomène. Une étude de Ogden et Fleury6 permet
d'estimer l'incidence de la maladie par 100 000 habitants pour l'ensemble du Canada tant en climat actuel (2020)
qu'en climat futur à l'horizon 2050. Ces incidences sont respectivement de 18,1 cas par 100 000 habitants pour 2020
et de 22,2 cas par 100 000 habitants en 2050.
En considérant les trois principales catégories de coûts liés aux soins de santé (les coûts en ressources, le coût
d'opportunité (perte de production liée à l'absentéisme au travail) et les coûts liés à la déshabilité des patients), les
coûts économiques liés à la maladie de Lyme pourraient se chiffrer à 15,6 M$ sur le territoire de la MRC d'ici à 2050
découlant des impacts estimés sur environ 351 cas additionnels qui pourraient survenir sur le territoire (voir Ouranos,
2015 pour plus de détails sur l'approche)7.
CADRE BÂTI ET INFRASTRUCTURES ESSENTIELLES
Les changements climatiques entraîneront une augmentation des coûts liés aux infrastructures publiques (Bureau de
la Responsabilité Financière de l'Ontario, 2022)8. En effet, on projette que les actifs risquent de se détériorer plus
rapidement, que les dépenses de fonctionnement et d'entretien soient plus importantes annuellement, et que le coût de
mise à niveau et de remplacement augmente en raison de la nécessité d'adapter la conception et l'opération des
ouvrages pour un climat changeant.
Pour une MRC du sud-ouest du Québec comme la MRC des Laurentides, le coût annuel moyen par habitant des
changements climatiques liés aux dépenses additionnelles pour les infrastructures municipales pour les trois
prochaines décennies passera de 233$ à 442$ entre 2023 et 2055 (WSP, 2022)9. En utilisant les projections
démographiques de l'Institut de la Statistique du Québec (ISQ), il est possible d'extrapoler les dépenses totales
additionnelles liées à l'impact des changements climatiques sur les infrastructures municipales. En combinant les coûts
additionnels sur les infrastructures en lien avec 1) la détérioration prématurée, 2) l'exploitation et la maintenance, 3)
le remplacement et 4) la mise à niveau découlant des impacts des CC, la facture totale pour les municipalités de la
MRC pourrait s'élever à 578 M$ entre 2021 et 2050.
Les routes locales, et les canalisations d'eaux pluviales et usées et autres installations de traitement des eaux seront
les infrastructures les plus coûteuses à entretenir, à mettre à niveau et à remplacer en contexte de changements
climatiques (WSP, 2022)6.
6 Fleury, M., & Ogden, N. H. (2014). Projections for the future burden of Lyme disease in Canada
7 Ouranos (2015) Évaluation des impacts des changements climatiques et de leurs coûts pour le Québec et l'État québécois,
Rapport d'étude, Ouranos, 58 pages.
8 Bureau de la Responsabilité Financière de l'Ontario (2022) Costing climate change impacts and adaptation for provincial and
municipal public infrastructure in Ontario, 104 p. pdf disponible sur : https://www.fao-
on.org/web/default/files/publications/CIPI-wsp/cipi-wsp-report.pdf
9 WSP (2022) Étude sur l'impact des changements climatiques sur les finances municipales, Présentation des résultats, Montréal,
Québec. Étude produite pour l'Union des Municipalités du Québec. WSP Réf. : 221-01514-00
Figure B7
Projection des dépenses totales additionnelles annuelles liées aux impacts des
changements climatiques sur les infrastructures municipales pour la période 2021 à 2050
Cette figure n'est pas en lien avec le texte et le nécessiterait.
DÉVELOPPEMENT ET ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
Les impacts des changements climatiques sur les populations, les infrastructures et les entreprises vont ultimement
avoir des effets macroéconomiques qui peuvent déstabiliser les secteurs et influencer les emplois dans une région
donnée. L'économie de la MRC des Laurentides étant fortement dépendante du secteur récréotouristique ainsi que de
l'industrie forestière plutôt dans la MRC Antoine-Labelle???, (Il est à noter que la dépendance économique de la MRC
des Laurentides vis-à-vis l'industrie forestière est évaluée à 0,95, ce qui correspond à une dépendance faible
(Importance du secteur forestier dans le développement économique des municipalités et des régions du Québec
(gouv.qc.ca). D'ailleurs, cette industrie génère seulement 1,4 % des emplois de la MRC.) le marché de l'emploi
pourrait être lourdement impacté par les changements climatiques.
Les travaux de l'Institut canadien des choix climatiques (2022)10 suggèrent qu'au milieu du siècle, le Canada pourrait
subir un impact important sur l'emploi en raison des changements climatiques, soit une réduction de l'emploi de 2,7 %
par rapport à un scénario sans changements climatiques. En appliquant ce ratio au marché du travail de la MRC des
Laurentides et en se projetant en vertu des projections démographiques de l'ISQ, cela pourrait représenter une baisse
de 725 emplois au sein de l'économie de la MRC. Si l'ensemble de ces travailleurs se retrouvaient au chômage, cela
représenterait une augmentation du taux de chômage de 11,1 % en 2020 à 13,5 % en 2050 en isolant spécifiquement
l'effet des CC.
Plus spécifiquement, l'économie de la MRC des Laurentides est fortement axée sur le secteur tertiaire relié à l'activité
récréotouristique. On y retrouve une importante présence d'établissements d'hébergement et de restauration, de même
que de nombreuses entreprises liées aux activités de plein air (p. ex. les centres de ski) ainsi qu'à la culture et au
patrimoine. Il est difficile d'évaluer avec précision la sensibilité de l'économie régionale à la santé du secteur
10 Institut canadien des choix climatiques (2022) Limiter les dégâts - Réduire le coût des impacts climatiques pour le Canada.
PDF disponible sur : https://institutclimatique.ca/wp-content/uploads/2022/09/Limiter-les-degats_FR_0927.pdf
0 $
5 000 000 $
10 000 000 $
15 000 000 $
20 000 000 $
25 000 000 $
30 000 000 $
2021
2022
2023
2024
2025
2026
2027
2028
2029
2030
2031
2032
2033
2034
2035
2036
2037
2038
2039
2040
2041
2042
2043
2044
2045
2046
2047
2048
2049
2050
récréotouristique, mais on peut supposer que si les conditions météorologiques se détériorent pour la pratique des
activités sur le territoire, des effets en cascades pourraient se faire sentir. À plus long terme, certaines activités, comme
le ski alpin, pourraient être menacées en raison de la diminution de la durée de la saison, mais également de la difficulté
à offrir des conditions de glisse adéquates lors des périodes de fort achalandage, soit lors du congé des Fêtes et de la
période de relâche.
ANNEXE
C BARÈME DES CRITÈRES
DE PRIORISATION
Coût monétaire : Quel est l'ordre de grandeur du coût monétaire associé à la mise en œuvre de la mesure ?
Barème
Résultat
1
Représente un nouveau projet ou une nouvelle infrastructure à capitaliser
2
Engendre un coût supplémentaire et cause un dépassement de coût dans le budget de fonctionnement de la
MRC
3
Peut entrer dans le budget de fonctionnement de la MRC
Investissement en ressources
Barème
Résultat
1
Nécessite la mise au point d'une masse salariale de la MRC dédiée à la mise en œuvre de la mesure et des
ressources financières d'importance
2
Représente un nouveau projet, donc un nouveau poste de coûts et l'embauche de nouvelles ressources
3
Engendre des coûts supplémentaires importants en $$ ou en personnel
4
Engendre des coûts supplémentaires mineurs en $$ ou en personnel
5
Peut entrer dans le budget de fonctionnement de la MRC et ne nécessite pas de personnel supplémentaire
Équité
Barème
Résultat
1
La mesure implique des possibilités d'exclusion, d'impacts et/ou de résultats négatifs sur des personnes ou
des groupes identifiés comme étant en situation vulnérable
2
La mesure pourrait mener indirectement à l'accroissement des inégalités et de l'exclusion sur le territoire
3
La mesure n'implique aucun impact ou résultat sur des personnes ou des groupes identifiés comme étant
en situation vulnérable
4
La mesure implique des possibilités d'impacts et/ou de résultats positifs (bénéfices) sur des personnes ou
des groupes identifiés comme étant en situation vulnérable sans les viser directement
5
La mesure est développée afin de chercher à avoir des impacts et/ou des résultats positifs (bénéfices)
spécifiquement sur des personnes ou des groupes identifiés comme étant en situation vulnérable
Faisabilité
Barème
Résultat
1
Des obstacles majeurs au niveau politique, financier, logistique ou autre pourraient compromettre la
réalisation de la mesure
2
Des obstacles mineurs au niveau politique, financier, logistique ou autre doivent être surmontés afin de
garantir la réalisation de la mesure
3
Aucun obstacle significatif n'est prévu
4
Les conditions techniques, financières, calendaires et politiques sont en partie favorables à la réalisation de
la mesure
5
Les conditions techniques, financières, calendaires et politiques sont très favorables à la réalisation de la
mesure
Pertinence
Barème
Résultat
1
La mesure n'est pas en adéquation avec l'objectif visé. Elle ne contribue pas à l'adaptation aux
changements climatiques. La MRC n'a pas d'emprise sur sa réalisation.
2
La mesure est faiblement en adéquation avec l'objectif visé. Elle contribue faiblement à l'adaptation aux
changements climatiques. La MRC a une emprise faible sur sa réalisation.
3
La mesure est moyennement en adéquation avec l'objectif visé. Elle contribue moyennement à
l'adaptation aux changements climatiques. La MRC a une emprise moyenne sur sa réalisation.
4
La mesure est fortement en adéquation avec l'objectif visé. Elle contribue fortement à l'adaptation aux
changements climatiques. La MRC a une emprise forte sur sa réalisation.
5
La mesure est très fortement en adéquation avec l'objectif visé. Elle contribue très fortement à l'adaptation
aux changements climatiques. La MRC a une emprise très forte sur sa réalisation.
Horizon temporel
Barème
Résultat
1
La mesure peut être mise en place au-delà de 5 ans et devra se poursuivre sur plusieurs années (au-delà de
10 ans)
2
La mesure peut être mise en place selon un plan de travail à long terme et/ou se fait en continu sur 5 ans ou
plus
3
La mesure demande d'établir un plan de travail à moyen terme pour une mise en place d'ici 5 ans
4
La mesure peut être mise en place d'ici 3-4 ans
5
La mesure peut être mise en place dans un horizon de 1 à 2 ans
ANNEXE
D ÉVALUATION DES
SCORES DE
PRIORISATION
Tableau D-1 : Critères et scores de priorisation détaillés
Numéro
de la
mesure
Libellé de la mesure
Coûts
$
Pertinence Faisabilité Investissement
en ressources Équité Horizon
temporel
Score de
priorisation
A1.1
Inclure à un comité existant ou à
un nouveau comité des objectifs
visant des interventions au-delà
des limites de la MRC selon les
enjeux territoriaux jugés
prioritaires et ayant des
implications régionales.
3
4
3
5
3
5
23
A1.2
Procéder à l'embauche d'une
personne responsable de la mise
en œuvre du PACC, selon les
priorités des élus, en misant sur
le partage de ressources avec les
autres MRC et le recours aux
leviers financiers disponibles au
monde municipal.
2
5
5
4
3
5
24
A1.3
Établir une structure de gestion
des risques à l'échelle de la
région des Laurentides.
3
4
2
5
3
5
22
A2.1
Créer et mettre en œuvre un plan
de communication spécifique
aux changements climatiques et
aux enjeux de sécurité civile
1
5
4
2
4
5
21
A2.2
Intégrer au plan de
communication une stratégie
spécifique aux acteurs
économiques afin de les
sensibiliser sur les impacts des
changements climatiques en lien
avec leur domaine d'activité, les
mesures d'adaptation spécifiques
à leur secteur.
1
5
4
2
3
5
20
A2.3
Mettre en place un mécanisme de
divulgation grand public des
actions entreprises pour la
protection du territoire.
1
5
4
2
3
5
20
A3.1
Préparer un plan de continuité
des opérations permettant aux
municipalités et à la MRC de
fonctionner selon des modes de
travail flexibles lors de certains
évènements météorologiques.
2
5
3
3
3
5
21
A3.2
Préparer un plan de continuité
des opérations permettant aux
municipalités et à la MRC de
fonctionner selon des modes de
travail flexibles lors de certains
événements météorologiques
2
5
3
3
4
5
22
A3.3
Identifier conjointement avec les
municipalités et la population les
priorités d'adaptation et de
préparation lors d'évènements
climatiques extrêmes.
2
5
4
3
5
5
24
Numéro
de la
mesure
Libellé de la mesure
Coûts
$
Pertinence Faisabilité Investissement
en ressources Équité Horizon
temporel
Score de
priorisation
A3.4
Intégrer les changements
climatiques dans la révision des
plans de mesures d'urgence
(PMU) municipaux et les
améliorer en continu en fonction
des nouvelles informations et de
l'acquisition de connaissances sur
les aléas.
2
4
3
4
3
5
21
A3.5
S'assurer du bon déploiement des
systèmes d'appels automatisés
dans l'ensemble des
municipalités.
2
4
3
4
3
5
21
A4.1
Identifier les personnes et les
communautés les plus
vulnérables aux changements
climatiques et définir les actions
à engager ainsi que les
opportunités associées.
2
5
4
3
5
5
24
A4.2
Accélérer l'acquisition des
connaissances du territoire grâce
à des collaborations et outils
innovants.
3
4
4
4
3
3
21
A4.3
Mettre en place un système de
centralisation des informations
sur les changements climatiques
(risques, aléas, vulnérabilités)
pour les partager aux
municipalités, à la communauté
et aux MRC voisines.
2
4
4
2
4
5
21
A5.1
Collaborer avec les municipalités
pour évaluer les risques dus aux
changements climatiques
auxquels sont soumises les
infrastructures essentielles
(routes, réseau électrique, usines
d'épuration et de traitement des
eaux).
1
4
4
2
3
4
18
A5.2
Poursuivre l'acquisition de
connaissance sur les impacts et la
surveillance des inondations.
2
4
4
4
3
5
22
A5.3
Instaurer une stratégie de
solidarité amont/aval relative aux
impacts subis par bassin versant
pour la région des Laurentides.
3
4
4
4
4
5
24
A5.4
Intégrer les changements
climatiques dans les plans et
programmes (PP) actuels et à
venir.
3
5
4
5
3
5
25
Numéro
de la
mesure
Libellé de la mesure
Coûts
$
Pertinence Faisabilité Investissement
en ressources Équité Horizon
temporel
Score de
priorisation
B1.1
Créer un fonds régional ou une
réserve financière et développer
des mécanismes de répartition
des fonds qui tiennent compte de
la vocation des municipalités, et
donc, de leurs contributions
relatives à l'atténuation et à
l'adaptation aux changements
climatiques (ex. municipalité
développée vs municipalité
priorisant la protection des
milieux naturels).
2
4
3
2
4
2
17
B1.2
Développer avec la Corporation
de développement économique
(CDE) une politique de
financement/investissement qui
priorise les aides attribuées en
tenant compte des engagements
des entreprises face aux enjeux
des changements climatiques.
3
4
4
5
5
4
25
B1.3
Centraliser les vigies mises en
place dans les organisations du
territoire pour identifier les
programmes de soutien
disponibles permettant de
financer des projets visant les
enjeux des changements
climatiques. Appuyer les
municipalités dans leurs
soumissions pour ces
financements.
3
5
5
4
4
5
26
B2.1
Adapter les territoires récréatifs,
leurs infrastructures et les
activités y étant pratiquées
2
4
4
4
3
5
22
B2.2
Collaborer avec les
communautés d'affaires pour
documenter les impacts des
changements climatiques sur
leurs domaines d'activités et
leurs chaînes
d'approvisionnement (notamment
les secteurs de l'alimentation, du
transport pour l'agroforesterie,
etc .).
1
4
4
3
3
4
19
B2.3
Faciliter, promouvoir,
développer et propulser une
culture d'entrepreneuriat
écosocial.
1
4
3
3
4
5
20
B3.1
Identifier des partenariats
mutuellement profitables entre
acteurs économiques
3
4
4
5
4
5
25
Numéro
de la
mesure
Libellé de la mesure
Coûts
$
Pertinence Faisabilité Investissement
en ressources Équité Horizon
temporel
Score de
priorisation
B3.2
Augmenter les synergies à
l'échelle de la région des
Laurentides afin de profiter de la
capacité de production de biens
et services plus élevée des autres
MRC
3
3
3
4
3
5
21
B3.3
Identifier les potentiels de
diversification agricole et
agroforestière et varier les points
d'accès aux aliments locaux.
2
4
4
4
4
4
22
C1.1
Mettre à jour les règlements
concernant l'aménagement
forestier en terrain privé afin de
tenir compte des impacts des
changements climatiques
3
4
4
5
4
5
25
C1.2
À travers le PRMHH, mettre en
place des actions fortes de
conservation des milieux
humides.
3
4
5
4
3
5
24
C1.3
S'assurer que le Plan de
protection et de mise en valeur
(PPMV) de la forêt privée des
Laurentides, malgré sa
centralisation, permette
d'accroître la résilience des
boisés ainsi que leur capacité à
séquestrer du carbone.
3
4
4
5
4
5
25
C2.1
À travers le SAD et le PDZA,
favoriser les projets d'espaces
verts en terrain public et
reconnecter le milieu agricole au
milieu de vie notamment en
accompagnant les municipalités
dans l'établissement d'un plan
d'agriculture urbaine.
2
4
4
4
4
4
22
C2.2
Établir dans le SAD un objectif
de verdissement des terrains
privés et publics.
2
4
4
4
4
5
23
C2.3
Documenter les pratiques
exemplaires et normes sur la
conception des bâtiments et
d'infrastructures écoresponsables
et intégrer les plus prioritaires
dans le SAD.
2
4
4
4
3
4
21
C2.4
Définir un plan d'accès aux
espaces bleus.
2
4
4
4
4
5
23
C3.1
Favoriser la coordination sur les
projets majeurs pour enfouir les
réseaux électriques aériens et
sensibiliser les citoyens sur les
besoins de gestion du réseau.
3
4
3
5
4
5
24
Numéro
de la
mesure
Libellé de la mesure
Coûts
$
Pertinence Faisabilité Investissement
en ressources Équité Horizon
temporel
Score de
priorisation
C3.2
Accompagner les municipalités
dans le déploiement du plan de
chaleur extrême de la Santé
publique.
3
4
4
4
4
5
24
C3.3
Déployer des stratégies
d'adaptation aux changements
climatiques pour les personnes
vulnérables ou marginalisées.
2
4
4
4
5
4
23
D1.1
Créer une stratégie de
conservation à l'échelle de la
MRC incluant des objectifs de
conservation et de promotion de
la conservation volontaire.
Arrimer la stratégie aux diverses
planifications de la MRC (SAD,
PDZA, etc.).
2
4
5
4
3
3
21
D1.2
Participer à une stratégie
régionale de conservation des
milieux naturels à l'échelle des
Laurentides incluant les enjeux
des territoires publics.
2
4
4
4
3
3
20
D1.3
Redéfinir les accès publics aux
milieux naturels de la MRC afin
de participer à la conservation et
la protection du territoire.
3
4
4
5
3
3
22
D1.4
Créer une banque de terrains
disponibles pour des travaux
compensatoires lors de l'atteinte
aux milieux naturels.
2
4
4
4
3
5
22
D2.1
Intégrer dans le SAD la mise en
place de stations de lavage
d'embarcations et/ou postes de
surveillance.
3
4
4
5
3
4
23
D2.2
Identifier les secteurs du
territoire ayant des difficultés
d'approvisionnement en eau.
2
4
4
4
4
3
21
D2.3
Promouvoir et assurer la mise en
œuvre des bonnes pratiques en
termes de consommation d'eau et
protection des sources d'eau
potable.
2
4
4
3
4
3
20
D2.4
Revégétaliser les bandes
riveraines.
3
4
4
5
3
5
24
D3.1
Lancer un projet de recherche sur
les enjeux des espèces exotiques
envahissantes ou les maladies
touchant le couvert forestier.
1
4
3
3
3
3
17
D3.2
Mettre sur pied des plans
d'action municipaux de lutte aux
EEE.
2
4
4
4
3
5
22
D3.4
Identifier, contrôler et éliminer la
présence d'espèces exotiques
envahissantes
3
4
3
4
3
5
22