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Cette politique a été adoptée le 16 avril 2009.
ISBN 978-2-9811153-0-0
Dépôt légal - Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2009
Dépôt légal - Bibliothèque et Archives Canada, 2009
Il est illégal de reproduire ce document, en tout ou en partie, de quelque
manière que ce soit, sans l'autorisation de la MRC de Rivière-du-Loup.
2 Mot du préfet
4 Membres du comité consultatif
sur la politique culturelle de la MRC
6 Mise en contexte
8
Présentation de la MRC de Rivière-du-Loup
10 Définition de la culture louperivienne
12 Portrait de la culture louperivienne
16 Rôles de la MRC
18 Principes directeurs
20 Axes d'intervention, orientations
et orientations spécifiques correspondantes
28 Lexique
30 Crédits
TABLE DES MATIÈRES
3
C'est avec beaucoup de fierté que nous vous présen-
tons la politique culturelle de la Municipalité régionale
de comté (MRC) de Rivière-du-Loup, fruit d'une volonté
commune de cette instance et des acteurs culturels
évoluant dans la communauté.
Au nom des membres du conseil de la MRC de Rivière-
du-Loup, je remercie les gens qui ont contribué à
l'élaboration de la politique culturelle en participant
aux travaux du comité et aux différentes consultations.
Il faut aussi souligner le soutien indispensable au pro-
jet de la direction régionale du ministère de la Culture,
des Communications et de la Condition féminine
et du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent.
Le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup dispose
maintenant d'un outil qui lui permet d'aborder la culture
comme un levier du développement régional. La poli-
tique constitue l'assise indispensable à l'évolution
d'un milieu culturel fort et structuré sur l'ensemble
du territoire. Elle reconnaît la culture, ses activités
et ses particularités régionales comme un fondement
du sentiment d'appartenance des résidants et comme
un attrait déterminant pour les nouveaux venus
potentiels.
MOT DU PRÉFET
ET PRÉSIDENT DU COMITÉ CONSULTATIF SUR LA POLITIQUE CULTURELLE
L'adoption de la politique culturelle de la MRC
de Rivière-du-Loup atteste de l'engagement des élus
municipaux à participer à sa mise en œuvre. Ceux-ci
investiront les efforts nécessaires au soutien du déve-
loppement harmonieux de la culture et du patrimoine
et ce, en complémentarité avec les actions déjà entre-
prises par les différentes municipalités et organismes.
Grâce à cette politique, la MRC de Rivière-du-Loup
désire jouer un rôle de rassembleur et souhaite que
la population et le milieu culturel se l'approprient pour
mieux collaborer à la vitalité culturelle. La MRC recon-
naît également la culture comme une composante
inéluctable du développement social, touristique et
économique. Son accès contribue à maintenir et à aug-
menter la qualité du milieu de vie des Louperiviens.
Sans contredit, ce document et les actions qui
en découleront permettront d'assurer la visibilité
et le rayonnement de notre richesse artistique,
patrimoniale et historique.
2
4
Président du comité et élu
Michel Lagacé
Maire de Saint-Cyprien et préfet
de la MRC de Rivière-du-Loup
Représentant des élus
Michel Lebel
Maire de Saint-Modeste (2005 à 2007)
Serge Forest
Maire de L'Isle-Verte (2008 à 2009)
Coordonnatrice du comité
Mélanie Milot
Agente culturelle de la MRC de Rivière-du-Loup
Représentante des arts visuels
Nathalie Le Coz
Travailleuse culturelle et administratrice
de l'organisme Hétéroclite
Représentante des arts médiatiques
Karina Soucy
Cinéaste et co-fondatrice de franC doc
Représentant du patrimoine
Max D'Amours
Administrateur de la Fondation
du patrimoine Massé
Représentant des lettres et bibliothèques
Jean Bernier
Agent du Réseau BIBLIO du Bas-Saint-Laurent
Représentant de la politique culturelle
de la Ville de Rivière-du-Loup
Denis Boucher
Agent culturel de la Ville de Rivière-du-Loup
Représentante du milieu scolaire
et communautaire
Sonia April
Professeur d'arts plastiques à l'école secondaire
de Rivière-du-Loup (2005 à 2007)
Représentant du secteur de la muséologie
Régis Jean
Conservateur du Musée du Bas-Saint-Laurent
(2008 à 2009)
Représentante du milieu scolaire
Linda Boudreau
Directrice de l'école Saint-François-Xavier
de Rivière-du-Loup
MEMBRES DU COMITÉ CONSULTATIF
SUR LA POLITIQUE CULTURELLE DE LA MRC
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Personnes ressources
Nicolas Gagnon
Directeur de l'aménagement
MRC de Rivière-du-Loup
Martine Lemieux
Agente de développement
Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent
Ginette Lepage
Directrice régionale
Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent
Linda Lavoie
Agente de développement culturel
Direction du Bas-Saint-Laurent
Ministère de la Culture, des Communications
et de la Condition féminine
La culture et le patrimoine sont des facteurs très
importants dans la vitalité et l'attractivité d'un milieu.
La MRC de Rivière-du-Loup souhaite donc s'impli-
quer davantage, dans la mesure de ses compétences
et de ses ressources, pour renforcer ce secteur.
L'embauche d'une agente de développement culturel
dans le cadre du programme Villes et villages d'art
et de patrimoine (VVAP), en 2004, a permis de position-
ner concrètement l'intervention de la MRC de Rivière-
du-Loup dans le domaine culturel. Un mandat de mise
en valeur du paysage louperivien a vite été entrepris.
Celui-ci s'est notamment matérialisé par l'application
de programmes d'aide à la restauration du patrimoine,
la création d'un service-conseil en patrimoine pour les
propriétaires et la rédaction de règlements de protec-
tion du cadre bâti pour les municipalités.
Depuis 2001, la MRC reconnaît la portée régionale
des équipements culturels que sont la Maison de la
culture et le Centre culturel, situés dans la ville cen-
tre, et participe financièrement à leur fonctionnement.
Plus récemment, la MRC s'est engagée à soutenir de
manière comparable l'École de musique dès qu'elle
sera construite, en raison de la portée régionale
visuels, en arts médiatiques, en muséologie et dans
le domaine du patrimoine. Ce comité a accompa-
gné, pendant plus de deux ans, la MRC dans toutes
les démarches menant à une proposition de politique.
Par le biais de questionnaires et de consultations
publiques, le comité a pu soupeser les forces, les fai-
blesses, les attentes et les défis du milieu en matière
culturelle et brosser un portrait de situation qui sert
d'assise à la présente politique culturelle. La Ville
de Rivière-du-Loup possédant déjà sa propre poli-
tique culturelle depuis 1996, l'arrimage entre les deux
politiques est un des éléments qui a aussi été pris
en considération par le comité. L'adoption de la poli-
tique culturelle de la MRC de Rivière-du-Loup, par
tous les élus du conseil, marque l'aboutissement
de ce grand projet rassembleur.
Afin que cette politique puisse avoir un écho dans
le milieu culturel et chez les citoyens, une autre étape
suivra, à savoir la mise sur pied d'un plan d'action.
Son élaboration rendra tangibles les axes et les orien-
tations dégagés à cette étape-ci, pour le bénéfice
des Louperiviens.
MISE EN CONTEXTE
de sa mission d'enseignement. La MRC cherche ainsi
à favoriser l'accès de la population louperivienne
aux arts et à la culture.
Afin d'aller plus loin et de s'assurer de la cohérence
de ses interventions en matière culturelle, la MRC
de Rivière-du-Loup a souhaité se doter d'une politique
culturelle. La présente politique vise donc, avant tout,
à définir les principes et les objectifs qui vont guider les
actions en matière de culture et de patrimoine de cette
organisation municipale qu'est la MRC de Rivière-
du-Loup. Cependant, la présente politique a aussi
l'ambition de servir de guide à l'attention d'autres inter-
venants, en particulier les municipalités locales. Sans
revêtir un caractère contraignant, il est souhaitable
que chaque municipalité tienne compte des principes
énoncés dans la politique pour planifier ses propres
actions. De cette façon, la complémentarité entre
les services culturels en milieu rural et urbain pourra
en être renforcée.
En vue de l'élaboration de sa politique culturelle,
la MRC de Rivière-du-Loup a mis en place un comité
consultatif, constitué de représentants des milieux
scolaire, municipal et culturel, ceux-ci œuvrant en arts
6
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Saint-Antonin
Notre-Dame-du-Portage
Saint-Modeste
Saint-François-Xavier-de-Viger
Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup
Saint-Cyprien
Saint-Épiphane
Saint-Paul-de-la-Croix
L'Isle-Verte
Saint-Arsène
Cacouna
Rivière-du-Loup
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
8
8
de Notre-Dame-du-Portage, Cacouna et Fraserville
(aujourd'hui Rivière-du-Loup). Au-delà du tourisme,
l'achèvement du lien ferroviaire reliant Montréal
aux Maritimes provoque une croissance démogra-
phique et industrielle, qui marque la seconde moitié du
19e siècle.
Malgré le déclin des activités liées au chemin de fer
au 20e siècle, qui lui fait perdre son rôle de « métro-
pole » du Bas-Saint-Laurent, Rivière-du-Loup continue
de se développer en misant sur les activités commer-
ciales et tertiaires. Parallèlement à cette croissance
urbaine, s'amorce, à partir de 1960, un relatif déclin
démographique des municipalités rurales du territoire,
dû notamment aux transformations profondes que
connaissent les activités agricoles et forestières.
Aujourd'hui, les treize municipalités de la MRC
de Rivière-du-Loup comptent 33 305 habitants et
couvrent une superficie de 1 270 kilomètres carrés.
L'agglomération de Rivière-du-Loup, qui recense près
des trois-quarts de la population de la MRC, rayonne
sur tout l'ouest du Bas-Saint-Laurent. La plus grande
partie du territoire de la MRC conserve cependant un
caractère rural. La présence de ce pôle urbain dyna-
mique et le développement d'une économie diversifiée
et fl orissante ont permis à la population de la MRC
de Rivière-du-Loup de continuer à croître depuis
trente ans alors que celle de toutes les MRC voisines
déclinait de manière marquée.
Des différences significatives dans la scolarité et le
revenu existent entre les municipalités de l'agglo-
mération de Rivière-du-Loup et les municipalités
rurales. La population de ces dernières étant géné-
ralement moins scolarisée et moins fortunée que la
population urbaine. Globalement, la population de
la MRC compte une moins grande part de diplômés
universitaires que la moyenne québécoise et son
revenu moyen est plus faible que dans l'ensemble
du Québec.
La Municipalité régionale de comté (MRC) de Rivière-
du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent, est une région
carrefour. Le réseau routier en fait une plaque tournante
en direction des régions de la Gaspésie, de Charlevoix,
du Saguenay - Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord,
de la province du Nouveau-Brunswick et de l'État
du Maine.
C'est au début du 19e siècle que le développement
du territoire de la MRC de Rivière-du-Loup prend son
envol, avec l'arrivée de familles venues de la Côte-
du-Sud. À partir de 1825, on assiste à la création des
premières paroisses situées le long du fl euve. Une fois
le littoral entièrement occupé, on ouvre rapidement
de nouveaux rangs, puis de nouvelles paroisses
à l'intérieur des terres. Pêche, agriculture et exploi-
tation forestière sont alors les principales activités
économiques.
À partir des années 1840, l'air frais et les paysages
de la région de Rivière-du-Loup y attirent durant l'été
la nouvelle bourgeoisie canadienne. Le tourisme, favo-
risé par l'arrivée du chemin de fer, change le visage
PRÉSENTATION DE LA MRC DE RIVIÈRE-DU-LOUP
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Dans son sens large, la culture louperivienne est tout ce
qui contribue à forger l'identité de la population locale : son
héritage historique et patrimonial, sa langue, ses pratiques
sociales, de même que l'ensemble des activités artisti-
ques qu'on y pratique de manière professionnelle ou à titre
d'amateur.
Source de fierté, la culture des louperiviens s'exprime à tra-
vers des manifestations artistiques et intellectuelles inspirées
par des valeurs, les rites et les coutumes de la population
et par les caractéristiques architecturales, géographiques,
paysagères, démographiques et sociales du territoire. Elle
se matérialise à travers la création, la production, la diffu-
sion et la consommation d'œuvres de toutes sortes, dans
les domaines des arts visuels, des métiers d'art, des arts de
la scène, des arts médiatiques, de la littérature, du livre, du
patrimoine, des savoir-faire traditionnels, de la muséologie et
des archives. La culture louperivienne est également le refl et
de la double identité rurale et urbaine de sa population.
DÉFINITION DE LA CULTURE LOUPERIVIENNE
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13
de la région dans son ensemble, on se doit toutefois de
souligner l'importance capitale de l'activité amateur et
semi-professionnelle et d'applaudir la générosité d'un
nombre significatif de bénévoles.
Des points forts
Sur le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup, les
arts visuels sont certainement les plus choyés de
disciplines artistiques. En effet, plusieurs familles
de créateurs professionnels aussi bien qu'amateurs
pratiquent suivant une tradition figurative ou explorent
des modes plus actuels d'expression. Des lieux de
diffusion, pour la plupart ouverts à l'année, offrent une
fenêtre sur leur travail. Le Musée du Bas-Saint-Laurent
renforce l'accès aux arts visuels par la tenue d'expo-
sitions d'artistes québécois en art contemporain. La
présence d'un département d'arts visuels fort au cégep
de Rivière-du-Loup dynamise ce milieu et contribue
à retenir des professionnels dans la région.
Une activité émergente en arts médiatiques anime
l'ensemble de la pratique artistique de la région d'un
souffl e neuf. L'établissement d'une maison de produc-
tion par de jeunes cinéastes, la diffusion de films du
corpus québécois indépendant et la création d'une
cellule Kino à Rivière-du-Loup sont venus coup sur
coup remplir un espace inoccupé.
Depuis plus longtemps, des initiatives et des ins-
titutions mettent en valeur les patrimoines bâtis et
archivistiques de la région. Le Musée, la Société
d'histoire et de généalogie, le Centre d'archives, les
circuits patrimoniaux, les monuments historiques
ouverts sur des expositions assurent la conservation
des biens culturels et patrimoniaux, en se souciant
également d'en donner l'accès au public. Cyberphotos,
la collection de photographies anciennes conservées
au musée, numérisées et disponibles sur Internet en
est un exemple patent qui suscite autant l'intérêt de la
population louperivienne que celui de chercheurs et
d'éditeurs québécois. Les paliers municipaux local et
régional ont investi, à des degrés divers, des espaces
relatifs à la protection du patrimoine à l'aide de leviers,
règlementations et politiques. Cette sensibilité vient
étayer celle des citoyens, nombreux à assumer le défi
financier et technique d'une restauration résidentielle.
Enfin, le champ des savoir-faire traditionnels, trop
discrètement mis en valeur, demeure bien vivant. Les
Cercles de fermières à l'avant-plan, mais aussi les arti-
sans du bois et quelques artistes en métiers d'art, sont
les gardiens de ce patrimoine immatériel.
La présence de bibliothèques dans chaque munici-
palité et leur achalandage sont de bon augure pour
l'avenir de la lecture. Lieux d'animation et d'expositions
d'artistes locaux, les bibliothèques jouent également
le rôle de courroie de transmission d'un pan important
de l'activité culturelle en milieu rural.
Ce qui nous distingue
Le milieu de vie de la population louperivienne est par-
tout marqué du sceau de l'héritage de ses prédéces-
seurs. La ville de Rivière-du-Loup, du haut de ses trois
paroisses, garde un œil sur le fl euve qui fut longtemps
la plus importante voie de communication avec le reste
du monde. En bordure du fl euve et jusqu'au cœur des
terres, la région est une composition harmonieuse
de paysages. Elle donne à voir les plissements des
Appalaches. Du haut des plateaux et des terrasses,le
regard embrasse des vallées défrichées en culture
et en pâturage. La fl èche de l'église découpée sur le
ciel de chaque village s'impose comme point de repère
des paroissiens. Jusque dans sa toponymie, la région
de Rivière-du-Loup est parsemée de balises qui défient
le temps. Les usagers du Chemin du Lac n'emprun-
tent-ils pas le même tracé millénaire des portageurs
en route pour le lac Témiscouata ?
La beauté des lieux où l'on devine la conquête de
l'homme sur une nature encore bien présente fait
d'ailleurs la fierté des Louperiviens. Elle a attiré, au
19e siècle, une bourgeoisie urbaine, venue en vil-
légiature, qui a enrichi à son tour le patrimoine bâti,
aujourd'hui fl euron de la région. Les touristes contem-
porains succombent encore à ses charmes.
Des créateurs, inspirés par cet environnement, évo-
luent dans diverses disciplines artistiques. Un noyau
d'artistes professionnels a fait sa marque dans la
communauté. Il accueille régulièrement de nouvelles
et jeunes figures. Lorsqu'on évoque la vitalité culturelle
PORTRAIT DE LA CULTURE LOUPERIVIENNE
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manifes tations artistiques mises de l'avant par les
municipa lités, les regroupements d'artistes, les ins-
titutions de formation et les initiateurs d'évènements
mériteraient plus souvent le soutien professionnel
d'une telle structure de production.
Par ailleurs, dans la chaîne de conception de manifes-
tations ou de biens culturels, une autre maille devrait
être resserrée. Les efforts et les outils de promotion
actuels ne semblent pas parvenir à informer adéqua-
tement les citoyens sur ce qui se passe sur la scène
culturelle, à plus forte raison sur ce qui s'y passe en
milieu rural. Or, un effort soutenu des promoteurs dans
leur mise en marché, bien véhiculé par les médias
et autres réseaux de communication, est essentiel à la
rencontre du public avec la création.
Les attentes des Louperiviens
« Soyons créatifs en faisant de nos évènements un
refl et de notre culture et non une copie de ce qui
se fait ailleurs ». Ce propos est soutenu par l'un des
répondants à la vaste enquête menée par la MRC
dans le cadre de l'élaboration de la présente politi-
que. Il porte, à lui seul, le poids de l'autocritique et,
à l'inverse, l'impulsion qui promet l'épanouissement
culturel et identitaire de la communauté. Quelqu'en soit
le ton, ce propos synthétise avec force un point de vue
récurrent chez les artistes, représentants d'organis-
mes culturels et citoyens consultés. Ainsi, parmi leurs
attentes envers la politique culturelle, figure le souhait
de voir se développer des initiatives qui mettraient en
relief les particularités régionales, des manifestations
« incarnées », utilisant les forces vives déjà présentes
dans le milieu.
En tête de liste des attentes, on note également le
besoin d'une reconnaissance et d'une valorisation du
travail des artistes et de la vie culturelle. On souligne
aussi le fait que cette vie culturelle concerne d'abord
le public local, avant de chercher à retenir l'attention
d'une clientèle touristique. En somme, le point de vue
des Louperiviens appelle à la cohérence et à l'action.
Une offre abondante
L'offre culturelle, polarisée par la ville centre, est rela-
tivement variée et rayonne sur l'ensemble du territoire
de la MRC. Elle bénéficie de la présence d'institutions
bien ancrées dans le milieu tels que le Centre culturel
de Rivière-du-Loup, le Musée du Bas-Saint-Laurent,
l'École de musique de Rivière-du-Loup et l'École de
théâtre Françoise-Bédard, la Bibliothèque munici-
pale Françoise-Bédard et les douze bibliothèques en
milieu rural membres du Réseau BIBLIO, la Maison
de la culture animée par la Ville de Rivière-du-Loup,
de même les centres communautaires proposant des
loisirs culturels dans les municipalités, les librairies,
le cinéma Princesse, les lieux d'expositions privés,
les boutiques d'artisans, le cégep et les autres lieux
de formation en art et artisanat, les chorales et ensem-
bles musicaux, les évènements et bien sûr, les médias
de tout acabit.
Des faiblesses structurelles
Cette abondance est enviable, surtout si l'on considère
la taille de la communauté. Elle ne devrait toutefois pas
cacher certaines conditions qui fragilisent la pratique
culturelle, risquant parfois d'en détourner l'intérêt de
la communauté. À ce titre, on note le manque d'orga-
nisme voué à la production, capable de canaliser le
talent des créateurs, de bonifier la qualité d'une pro-
duction et de la promouvoir auprès du public. Seuls le
Musée du Bas-Saint-Laurent et franC doc en arts
médiatiques jouent ce rôle pour leur propre compte.
Or, le potentiel de création, le nombre important de
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Rôle de facilitateur
La Municipalité régionale de comté (MRC) de Rivière-
du-Loup reconnaît le rôle de maître d'œuvre que jouent
les municipalités locales dans leur développement
culturel. C'est pourquoi la MRC désire s'inscrire dans
ce développement à titre de facilitateur, en apportant
son soutien aux différents intervenants impliqués.
La MRC de Rivière-du-Loup peut collaborer et sou-
tenir la mise en place de projets de réseautage culturel
à l'échelle de son territoire. Elle peut également facili-
ter l'accès aux arts, pour l'ensemble de la population
de la MRC, par la reconnaissance de l'apport régional de
certains équipements culturels ou par la sensibilisation
des partenaires régionaux à la question de la recon-
naissance. À titre de facilitateur, la MRC de Rivière-
du-Loup peut soutenir, solliciter et accompagner les
différents processus de concertation per mettant la
mise en place de projets régionaux stimu lants. De
plus, la MRC peut encourager la mise en place de
canaux de diffusion de l'information culturelle tels que
bottins, agendas ou autres.
RÔLES DE LA MRC
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Rôle de maître d'œuvre
La MRC de Rivière-du-Loup, dans le cadre de son
mandat d'aménagement du territoire et d'urbanisme,
joue un rôle important dans la création, le maintien
et le développement de base de données en matière
de patrimoine (religieux, paysager, bâti, immatériel,
industriel).
Tout comme la MRC s'est impliquée comme porteur
du projet dans la création du Guide d'intervention
du patrimoine bâti du Bas-Saint-Laurent, elle peut
jouer un rôle actif dans la création, la promotion et la
diffusion d'outils de sensibilisation et de mise en valeur
du patrimoine.
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PRINCIPES DIRECTEURS
Les principes directeurs auxquels adhère
la MRC de Rivière-du-Loup :
L'accessibilité aux arts et à la culture constitue un outil
1.
qui favorise la pensée critique, la créativité et l'innovation
et pour cette raison, est essentielle au dynamisme social
et économique d'une société ;
La culture louperivienne est le refl et des réalités urbaines
2.
et rurales du territoire, cette dualité étant une source d'en-
richissement sur le plan culturel ;
La culture contribue à l'accomplissement des individus,
3.
à la vitalité des collectivités, à la qualité de vie et à l'attache-
ment des citoyens à leur milieu et à leur communauté ;
Le travail des artistes, des artisans et des organismes
4.
culturels contribue à la vitalité culturelle du territoire ;
La culture est un levier pour le développement économique
5.
et social des communautés ;
Le paysage et le patrimoine sont des composantes essen-
6.
tielles du cadre de vie, des expressions de notre culture,
et sont le fondement de l'identité du territoire et de la popu-
lation qui l'habite ; leur préservation est une responsabilité
autant individuelle que collective.
AXES D'INTERVENTION
L'ensemble des préoccupations de la MRC, en matière de culture, se définit en trois
axes d'intervention prioritaires. Autour de ces axes d'intervention s'articulent les orien-
tations et les orientations spécifiques sous-jacents qui permettront de concrétiser le
positionnement et la mission de la MRC de Rivière-du-Loup. La formulation de ces
axes d'intervention est guidée par les principes directeurs énoncés précédemment.
20
21
22
23
Objectif général :
Faire en sorte que le patrimoine culturel participe au renforcement
du sentiment d'appartenance et de l'identité locale et régionale.
LA SAUVEGARDE ET LA MISE EN VALEUR
DU PATRIMOINE CULTUREL
Orientation :
Favoriser la conservation et la mise en valeur du
patrimoine bâti, paysager, archivistique, imma-
tériel et matériel louperivien.
Orientations spécifiques :
Encourager les municipalités à se doter d'outils
»
règlementaires ou financiers pour mieux proté-
ger le patrimoine bâti local ;
Conseiller et accompagner les citoyens, les
»
organismes et les municipalités dans leur
projet d'intervention sur le patrimoine bâti et
paysager ;
Intégrer la question de la protection et la mise
»
en valeur du patrimoine paysager et bâti dans
les différents outils de planification locaux et
supralocaux ;
Encourager la conservation, la mise en valeur
»
et la diffusion du patrimoine archivistique et
matériel.
Orientation :
Favoriser l'appropriation du patrimoine culturel
par la population.
Orientations spécifiques :
Acquérir des connaissances sur le patrimoine
»
culturel de la MRC et en assurer une meilleure
diffusion auprès de tous les publics ;
Promouvoir et soutenir les initiatives locales ou
»
individuelles.
axe d'intervention
Orientation :
Favoriser la transmission des savoir-faire
traditionnels.
Orientations spécifiques :
Acquérir davantage de connaissances sur
»
le patrimoine immatériel et les savoir-faire
traditionnels ;
Encourager la mise en place d'initiatives de
»
sensibilisation, de mise en valeur et de trans-
mission des savoir-faire traditionnels.
24
25
Objectif général :
Améliorer l'accès à la culture pour toute la population de la MRC, tout
en tenant compte de la dualité rurale/urbaine du territoire, la culture
étant essentielle à l'accomplissement des individus et à la vitalité des
collectivités.
L'ACCESSIBILITÉ DE LA POPULATION
AUX ARTS ET À LA CULTURE
axe d'intervention
Orientation :
Améliorer la diffusion de l'information
culturelle.
Orientations spécifiques :
Favoriser la communication entre le milieu
»
culturel et la population ;
Améliorer la connaissance du milieu culturel et
»
de son dynamisme par la population, particu-
lièrement en milieu rural.
Orientation :
Favoriser la reconnaissance et la promotion
des artistes et organismes locaux.
Orientations spécifiques :
Encourager la mise en place d'outils de promo-
»
tion et de connaissances de la culture ;
Sensibiliser la population, les organismes et les
»
entreprises à l'importance de l'achat d'œuvres
et de produits d'artistes et d'artisans locaux.
Orientation :
Favoriser la création, la production et la diffu-
sion des arts et de la culture sur le territoire de
la MRC.
Orientations spécifiques :
Encourager l'utilisation des bibliothèques, des
»
édifices municipaux et des centres communau-
taires pour la diffusion des arts et de la culture ;
Soutenir et/ou susciter la mise en place de lieux
»
accessibles pour la diffusion et la production
artistique ;
Soutenir et/ou susciter la mise en place d'activi-
»
tés et d'évènements artistiques locaux ;
Soutenir et/ou susciter les activités d'initiation et
»
de formation en loisir culturel.
26
27
Mettre en commun les ressources du milieu en évitant les dédou-
blements et en misant notamment sur leur complémentarité afin de
favoriser le démarrage et la poursuite de projets culturels initiés par
les intervenants du territoire et ce, en s'assurant d'un développement
harmonieux et durable.
LA CONCERTATION ENTRE LES
DIFFÉRENTS ACTEURS DU MILIEU
Orientation :
Favoriser une action culturelle concertée et le
regroupement des forces du milieu.
Orientations spécifiques :
Reconnaître les équipements supralocaux à
»
caractère culturel ;
Assurer la mise en place et l'animation d'une
»
structure de concertation permanente ;
Susciter des projets en tourisme culturel
»
issus de la concertation qui représentent un
potentiel régional et/ou qui ont un caractère
mobilisateur ;
Évaluer la distribution de l'offre culturelle en
»
vue d'une éventuelle coordination des activi-
tés et du développement culturel à l'échelle du
territoire.
Orientation :
Faciliter la mise en réseau des intervenants du
milieu.
Orientations spécifiques :
Favoriser l'échange d'informations entre les
»
différents intervenants culturels, touristiques
et économiques ;
Créer des synergies entre les différents
»
intervenants ;
Favoriser la complémentarité des actions entre
»
les différents intervenants, par exemple entre
la ville centre, les municipalités rurales et la
MRC.
axe d'intervention
la continuité à travers le changement.
Ils s'expriment dans un contexte qui
leur est propre. Ce contexte est d'abord
géographique et historique. Plusieurs
coutumes, croyances, danses, légen-
des ou techniques de fabrication sont
identifiées à une région donnée et pos-
sèdent leur histoire. Elles sont connues
et reconnues dans le milieu où elles s'ex-
priment, se perpétuent dans un contexte
social, se dynamisent dans un contexte
immédiat d'interaction.
Muséologie et archives
»
La muséologie se rapporte aux scien-
ces et aux techniques qui concourent
à la conservation, au classement et à la
présentation d'œuvres et d'objets dans
les musées. Au Québec, les institu-
tions muséales couvrent principalement
les secteurs de l'art, de l'histoire et de
l'ethnologie, de la science et des tech-
Arts visuels
»
Activités de création, production, dif-
fusion, promotion ou formation de
peinture, sculpture, estampe, dessin,
photographie, arts textiles, installation,
performance, vidéo d'art ou autre forme
d'expression de même nature.
Métiers d'art
»
Activités de production artisanale et de
diffusion d'œuvres utilitaires, décorati-
ves ou expressives, à travers l'exercice
d'un métier relié à la transformation du
bois, du cuir, du textile, des métaux,
des silicates ou d'autres matières et
empruntant des techniques issues d'un
savoir-faire traditionnel.
Arts de la scène
»
Activités de création, de production, de
formation, de diffusion ou de promotion
de spectacles de théâtre, de théâtre
lyrique, de musique, de danse ou de
variétés.
Arts médiatiques
»
Activités de formation, création, pro -
duction, diffusion ou promotion d'œu-
vres à caractère expérimental ou de
recherche, impliquant l'utilisation du
cinéma, de la vidéo et des nouveaux
médias. Les nouveaux médias visent
les pratiques artistiques basées sur
l'utilisation des technologies de com-
munications et de l'information, qu'elles
soient informatiques, électroniques,
numériques, sonores, interactives
ou web.
Littérature et livre
»
Ce domaine comprend l'apprentissage,
la création, la diffusion et la traduction
d'œuvres littéraires relevant de l'imagi-
naire ou ayant une finalité esthétique et
nécessitant des actions de recherche,
d'information, de création, d'écriture,
d'édition et de lecture (roman, conte,
nouvelle, œuvre dramatique, poésie,
essai et autres œuvres écrites de même
nature). On y regroupe aussi la création
littéraire et le monde de l'édition.
Patrimoine
»
Le patrimoine se définit comme un
ensemble d'éléments matériels et
immatériels, d'ordre culturel, chargé de
significations multiples, à dimensions
collectives, et transmis de génération en
génération. Le patrimoine culturel intè-
gre les notions de paysage, de bâti, d'ar-
chivistique, de matériel (œuvre, objet) et
immatériel.
Savoir-faire traditionnels
»
Les savoir-faire traditionnels constituent
un des éléments du patrimoine immaté-
riel et rassemblent les pratiques issues
de techniques anciennes et se trans-
mettent de génération en génération.
On reconnaît aux savoirs et savoir-faire
une fonction spécifique : celle d'assurer
LEXIQUE
28
nologies, des sciences naturelles et de
l'environnement.
Loisirs culturels
»
Se rapportent à un ensemble d'activités
pratiquées librement, par plaisir, et qui
favorisent le développement, l'initiation,
la formation et la créativité au niveau des
différents domaines des arts.
Création
»
Dans son sens large, la création pour-
suit un objectif de conception, d'expres-
sion, d'élaboration, de recherche, de
représentation ou d'innovation dans le
domaine artistique. On y associe éga-
lement le travail d'interprétation d'une
œuvre. Pour l'artiste ou le créateur, c'est
la conjugaison d'une démarche person-
nelle, de l'atteinte des exigences de la
profession et de la nécessité de subve-
nir à ses besoins. Par ailleurs, c'est la
base de la chaîne de production et de
diffusion.
Production
»
C'est la mise en œuvre des conditions
de création, de réalisation ou de diffu-
sion d'une œuvre, d'un produit, d'une
activité ou d'un évènement.
Diffusion
»
La diffusion a pour but de faire connaî-
tre et présenter une œuvre ou un produit
artistique ou culturel par voie de spec-
tacles, d'expositions,de conférences, de
projections, etc.
Promotion
»
Elle vise la valorisation des œuvres, des
produits et des services dan une pers-
pective de développement, de participa-
tion et de vente.
Formation
»
La formation a pour objectif d'assurer
le renouvellement (la relève) d'un sec-
teur donné, le perfectionnement des
praticiens, ou encore d'initier à la pra-
tique d'une discipline en tant que loisir
culturel.
Conservation
»
Elle vise à garder la mémoire des œuvres
produites par le passé,à les conserver en
bon état et à les transmettre aux géné-
rations futures ; efforts destinés à faire
entrer cette nouvelle richesse dans le
patrimoine culturel, à préserver celui qui
est déjà constitué et à le faire connaître
du public.
La pratique professionnelle
»
Se rapporte à la pratique d'un artiste qui
crée et/ou interprète des œuvres pour
son propre compte, possède une com-
pétence reconnue par ses pairs dans sa
discipline et signe des œuvres qui sont
diffusées dans un contexte profession-
nel, soit à titre de créateur, d'auteur,
d'interprète, de producteur ou de diffu-
seur. Nous entendons par « exercer une
activité professionnelle », un artiste ou
artisan qui consacre ou souhaite consa-
crer à sa discipline la majeure partie de
son temps de travail ou qui en tire ou
souhaite en tirer la majeure partie de ses
revenus. Un organisme professionnel
est un organisme dont les membres sont
majoritairement des artistes ou des pro-
fessionnels du milieu des arts.
La pratique amateur
»
Se rapporte à l'expression artistique
pratiquée librement, c'est-à-dire en
dehors de toutes contraintes scolaires
ou professionnelles. Cette pratique
peut, à la rigueur, être de très haut
calibre et mener éventuellementà la
pratique professionnelle.
29
Note : Les définitions ont été puisées à travers
des sources multiples : Conseil de la culture
du Bas-Saint-Laurent, Unesco, Conseil qué-
bécois des ressources humaines en culture,
ministère de la Culture, des Communications
et de la Condition féminine et diverses politi-
ques culturelles.
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Équipe de production
Recherche et coordination
Mélanie Milot
Rédaction des textes
Nicolas Gagnon, Nathalie Le Coz et Mélanie Milot
Photographie de la couverture
Annie Pineault
Photographies
Cynthia Calusic (page 15)
Nicolas Gagnon (table des matières, pages 2, 4 et 5)
David Guimont (page 19)
Louis Jacob (page 18)
Chantal Ouellet (page 21)
Paul Pelletier (pages 12, 22, 23, 24 et 25)
Ville de Rivière-du-Loup, François Provost (pages 10, 11 [Sculptures sur neige], 26 et 27)
Yvan Roy (pages 6 et 7)
Toutes les autres photographies appartiennent à la MRC de Rivière-du-Loup
Réalisation graphique
Mylaine Gélinas, Jean-Simon Lamarre, Alexandra Leblond et Marie-Josée Ouellet
pour le Studio-Stage Graphikos du Cégep de Rivière-du-Loup.
CRÉDITS